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Guérir le vignoble !

Messagepar Jean-Pierre NIEUDAN » Ven 12 DĂ©c 2008 20:45

Le Bureau du cognac a chargé Christophe Valtaud de bâtir un plan de recherches.

Le phénomène est mondialisé. Les maladies du bois grignotent de plus en plus les ceps, feuilles et raisins.

Le vignoble des deux Charentes n'échappe pas à cette évolution. Bien au contraire. L'ugni-blanc, le cépage majoritaire dans la région, s'avère particulièrement vulnérable. Ce n'est pas nouveau, mais cette fragilité s'est accentuée depuis que l'arsenite de soude a été interdit pour traiter l'esca.

Préoccupée, l'interprofession du cognac a pris le dossier à bras-le-corps en finançant un nouveau poste au sein de la station viticole. Christophe Valtaud, 30 ans, docteur en biologie végétale, fils de viticulteur, travaille depuis quelques mois à la rédaction d'un programme de recherches, de communication et de partenariats.

Sa mission va se prolonger jusqu'au début de l'année prochaine. À charge ensuite pour la station viticole de Cognac de s'inscrire dans les programmes nationaux qui seront révélés en 2009 et de poursuivre ses recherches en lien avec l'Institut français de la vigne et du vin.

Vignes de plus en plus jeunes

Le vignoble des deux Charentes souffre de trois grands maux : l'esca, l'eutypiose et le BDA pour « black dead arm ». Une fois traduit, le BDA pourrait laisser croire qu'il désigne le « bras mort », maladie bien connue des viticulteurs. Il n'en est rien. Le « bras mort », prononcé à la française, désigne l'esca.

L'esca est, pour ainsi dire, né avec le pied de vigne. Très connu des viticulteurs, le champignon connaît un regain de nuisance depuis 2003. François Valtaud tient à relativiser le lien de cause à effet entre l'interdiction de l'arsenite de soude et la progression de l'esca.

Il en veut pour preuve des vignobles suisses et italiens, qui ne recevaient pas une pulvérisation d'arsenite. Ils sont pourtant touchés par le champignon.

Aussi bien en France, qu'en Europe, qu'en Amérique, etc., le monde scientifique est désemparé face à ces phénomènes.

Les techniques de lutte sont pour l'instant réduites à des conseils de conduite du vignoble : période de la taille, mode de la taille, éviter de laisser des souches, etc.

« L'ugni-blanc est également sensible à l'eutypiose », poursuit Luc Lurton, le directeur de la station viticole. Isolé et identifié il y a une trentaine d'années, sa présence dans le vignoble charentais est stable.

Le BDA, identifié en 1999, ne bénéficie pas encore de données d'évolution, celui-ci étant encore associé à l'esca.

Luc Lurton et Christophe Valtaud estiment que « 7 % du vignoble charentais expriment les symptômes de l'esca-BDA ». Il s'agit bien d'expressions de symptômes. Les maladies du bois sont sournoises parce qu'actives à l'intérieur des ceps. Le mal est donc invisible.

L'eutypiose développe ses symptômes sur 15 à 18 % des ceps de Charente et de Charente-Maritime, estiment les mêmes interlocuteurs. Ils se basent sur leurs cinquante-cinq parcelles expérimentales.

L'autre phénomène est la propagation des champignons à des parcelles de plus en plus jeunes.

« Il y a un maximum de présence sur des vignes de 15-20 ans mais ça arrive de plus en plus tôt », relève François Valtaud.

La tâche pour les chercheurs est immense. L'enjeu économique ne l'est pas moins.

Séverine Joubert : http://www.sudouest.com
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Jean-Pierre NIEUDAN
 
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