GRAND PRIX DU VIN SUISSE
Le concours organisé par Vinea et «Vinum» a sacré Stefan Gyser. Trois vins valaisans sur la première marche du podium. Surprise: Neuchâtel l'emporte dans les «vins avec sucre résiduel».
C'est à Hallau, le plus gros bourg viticole de Suisse orientale, que Stefan Gysel exerce ses talents. Dans l'entreprise familiale Aagne vom Schopf, il travaille avec son père Erich, sa maman Irma et sa femme Nadine.
Pour Barbara Meier Dittus de la revue «Vinum»: «Leurs vins sont frais, fougueux, espiègles et peu conventionnels. On ne s'en lasse pas.» Rencontre avec le principal intéressé.
Vous travaillez avec votre père et votre mère; votre femme est aussi ingénieur oenologue, c'est facile de travailler en famille?
Il y a beaucoup de bons côtés de travailler en famille. Parmi les points positifs, je retiens celui de partager le quotidien, de poursuivre un but commun... de créer de nouveaux vins ensemble, etc.
Cet automne notre petite fille d'à peine 2 ans a pu participer pour la première fois aux vendanges. C'est super quand les enfants peuvent partager le travail des parents, comprendre et vivre ainsi ce que papa et maman font toute la journée.
Naturellement, il y a aussi de temps en temps des frottements quand on travaille en famille, mais ça fait partie de l'ordinaire et au final, cela nous fait avancer.
Vous êtes un habitué des médailles, puisqu'en 2007 votre pinot noir vendanges tardives a obtenu une médaille d'or à Expovina et au Grand Prix du vin suisse, que votre pinot noir barrique 2003 a raflé l'or au Mondial du pinot noir et que le millésime 2004 de votre assemblage a été couronné d'or au Concours national des vins suisses en 2005. Vous êtes trois fois nominé au Grand Prix du vin suisse et vous voilà vigneron de l'année. Qu'en pensez-vous?
C'est une grosse surprise et une énorme satisfaction. Cette distinction récompense tout un travail, une démarche de qualité que nous nous efforçons de suivre.
Ce titre honore aussi les clients qui nous faisaient déjà confiance, il peut nous en amener de nouveaux et ouvrir la porte aux amateurs de vins de toute la Suisse.
Combien de vins avez-vous mis en compétition cette année au Grand Prix du vin suisse?
Six vins, trois rouges et trois blancs
Comment définissez-vous votre style de vin?
Je m'efforce de créer des vins de haute gamme. Des vins qui nous incitent à prolonger le plaisir avec un deuxième verre. Des vins de jouissance, avec un caractère unique, spécifique et très marqué.
Avez-vous un faible pour les rouges ou pour les blancs?
C'est selon la situation, le moment et l'occasion que je choisis la couleur. Dans la vinification des rouges, on est confronté à plus de challenges pour faire ressortir tous les caractères du raisin. Naturellement, cela rend le vin rouge plus intéressant.
Quel est votre type de vin idéal?
Le vin idéal dépend du moment qu'on doit célébrer, du plaisir qu'on en attend. Ainsi en été, on préférera un vin léger, gouleyant. En hiver, on recherchera un vin plus capiteux, plus intense. Je crois vraiment qu'on choisit un vin selon les circonstances. C'est pourquoi, nous en avons de fort différents dans notre gamme. En ce moment, j'élève un pinot noir particulier, qui devrait devenir encore plus ample, plus intensif qu'un pinot barrique. Mais il faut lui laisser du temps, c'est encore un gamin...
Dans votre production, quel vin est votre chouchou, pour lequel avez-vous un coup de coeur?
C'est difficile à dire. J'ai mis mon coeur et mon âme dans tous nos vins. Mais notre cabernet-merlot fait partie de mes favoris. Ces deux cépages ne sont pas très communs dans notre région, c'est donc un autre challenge dans la vinification et le traitement de la vigne.
Quel est votre accord mets-vin préféré?
Le vin doit sublimer le plat et le plat doit révéler le vin. Je pense qu'il y a un vin pour chaque repas. Quoique... au petit-déjeuner, je préfère encore le café
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