Bonjour,
Pas de bonne cuisine sans bon vin ?
Voici la petite histoire de deux restaurants lyonnais que je connaissais déjà , qui n’ont rien à voir entre eux sur le plan du concept et de la clientèle, mais que j’ai récemment fréquenté à deux jours d’intervalle. Effet de contraste garanti.
Commençons par le deuxième, par la mauvaise nouvelle : il y à des lieux réputés, très connus, où le nombre de couverts par service impressionne… Grosse « usine » éprouvée ayant pignon sur rue, évoquant les restos des halles parisiennes, même bien après que celles-ci eurent disparu du centre.
Ah ! La viande est bonne. Mais hélas, il n’y à plus qu’elle qui le soit, le reste étant en roue libre, à commencer par le vin.
Je savais que la carte commune mets-vins plastifiée façon pizzeria ne donnait jamais de millésime...
Je savais que le choix était restreint....
Je savais que j’aurais du mal à choisir…
"Bon, ben un Crozes de la Cave de Tain, ça ira p’têt mieux que la San Pé sur un bon onglet"… Erreur funeste : service à 24° Celsius, température à laquelle le pauvre flacon a du tenter de survivre pendant les 2 années de stockage maléfique sur place. Déjà que le pauvre n’avait pas été trop gâté par dame nature et surtout par ses parents…Pas de fruit, de l’alcool, mou, maigre, délavé…On lui a donc laissé les épaules couvertes de peur qu’il ne s’enrhume. Cela l’aurait achevé, soulagement ultime.
Il me paraissait normal de faire gentiment remarquer au responsable qu’il était vraiment dommage que ses viandes soient si mal accompagnées. Malgré mes efforts, je crois qu'il n’a pas perçu le sens du message, et doit continuer de penser que je n’aime pas le Crozes-Hermitage. Peut-être aurait-il compris de la sorte ? : "Cher Monsieur, accepteriez-vous de sortir avec une belle femme bien habillée qui aurait du poil au pattes, sous les bras et qui sentirait le poisson pas frais ? " J'ai bien fait de m'abstenir sans quoi ils auraient certainement investi dans des épilateurs et racheté au moins 50% des actions du Petit Marseillais !
Au fait, deux jours avant, nous étions chez Guy Jandard. Nous avons passé un excellent moment, comme d’habitude, et sommes restés scotchés par un beau Bourgogne tout « simple » : Coche-Dury 2005 (30 euros), qui accompagnait à merveille une cuisine sans prétention, efficace et joliment présentée.
Merci à Monsieur et Madame Jandard et merci à tous les restaurateurs qui prennent la peine de défendre une certaine idée de l’art de vivre et de la convivialité.
Bonne journée à tous.
Cyrille
