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Un enjeu fondamental pour la viticulture valaisanne

Messagepar Christian Rausis » Mer 24 DĂ©c 2008 11:04

23 décembre 2008 - INTERVIEW CHARLES MéROZ - Aucun commentaire
POLITIQUE AOCLe Valais a une ligne et entend la tenir. Les négociations avec Berne battent leur plein. Le point avec le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina, en charge du dossier.
Le Valais persévère dans son combat en faveur de la défense de sa politique d'AOC afin de garantir la qualité et l'image de ses meilleurs vins.

Dans le cadre de la politique agricole (PA) 2011, le canton a engagé un bras de fer avec la Confédération s'agissant de la reconnaissance officielle des dénominations traditionnelles païen/heida, malvoisie, petite arvine, johannisberg et ermitage au même titre que fendant, dôle et goron. Il n'est pas inutile de rappeler que ces appellations ne sont en vigueur que dans notre canton. Une deuxième demande valaisanne porte sur la réservation de l'utilisation des cépages cornalin, humagne, rèze, amigne et arvine dans l'étiquetage de vins AOC. Il y a quelques semaines, le Conseil fédéral faisait connaître sa détermination relative à la première revendication valaisanne, à savoir que certains vins pourront désormais se prévaloir d'une dénomination traditionnelle. Le canton, qui estime n'avoir été que partiellement entendu, a transmis ses doléances à la conseillère fédérale Doris Leuthard. Chef du Département de l'économie et du territoire, le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina fait le point sur cet épineux dossier.

Quel est l'enjeu de ces revendications pour la viticulture valaisanne?

Il est fondamental, car il s'agit de la valorisation à long terme de notre viticulture, en lien notamment avec le réencépagement du vignoble. Il s'agit de protéger d'une part des dénominations qui identifient exclusivement des vins valaisans de qualité et, d'autre part, de réserver des noms de cépages qui sont porteurs de très forte valeur ajoutée à la catégorie AOC uniquement. Autoriser leur utilisation pour identifier des vins de catégorie inférieure serait un non-sens économique et de surcroît trompeur pour le consommateur.

A la mi-novembre, la Confédération faisait donc savoir que les vins païen/heida, johannisberg du Valais, ermitage du Valais et malvoisie du Valais pourront désormais se prévaloir d'une appellation traditionnelle. Un pas dans la bonne direction?

C'est une décision favorable pour le païen/heida qui est reconnu comme dénomination traditionnelle valaisanne. Le johannisberg et l'ermitage sont également reconnus en lien avec leur origine géographique, comme le prévoient les accords bilatéraux avec l'Union européenne. Nous estimons en revanche que la malvoisie est une dénomination valaisanne et que l'adjonction du terme «Valais» n'est pas utile.

Et à propos de sa majesté la petite arvine...

La petite arvine est le symbole du haut potentiel vinicole du Valais au niveau international. C'est la dénomination qui identifie le vin valaisan AOC issu du cépage arvine. Cela est reconnu comme tel par notre législation cantonale, par le dictionnaire des cépages internationaux et par l'Organisation internationale du vin.

Les coopératives vitivinicoles suisses, les vignerons-encaveurs suisses, ainsi que la Société des encaveurs de vins suisses sont d'accord. Il n'y a donc pas de raison que la Confédération ne reconnaisse pas cette réalité.

Le Valais a beaucoup investi en faveur de la transformation de son encépagement. N'avez-vous pas l'impression que les efforts consentis ne sont pas reconnus par Berne, en clair que le Valais est mené en bateau dans ce dossier?

Les vignerons valaisans ont investi plus de 100 millions pour adapter leur vignoble, ce qui a bénéficié à toute la viticulture suisse.

Le Valais a donc fait exactement ce qui était prôné par la politique fédérale, à savoir s'adapter au marché, créer de la valeur ajoutée et segmenter le marché.

Aujourd'hui par contre, au moment où les vins du Valais prennent de la valeur, la Confédération prend des décisions contraires à une valorisation à long terme de nos AOC. C'est une politique que nous ne comprenons pas.

Mais quels arguments présente la Confédération?

Deux arguments sont avancés: les craintes de certaines régions viticoles suisses et le droit européen. Le premier nous semble peu recevable, dans la mesure où notre demande ne concerne que des appellations et cépages produits en Valais. Ce premier critère ne me paraît d'ailleurs pas justifié à la lecture des prises de position des milieux vitivinicoles suisses. Le second argument n'est pas fondé, car le droit européen autorise expressément nos demandes. L'un des plus grands experts de droit comparé européen a d'ailleurs confirmé dans un avis de droit la parfaite compatibilité de nos revendications tant au niveau suisse qu'européen.

Dans «Terre valaisanne» du 30 septembre dernier, il était fait allusion à un retour de bâton actionné par les fonctionnaires fédéraux qui auraient peu goûté de voir la position valaisanne l'emporter sur celle de l'OFAG dans le dossier des compétences cantonales en matière d'AOC. Votre appréciation à ce sujet...

C'est une polémique stérile. Il s'agit de décisions politiques fondamentales pour l'avenir du premier canton viticole suisse. Il incombe donc aux politiques de décider. Le Valais ne demande rien d'autre que de pouvoir continuer à faire ce qu'il a toujours fait. L'accepter constituerait le plan de relance le plus intelligent qui soit en période de difficultés économiques.

Ce bras de fer risque-t-il de durer encore longtemps?

Je souhaite trouver avec la Confédération des solutions à cette problématique qui, encore une fois, ne prétérite aucune autre région suisse. Nous construisons actuellement de nouveaux arguments, tant juridiques que politiques, sur ce dossier, et le défendrons dès le début de 2009 auprès de la Confédération. http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/val ... e_9-124081

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Re: Un enjeu fondamental pour la viticulture valaisanne

Messagepar Laurent P » Jeu 25 DĂ©c 2008 23:19

Bonjour,

Voila un sujet d'actualité qui nous intéresse au plus au point. Le Heida et Païen comme dénomination traditionnelle, soit, bien que très franchement, compte tenu de l'importance de l'encépagement en Valais, ce n'est pas ici ce qui préoccupe le plus les vignerons valaisans.

Je crains de voir arriver demain sur le marché des petite arvine et cornalin "romands", de "Neuchâtel" ou d'ailleurs, accouchés au forceps car issus de zones non adaptées à ces cépages. Pour bien faire, l'osmose inverse sera indispensable (quelqu'un a t-il déjà dégusté des vins du Clos des Cantons/JU)?
Berne se doit de faire bien attention : au-delà des susceptibilités de chacun, à ménager cela va de soit, c'est la pertinence du travail du secteur viti-vinicole suisse qui dépend de ses décrets.

cordialement,
Laurent
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