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Canada : le pays des vins qui viennent du froid

Messagepar Jean-Pierre NIEUDAN » Ven 9 Jan 2009 21:51

Malgré la jeunesse de ce vignoble, certains des crus du pays de l’érable, notamment en vin de glace, ont pris de la hauteur.

Au poste de frontière du Niagara, pour les Américains qui déclarent revenir de Niagara-On-The-Lake (Canada), la question « Combien de bouteilles avez-vous ramené ? » et à laquelle ils sont tenus de répondre, est quasi-automatique. Nichée entre les lacs Erié et Ontario et bordée, au sud, par les escarpements du Niagara, cette péninsule est devenue une destination incontournable du tourisme vitivinicole, souvent jumelée avec la visite des célèbres « Chutes ».

Naissance d’un terroir

Malgré un sol peu perméable et une pluviométrie plutôt abondante, le chardonnay, merlot, pinot noir, riesling, cabernet franc, vidal… y ont trouvé un fantastique territoire d’expression. Cette région autrefois réputée pour ses vergers, a, depuis le début des années 1970, évolué vers un territoire vinicole où le vin de glace extrait du riesling, cabernet franc et surtout du vidal -le tout terrain des climats rudes- occupe la tête d’affiche.
L’allure très british Robin Fraser, du domaine Inniskillin, fondé en 1975, et aujourd’hui, enseigne phare de la péninsule, explique : « Ici, certains des cépages souffrent beaucoup du froid, mais grâce à sa peau épaisse, le vidal résiste mieux ». Apparu au XVIIIe siècle, en Allemagne, le vin de glace, s’est, selon toute vraisemblance, depuis le début des années 1980, trouvé une nouvelle terre d’élection.

Machines Ă  vent contre le froid

À Niagara-On-The-Lake, 80 % des vents viennent du Nord, mais, très profondes, les eaux de l’Ontario emmagasinent beaucoup de chaleur, laquelle une fois libérée, parvient à adoucir l’air froid. Tempérée, une partie des courants d’air est renvoyée sur la péninsule par les escarpements du Niagara, limitant ainsi les risques de gel au printemps et à l’automne. Mais, il arrive, malgré tout que l’Ontario gèle. Or à – 20°, les températures sont dangereuses pour la phase allant du bourgeonnement à la véraison. Alors, en prévision des fortes chutes de températures, les viticulteurs ont installé, au milieu des vignobles des machines à vent géantes, à 30 000 $ canadiens l’unité.
Arrivées à maturité, les grappes destinées au vin de glace sont laissées sur les ceps. Mais pour les protéger des oiseaux, il faudrait les envelopper de filets. « Notre première vendange de raisin de glace devait avoir lieu en 1983, mais comme on n’avait pas mis les filets, les oiseaux ont tout mangé », poursuit Robin Fraser.
En moins de trois décennies, le savoir-faire acquis par les quatre-vingts viticulteurs du Niagara et leur collègue de la Colombie britannique est simplement impressionnant et la qualité est au rendez-vous. En 1999, au concours Vinexpo à Bordeaux Vidal Icewine d’Inniskillin a décroché la Citadelle d’Or. Par ailleurs, à bord des grandes compagnies aériennes comme American Airlines, ce même vin occupe la tête d’affiche dans l’offre du duty free, à côté de Remy Martin XO et Macallan Elegancia 12 ans d’âge…

Auteur de l'article : M. Dahmane SOUDANI

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Jean-Pierre NIEUDAN
 
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Re: Canada : le pays des vins qui viennent du froid

Messagepar Jean-Pierre NIEUDAN » Mer 28 Jan 2009 18:45

Des vignobles aux formules gagnantes

Une visite du vignoble Le Nordet de Pintendre le 26 août dernier et une entrevue avec le propriétaire du Verger et Vignoble Casa Breton permettent de constater que nos producteurs de la région, malgré l'hiver rigoureux du Québec, réussissent à très bien tirer leur épingle du jeu.

Par Marie-Christine Patry
mc.patry@journaldelevis.com

« Les gens se rendent maintenant compte que nous sommes capable de faire un vin de qualité égale et même supérieure à ceux des autres pays », affirme Pierre-Étienne Bourget, vigneron et fils du propriétaire du vignoble Le Nordet, Carl Bourget. Il fait ainsi référence à leur produit « Bise des prés », qui se retrouve dans près de 100 SAQ du Québec, côtoyant les Californiens, Brésiliens et Australiens. Les points de vente reconnaissent par ailleurs le caractère compétitif du produit.

L'apéritif « Brise des prés » se vend dans le rouge et le blanc. D'une teneur en alcool de 17%, M. Bourget indique que le produit se situe entre un porto blanc et un pineau des Charentes. Ils ont également d'autres produits, mais ces derniers ne sont vendus que sur place tels que des vins de table blancs et rouges, la Paruline et le Cardinal. Mentionnons également le « Solstice d'hiver », issu des vendanges tardives, qui a permis à la famille Bourget de gagner une médaille d'or au concours « All Canadian wine Championship ».

Pour en arriver à un tel résultat, les propriétaires du vignoble d'environ 8 000 plants, ont dû procéder à plusieurs essais et erreurs pour découvrir les variétés qui convenaient le mieux au type de terre, à la température et à l'humidité du milieu. « On a probablement arraché la moitié du vignoble, raconte M. Bourget. C'est ça, être pionnier. À l'époque où l'on a débuté, il n'y avait pas de littérature convenant à notre situation ». Il semble pourtant avoir maintenant trouvé la formule gagnante.

Le verger et vignoble Casa Breton

Les propriétaires Jean-Paul Breton et sa femme possèdent, quant à eux, un domaine réunissant 4000 plants de vignes, 5 000 pommiers de même que des plants de bleuets et de prunes, permettant de réaliser une bonne palette de produits. Deux de ces derniers se retrouvent sur les tablettes de la SAQ, un apéritif et un cidre fort. M Breton déplore toutefois le manque de visibilité accordé par la SAQ à nos productions québécoises. « On annonce partout Québec dans votre assiette...mais pas dans votre verre », soupire-t-il. Pourtant, il rappelle qu'une enquête réalisée a montré qu'à l'aveugle, les gens n'étaient pas capable de faire la différence entre un vin québécois et un vin étranger. Il semblerait même qu'ils préféraient souvent les produits de notre coin de pays. Même son de cloche pour le cidre. Selon M. Breton, lors d'une visite à Gijon en Espagne, il était mentionné que le meilleur cidre au monde se retrouvait au Québec. Mais il se trouve que ces derniers boivent bien peu de cidre comparativement aux Européens. À Montréal, il semblerait toutefois que le cidre en fût pour les bars, produit de la Casa Breton, se vend plutôt bien.
Ainsi, M. Breton s'est montré enthousiaste à la visibilité qu'offre la route des vins en Chaudière-Appalaches. « On met ainsi l'accent sur les produits de chez nous accessible chez nous ». De quoi faire démentir la mauvaise réputation du vin québécois.
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