Bonjour à tous,
Merci à vous pour vos notes.
Une petite explication relative au choix des crus, et quelques remarques…
Pour la série « blancs », j’ai voulu présenter des vins que j’aime, des vins très typés, aux caractères forts. Je ne pensais pas balader autant les dégustateurs !!
J’ai voulu faire en quelque sorte une dégustation « terroir »… Des vins marqués par leur terroir et Laurent(s) résonnant comme cela, il a fait fort au score final. Bravo !
J’ai été un peu déçu par le Wiliam Fevre. Il s’agit de la cuvée « Bouguerots » et donc d’une parcelle appartenant à la propriété, contrairement à la cuvée grand cru ne portant pas cette dénomination et qui provient de raisins de négoce. Dernièrement, un premier cru 2006 de Fevre m’a beaucoup plu. Celui-ci ne s’est pas montré aussi beau. Dommage.
Lui opposer un blanc de blanc champenois (et grand cru également !!) était pour moi amusant. Difficile de ne pas penser à la bourgogne !! Et pourtant, ces vins de champagne sont excellents et méritent toutes les attentions. Rares sont les amateurs qui connaissent ces crus ; je pense que l’intérêt d’organiser une dégustation c’est justement de faire découvrir certaines choses.
Le domaine de la Juchepie est un domaine que j’aime beaucoup pour le fruit et la gourmandise des vins produits. Un domaine qui mérite que l’on parle de lui, qui mérite d’être présenté. C’était mon objectif, Jean et d’autres ont adoré…
Enfin, le Rangen est un vin d’un autre monde. Une vendange tardive que les levures choisissent de vinifier en sec, contrairement à ce que le maître des chais avait envisagé. C’est un vin que j’ai découvert au domaine et qui m’avait alors subjugué. Le vin titre 15,5% il a un nez le VT mais est sec en sucre. Grande puissance aromatique avec la chair d’abricot, la fumé et des fleurs riches. En bouche c’est puissant, concentré, le fruit est écrasant, gras et l’acidité porte à merveille le cru. Grande longueur, j’adore. C’est un vin qui a fait râler certains avançant qu’on ne peut pas trouver le cépage. Je ne suis pas bien d’accord, mais je comprends bien sur la difficulté.
Pour les rouges, j’ai été plus classique. Un bordeaux au très joli rapport Q/P pour commencer et que beaucoup ont mis sur une de belles appellations, suivi par deux grands crus de pinots noirs d’écoles différentes (moderne pour Mortet, classique pour Roty). Enfin, la Syrah mettra tout le monde d’accord (normal, on est avec les vinosophes

et le vin est très beau, certes.

)
J’ai pris beaucoup de plaisir à organiser cette dégustation et à écouter les différents points de vue. J’ai souri quand certains pestaient de ne pas trouver le cépage, j’étais content lorsque d’autres me faisaient de grands gestes, levant le pouce pour me dire combien certains vins étaient appréciés. Beaucoup ne connaissaient pas semble-t-il ces expressions, il sont aimé découvrir, ils ont apprécié.
Les vins très typés divisent souvent les assemblées. Le chardonnay de champagne a plu à tous, mais le Rangen a littéralement divisé. D’un côté ceux qui n’accrochent pas et de l’autre ceux qui adorent. Pas vraiment de neutralité dans les jugements, presque uniquement des extrêmes. J’avais déjà fait l’expérience, à chaque fois ce tableau est reproduit.
Ce que l’on constate, c’est qu’au sein d’une unité comme celle du club des vinosophes ou du qscb, les amateurs découvrent ensemble des crus et quelque part, ils font leur palais et érigent leur culture du vin ensemble également. Je sais que les Rhône sont connus, maîtrisés et appréciés par les vinosophes. Les deux derniers rouges étaient servis pour dire « cadeau ». Les autres peut-être pour dire « et ça tu connais ? Aimes-tu ? ».
J’aime aller aux soirées des Vinosophes car, au-delà des hommes de valeur que j’y côtoie, les vins qui m’y sont présentés ne sont pas ceux auxquels j’ai l’habitude de goûter. QSCB et Vinosophes n’ont pas les mêmes approches ni les mêmes références. Quelle complémentarité ! C’est normal car nous n’avons pas tous la même approche des crus, la même culture du vin. Les vinosophes n’auront aucune peine à trouver la marsanne et son terroir d’origine alors qu’au QSCB c’est un cépage que l’on ne connaît pas bien encore. Ya du boulot, ya du plaisir à venir ! A ce même titre, participer aux dégustations de la RVF est très enrichissant. C’est difficile de se tourner vers des vins dont on ignore l’existence…
Merci de m’avoir laissé offrir cette dégustation. Faire découvrir c’est partager, le vin s’y prête à merveille, ce fut une réelle joie.
Très cordialement,
JU