Saint-Pierre 2010
Un nez boisé sur la cerise et le cassis.
La bouche est sévère, serrée, tannins assez râpeux, aromatique un peu monolithique, amers prononcés, équilibre un peu précaire entre matière et alcool et finale de longueur moyenne.
Note : 15
Un domaine que j'apprécie beaucoup habituellement. Bouteille fermée? Mais j'ai l'impression qu'on utilise cet argument à toutes les sauces dès qu'un Bordeaux ne sort pas bien.
Ce que je remarque, c'est que ce millésime, considéré comme très grand, ne convient pas à mon goût. Je comprends que c'est encore jeune (15 ans tout de même!), que c'est un millésime qui mettra très longtemps à s'ouvrir, avec un grand potentiel, mais achète-t-on un vin pour le boire 30 ou 40 ans plus tard? Les 2005 que j'ai bus récemment ont le même profil, complètement fermés et bien peu de plaisir après 20 ans de bouteille.
À revoir dans 5-7 ans.
Domaine De Chevalier 2010
Nez sur le cassis, le cèdre.
Une bouche encore bien tannique, fermée, tannins poudreux, c'est austère avec une aromatique discrète, mais le vin garde de l'équilibre, belle longueur.
Note : 15,5
Bu à l'aveugle aux côtés du Saint-Pierre 2010. Un vin qui se présente un peu mieux, mais qui n'offre que peu de plaisir actuellement. Même remarque que pour le Saint-Pierre. Quand ces 2010 se révèleront prêts à boire? À mon avis, pas avant 2035+, sans garantie que le plaisir finisse par être au rendez-vous.
Je n’écrit pas souvent ces derniers temps mais ces deux messages de Fred m’ont parlé.
A vrai dire, depuis quelque temps, je crois que je suis entrain de repenser/revoir/remodeler ma passion pour le vin, et ce, sur plusieurs aspects.
Le vieillissement et les très grands vins à attendre 25, 30 ans et plus, qu’en penser?
Lors des soirées BDE Paris, j’ai eu l’opportunité de boire de superbes vins ( re merci à Vincent et J.P) et parfois aussi des vins ou j’étais dans une forme d’incompréhension, de désaccord...que je n’osai pas forcement exprimer à l’époque ou j’avais encore «peu d’expérience».
Deux soirées dont je me souviens mais qui s’oppose lorsque je pense à cette notion de grands vins et de vieillissement:
viewtopic.php?f=78&t=8142&start=80Lors de celle-ci, je me souviens encore de cette Landonne 96 de Guigal, à maturité, avec tout ce qu’il faut juste la ou il le faut, complexe, expressive, soyeuse, à maturité...Énorme, un grand vin et un très grand plaisir pour moi ce soir la !
viewtopic.php?f=80&t=9861&p=81417&hilit=mouline#p81417Et je me souviens aussi de celle-ci.
Vincent avait voulu nous faire plaisir et nous avait apporté une Mouline 99.
Presque 20 ans et aucun plaisir possible pour moi. Comme je l’avais noté à l’époque: «un bloc et frustré de ne pouvoir trouver aucun plaisir dans un grand vin de presque 20 ans»
Je me souviens qu'après cette soirée je me suis posé des questions.
Moi qui avait une trilogie 2010 en cave je me suis dit: 1999...presque vingt an, un bloc et aucun plaisir...si après 20 ans, et dans l'état ou se goutait ce vin ce soir la, il va falloir l'attendre peut être encore 10,15,20ans ou plus...Et mes 2010...quand ?
Alors oui, quand c’est grand c’est grand.
Mais comme l’écrit Fred, est ce que je suis encore prêt à accepter ca pour avoir, peut être, un grand vin dans 30 ans?
...Sans parler des vins que l’on ne veut/peut plus nous vendre, des prix stratosphérique, des bouchons, des oxydations, des vins fermés...ou en phase ingrate...et j’en oublie peut être.
Je me souviens, au tout début que j’intervenais ici, Vincent avait tenté CR de dégustation en comparant les vins dégustés à des voitures de sport.
Je vais tenté, moi aussi, ma comparaison pour sortir du coté parfois irrationnelle d’une passions et revenir à quelques chose de plus rationnel.
Demain, si je m’achetai une très très belle voiture, qui me fait envie depuis très longtemps, que j’avais inscrit sur ma liste d’achat comme l’une de mes priorité...voir LA priorité et que j’ai maintenant les moyens de m’acheter.
Aujourd’hui, j’me l’achète!...mais est ce que je serai prêt à la laisser dans mon garage pendant 25 ou 30 ans avant d’en profiter, quelle me donne du plaisir, des sensations !? ( si elle veut bien encore m'en donner

)
Franchement ? J’pense pas!
Et si j'faisais cet effort, il me faudrait construire un lieu de stockage rien que pour elle, investir dans une clim réversible pour que les joints ne sèchent pas, qu’elle ne s’imprègne pas d’humidité, que la peinture reste nickel etc..tout en priant pour qu’elle soit encore vivante le jour J de ses 25/30 ans et qu’elle puisse m’apporter le plaisir escompté.
Je vais finir par un demi hors sujet...parce que dans l’fond, si je suis rationnel, il faut que je tienne compte de cela aussi lorsque j’achète un vin.
Je ne sais plus très bien quand, peut être quelques temps avant La fameuse période Covid...ou peut être un peu après, j’avais lu un message de Thierry.D qui écrivait avoir modifié ses achats au fur et à mesure de son expérience.
( je vais essayer de la retranscrire avec mes mots en espérant que cela corresponde au mieux à ses écrits ).
Il disait qu’après avoir dégusté un grand nombre de très bons vins, de grands vins et de très grands vins, qu'il avait arrêté ses achats de très grands vins car il ne trouvait plus justifié l’écart entre un très bon vin et un très grand vin.
Que le plaisir apporté par un vin à 250/350€...ou peut être plus (?) comparé à un vin à 60/80€ ou 70/90€ n’était pas la, que la différence de prix ne se retrouvait pas dans la différence de plaisir apporté par le vin.
En tenant compte de sa grande expérience , son écrit m’avait interpellé et était rentré dans ma tête mais j’étais encore dans une phase ou je m’autorisais à mettre une jolie somme sur une bouteille et je m’étais dit « ouai peut être… mais bon, je continue quand même»!
Cette vison m’avait marqué puisque je m’en souviens encore, et aujourd’hui, je me rapproche très près de cela.
A vrai dire, je suis actuellement dans une phase ou je me questionne sur mes futurs achats.
Sur le prix que je suis encore prêt à mettre, sur le le type de vin que je souhaite acheter, si il n’y a que la «top qualité» que je souhaite prendre en compte ou plutôt la relation client/vigneron ( tout en achetant des vins qui me plaisent et que je trouve très bon).
J’crois que la réponse se trouve dans ma question car aujourd’hui, les vignerons qu’il faut supplier pour avoir 3 bouteilles, c’est non! Ceux qui m’envoient des tarifs avec +20 à 40% d’augmentation par millésime, c’est non!, ceux qui me propose de me mettre sur une liste d’attente, c’est non! Et j’en oublie probablement… Peut être qu'il n'y aura plus de grands ou très grands vins...Tant pis !
Je pense que mes choix vont maintenant s’orienter vers des vignerons avec qui il est possible d’avoir un échange sincère, qui prennent de leur temps pour partagé un moment avec les amateurs qui viennent à leur rencontre...et qui font des vins qui me plaisent et que je trouve bon ou très bon !
En écrivant ca, et pour ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer, je pense à Mr Jean Pierre BOYER et Mr Antonio MADEIRA.
Je pense aussi à MR Thibault Liger-Belair, qui après m’avoir indiqué qu’il n’avait plus rien à vendre, a passer 30 mn au téléphone à échanger avec moi puis m’a convié à une dégustation de toute sa production ( du Moulin à Vent au Richebourg )...toujours sans achat.
Moi qui pensait réagir rapidement au message de Fred, c’est raté… j’ai été un peu plus long que prévu... en espérant être resté courtois.
Alex,