Satisfaction au terme des vendanges 2008. Un superbe mois d'octobre a balayé les craintes suscitées par le temps mitigé de septembre. Des raisins sains et parfaitement mûrs ont pu être encavés, mais en quantités assez modestes.
Globalement, la production de blancs est en recul par rapport à 2007, une année de faible production (15,6 milions de litres contre 16 millions de litres) alors que les rouges progressent (24,7 millions de litres contre 23,4 millions de litres en 2007).
Le réencépagement du vignoble porte de beaux fruits comme en témoigne la progression des spécialités produites: 10,8 millions de litres en 2006; 11,1 millions de litres en 2007; 11,8 millions de litres cette année. A noter que pour aucun cépage, le rendement moyen n'a dépassé le kilo au mètre carré. On est donc bien loin des normes AOC fixées à 1,4 kg/m2 pour le chasselas et 1,2 pour les autres variétés.
Le contrôle à la vigne, institué par l'interprofession depuis 2005, a atteint ses objectifs en terme de limitation des rendements, grâce à la responsabilité des vignerons et de leurs partenaires les encaveurs.
Maturité idéale
Le microclimat valaisan a finalement permis d'encaver des récoltes généralement très saines avec des baies qui avaient atteint une maturité phénolique idéale. «Les vendanges se sont étalées sur cinq à six semaines, de la fin septembre au début novembre. Grâce à la clémence de la météo, nous avons pu attendre que chaque variété arrive à maturité», commente Christian Salamin, directeur technique des Caves Orsat. Même les cépages qui ont connu des périodes de blocage de maturation ont fini par atteindre des taux de sucre intéressants.
Les sondages sont au même niveau que l'année précédente: 78° œchslé pour le chasselas, 94° pour le pinot noir et le sylvaner (johannisberg), et 90° pour le gamay. Côté spécialités, la situation est tout aussi réjouissante. 99° œchslé pour la petite arvine, 95° pour le cornalin, 92° pour la syrah, et 91° pour l'humagne rouge. Les chiffres moyens sont légèrement supérieurs à ceux de 2007. Les meilleures cuvées seront à coup sûr de haute tenue.
Des vins vifs et fruités
Les premières dégustations sont prometteuses. «Le fruité des blancs est extraordinaire avec de grandes précisions aromatiques. C'est aussi le cas pour les rouges. On a parfois l'impression de croquer dans le fruit. Les couleurs sont soutenues, le corps puissant et dense», se réjouit Gérald Carrupt, directeur du département technique et œnologique chez Provins. «Les vins sont plus vifs que ces dernières années, avec une belle expression, une grande fraîcheur d'arômes», confirme Christian Salamin. Des jugements généraux soulignés notamment chez Thierry Constantin, à Pont-de-la-Morge, où les blancs sont particulièrement «explosifs» à l'image du sauvignon blanc ou de la petite arvine, et chez Charles-André Lamon, à Flanthey, dont l'humagne rouge et le cornalin, qui dépassaient tous deux très largement les 100° œchslé, promettent beaucoup.
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