Daniel Dufaux est le nouveau président de l'Union suisse des oenologues. Dynamique et rigoureux, il entend donner un souffle et une place internationale à l'organisation.
Daniel Dufaux est passionné et méticuleux. Il est tombé amoureux des vignes quand il était enfant. Aujourd'hui c'est la consécration: le Chablaisien succède à Mike Favre à la présidence de l'Union suisse des oenologues.
Passion pour les grappes
Il consacre tout son temps à la vigne, «cette plante mythique». Ses loisirs, il les passe sur le lopin hérité de son père grâce auxquel il produit son propre nectar. Ses soirées se déroulent souvent dans les confréries bachiques dont il fait partie. La semaine, il est oenologue chez Badoux Vins S.A. à Aigle. Il pense, crée et vit le vin au quotidien. Daniel Dufaux n'est pas un chef qui reste dans sa cave. «Le contact avec la nature remet les choses en place et confère une autre dimension à la vie.» Il sort donc sur le terrain et maintient un contact étroit avec le responsable des vignes. Pas question de se fier uniquement aux mesures du taux de sucre pour décider de vendanger. «Il faut sentir la vigne pour savoir si c'est vraiment la pleine maturité des fruits.» Après avoir oeuvré douze ans au coeur du vignoble de Lavaux, ce Vaudois s'est aventuré au coeur du Valais, chez Giroud. «Le contact avec les vignerons valaisans m'a bien plu. J'ai pu lier très vite de véritables amitiés.» L'appel de la cave aiglonne où il travaille actuellement l'a ramené ensuite sur sa terre natale.
Trouver un poids politique
Comme président de l'Union suisse des oenologues, il ajoute une nouvelle carte, plus stratégique, à son arc. «Mon mandat principal, c'est de communiquer.» L'organisation reste mal connue, le métier et la formation d'oenologue aussi. «Il y a bien sûr eu un président valaisan déchu (ndlr.: qui a défrayé la chronique pour avoir été filmé en train de consommer de la cocaïne) qui paradoxalement a permis que l'on parle un peu de l'union dans la presse», ajoute-t-il malicieux.
Par ailleurs, Daniel Dufaux estime qu'un travail de lobbying est crucial. «Nous avons des membres qui ont des fonctions à Berne ou des postes importants à l'Agro-scope de Changins. Nous devons créer des synergies efficaces pour peser au niveau politique. A l'heure du Cassis de Dijon, il est important que nous soyons entendus. Nous n'avons par exemple jamais fixé de limite aux importations.»
Fixer des règles
Un code de déontologie lui semble aussi impératif. Ce manque ne permet pas à l'union de discuter sur un pied d'égalité avec ses homologues internationaux. «Je vais tout faire pour intensifier nos échanges avec les pays frontaliers, pour avoir voix au chapitre au sein de l'Union internationale mais aussi pour permettre aux oenologues suisses de suivre des formations continues à l'étranger.» En Suisse, on sait produire du vin de qualité mais l'on ne sait pas en parler, constate encore le dynamique président. Un savoir que les professionnels pourraient acquérir avec leurs collègues européens.
Marie Parvex
http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/val ... n_9-186185