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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 17 Avr 2018 11:54

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La crainte d’une forte pression de mildiou
Dans le bordelais, les conditions humides ont favorisĂ© une maturation prĂ©coce des oeufs d’hiver de mildiou. Mais dans la plupart des parcelles, la vigne n’est pas encore rĂ©ceptive aux contaminations. Les techniciens demandent nĂ©anmoins aux viticulteurs d’ĂȘtre vigilants et de bien surveiller les stades de la vigne




Les viticulteurs sont dans les starting block. Dans le Bordelais, les conditions hivernales et printaniĂšres humides ont accĂ©lĂ©rĂ© la maturation des Ɠufs d’hiver de mildiou. « Le modĂšle Movida nous indique qu’ils sont mĂ»rs et que potentiellement, il y a eu les premiĂšres projections prĂ©-Ă©pidĂ©miques. Mais Ă  ce jour, la vigne n’est pas encore rĂ©ceptive exceptĂ©e dans les parcelles les plus prĂ©coces qui atteignent « deux feuilles Ă©talĂ©es ». Dans ces derniĂšres les vignerons pensent dĂ©marrer la protection la semaine prochaine contre l’excoriose car les conditions pluvieuses sont aussi trĂšs favorables Ă  ce parasite. Ils en profiteront pour dĂ©marrer aussi la protection contre le mildiou en optant pour un produit efficace contre les deux maladies », explique Eric Capredon, chez Euralis, un distributeur de la rĂ©gion. Ces parcelles trĂšs avancĂ©es Ă©taient au 12 avril, peu nombreuses. Mais avec les tempĂ©ratures qui augmentent, le dĂ©veloppement des stades va s’accĂ©lĂ©rer. Les techniciens appellent donc les viticulteurs Ă  ĂȘtre vigilants et Ă  bien surveiller leurs vignes surtout si les conditions humides se poursuivent. « Les viticulteurs devraient dĂ©marrer la protection contre le mildiou avant la fin du mois », indique Eric Capredon qui s’attend Ă  une forte pression si les conditions climatiques actuelles se poursuivent. « Le top dĂ©part des traitements va ĂȘtre important », insiste-t-il.

Une année à fort potentiel mildiou

Dans le vignoble de Cognac, Magdalena Girard, de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime craint Ă©galement une forte pression du mildiou. « Les premiers indicateurs nous indiquent qu’on se dirige vers une annĂ©e Ă  fort potentiel. Le temps est favorable Ă  la maturation des Ɠufs d’hiver. Tous les modĂšles indiquent un fort risque », explique-t-elle. A ce jour, dans le vignoble Charentais, les Ɠufs n’étaient pas encore mĂ»rs et la vigne non rĂ©ceptive. Le risque de contamination Ă©tait donc nul. Les techniciens restaient nĂ©anmoins attentifs. « On va voir comment les choses Ă©voluent », prĂ©cise Magdalena Girard.

DĂ©but des traitements dans l'HĂ©rault

Dans l’HĂ©rault, les conditions climatiques Ă©taient Ă©galement favorables au dĂ©veloppement des parasites. Et les traitements phytosanitaires contre le mildiou et l’oĂŻdium avaient dĂ©marrĂ©, notamment dans les parcelles conduites en bio. « On a pris 450 mm d’eau depuis le dĂ©but de l’annĂ©e et les vignes sont Ă  deux feuilles Ă©talĂ©es», justifie Jean-Louis CousiniĂ© des Etablissements Touchat.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 19 Avr 2018 12:01

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Philippe Pascal, domaine du Cellier aux Moines (Givry) : « Nous avons mis dix ans pour comprendre le terroir ».
Philippe Pascal, ancien cadre du groupe LVMH et propriĂ©taire du domaine du Cellier aux Moines depuis 2004 revient sur une Ă©tonnante carriĂšre. Un parcours oĂč il a Ă©tĂ© notamment nĂ©gociant Ă  Bordeaux, Ă  la tĂȘte de quelques-unes des plus prestigieuses maisons champenoises ou encore proche conseiller de Bernard Arnault. Il a trouvĂ© Ă  Givry matiĂšre Ă  nourrir une « troisiĂšme vie ».






Vous ĂȘtes passĂ© par Bordeaux, la Champagne pour finalement vous installer en Bourgogne. Pourquoi ce choix ?
D’abord parce que ma femme est bourguignonne mais aussi parce que j’ai fait mes Ă©tudes d’agronomie Ă  Dijon (Ndlr : ENITA en 1977). La vie Ă©tant un cercle, c’était un retour aux sources.


Auriez-vous pu imaginer vous installer dans une autre région ?
Non. Ce qui m’attirait c’est la complexitĂ© et la diversitĂ© de la Bourgogne. Pour des raisons de recherche de racines, d’origines, mais aussi par curiositĂ© intellectuelle. Aller se frotter Ă  cette complexitĂ© et cette diversitĂ© nous offraient, moi et ma femme, l’opportunitĂ© de vivre un rĂȘve que nous avions depuis 30 ans. Nous nous Ă©tions promis de revenir en Bourgogne tout ce temps oĂč nous avons roulĂ© notre bosse sous diffĂ©rentes latitudes .


Comment s’est fait pour vous la dĂ©couverte du vin ? Par votre famille ?
J’ai grandi Ă  Saint-Chamond (Loire) et ma famille a fait faillite dans le textile. Lors de mes Ă©tudes Ă  Dijon, j’ai rencontrĂ© Ă©normĂ©ment de vignerons de la CĂŽte de Beaune et de la CĂŽte de Nuits. Des amis de mon beau-pĂšre, de mon Ă©pouse, m’ont Ă©galement initiĂ© Ă  la dĂ©gustation. AprĂšs avoir fait de l’agronomie tropicale (Ndlr : coopĂ©ration militaire en GuinĂ©e Bissau), je me suis rapprochĂ© du vignoble en faisant de la promotion des vins français aux Etats-Unis. De 1980 Ă  1989, j’ai dĂ©fendu les couleurs des vins français aux Etats-Unis Ă  une pĂ©riode oĂč ils Ă©taient en pleine essor. J’ai organisĂ© le premier concours du meilleur sommelier en vins de France aux Etats-Unis en 1981-82. Je me souviens du premier Vinexpo : nous avons mis, dans un Concorde, les meilleurs distributeurs amĂ©ricains avec Marvin Shanken (Ndlr : fondateur du magazine Wine Spectator) pour leur faire dĂ©couvrir l’évĂšnement. Les AmĂ©ricains, le groupe Seagram, avec qui je m’entendais bien m’ont un jour fait un appel du pied pour que j’occupe de Barton & Guestier Ă  Bordeaux, puis de Mumm et Perrier-JouĂ«t en Champagne.


Donc une connaissance approfondie de beaucoup de vignobles français...
... Et des amateurs. C’est une chose d’ĂȘtre convaincu de la beautĂ© d’un terroir, voire de sa supĂ©rioritĂ©, c’en est une autre de comprendre, d’apprĂ©cier les attentes de gens du monde entier. C’est la beautĂ© de ce mĂ©tier : 20 ans de ma carriĂšre ont Ă©tĂ© construits avec des gens de cultures diffĂ©rentes, des AmĂ©ricains, des Asiatiques, des EuropĂ©ens de l’Est ou encore des Japonais qui ont une culture du beau ou du bon extraordinaire. Faire la synthĂšse d’une complexitĂ©, d’une offre excessivement grisante et en mĂȘme temps pouvoir comprendre les attentes de clients du monde entier qui aspirent Ă  cette beautĂ©, prĂȘts Ă  apprendre des choses complexes et diversifiĂ©es, c’est magnifique. J’ai eu la chance d’avoir fait les deux. Je vais au Japon prochainement avec au programme trois ou quatre jours de business, le reste ce sera des visites culturelles. Ce mĂ©tier du vin ouvre des portes extraordinaires Ă  la confluence des cultures.


N’est-ce pas un reproche que l’on peu faire Ă  la Bourgogne : ne pas ĂȘtre assez ouverte Ă  ces aspirations venues de l’extĂ©rieur ?
Je crois qu’un certain nombre de vignerons et de nĂ©gociants bourguignons sont Ă  l’écoute, en demande. Le plus dangereux et le plus regrettable, c’est d’ĂȘtre sĂ»r de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ©. On dĂ©tient la vĂ©ritĂ© de nos terroirs mais on ne dĂ©tient pas celle de la qualitĂ© absolue. Cela n’existe pas. On est dans des mĂ©tiers de perception et de subjectivitĂ©. Il faut trĂšs bien faire Ă  partir de ce qu’on a, c’est-Ă -dire de nos terroirs, mais comprendre que ce qui est merveilleux dans nos mĂ©tiers, c’est de pouvoir parler Ă  des sommeliers, des journalistes japonais, brĂ©siliens, etc., ĂȘtre Ă  l’écoute de leur perception et de les convaincre. Mais pour les convaincre, encore faut-il ĂȘtre Ă  l’écoute, apprĂ©cier leur culture, leur diffĂ©rence, leur gastronomie. Cela passe aussi par la gastronomie bien-sĂ»r. C’est extraordinaire de travailler avec des cuisiniers japonais et de voir comment un champagne se marie avec leur cuisine...


Vous rachetez le Clos du Cellier aux Moines Ă  Givry en 2004. Vous commencez une longue restauration et une nouvelle aventure. Pourquoi cet endroit, cette appellation ?
J’ai quittĂ© MoĂ«t-Hennesy en 2001, pour m’occuper d’un autre secteur de LVMH, l’horlogerie et la joaillerie. Intellectuellement, cela me permettait d’ĂȘtre plus libre pour envisager de mettre un pied ici en Bourgogne. Nous Ă©tions Ă  la recherche d’un dĂ©clic : la quadrature entre un grand terroir, une histoire et un lieu oĂč nous aurions envie de vivre en se projetant sur ce qui serait pour moi une troisiĂšme vie, la retraite. Tout cela a pris du temps. On a su que le Cellier aux Moines Ă©tait Ă  vendre. En le visitant - il n’était pas en trĂšs bon Ă©tat - on s’est dit instantanĂ©ment qu’il y avait lĂ  une « mission », un terroir potentiellement fantastique, un lieu chargĂ© d’histoire, de spiritualitĂ©, qui mĂ©ritait qu’on s’en occupe. C’était un vrai coup de cƓur.


Comment s’est passĂ© l’accueil dans le village ?
Je garde le souvenir, plutĂŽt bon, d’un examen de passage avec les reprĂ©sentants de l’appellation et la Safer (Ndlr : SociĂ©tĂ© d'amĂ©nagement foncier et d'Ă©tablissement rural). Nous avons prĂ©sentĂ© notre projet. Cela faisait longtemps que je n’avais pas passĂ© un examen ! En relisant notre projet, dix ans aprĂšs, je me suis dis que je n’en changerais pas un mot. On a dit ce qu’on ferait et on a fait ce qu’on avait dit. Je ne suis pas le mieux placĂ© pour en parler mais j’ai le sentiment que cela a Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© au sein de Givry.


« J’étais, parait-il, le faux nez de Bernard Arnault »


Vous n’avez pas senti de dĂ©fiance particuliĂšre. Un investisseur qui vient dans le village...
Si. Il y a ce que j’ai entendu - j’étais parait-il le faux nez de Bernard Arnault - et ce que je n’ai peut-ĂȘtre pas entendu... Nos voisins, avec qui j’ai toujours pris le temps de parler, de regarder ce qu’ils faisaient, de demander des avis, ont trouvĂ©, je crois, que ce que nous avons avait fait pour Givry Ă©tait pas mal. Je me suis inspirĂ© de ce que faisaient certains avec beaucoup de respect.


Vous citeriez des noms ?
De par la proximitĂ© du Clos, j’ai regardĂ© ce que faisaient mes amis Joblot, les frĂšres Lumpp pour ne citer qu’eux. Il y a beaucoup de gens qui font de trĂšs belles choses Ă  Givry.


Quelles étaient vos priorités aprÚs cette reprise ?
Comprendre le terroir. Je pensais qu’on allait le comprendre plus rapidement. Nous avons mis dix ans pour arriver Ă  une dĂ©marche parcellaire rigoureuse. Nous souhaitions familialement passer au bio, Ă  la biodynamie. LĂ -aussi il a fallu une petite dizaine d’annĂ©es, mĂȘme si les herbicides ont Ă©tĂ© stoppĂ©s tout de suite, pour passer Ă  une viticulture extrĂȘmement raisonnĂ©e. Avec l’arrivĂ©e de Guillaume Marko en 2015, nous avons su que nous pouvions mettre la bio en place de façon rigoureuse et convaincue. Je suis persuadĂ© maintenant avec un peu de recul que c’est un acte d’amĂ©lioration fondamental. Nous sommes beaucoup plus attentifs Ă  ce qui se passe dans la vigne et dans nos sols. La premiĂšre certification est prĂ©vue pour 2019.


Vous avez travaillé longuement chez LVMH (25 ans). Il est beaucoup question de luxe en Bourgogne ces derniers temps. Pensez-vous que certains vins sont devenus des produits de luxe ?
Le luxe est un mot qui a Ă©tĂ© galvaudĂ©. L’origine sĂ©mantique, c’est la lumiĂšre. En terme de philosophie, c’est le bien faire ou le trĂšs bien faire. Une connotation trĂšs artisanale, respectueuse, perfectionniste que l’on peut retrouver dans tous les mĂ©tiers. Ce n’est pas le bling-bling, la pub, non. Chez LVMH, j’ai vĂ©cu le rachat de Krug, Yquem ou encore Cheval Blanc. Je pense que ces maisons, ces marques continuent Ă  progresser, Ă  vivre leur vie au sein de leurs appellations oĂč, il me semble, elles ont des rĂŽles moteur. Un investisseur qui n’a que faire de l’excellence et de la progression de la qualitĂ© peut faire beaucoup de mal. Un investisseur dont le mĂ©tier de base c‘est l’excellence dans diffĂ©rents mĂ©tiers a, je pense, Ă  cƓur de comprendre les mĂ©canismes, les subtilitĂ©s, la diversitĂ© des terroirs qui font que l’on pourra produire quelquechose d’excellent.


Quand vous avez appris que Bernard Arnault reprenait le Clos des Lambrays, quelle a été votre réaction ?
J’ai dit enfin !


Et quand François Pinault reprend son voisin, le Clos de Tart ?
Je dis tant mieux. Je parle de gens et de familles, que je connais assez bien, qui ont une vraie culture de l’excellence, une vision Ă  long terme. Je conçois que cela ait des effets collatĂ©raux sur la valorisation des terres, etc. Mais je prĂ©fĂšre cela Ă  des investisseurs qui ont une vision purement spĂ©culative, qui veulent faire une culbute, une opĂ©ration fonciĂšre. Ce n’est pas le cas des investisseurs dont on parle, mĂȘme s’ils avaient envie de s’offrir de trĂšs beaux « trophĂ©es » bourguignons. J’aurais Ă©tĂ© plus inquiet si d’autres investisseurs en dehors du vin avaient mis la main sur ces Clos pour s’en dĂ©sintĂ©resser au bout de dix ans, parce que ce n’est pas dans leur culture.


Les prix de vos vins sont relativement élevés. Comment les avez-vous fixés ?
Je diffĂ©rencierai CĂŽte Chalonnaise et CĂŽte de Beaune. Sur Chassagne et Puligny, je ne suis pas sĂ»r que l’on soit Ă  cĂŽtĂ© du marchĂ©. Nous sommes dedans et mĂȘme pas trĂšs Ă©levĂ©s. Mon parti pris sur la CĂŽte chalonnaise, c’est que je pense que ces terroirs rivalisent avec ceux de la CĂŽte de Beaune et de la CĂŽte de Nuits. AprĂšs, il y a le travail que l’on y met. Je ne suis pas dans une dĂ©marche de profitabilitĂ©, je suis dans une dĂ©marche d’excellence. Je veux que l’on produise des vins superbes. Je sais que nos coĂ»ts d’exploitation ont augmentĂ© avec le passage au bio et la biodynamie, nos rendements sont relativement faibles. Je veux que nos vins soient apprĂ©ciĂ©s par une clientĂšle exigeante. Il vaut mieux s’engager dans cette voie, quite Ă  ĂȘtre cher... J’espĂšre que dans le temps nous susciterons des vocations et que les « grands premiers crus » de la CĂŽte chalonnaise pourront se permettre de mieux rĂ©munĂ©rer le travail accompli. Ce n’est pas mon ambition de sortir un grand cru mais sortir un grand vin, oui. Il faut aller chercher dans les tripes de ces terroirs. Assembler des premiers crus en CĂŽte Chalonnaise, c’est une ineptie. Cela veut dire qu’on ne les a pas compris, ou qu’ils ne valent pas le coup.


Il y a le terroir et le matériel végétal. Comment avez-vous abordé cette problématique ?
On s’est rendu compte qu’un certain nombre de plantations des annĂ©es 1970, donnant de gros raisins, Ă©taient peu adaptĂ©es Ă  l’excellence. Un ami vigneron de Givry m’a dit : tu verras, tu finiras par tout arracher. Nous n’avons pas tout arrachĂ©... Mais oui, le matĂ©riel vĂ©gĂ©tal est dĂ©terminant. Il faut trouver ces pinots fins, voir trĂšs fins. Nous avons beaucoup travaillĂ© avec un pĂ©piniĂ©riste.


Que retenez-vous de vos expériences bordelaises, champenoises, etc. ?
A Bordeaux, dans les annĂ©es 1990, j’étais nĂ©gociant. J’ai fermĂ© notre bureau Ă  Beaune car je me suis dis que jamais nous n’arriverions Ă  acheter les bons bourgognes... J’ai appris Ă  Bordeaux qu’il fallait se recentrer sur sa rĂ©gion. En Champagne, j’ai eu la chance d’ĂȘtre le patron de Veuve Clicquot pendant 10 ans, de participer au rachat de Krug, puis d’ĂȘtre patron de MoĂ«t-Hennessy. En Champagne, les maisons ont des contacts avec de nombreux vignerons, doivent gĂ©rer leurs propres vignes. C’est une gestion lourde en amont. Et de l’autre cĂŽtĂ© il y a l’impĂ©ratif de faire des cuvĂ©es avec des personnalitĂ©s bien marquĂ©es, sur la durĂ©e, et donner du sens aux marques. Cela a Ă©tĂ© un travail passionnant de dĂ©velopper des marques avec des « ADN » diffĂ©rents, et ce Ă  assez large Ă©chelle.


La Bourgogne peut-elle s’inspirer de ce qui se fait dans ces grandes rĂ©gions ?
Les vignobles ont tous leurs particularismes. En Champagne, l’équilibre entre les maisons, les marques, la production est assez subtil, exemplaire mĂȘme. On y fait des assemblages de millĂ©simes. Ces rĂ©gions ont des « recettes » gagnantes diffĂ©rentes mais oĂč que l’on soit, et mĂȘme si la finalitĂ© n’est pas la mĂȘme, l’équation passe par un meilleur travail dans la vigne. La grande prise de conscience, c’est que tout part de la vigne, que ce soit pour faire un grand cru classĂ© de Bordeaux, une grande marque de Champagne ou un vin de Bourgogne. Le mouvement de fond est le mĂȘme.


Comme prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France (de 1996 Ă  1999), vous avez Ă©galement participĂ© au « Wine Accord » entre l’Europe et les USA. Avez-vous des inquiĂ©tudes par rapport Ă  un retour possible du protectionnisme ?
Il y a toujours une actualitĂ© politique internationale un peu « excitĂ©e », c’est dans la nature humaine. Pour avoir travaillĂ© avec nos partenaires europĂ©ens et amĂ©ricains, au moment du Wine Accord, j’en retiens qu’il existe une vraie communautĂ© des acteurs du vin. Quand on parle avec des gens du monde du vin, les convergences sont Ă©videntes. Les vignerons, les nĂ©gociants, ne sont pas dans un Ă©tat d’esprit protectionniste et frileux. Au contraire, ce sont des catalyseurs de communication, des porteurs d’ouvertures. Les rapports Ă©taient durs avec les AmĂ©ricains mais grĂące aux rĂ©unions que l’on a eues, nous sommes arrivĂ©s Ă  nous entendre. Les excitations de tel ou tel leader autour des agendas Ă©lectoraux malheureusement nous Ă©chappent. C’est comme ça. Par contre, je suis plus inquiet quand une nouvelle ministre de la santĂ© agite Ă  nouveau l’épouvantail du vin pour des raisons dogmatiques...



Philippe Pascal en 9 dates

25 septembre 1954 : Naissance Ă  Saint Chamond (Loire).
1977: DiplĂŽmĂ© d’Agrosup - ENITA Dijon, coopĂ©ration militaire en GuinĂ©e Bissau.
1981 : Directeur marketing vins & spiritueux de Sopexa Amérique du Nord, directeur du bureau de New York, puis président de Sopexa Amérique du Nord de 1986 à 1989.
1990 : Directeur général de Barton & Guestier (Bordeaux) propriété du groupe Seagram, alors leader mondial des vins et spiritueux puis directeur général des champagnes Mumm et Perrier-Jouët.
1994 : Rejoint le groupe LVMH comme prĂ©sident directeur gĂ©nĂ©ral de Veuve Clicquot puis dĂ©veloppe un portefeuille de vins du Nouveau Monde (Cloudy Bay, Cape Mentelle , Newton...), et rĂ©alise l’acquisition du Champagne Krug. ParallĂšlement de 1996 Ă  1999, il prĂ©side la FĂ©dĂ©ration des Exportateurs de Vins & Spiriteux de France.
2000 : Président directeur général de Moët-Hennessy.
2004 : Reprise du Domaine du Cellier aux Moines (Givry) Ă  titre personnel.
2001 : Crée la division Montres & Joaillerie de LVMH.
2012 : Quitte LVMH et s’installe en Bourgogne.


www.allaboutburgundy.fr

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 24 Avr 2018 07:11

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Banyuls-Collioure : tango gagnant
Sur la CĂŽte Vermeille, Banyuls et Collioure jouent les alpinistes Ă  la verticale de la mer. Sur les pentes abruptes de schistes, des vignerons aux mollets d’acier mĂšnent un tango magistral entre deux AOC, les banyuls (vins doux naturels) et les collioures (vins secs). Un tango oĂč les collioures donnent dĂ©sormais le tempo.




« C’est la CĂŽte RĂŽtie du Roussillon », aime comparer Vincent ParcĂ©, vigneron au domaine Augustin crĂ©Ă© en 2015, pour aborder les problĂ©matiques de production de Banyuls-Collioure, situĂ© Ă  l’extrĂ©mitĂ© orientale des PyrĂ©nĂ©es, sur les derniĂšres communes du littoral avant l’Espagne. EntiĂšrement en coteaux, ce vignoble oĂč la pente culmine Ă  plus de 50% a Ă©tĂ© gagnĂ© sur la roche-mĂšre formĂ©e par des schistes, donnant un patchwork de parcelles organisĂ©es en terrasses Ă©troites. La mĂ©canisation y est impossible (comme le vignoble de Savoie, la CĂŽte RĂŽtie, etc.), les rendements faibles (entre 25 et 30 hl) dans cette rĂ©gion touchĂ©e par la sĂ©cheresse, mais ce n’est pas la seule singularitĂ© de ces terroirs qui bĂ©nĂ©ficient d’une pratique ancestrale rĂ©glementĂ©e depuis 2011 par l’INAO : la double affectation parcellaire. Elle permet aux vignerons de produire, sur une mĂȘme parcelle, des vins doux naturels (AOP Banyuls obtenue en 1936) et des vins secs (AOP Collioure rouges, blancs, rosĂ©s) autour du cĂ©page roi, le grenache.

Les VDN en net recul

34 producteurs et trois caves coopĂ©ratives occupent ce royaume micro-parcellaire de 589 hectares pour une production de 17 402 hl largement tirĂ©e par les coopĂ©ratives. Depuis une dĂ©cennie pourtant, ces caves doivent composer avec la baisse inexorable des volumes de banyuls traditionnels, des vins dont le principe d’élaboration est le mutage Ă  l’alcool vinique en cours de fermentation. Si les vins oxydatifs restent l’ñme de Banyuls, les volumes sont passĂ©s de 50 000 hl en 1970 Ă  29 000 hl en 2016, les collioures occupant dĂ©sormais 60% de la production du cru. « La production s’oriente petit Ă  petit vers les vins secs, les caves particuliĂšres produisant aujourd’hui majoritairement des AOP Collioure rouges, blancs et rosĂ©s et Ă  la marge, des vins doux Rimage (des Banyuls Ă©levĂ©s en milieu rĂ©ducteur, NDLR) privilĂ©giant le croquant du fruit, plus en phase avec les attentes des jeunes consommateurs », observe Georges Roques, prĂ©sident du cru et prĂ©sident de Terres des Templiers, puissante structure coopĂ©rative qui assure la production des trois quarts de l’appellation.

Un capital de fraĂźcheur

Au-delĂ  des problĂ©matiques Ă©conomiques, la montĂ©e en force des collioures s’explique par la redĂ©couverte du potentiel fraĂźcheur des vins blancs secs dont la rĂ©putation avait traversĂ© l’Atlantique, dĂ©jĂ  au XIXe siĂšcle. Ceux-ci bĂ©nĂ©ficient d’une AOC depuis 2003, aprĂšs les rouges (AOC obtenue en 1971) et les rosĂ©s (1991). « On avait ces terroirs sous la main mais on n’avait pas l’expĂ©rience de ce qu’ils pouvaient donner, relate Georges Roque. Notre travail a Ă©tĂ© de dĂ©montrer qu’on pouvait faire des vins blancs de haute tenue avec nos vieilles vignes de Grenache gris. »

Nouvelle génération

Depuis, le terroir Banyuls-Collioure a vu naĂźtre une nouvelle garde de jeunes vignerons souhaitant revendiquer une autre image : celle de terroirs frais aptes Ă  produire des vins secs Ă©lĂ©gants, sur la finesse. Une gĂ©nĂ©ration qui veut faire bouger les lignes en rĂ©habilitant l’image des Collioure, longtemps rĂ©putĂ©s ĂȘtre des vins solaires. « Si on fait le choix de faire autant de collioures, c’est parce qu’on veut dire : regardez, nos terroirs sont frais, on peut faire des vins Ă©lĂ©gants dans le sud de la France et on va le prouver ! », insiste Vincent ParcĂ©. À 36 ans, ce vigneron est Ă  la tĂȘte avec ses frĂšres Augustin et Martin, de trois domaines crĂ©Ă©s entre Collioure et Maury Ă  partir de 2015. Le domaine Augustin rĂ©unit 7,5 ha sur l’appellation, majoritairement des vieilles vignes de grenache complantĂ©es hĂ©ritĂ©es de pĂšre de cette fratrie dynamique, Marc ParcĂ©. La production est exclusivement dĂ©diĂ©e aux AOP Collioure.

Aux cĂŽtĂ©s des ParcĂ©, une nĂ©buleuse de jeunes vignerons s’organise : Romuald Perrone, repreneur du Clos Saint-SĂ©bastien et vice-prĂ©sident du cru ; Élise Gaillard dont le domaine de Madeloc a Ă©tĂ© reconstruit en 2002 par son pĂšre Pierre Gaillard (spĂ©cialiste des vignobles de pentes et pionnier de la rive droite du RhĂŽne), ou Florian Questeloot, installĂ© depuis 2016 au domaine Mas Siempre Mas. « Ce n’est pas l’appellation qui va nous porter, ce n’est pas le foncier, nous seuls sommes aptes Ă  crĂ©er de la valeur en a jouant collectif », insiste Romuald Perrone. Un appel qui porte ses fruits : parmi les 180 mĂ©dailles d’or dĂ©cernĂ©es lors du dernier concours Grenaches du Monde, 45 mĂ©dailles ont Ă©tĂ© attribuĂ©es Ă  des vins du Roussillon
 et quatre mĂ©dailles d’or attribuĂ©es Ă  l’AOP Collioure pour les cuvĂ©es Adeodat rouge 2015 et blanc 2016 du domaine Augustin, et les rouges Clos 2016 et CĂ©leste 2016 du domaine Saint-SĂ©bastien.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 24 Avr 2018 07:18

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La chaptalisation du chĂąteau Giscours de retour aux tribunaux
Reconnue par le syndicat viticole, une bourde sur la communication de l’enrichissement 2016 conduit le troisiĂšme cru classĂ© de Margaux Ă  ĂȘtre poursuivi en correctionnelle. Un concours de circonstances emblĂ©matique d’un systĂšme administratif Ă  bout de souffle.




« On assume l’erreur commise, mais sans intention de fraude. On a tout essayĂ© afin de pouvoir s’expliquer auprĂšs de l’administration, mais j’ai l’impression que la dĂ©cision de nous amener devant le tribunal Ă©tait dĂ©jĂ  prise » soupire Alexander Van Beek, le directeur gĂ©nĂ©ral du chĂąteau Giscours (troisiĂšme cru classĂ© en 1855 de Margaux). Ce 14 juin, il comparaĂźt devant la chambre correctionnelle du tribunal de Bordeaux avec son directeur technique et la sociĂ©tĂ© d’exploitation, l’administration leur reprochant la chaptalisation frauduleuse d’un lot de vin. Lors d’un contrĂŽle en octobre 2016, la brigade spĂ©cialisĂ©e dans le vin de la rĂ©pression des fraudes (Direccte) a en effet dĂ©montrĂ© qu’un lot de merlot tout juste vendangĂ© avait Ă©tĂ© chaptalisĂ©. Alors que le dĂ©cret prĂ©fectoral du 11 octobre 2016 excluait ce cĂ©page des autorisations d’enrichissement de l’appellation Margaux sur ce millĂ©sime. En consĂ©quence, 397 hectolitres de vin d’appellation Margaux ont Ă©tĂ© bloquĂ©s, soit l’équivalent de 53 000 bouteilles a rĂ©vĂ©lĂ© le Sud-Ouest.

« Il ne s’agit pas d’une cuve de merlot, mais d’une cuve de jeunes vignes de cabernet sauvignon dont un reliquat est constituĂ© de merlot (reprĂ©sentant 20 % du volume) » prĂ©cise d’emblĂ©e Alexander Van Beek, qui martĂšle sa ligne de dĂ©fense : « c’est une erreur de communication qui a conduit Ă  ce concours de circonstances. Il n’y avait pas de volontĂ© de qui que ce soit de frauder. »
Estimant avoir suivi la procĂ©dure, la propriĂ©tĂ© a en effet demandĂ© Ă  son syndicat viticole l’autorisation de chaptaliser. Le dĂ©cret prĂ©fectoral tardant, l’Organisme de DĂ©fense et de Gestion (ODG) a sollicitĂ© l’Institut National de l’Origine et de la QualitĂ© (INAO), qui l’a assurĂ© sur la possibilitĂ© de chaptaliser. Annonçant le 10 octobre Ă  14h32 qu’il Ă©tait possible de chaptaliser, le syndicat viticole s’est aperçu qu’il n’avait pas prĂ©cisĂ© Ă  quels cĂ©pages cela s’appliquait. Et a renvoyĂ© un message rectificatif Ă  15h13 ce mĂȘme jour, alertant sur l’interdiction de chaptaliser pour le merlot*. Mais en quarante minutes, le maĂźtre de chai impatient de cette autorisation avait dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© la chaptalisation sur la cuve en question. Conduisant l’ensemble du lot Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ© comme frauduleux.

"Ampleur disproportionnée"

Cette explication d’un dysfonctionnement dans la chaĂźne de communication est officiellement soutenue par l’ODG Margaux. Comme le dĂ©taille son prĂ©sident, Gonzague Lurton : « Une simple erreur administrative prend une ampleur disproportionnĂ©e. Le blocage de cet enrichissement anormal n’apporte rien en termes de protection du consommateur. Et il n’y a pas de dĂ©ficit de qualitĂ© Ɠnologique
 »

« En cette pĂ©riode de vinifications, on ne peut pas se permettre d’attendre longtemps » renchĂ©rit Alexander van Beek. Sachant que, pour complexifier la situation, que l’ensemble des autres appellations girondines ont obtenu l’autorisation de chaptalisation pour le merlot en 2016. Dont l’AOC Haut-MĂ©doc, oĂč se trouve le chĂąteau de Tertre, qui est Ă©galement suivi par les Ă©quipes techniques de Giscours (les deux propriĂ©tĂ©s appartenant Ă  l’homme d’affaires nĂ©erlandais Eric Albada Jelgersma).

Précédents

Si les services de la Direccte n’ont pas rĂ©pondu aux sollicitations de Vitisphere, on peut estimer que le passif du chĂąteau Giscours dans les annĂ©es 1990-2000 a pu jouer dans leur intransigeance. Ses vins avaient alors Ă©tĂ© poursuivis, et condamnĂ©s, pour utilisation illĂ©gale de copeaux de chĂȘne, pour ajout d’acide tartrique, pour chaptalisation illicite, pour dĂ©sodorisation au lait, pour inversion d’appellations et de millĂ©simes. « Il n’y a pas de corrĂ©lation avec cette Ă©poque. La sociĂ©tĂ© d’exploitation n’a jamais Ă©tĂ© mise en cause, il s’agissait de pratiques de l’ancienne direction » balaie Alexander Van Beek, pour qui le dossier est emblĂ©matique d’une trop grande complexitĂ© administrative.

« Le circuit d’autorisation d’enrichissement est long et se fait toujours au dernier moment. Quand les vendanges sont en cours et que la nervositĂ© est là
 C’est la problĂ©matique d’une zone oĂč l’enrichissement reste thĂ©oriquement exceptionnel » conclut dans un regret Gonzague Lurton.


* : Disposition confirmĂ©e par l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral, signĂ© le lendemain, le 11 octobre 2016, mais communiquĂ© le 12 octobre seulement par l'INAO.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 25 Avr 2018 11:51

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Domaine Mamaruta : « j’ai converti le vignoble en Bio et je suis parti sur des vinifications naturelles »
Marc Castan est le vigneron du domaine Mamaruta, sur les communes de La Palme et de Leucate, dans le Languedoc Roussillon. Il a rĂ©cupĂ©rĂ© les 14 Ha de vignes de son grand-pĂšre. «J’ai continuĂ© de travailler pendant 7 ans dans la cave coopĂ©rative oĂč il Ă©tait. En 2008, j’ai quittĂ© la cave pour faire mes premiers millĂ©simes en 2009 », raconte Marc. Le dĂ©part de la cave coopĂ©rative est l’occasion d’un nouveau dĂ©part et d’un nouvel horizon. Pour Marc, c’est l’accĂšs Ă  la libertĂ© : « Le mĂ©tier de vigneron me donne la libertĂ© de faire ce que je veux quand je veux. »





« Plus on avance, plus les vins deviennent élégants et minéraux », souligne Marc Castan

« J’ai travaillĂ© pendant 7 ans avec de la chimie. Jusqu’à en avoir vraiment marre », se rappelle Marc. « J’ai franchi le pas en 2008, en quittant la cave coopĂ©rative, j’ai converti le vignoble en Bio et je suis parti sur des vinifications naturelles ». Un gros changement pour le jeune vigneron qui n’arrivait plus Ă  se retrouver dans le milieu de la coopĂ©ration. En partant, il retrouve sa libertĂ©. « Maintenant, je peux travailler comme je l’entends » affirme Marc, « c’est-Ă -dire que je peux me rapprocher de la nature afin de rĂ©tablir des sols vivants. Je suis Ă  l’écoute de chaque pied de vignes, ils doivent ĂȘtre en harmonie avec ce qui les entoure. »
Une philosophie de travail qui demande beaucoup de travail dans les vignes, et comme le souligne justement le vigneron : « si on fait un gros travail au vignoble, il est dommage de tout flinguer en rĂ©utilisant de la chimie en cave. » Une logique imparable qui amĂšne Marc aux vinifications naturelles, sans levures, sans collage, sans souffre 
.

Et les résultats sont là ! Pour le vigneron : « On voit les différences millésimes aprÚs millésimes. Plus on avance et plus les vins deviennent élégants et minéraux. »


Les vins du domaine Mamaruta : de la fraĂźcheur et du fruit

Comme tout bon vigneron, le but de Marc, est d’avoir des raisins les plus beaux et le plus sain possible. « Comme cela, en vinification, ça se fait tout seul », sourit le vigneron.
Une philosophie de travail qui demande beaucoup de travail dans les vignes, et comme le souligne justement le vigneron : « si on fait un gros travail au vignoble, il est dommage de tout flinguer en rĂ©utilisant de la chimie en cave. » Une logique imparable qui amĂšne Marc aux vinifications naturelles, sans levures, sans collage, sans souffre 
.

Et les résultats sont là ! Pour le vigneron : « On voit les différences millésimes aprÚs millésimes. Plus on avance et plus les vins deviennent élégants et minéraux. »


Les vins du domaine Mamaruta : de la fraĂźcheur et du fruit

Comme tout bon vigneron, le but de Marc, est d’avoir des raisins les plus beaux et le plus sain possible. « Comme cela, en vinification, ça se fait tout seul », sourit le vigneron.
Dans ces terroirs du sud de la France, il n’est pas Ă©vident pour les vignerons de favoriser les fruits frais et la fraicheur dans les vins. Mais Marc arrive, avec beaucoup d’observation et de passion Ă  trouver des solutions. « Je vendange trĂšs tĂŽt dans l’annĂ©e, en gĂ©nĂ©ral 3 semaines avant tout le monde. Je ne fais pas de contrĂŽle de maturitĂ© en laboratoire, je goute les raisins et quand ils ont une chair ferme et juteuse, je commence les vendanges. Ça me permet d’obtenir de l’aciditĂ© dans les vins. »

Les degrĂ©s restent relativement Ă©levĂ©s sur ces terroirs gorgĂ©s de soleil, avec des vins rouges Ă  13, 14, voir mĂȘme 15 en degrĂ© potentiel. Mais grĂące Ă  l’aciditĂ©, les vins du domaine Mamaruta restent trĂšs digestes, ils ne sont pas alourdis par l’alcool.

« Pour favoriser la fraicheur, je ne fais pas de macĂ©rations longues et je ne fais que trĂšs peu d’extractions, confie le vigneron.


« Nous sommes sur une zone de bord de mer qui est trÚs bien pour les vins blancs », Marc Castan

Leucate est une rĂ©gion de vins rouges : des terroirs argilo-calcaires, un climat mĂ©diterranĂ©en, des traditions et du savoir-faire aussi. « On est sur un secteur trĂšs aride, trĂšs chaud avec beaucoup de tramontane. Mais j’ai aussi remarquĂ© beaucoup de diffĂ©rences entre les vignes plantĂ©es sur les terroirs de garrigue, plus solaires ; les vignes en bord d’étangs qui ont un cotĂ© iodĂ© et salin ; et les vignes sur Leucate, plantĂ©es sur une falaise calcaire qui fait des vins plus acides et plus durs » explique Marc. «Les entrĂ©es maritimes ramĂšnent de la fraicheur et de l’aciditĂ© dans les vins. Nous sommes sur une zone de bord de mer qui est trĂšs bien pour les vins blancs ». Marc souhaite dĂ©velopper la part des vins blancs sur son domaine en introduisant des cĂ©pages espagnols qu’il aime bien.


« Nous aimerions ramener de la diversité », raconte Marc Castan

Marc se projette bien au-delĂ  de son domaine, Ă  l’échelle de son territoire. « Nous sommes dans un village de plaine un peu monotone oĂč toutes les haies ont Ă©tĂ© arrachĂ©es. Nous essayons de ramener un peu plus de vies, d’insectes et d’animaux », s’enthousiasme Marc.

Pour cela, le domaine Mamaruta imagine dĂ©velopper la polyculture. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , Marc rĂ©introduit des haies en plantant des arbres fruitiers. Il voudrait aller plus loin, songe aux oliviers et aux troupeaux de vaches. « Nous avons dĂ©jĂ  quelques bĂȘtes. L’hiver, elles pĂąturent dans les vignes. Nous rĂ©flĂ©chissons peut-ĂȘtre Ă  dĂ©velopper un peu cet axe », confie le vigneron.


Coup d’Ɠil sur le millĂ©sime 2017 du domaine Mamaruta

Marc Castan est un vigneron parmi les passionnĂ©s, pragmatique, rĂ©flĂ©chi, il avance au grĂšs de ses envies en profitant de sa libertĂ©. Le rĂ©sultat de cet incroyable travail, c’est des millĂ©simes rĂ©ussis, Ă  l’image des cuvĂ©es 2017. Certaines reposent encore en barriques, d’autres s’apprĂȘtent Ă  ĂȘtre mises en bouteilles. Elles sont, en tout cas, toutes trĂšs prometteuses : « le millĂ©sime 2017 est un petit millĂ©sime, mais les jus sont vraiment trĂšs bons. Ils sont frais et ils ont beaucoup de fruit. » Il nous tarde d’y gouter !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 2 Mai 2018 12:06

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Champagne
GrĂȘle sur la frange Sud-Ouest du Vitryat
Le dimanche 29 avril, de violents orages ont Ă©clatĂ© dans le Vitryat en Champagne. Les dĂ©gĂąts sont en cours d’évaluation.




Des orages particuliĂšrement violents, apportant entre 10 Ă  25 mm de pluie, ont causĂ© des dĂ©gĂąts dans le Vitryat en Champagne. « Nous avons vĂ©cu un mĂ©socyclone, prĂ©cise Pascal L’Hoste, viticulteur Ă  Bassuet et administrateur au syndicat gĂ©nĂ©ral des vignerons de Champagne. La tempĂ©rature a brusquement montĂ© en fin d’aprĂšs-midi dimanche. Ce courant d’air chaud, qui venait de la Bourgogne, annonçait l’orage ». Une bande de 10 kms de large a dĂ©ferlĂ© sur le sud-est de la Marne, avec des tornades Ă  l’épicentre et de violents orages de grĂȘle en pĂ©riphĂ©rie. Sur les 500 ha de vigne que compte le Vitryat, 150 ha ont Ă©tĂ© touchĂ©s avec des pertes de rĂ©colte estimĂ©es entre 75 et 100 %. Les secteurs les plus impactĂ©s sont Loisy-sur-Marne, Couvrot, Vitry-en-Perthois, Saint-Lumier-en-Champagne et Saint-Amand-Sur Fion.

"Je n’ai jamais vu un orage d’une telle violence"

Sur les villages viticoles, aucun dĂ©gĂąt majeur n’est Ă  constater dans les caves, la tornade Ă©tant passĂ©e sur les communes exclusivement agricoles. « Je n’ai jamais vu un orage d’une telle violence, conclut Pascal L’Hoste. Surtout fin avril ! »

La grĂȘle et des vents en rafales intenses ont « hĂąchĂ© rameaux et feuilles et sectionnĂ©s les inflorescences » confirme le ComitĂ© Champagne.

Ne pas tailler

Le ComitĂ© Champagne rappelle la conduite Ă  tenir : il est dĂ©conseillĂ© de tailler. Mieux vaut laisser la vigne reprendre son dĂ©veloppement vĂ©gĂ©tatif. En revanche, il faut ĂȘtre particuliĂšrement vigilent sur le risque maladie et bien protĂ©ger la plante affaiblie. D’ailleurs, les modĂšles du CIVC annoncent les premiĂšres sorties mildiou Ă  partir du 8 mai de maniĂšre localisĂ©e. Le positionnement des traitements phytos risque d’ĂȘtre particuliĂšrement dĂ©licat vu l’instabilitĂ© de la mĂ©tĂ©o des prochains jours.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 2 Mai 2018 12:11

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Championnat de France de dégustation : Les Belges raflent la mise à Chablis.
Record de participation battu Ă  Chablis au sein du Petit Pontigny avec le BIVB Ă  l’occasion de cette derniĂšre Ă©tape qualificative du Championnat de France de dĂ©gustation 2018, avant la grande finale du 23 juin Ă  Barr.



63 équipes se sont affrontées, verre en main, samedi 28 avril, afin de tenter de décrocher les derniÚres places qualificatives pour la finale du Championnat de France de dégustation organisé par La RVF.

Ce sont les équipes Belges et Luxembourgeoises qui se sont montrées les plus inspirées, plaçant 5 équipes dans les 8 premiÚres. La victoire revient au duo Belge Philippe Haid - Henri Rossignol devant une autre paire Belge, Philippe Ketelslegers - Eric Derenne.

Un grand bravo Ă  toute l’équipe du BIVB Chablis, sous la direction de François Roure, pour son accueil trĂšs sympathique. Rendez-vous pour toutes les Ă©quipes qualifiĂ©es le 23 juin Ă  Barr chez Klipfel. Commentaires de dĂ©gustation sur notre forum, rubrique championnat.



LE CLASSEMENT COMPLET

Les qualifiés pour la finale


1ers : Philippe Haid/ Henri Rossignol 96 points
2Ăš : Eric Derenne/Philippe Ketelslegers 65 points
3Ăš : Julien Medrinal/Ronny Zuffrano 88 points
4Ăš : Robert Rouelle /Olivier Georges 86 points
5Ú : Hervé et Zaiah Ammann 84 points
5Ăš : Brice Gagnage/Christopher Nelmes 84 points
7Ăš : Pascal Vigne/Bruno Oechslin 82 points
8Ăš : Guy Bosseler/Jules Hoffelt 81 points
9Ăš : Sabine Merdinoglu/Hakim Mireau 79 points
9Ăš : Denis Marniesse /Vincent Mercier 79 points
9Ăš : Valentin Niro 79 points
9Ăš : Laurent Gibet /Miguel Sennoun 79 points



Les non-qualifiés pour la finale


13Ú : Jérémie Routhiau/Fabrice Thibon 78 points
13Ăš : Jacky Camus/Christian Colin 78 points
15Ú : Eric Bordas/Frédéric Villemiane 76 points
16Ăš : Walter Labouyrie/Vincent Dulhoste 75 points
17Ú : Norbert Puzenat/André Berenger 74 points
17Ăš : Romain Hervo/Dimitri Ladas 74 points
19Ăš : Pierre Rey/Eric Slort 73 points
20Ăš : Olivier Rotiers/Philippe Berger 72 points
21Ú : François Martinez/Hervé Cuzon 71 points
22Ăš : Christine et Franck Bonnet 68 points
22Ăš : Eddy Gautier/Didier Sanchez 68 points
24Ăš : SĂ©bastien Collin/Olivier Arribard 67 points
25Ú : Guillaume Deschepper/François Breteau 66 points
26Ăš : Doriane et Didier Frayssou 65 points
26Ăš : Mathieu Rimasson/Arnaud Voisin 65 points
28Ăš : Julien Romatif/Benjamin Negre 62 points
29Ăš : Pascal Piednoir/Marc Lignac 61 points
29Ăš : Delphine Choulet/Pierre-Yves Challier 61 points
31Ăš : Emmanuel Olive/Christophe Boyet 60 points
32Ú : Hervé Bidoire/Pierre Pacaud 59 points
32Ăš : Philippe Tassart/GeneviĂšve Latour 59 points
34Ú : JérÎme Donzel/Grégoire Hoppenot 58 points
35Ăš : Colin Rebel 57 points
36Ăš : Patrick Essa/Benoit Charbonnaud 56 points
36Ăš : Jorge Adelantado/Dominique Espinasse 56 points
36Ăš : Eric Baijot/JĂ©rĂŽme Labro 56 points
36Ăš : Bernard Chat/Jean-Loup Guerrin 56 points
40Ăš : Jean-Christophe Berthelot 54 points
40Ú : Stéphane Chaillé/Goran Gajic 54 points
42Ăš : Jean-Luc Chauvet 53 points
43Ăš : Jean-Pierre Cabocel/Philippe Saint-Martin 52 points
44Ăš : Karl Marechal-Deuresse/J.F. Noel 51 points
45Ú : Frédéric Bazou/Sébastien Rougé 50 points
45Ăš : Florian Simon/Vincent Dalleau 50 points
47Ăš : Remy Levasseur 49 points
47Ăš : Renaud et Mathias Bouzereau 49 points
47Ăš : Pascal Bessard/Michel Grimaud 49 points
47Ú : Samuel Moulié/Robin Lenfant 49 points
51Ăš : Julien Cournede/Vincent Codbessin 47 points
52Ăš : CĂ©cile Debroas Castaigns/Anne-Sophie Lacroix 41 points
53Ăš : Christine Kieu/Becuwe 40 points
54Ăš : Olivier Meunier/Gilles Amherdt 39 points
55Ăš : CĂ©line Caffot 38 points
55Ăš : Benjamin Poussardin 38 points
57Ăš : Nathalie Harhelier/Pierre Flahaux 36 points
58Ăš : Baptiste Mathies/Arnaud Chantome 34 points
58Ăš : Yves Cortey/Laurent Ollier 34 points
60Ăš : Guillaume Jamet/Sylvain Lemaitre 28 points
61Ăš : Luiz Batistello/Caroline Mastroianni 27 points
62Ú : Matthieu Charmasson/François Parado 24 points
63Ăš : Alexandre Laize/Clement Gadenne 22 points



LES VINS DÉGUSTÉS

Vin N° 1 :

CĂ©pages : Mauzac 90% chardonnay 10%
Appellation : Blanquette de Limoux
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Delmas
Nom de la cuvée : Mémoire
Millésime : 2014

Vin N° 2 :
CĂ©pages : Rolle 50 % sauvignon 25 % semillon 20 % clairette 5%
Appellation : Coteaux d’Aix en Provence
Producteur (Chùteau ou domaine) : Chùteau de Beaupré
Nom de la cuvée : Cuvée du chùteau
Millésime : 2017

Vin N°3 :
CĂ©pages : clairette 30% viognier 25% roussanne 25% grenache 20
Appellation : Cairanne
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Brusset
Nom de la cuvée : Les Travers
Millésime : 2017

Vin N° 4 :
CĂ©pages : Clairette 50% Ugni blanc 50%
Appellation : Bandol
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Pieracci
Nom de la cuvée :
Millésime : 2017

Vin N° 5 :
CĂ©page : Pinot noir
Appellation : Haute vallĂ©e de l’Aude
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Garrabou
Nom de la cuvée : le salsous
Millésime : 2016

Vin N° 6 :
CĂ©page : Syrah
Appellation : Crozes-Hermitage
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Belle
Nom de la cuvée : Cuvée Louis Belle
Millésime : 2015

Vin N° 7 :
CĂ©page : Nielucciu
Appellation : Corse patrimonio
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine Leccia
Nom de la cuvée : Pétale
Millésime : 2015

Vin N° 8 :
CĂ©page : Malbec
Appellation : Cahors
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : ChĂąteau La Reyne
Nom de la cuvĂ©e : Vent d’ange
Millésime : 2008

Vin N° 9

CĂ©pages : Grenache 80 % syrah 10 %
Appellation : Vacqueyras
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Domaine La Garrigue
Millésime : 2014

Vin N° 10
CĂ©pages : Syrah 50% grenache 30 % MourvĂšdre 20 %
Appellation : Terrasses du Larzac
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : Mas des ChimĂšres
Nom de la cuvée : Nuit grave
Millésime : 2016

Vin N° 11 :
CĂ©page : Savagnin
Appellation : Arbois
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : ChĂąteau de Bethanie
Millésime : 2014

Vin N° 12
CĂ©pages : SĂ©millon 83 % sauvignon 12 % muscadelle 5%
Appellation : Sauternes
Producteur (ChĂąteau ou domaine) : La Tour Blanche
Millésime : 2009


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 3 Mai 2018 12:31

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Clos de La CoulĂ©e de Serrant : « Un grand terroir n’a besoin d’aucun artifice »
Avec un terroir d’exception et un travail irrĂ©prochable, ce nom mythique de la biodynamie et de la viticulture française a de quoi faire rĂȘver
 Zoom sur cette grande signature ligĂ©rienne et interview du vigneron iconique.




Domaine mythique s’il en est, la CoulĂ©e de Serrant a mĂȘme le privilĂšge de bĂ©nĂ©ficier d’une AOC Ă  elle seule (au mĂȘme titre que ChĂąteau-Grillet en vallĂ©e du RhĂŽne)
 Il faut dire qu’elle est reconnue comme une terre de grands vins depuis des siĂšcles. La vigne y fĂ»t en effet plantĂ©e au XIIe siĂšcle par les moines Cisterciens ; l’ancien monastĂšre existe toujours (il est d’ailleurs classĂ© monument historique). Et depuis, la vigne y est restĂ©e sans discontinuitĂ©. Le millĂ©sime 2017 est donc la 887e vendange consĂ©cutive !

L’AOC s’étend sur 7 hectares, en monopole de la famille Joly. De longue date, le vin de la CoulĂ©e de Serrant est considĂ©rĂ© comme un breuvage de choix. Il Ă©tait surnommĂ© « la goutte d’or » par Louis XI, Louis XIV avait mĂȘme visitĂ© le domaine, tandis que l’impĂ©ratrice JosĂ©phine « raffolait du vin de la CoulĂ©e de Serrant« . Aujourd’hui encore, il est considĂ©rĂ© comme l’un des plus fameux vins blancs de France.

Le vignoble de 7 hectares est idĂ©alement situĂ©, en surplomb de la Loire, Ă  l’endroit oĂč la coulĂ©e (le ruisseau) de Serrant se jette dans le fleuve. La proximitĂ© du fleuve et de la CoulĂ©e crĂ©e un microclimat unique. Les vignes de chenin, issues de sĂ©lections massales du domaine, sont ĂągĂ©es de 40 Ă  plus de 80 ans.

RestaurĂ© dans les annĂ©es 1960 par madame Joly, le domaine a depuis Ă©tĂ© repris par son fils Nicolas. Nicolas Joly s’est imposĂ© comme l’un des vignerons les plus emblĂ©matiques et reconnus, notamment pour son rĂŽle de chef de file de la biodynamie, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1980. Son engagement sur cette voie est total, loin de la simple recherche marketing de labellisation. Pour lui, tout se fait Ă  la vigne, le but Ă©tant de permettre Ă  la plante et au terroir de s’exprimer au mieux, de retranscrire les spĂ©cificitĂ©s de chaque millĂ©sime. Aucun produit de synthĂšse n’est utilisĂ©, les sols sont travaillĂ©s et traitĂ©s Ă  l’aide de prĂ©parations biodynamiques et de traitements complĂ©mentaires : tisanes d’orties (pour la croissance et l’équilibre), mais aussi d’autres plantes comme l’arnica, le cynorhodon et des produits naturels comme le miel et la propolis, « autant d’adjuvants qui aident la vigne Ă  mieux entrer en relation avec l’environnement dont elle se nourrit et ainsi, Ă  crĂ©er des arĂŽmes profonds« . Les vignes sont taillĂ©es court, pour limiter les rendements car « le chenin est un cĂ©page qui nĂ©cessite de trĂšs faibles rendements, de l’ordre de 20 ou 30 hl/ha ; c’est un cĂ©page difficile« . Les vendanges s’effectuent en trois Ă  cinq tries manuelles du fait du refus des sĂ©lections clonales

Les vinifications se veulent trĂšs peu interventionnistes, lentes et naturelles : il n’y a pas de dĂ©bourbage (les lies sont considĂ©rĂ©es comme un Ă©lĂ©ment vivant trĂšs riche et utile au bon dĂ©roulement des fermentations), pas de passage Ă  froid pour enlever le tartre et diminuer l’aciditĂ© (considĂ©rĂ© comme trop violent et mortifĂšre pour le vin) ; seules les levures indigĂšnes sont utilisĂ©es ; il n’y a pas de collage ni de contrĂŽle des tempĂ©rature durant les fermentations : l’idĂ©e consiste Ă  laisser les fermentations s’effectuer par elles-mĂȘmes, naturellement. Les vinifications et l’élevage sont menĂ©s en tonne de 500 ou 600L, sans aucun bois neuf, puis les vins sont mis en bouteille sept Ă  huit mois plus tard. Nicolas Joly se sert des sons pour supporter le travail des levures en particulier du LA (son liĂ© au soleil dit-il) avec un diapason en 432 hertz (en 44O ou 442 il n’y aurait pas d’effets ). Cela limite aussi les dĂ©viations qui peuvent se produire en fermentation.

Aujourd’hui, Virginie, la fille de Nicolas Joly reprend peu Ă  peu la direction du domaine. Ce domaine produit des vins dans un style trĂšs reconnaissable, avec des maturitĂ©s poussĂ©es.

Un terroir exceptionnel, une viticulture biodynamique totale et irréprochable et des vinifications sans technologie et sans artifice sont les ingrédients magiques de la recette de la Coulée de Serrant. Un domaine unique en son genre, qui produit des vins sublimes, prisés pour leur race, leur tension, leur maturité, leur densité, leur matiÚre et leur énergie. A goûter au moins une fois dans sa vie


Il est conseillĂ© de carafer les vins du domaine plusieurs fois, ou de les ouvrir 24h Ă  l’avance.


La philosophie du domaine de la Coulée de Serrant :

« Le fond du fond, c’est la vĂ©ritĂ© du goĂ»t ! Aujourd’hui, beaucoup de vins sont « bons » parce qu’il y a eu beaucoup de technologie utilisĂ©e au cellier pour les produire, ils sont bien faits, irrĂ©prochable parfois, mais sans Ăąme, ils ne crĂ©ent pas d’émotions. A la CoulĂ©e de Serrant, il n’y a aucune technologie utilisĂ©e. Le but est de pratiquer une agriculture oĂč la vie peut totalement s’exprimer. La photosynthĂšse doit ĂȘtre soutenue car c’est elle qui permet Ă  la vigne de convertir un bourgeon en feuilles, fleurs puis fruits donc de capter l’énergie et de la transformer en matiĂšre. Il faut que cette Ă©nergie soit bien saisie par la plante et pour ce faire, elle ne doit pas ĂȘtre dĂ©rangĂ©e par un arsenal de produits chimiques
 Si le travail dans les vignes est bien menĂ©, il n’y presque plus rien Ă  faire en cave. Le rĂŽle du vigneron Ă©tant de faire naĂźtre le vin et non pas de le façonner. Je dis d’ailleurs souvent Ă  ce sujet, qu’un beau terroir est comme un bon instrument de musique il a besoin d’une bonne « acoustique » pour bien exprimer le lieu. La biodynamie est la meilleure des acoustiques quand elle est bien comprise. Le bon vigneron lui est le musicien : ce sont ses dĂ©cisions qui indirectement passeront dans la bouteille. Je suis un vigneron « conservateur » : je pense que le vin naĂźt par lui-mĂȘme et que ce n’est pas au viticulteur de le crĂ©er par des artifices; on doit juste aider la vigne a les exprimer; c’est pourquoi je n’utilise que les levures indigĂšnes (qui sont spĂ©cifiques Ă  chaque lieu, chaque parcelle) et aucun bois neuf. Un grand terroir, s’il est en vie bien sur, a « en lui » tout ce qu’il faut et n’a besoin d’aucun artifice. Les filtrations stĂ©rilisantes, l’utilisation d’acide ascorbique ou de sorbate de potassium comme alternatives au soufre ne sont pas justes Ă  mes yeux; le sorbate qui permet de marquer « sans soufre » sur l’étiquette est Ă  mon sens presque un poison; Bruxelles a parlĂ© plusieurs fois de l’interdire
 Avec une filtration trop serrĂ© (cela va jusqu’au tiers de micron) toute l’ñme du vin ou presque reste sur le filtre et le vin ne refait jamais totalement ! Le soufre et a petites doses est pour moi la meilleure alternative. Dans certain cas on peut faire du « sans soufre » car le vin en contient un peu naturellement mais cela n’est pas toujours possible si le vin est expĂ©diĂ© dans des pays lointains ou a des saisons trop chaudes. Un peu de soufre ne change pas le goĂ»t du vin .

A la CoulĂ©e de Serrant, nous n’utilisons que du soufre naturel, d’origine volcanique si possible. On traite Ă©galement les vignes avec du soufre et c’est bien mieux que les produits qui empoisonnent les vignes. Mais la question du soufre est souvent mal expliquĂ©e. N’oublions pas que la famille des crucifĂšres (moutarde, roquettes etc) qui comportent plusieurs centaines de plantes parfois mĂ©dicinales produisent du soufre ! Pourquoi en faire un ennemi ? Pour vendre des artifices !

L’un des gros atouts de la CoulĂ©e de Serrant, c’est vraiment son terroir exceptionnel. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit d’un vignoble trĂšs ancien et bien choisit par les cisterciens. Ils choisissaient les bons endroits, souvent Ă  proximitĂ© d’un plan d’eau, qui rĂ©flĂ©chit la lumiĂšre du soleil ce qui a un effet trĂšs bĂ©nĂ©fique sur la vigne. Et quand on a un lieu d’une telle qualitĂ©, c’est un devoir de respecter leur hĂ©ritage, voir de l’amplifier et pour ce faire, la biodynamie est disons «cĂ©leste» 

La biodynamie, quand elle est comprise en profondeur, permet Ă  la plante de bien convertir l’énergie en matiĂšre, afin que le raisin porte tout ce qui fait les originalitĂ©s d’un millĂ©sime toutes ses caractĂ©ristiques, les subtilitĂ©s qui le font naĂźtre (chaleur, pluviomĂ©trie, luminositĂ©, variation des tempĂ©ratures, vents dominants etc). En biodynamie bien comprise tout est affaire de subtilitĂ© : on travaille souvent avec des doses trĂšs faibles dynamisĂ©es une heure (3 a IOO gr par hectare) et rapidement rĂ©pandues sur les sols ou les feuilles; il est difficile de comprendre comment cela peut marcher. Je fais souvent le parallĂšle avec le tĂ©lĂ©phone qui nous permet d’entendre la voix de notre correspondant Ă  plus de 10 000km et en moins d’une seconde : chaque prĂ©paration biodynamique est comme un Ă©couteur pour la vie, elle permet Ă  la plante de mieux recevoir les ondes et Ă©nergies cosmiques qui du printemps a l’automne la nourrisse. La qualitĂ© de la luminositĂ© est aussi trĂšs importante et liĂ©e a une prĂ©paration trĂšs utile Ă  base de quartz. En biodynamie finalement chaque prĂ©paration est un lien a un des Ă©lĂ©ments du systĂšme solaire sans lequel la Terre serait un cadavre ;il faut toujours se souvenir que la planĂšte Terre ne possĂšde pas la vie, elle la reçoit parce qu’elle fait partie du systĂšme solaire ; sans lui, il n’y aurait plus de vie ou presque Ce sont les ondes cosmiques qui amĂšnent la vie. Chaque plante a une micro-frĂ©quence et reçoit son propre message de vie. Le problĂšme est qu’aujourd’hui, ce lien entre la Terre et le soleil est perturbĂ© par de nombreux Ă©lĂ©ments d’origine anthropique, Ă  commencer par des milliers de satellites. Ces nombreuses pollutions hertziennes, toujours passĂ©es sous silence, font que la vie descend moins bien sur Terre, elles affaiblissent le message vital qui arrive sous forme de frĂ©quence astronomique. Dans ce contexte, la biodynamie est d’autant plus nĂ©cessaire, qu’elle permet a la vigne de se joindre Ă  son essence dyonisienne, ce qui lui permet « d’ĂȘtre ». C’est comme si on Ă©tait dans une salle avec 200 personnes se mettant Ă  crier en mĂȘme temps, et la biodynamie serait le tĂ©lĂ©phone portable qui nous permettrait de pouvoir tout de mĂȘme parler Ă  ceux du fond de la salle ! Donc pour rĂ©sumer, la biodynamie sert Ă  accentuer l’écoute des systĂšmes qui donne vie Ă  la terre, de diminuer les boucliers que les civilisations modernes ont crĂ©Ă©es (pollution hertzienne
). Elle permet notamment de stimuler grandement la vie microbienne, alors que les dĂ©sherbants et produits chimiques la tuent. La biodynamie c’est le lien a un systĂšme subtil qui gĂ©nĂšre la vie. Le seul effet « nĂ©gatif » est que tous les animaux veulent se rĂ©fugier sur le domaine !!!

D’ailleurs, au domaine, beaucoup d’animaux domestiques ont leurs places (vaches, chĂšvres , chevaux, Ăąnes, moutons, abeilles
) ; les vaches font le compost. Chaque nouvelle espĂšce prĂ©sente sur le lieu peut ĂȘtre comprise comme une corde supplĂ©mentaire que l’on ajouterait Ă  notre instrument de musique qu’est le terroir ; quand il est vivant bien sur Les animaux la diversitĂ© vĂ©gĂ©tale du paysage sont aussi une rĂ©ponse a la monoculture qu’est la vigne que la nature n’aime pas finalement. Ici des prairies qui pourraient produire des trĂšs bons vins restent pour cette raison non plantĂ©es .

Pour rĂ©sumer, je dirais que pour moi, la viticulture conventionnelle empĂȘche le lieu, le terroir et le millĂ©sime de s’incarner dans le vin, de s’exprimer. La photosynthĂšse est empoisonnĂ©e par les produits et les traitements systĂ©matiques. Les dĂ©sherbants dĂ©truisent la capacitĂ© des vignes a se nourrir du sol (mycorhize). Cela peut donner des bons vins, bien faits, mais apatrides et sans Ăąme, qui n’ont rien Ă  raconter. Au contraire, la biodynamie permet de garder ce lien avec le terroir et le millĂ©sime, de les laisser pleinement s’exprimer. C’est un peu comme la diffĂ©rence entre la beautĂ© naturelle et la beautĂ© par chirurgie esthĂ©tique ! De plus, les vins trop « technologiques » sont souvent bons Ă  l’ouverture mais ne tiennent pas longtemps, alors que les vins biodynamiques ont tendance Ă  ĂȘtre l’exact opposĂ© : aprĂšs quelques heures ou quelques jours mĂȘme ; ils deviennent magiques ! »


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 9 Mai 2018 12:55

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C'est officiel, Viré-clessé a ses vins "levroutés" !
C'est officiel, le cru Viré-Clessé, dans le Mùconnais, pourra produire en toute légalité ses vins blancs "levroutés", les seules vendanges tardives de Bourgogne !




Il est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre oĂč le climat n'Ă©tait pas ce qu'il est aujourd'hui en Bourgogne et quand l'annĂ©e Ă©tait belle, chaude, les vignerons cherchaient Ă  rĂ©colter des raisins aussi mĂ»rs que possible. En chardonnay, il n'Ă©tait pas rare qu'en fin de fermentation alcoolique, les levures flemmardes un peu et que les vins conservent quelques grammes de sucres rĂ©siduels ; rien de grave, ce d'autant plus que ces vins vieillissaient gĂ©nĂ©ralement trĂšs bien.

La tradition est restĂ©e dans le MĂąconnais et tout particuliĂšrement dans le cru VirĂ©-ClessĂ©, oĂč de nombreux vigneron et pas des moindres (Jean ThĂ©venet, domaine Michel, Jean-Pierre Michel...) produisent encore des vins blancs dits "levroutĂ©s", contenant des sucres rĂ©siduels, issus de raisins rĂ©coltĂ©s tardivement et trĂšs mĂ»rs. Jusqu'au millĂ©sime 2015, VirĂ©-ClessĂ© a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une dĂ©rogation au cahier des charges de l'appellation qui veut que la limite autorisĂ©e soit de 4 grammes de sucres rĂ©siduels fermentescibles/litre. Par chance, il n'y a pas eu de "levroutĂ©s" en 2016 et Ă  partir de 2017, c'est officiel*, les vignerons auront le droit de les produire en toute lĂ©galitĂ©.

Les vins contenant plus de 4 g/l de sucres rĂ©siduels seront rĂ©partis en deux catĂ©gories : les "demi-secs", entre plus de 4 et moins de 8 g/l et les "levroutĂ©s", entre 8 et 18 g/l. Pour ces derniers, le cahier des charges est particuliĂšrement exigeant avec des vendanges manuelles, un degrĂ© minimum Ă  la rĂ©colte de 15° et de 14° aprĂšs fermentation alcoolique, un rendement maximum de 48 hectolitres par hectare (contre 62 pour un virĂ©-clessĂ© avec nom de climat), l'interdiction bien sĂ»r de chaptaliser et un Ă©levage long, au moins jusqu'au 1er fĂ©vrier de la 2Ăšme annĂ©e qui suit la rĂ©colte. Les 2017 ne pourront donc pas ĂȘtre mis en bouteille avant le 1er fĂ©vrier 2019. Et la production de ces vins avec des sucres rĂ©siduels n'est pas anecdotique Ă  VirĂ©-ClessĂ©. L'appellation couvre 450 hectares, produit en moyenne 26 000 hectolitres par an et en millĂ©sime favorable (cela ne marche en effet pas tous les ans), les "demi-secs" peuvent reprĂ©senter 20% de la production totale du cru et les "levroutĂ©s" jusqu'Ă  10%.

Il est aujourd'hui trĂšs "tendance" de vĂ©nĂ©rer les vins blancs secs, minĂ©raux et de tordre du nez devant ces vins plein de soleil, croquants, aux fruitĂ©s bien mĂ»rs, chaleureux, dĂ©licieux jeunes, mais aussi capables de vieillir 20 ans et plus ; et bien pour notre part, nous les adorons et vous invitons, si ce n'est dĂ©jĂ  fait, Ă  les dĂ©couvrir sans plus attendre. Sortie d'autoroute Tournus en arrivant du nord, MĂącon Nord en arrivant du sud, encore une bonne dizaine de kilomĂštres et vous y ĂȘtes ! Notez enfin que le cru VirĂ©-ClessĂ© fĂȘte cette annĂ©e ses 20 ans.


Christophe Tupinier

* L'arrĂȘtĂ© du 26 avril 2018 modifiant le cahier des charges de l'appellation VirĂ©-ClessĂ© a Ă©tĂ© publiĂ© le 3 mai 2018 au Journal Officiel.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 9 Mai 2018 12:57

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Jura, le nouvel Eldorado des Bourguignons ?
La famille Devillard, qui exploite notamment le ChĂąteau de Chamirey, en CĂŽte Chalonnaise et le domaine des Perdrix, en CĂŽte de Nuits, rachĂšte le domaine Rolet, dans le Jura.




Le Jura est-il le nouvel Eldorado des Bourguignons ? AprÚs le rachat récent de la maison Henri Maire par le nuiton Boisset la Famille des Grands Vins et la création en 2012 du domaine du Pélican par le domaine "star" de Volnay, Marquis d'Angerville, la famille Devillard qui exploite plusieurs domaines en CÎte Chalonnaise, en CÎte de Nuits et dans le Mùconnais* annonce l'acquisition du domaine Rolet, basé à Arbois (39), qui couvre 65 hectares.

"La famille Devillard et leurs associĂ©s, les familles Flambert et Dupuis, annoncent la signature d'un accord en vue de l'acquisition du Domaine Rolet PĂšre et Fils. FondĂ© en 1942, le Domaine Rolet PĂšre et Fils est le plus grand domaine viticole indĂ©pendant et l'un des fleurons du Jura. PrĂ©curseur dans le Jura des cuvĂ©es de rouges mono-cĂ©page et de blancs de caractĂšre, le Domaine Rolet PĂšre et Fils dĂ©cline toute la richesse du terroir Jurassien Ă  travers la large palette de sa production en appellation Arbois, CĂŽtes du Jura, l'Etoile et ChĂąteau-Chalon : Blancs, Rouges, RosĂ©s, CrĂ©mants, Vin Jaune, Vin de Paille, Marc et Macvin. Sur une superficie de 65 hectares, parmi les plus beaux terroirs de la rĂ©gion, la famille Rolet et ses Ă©quipes ont apportĂ© depuis de nombreuses annĂ©es un savoir-faire reconnu, en France et Ă  l'Ă©tranger, associĂ© Ă  une recherche constante de la qualitĂ© au service de la singularitĂ© d'un terroir. Dans le respect des traditions et des usages du Jura viticole, les Domaines Devillard et leurs associĂ©s conserveront l'indĂ©pendance du Domaine Rolet PĂšre et Fils et assureront dans le mĂȘme esprit sa pĂ©rennitĂ© et les savoir-faire qui ont portĂ© la production de ce domaine Ă  un niveau d'excellence millĂ©sime aprĂšs millĂ©sime. CĂ©dric DucotĂ©, actuellement Directeur Export des Domaines Devillard, prendra la Direction GĂ©nĂ©rale du Domaine Rolet PĂšre et Fils dĂšs le mois de Juin". Voila pour le communiquĂ© de presse officiel...

Il semblerait donc bien que la famille Devillard mette les pieds dans cette rĂ©gion viticole voisine de la Bourgogne Ă  un moment oĂč elle s'apprĂȘte Ă  changer de dimension. Tout indique en effet que le Jura avec sa petite taille, son authenticitĂ©, ses "spĂ©cialitĂ©s" comme le vin jaune, le vin de paille, le cĂ©page savagnin (en "jaune" ou pas), son potentiel en chardonnay (c'est Ă©vident), voire en vins rouges (cela reste Ă  dĂ©montrer...), en crĂ©mant et sa large palette de domaines investis dans le bio et/ou les vins "natures" trĂšs prisĂ©s par une certaine clientĂšle que nous qualifierons "d'urbaine branchĂ©e" pourrait devenir un nouvel Eldorado. Certaines cuvĂ©es de vins jaunes de domaines "star" s'arrachent mĂȘme aujourd'hui Ă  plus de 1 000 la bouteille ou plutĂŽt le clavelin (62 cl) dans les ventes aux enchĂšres. Un simple dĂ©but ? "Ce qui est rare est cher", disent souvent les Bourguignons pour expliquer les prix Ă©levĂ©s de leurs vins ; dans le Jura, c'est encore plus petit et plus rare qu'en Bourgogne, puisque le vignoble jurassien couvre Ă  peine plus de 1 800 hectares, contre prĂšs de 30 000 pour la Bourgogne et 17 000 pour le Beaujolais.

Le Beaujolais parlons en... autre rĂ©gion voisine de la Bourgogne, oĂč les Bourguignons sont de plus en nombreux Ă  venir acheter des vignes Ă  des prix considĂ©rablement moins chers qu'en Bourgogne. Dans un bon cru du Beaujolais, le prix moyen de l'hectare tourne entre 50 et 70 000 euros, beaucoup plus en moulin-Ă -vent ou dans des climats emblĂ©matiques comme la CĂŽte de Py, Ă  Morgon, mais cela reste encore trĂšs "abordable" comparĂ© Ă  la Bourgogne. Dans le Jura c'est, pour le moment au moins, encore moins cher, puisque 60 000 euros, c'est plutĂŽt le prix maximum aujourd'hui pour un hectare de ChĂąteau-Chalon, le roi des vins jaune.

Bref, pour résumer, entre réputation établie du domaine racheté (Rolet), réputation naissante de la région et prix trÚs attractif du foncier, la famille Devillard se positionne manifestement au bon moment sur le marché des vins du Jura. A suivre...


Domaines exploités par la famille Devillard : Chùteau de Chamirey (Mercurey - CÎte Chalonnaise - 37 hectares), Domaine De la Ferté (Givry - CÎte Chalonnaise - 4,5 ha), Domaine des Perdrix (CÎte de Nuits - 12 ha) et Domaine de la Garenne (Mùconnais 7 ha).

La famille a été désigné "vignerons de l'année" dans le numéro 139 de Bourgogne Aujourd'hui.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 11 Mai 2018 11:52

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DĂ©luge en Languedoc
Inondations exceptionnelles Ă  Limoux et grĂȘle localisĂ©e en Minervois
Les cieux se sont dĂ©chaĂźnĂ©s ce dĂ©but de semaine sur l’Aude et l’HĂ©rault, touchant de maniĂšre ponctuelle, mais au combien violente, les vignobles se trouvant en dessous.




« Il a plu Ă  seaux pendant trois quarts d'heure et les ruisseaux se sont Ă©talĂ©s. Emportant du terrain et des matĂ©riels se trouvant sur leurs abords
 90 hectares ont Ă©tĂ© touchĂ©s, essentiellement de la vigne* » rapporte CĂ©line Forget, la technicienne sur le limouxin pour la chambre d’Agriculture de l’Aude. Ce lundi 7 mai, des pluies torrentielles ont inondĂ© une dizaine de communes audoises d’aprĂšs les premiers constats du syndicat viticole de Limoux. De Castelreng Ă  Digne d’Aval, en passant par Loupia et Villelongue d’Aude, des vignobles ont Ă©tĂ© littĂ©ralement submergĂ©s par deux ruisseaux. Affluents de l’Aude, le Cougaing et le Corneilla ont dĂ©bordĂ© sur plus d’une vingtaine de mĂštres.

« Ce n'est pas la premiĂšre fois que l'on voit de telles trombes d'eau ici. Il y avait eu la mĂȘme chose en 1956 » se rappelle un vigneron de Limoux Ă  la retraite. Ajoutant qu'« Ă  l'Ă©poque, il y avait mĂȘme eu de la grĂȘle, on n'avait rien pu ramasser. Mais en ce temps, il n'y avait pas autant de tracteurs ou de voitures. Les coĂ»ts matĂ©riels n'avaient rien Ă  voir. »

Depuis le dĂ©but de semaine, l’eau s’est retirĂ©e dans le vignoble limouxin, laissant un paysage dĂ©vastĂ© : boues, gravats, limons, troncs d’arbres
 « Il faut remettre en Ă©tat les bouts de rangĂ©es emportĂ©s. Mais on ne peut pas espĂ©rer de retour dans les vignes avant une semaine avec des sols gorgĂ©s en eau » explique CĂ©line Forget. D’autant plus que de nouveaux orages sont annoncĂ©s cette fin de semaine.

"La poisse"

S’il y a eu peu de dĂ©gĂąts de grĂȘle Ă  Limoux, ces orages ont causĂ© des dĂ©gĂąts localisĂ©s dans le Minervois. Notamment sur les communes d’Agel (HĂ©rault) et de Mailhac (Aude). Sans commune mesure avec les dĂ©gĂąts gĂ©nĂ©ralisĂ©s de juillet 2014, cet orage de grĂȘle a eu peu d’impact sur l’ensemble du vignoble. Sauf pour le domaine de Peyremale, touchĂ© sur l’intĂ©gralitĂ© de ses 22 hectares de vigne. Ayant laissĂ© un manteau blanc, la grĂȘle a brisĂ© des rameaux, fait tomber des grappes et lacĂ©rer des feuilles constate Jean Tabouriech, le propriĂ©taire du domaine.

« Cela faisait des annĂ©es que l’on n’avait pas eu de gel et de grĂȘle, on commençait Ă  oublier ce que c’était
 L’an dernier j’étais touchĂ© Ă  80 % par le gel, cette annĂ©e je m’attends Ă  perdre la moitiĂ© de ma rĂ©colte » soupire le vigneron, qui s’attend de nouveau Ă  suer sur la taille. DĂ©jĂ  assurĂ© contre la grĂȘle par le passĂ©, il a dĂ©sormais contractĂ© une assurance climatique globale. « Je me suis dit que ce serait la poisse d’ĂȘtre touchĂ© deux annĂ©es de suite par le mauvais temps. J’ai eu raison » conclut-il.


* : Au-delĂ  des dĂ©gĂąts matĂ©riels auprĂšs de particuliers et des infrastructures publiques, « un Ă©leveur a perdu de la paille, des maraĂźchers ont perdu des petits pois, des fĂšves, des salades
 et du matĂ©riel » Ă©numĂšre CĂ©line Forget.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 12:17

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[ENTRETIEN] Alexandre Bader, retour sur 200 ans de Billecart-Salmon
Directeur GĂ©nĂ©ral de Billecart-Salmon, Alexandre Bader analyse les raisons de l’incroyable success story de cette maison de champagne restĂ©e familiale.




200 ans, un bel Ăąge, l’heure d’un bilan chiffrĂ© sur Billecart-Salmon ?
200 ans c’est particuliĂšrement jeune pour la sociĂ©tĂ©, je pense qu’on peut en faire 400, voire 600. Bien sĂ»r, nous ne serons plus lĂ  nous-mĂȘmes pour le voir, mais nous avons en tous les cas l’ambition. Quelques chiffres ? Billecart-Salmon c’est aujourd’hui 2 millions de bouteilles. Quand on a dĂ©marrĂ© avec François Billecart en 1990 c’était moins de 400 000 bouteilles, donc une belle Ă©volution, mais qui n’a pu se faire que parce qu’elle Ă©tait liĂ©e Ă  l’image portĂ©e par cette sixiĂšme gĂ©nĂ©ration, et la septiĂšme qui arrive.

Philippine de Rothschild disait : « Pour développer une marque dans le vin, le plus dur ce sont les 200 premiÚres années, aprÚs ça va tout seul ». Est-ce que la vie est désormais un long fleuve tranquille pou Billecart-Salmon ?
A vrai dire, le plus dur, ce sont les 400 premiĂšres annĂ©es ; donc on en a encore 200 devant nous, avec 5 ou 6 gĂ©nĂ©rations. Tout ce que nous avons fait jusqu’à maintenant l’a Ă©tĂ© avec une grande Ă©motion et dans le bonheur. Ce qu’évoque aujourd’hui le nom Billecart-Salmon, c’est un vĂ©ritable enchantement des vins ; une famille unie derriĂšre un nom qui aujourd’hui est devenu une marque ; une famille unie derriĂšre la Champagne et un vĂ©ritable cheminement pour aujourd’hui passer la main Ă  une septiĂšme gĂ©nĂ©ration. Sans oublier la huitiĂšme gĂ©nĂ©ration, ĂągĂ©e d’une dizaine d’annĂ©es,qui est en train de poindre, c’est formidable.

Cela fait plusieurs fois que vous Ă©voquez l’aspect familial et le changement de gĂ©nĂ©rations. C’est un point qui vous paraĂźt « challenging » dans une maison qui est certes restĂ©e familiale mais oĂč le capital est quand mĂȘme ouvert Ă  un autre actionnaire, le groupe Frey ?
Aujourd’hui nous avons deux actionnaires, la famille Billecart qui a 55% du capital, la famille Frey qui a 45%. Elles sont unies derriĂšre la marque Billecart toutes les deux. Il y a une famille opĂ©rationnelle, c’est la famille Billecart, et il n’y a aucune zone d’ombre. Dans l’avenir, je ne serai pas lĂ  non plus pour le voir dans 50 ou 100 ans. Dans tous les cas, la famille Billecart est trĂšs attachĂ©e Ă  sa marque et je suis peu inquiet qu’elle fera tout pour continuer Ă  vĂ©hiculer un message familial et perpĂ©tuer l’actionnariat familial.

Votre expertise et votre style si particulier sur le rosĂ© a Ă©tĂ© un vĂ©ritable accĂ©lĂ©rateur dans la croissance que vous avez connue. Aujourd’hui cette image de rosĂ© ne vous colle-t-elle pas un peu trop Ă  la peau aux dĂ©pends des autres cuvĂ©es ?
Non justement, c’est une clĂ© d’entrĂ©e. Billecart, Ă©videment, c’est « Pink Bill », c’est « Billecart rosĂ© around the world », mais ce n’est pas le seul porte-drapeau. Billecart est aujourd’hui trĂšs rĂ©putĂ© pour d’autres cuvĂ©es comme le sous-bois, le blanc de blancs et les extra-bruts qui font un vrai malheur. Nous sommes en ce moment en rupture de stock sur certaines cuvĂ©es comme le Nicolas François, qui est la cuvĂ©e blanc du fondateur.
Je pense que si on n’avait pas eu ce rosĂ©, on n’en serait pas lĂ . Lorsqu’en 1993-94-95 nous avons commencĂ© Ă  redonner le goĂ»t au rosĂ© dans les restaurants en proposant du rosĂ© au verre, nous Ă©tions les seuls. A l’époque il y avait un brut non millĂ©simĂ© et parfois un millĂ©simĂ© dans les vasques, mais jamais de rosĂ©. C’est grĂące Ă  Billecart-Salmon qu’il est venu au goĂ»t du jour et que, pour l’instant, la mode dure depuis 25 ans. Et puis je vous rappelle qu’à la fin des annĂ©es 80 on Ă©tait dans un tournant, c’était la fin dĂ©finitive du champagne en dessert, qui a Ă©tĂ© pendant 30 ans, des annĂ©es 50 Ă  70, un des modes importants de consommation. La dĂ©cennie des annĂ©es 80 a complĂštement tournĂ© le champagne vers un mode apĂ©ritif, et nous nous sommes positionnĂ©s lĂ  avec un rosĂ©, ce que ne faisait personne d’autre.

Vous avez donc senti la tendance et su capter intelligemment un changement de consommation. Aujourd’hui, pour vous qui tournez en permanence dans diffĂ©rents pays du monde, quelles sont les tendances ?
Il y clairement une tendance extra-brut. Dans les marchĂ©s sophistiquĂ©s, on veut des vins de plus en plus pointus. Donc les maisons qui ont pris le virage de la grande qualitĂ© – je dis bien de la grande qualitĂ© – il y a une quinzaine, une vingtaine d’annĂ©es, aujourd’hui rĂ©coltent le fruit de leur travail. Si elles ont loupĂ© le coche, c’est plus compliquĂ©.
Nous sommes dans une Ă©poque oĂč, tout ce qu’il y a autour de la bouteille reste un subterfuge pour faire croire au consommateur une fois, mais pas deux, que c’était bien. Aujourd’hui, le consommateur sait trĂšs bien oĂč il met les pieds, et il en veut pour son argent. Donc on ne peut pas arriver aujourd’hui avec un produit sophistiquĂ©, virtuel, imaginaire, Ă  100 €. Le consommateur va vous dire « je n’en ai pas eu pour 100 €, donc j’arrĂȘterai de le consommer » ou alors il publiera un post pour dire qu’il n’est pas content, et en 15 secondes, s’il est un bloggeur influent, il sera lu par 10 000, 20 000, 30 000 personnes. L’avenir est rĂ©servĂ© Ă  celles et ceux qui croient en la qualitĂ© et ne trompent pas leur consommateur.

200 ans, c’est aussi une grande occasion de faire la fĂȘte. Qu’avez-vous prĂ©vu et est-ce que les particuliers amoureux de votre marque, nos lecteurs, pourront aussi vivre cet anniversaire ?
Oui, bien sĂ»r, tout le monde peut aller sur les dĂźners du bicentenaire parce qu’il y a des places mise Ă  disposition sur le net. Il y aura aussi un jeu sur notre site http://www.champagne-billecart.fr pour que des internautes puissent goĂ»ter la cuvĂ©e du bicentenaire. Et en juin, nous ferons une grande fĂȘte de famille Ă  Mareuil-sur-AĂż, qui cĂ©lĂšbrera 200 ans d’histoire et d’indĂ©pendance familiale. 1818 magnums de cette exceptionnelle cuvĂ©e commĂ©morative « 200 » ont Ă©tĂ© spĂ©cialement Ă©laborĂ©s et sont diffusĂ©s en Ă©dition limitĂ©e chez les cavistes indĂ©pendants.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 12:21

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Primeurs 2017 : le point de vue de GĂ©rard Sibourd-Baudry
Le directeur général des caves Legrand à Paris nous livre ses impressions suite à la dégustation des primeurs 2017.

Caviste Parisien installé dans la majestueuse galerie Vivienne depuis la fin du 19Úme siÚcle, les caves Legrand regroupent une sélection de 65 domaines Bordelais.



Le Figaro Vin - Quelles étaient vos appréhensions sur le millésime 2017 ?
GĂ©rard Sibourd-Baudry
- J’y suis allĂ© avec beaucoup d’interrogations, c’est pour cela que j’y ai passĂ© tant de temps. Il y avait une mauvaise image du millĂ©sime, nous savions qu’il avait gelĂ©, qu’il y avait eu une semaine de pluies en septembre et nous nous demandions ce que nous allions trouver. Ca a Ă©tĂ© une surprise formidable. Il y de trĂšs belles choses. C’est dans des annĂ©es comme celle-ci que nous pouvons nous apercevoir de la maĂźtrise des vignerons. Leur recherche d’excellence permanente quel que soit leur cru, de Chasse-Spleen Ă  Petrus, leur adaptation continuelle de maniĂšre Ă  donner le meilleur, voir rien du tout si la qualitĂ© n’est pas suffisante, est assez extraordinaire.

LFV - Comment procédez-vous pour évaluer la qualité des vins ?
GSB - Je ne supporte pas les notes de dĂ©gustation pour les primeurs. Pour moi, ça n’a aucun sens, car la note ne peut pas prendre en compte comment sera le vin le jour de la dĂ©gustation. Je compare souvent cela aux relations amoureuses car on ne sait jamais comment va se passer un jour donnĂ©. Ils ont tous fait le maximum, et il y a un jour, je ne sais pas quand, oĂč leur flacon sera bon. En revanche, ce que j’essaie d’apprĂ©cier lorsque je dĂ©guste les vins est la cohĂ©rence entre le discours du vigneron et le goĂ»t. J’achĂšte une vision et une personnalitĂ©. Est-ce que ce que je retrouve dans le verre est en accord avec ce que l’on me raconte depuis des annĂ©es ? Quelle que soit la rĂ©putation de la propriĂ©tĂ©, s’il y a une dissonance entre ces deux Ă©lĂ©ments, je prĂ©fĂšre ne pas travailler avec elle. Il faut avoir envie de porter les projets. Les vins sĂ©lectionnĂ©s sont avant tout fonction des hommes et les femmes avec qui j’ai envie de m’investir, dont j’ai envie de dĂ©fendre le travail, le faire connaĂźtre, me battre pour lui. C’est la rencontre qui est importante. C’est presque un choc amoureux, et, comme dans une relation, la sĂ©lection de notre maison est remise en question tous les jours, mĂȘme si en mĂȘme temps nous sommes d’une extrĂȘme fidĂ©litĂ©.

LFV - Quelles ont été vos plus belles surprises du millésime 2017 ?
GSB - Sur le plateau de Pomerol et son prolongement Ă  Saint-Emilion, j’ai trouvĂ© cela assez incroyable par rapport Ă  l’attente que j’en avais. Vieux ChĂąteau Certan m’a bluffĂ©. Saint-EstĂšphe, Pauillac et Saint-Julien ont fait un sans faute. Ils ont eu des conditions climatiques fantastique, sans gel et sans pluie. C’est une annĂ©e trĂšs aristocratique.

LFV - Qu’est-ce qui vous a déçu dans l’exercice de ces dĂ©gustations en primeur ?
GSB - Quand j’avais un doute sur un vin, je retournais dĂ©guster 8, 10 jours aprĂšs. Cela est un peu ridicule de dĂ©guster Ă  ce moment-lĂ , c’est toujours trop tĂŽt. C’est comme un nouveau-nĂ© : les parents trouvent que leur enfant est le plus beau et si les amis partagent leur joie, ils pensent rarement la mĂȘme chose ! Pour le vin, c’est pareil.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 13:26

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Comment François Pinault a supplanté le Chinois Jack Ma pour racheter le Clos de Tart en Bourgogne
Son offre Ă©tait pourtant moins Ă©levĂ©e que celle du fondateur d’Alibaba. Mais le milliardaire breton François Pinault, en jouant habilement sur ses rĂ©seaux et sur la dimension patriotique du dossier, a finalement rĂ©ussi Ă  s’offrir l’un des plus fameux domaines de Bourgogne, qui est ainsi restĂ© sous pavillon français. RĂ©cit.





Lorsqu’il pĂ©nĂštre ce jour-lĂ  dans la somptueuse salle du restaurant Le Cinq, l’une de ses tables fĂ©tiches Ă  Paris, Ă  deux pas des Champs ÉlysĂ©es, François Pinault n’avait jamais entendu parler du Clos de Tart. Nous sommes Ă  l’étĂ© 2017 et le milliardaire breton vient dĂ©jeuner avec l’une de ses relations d’affaires. Justement, son invitĂ© est dĂ©jĂ  lĂ , qui discute de façon animĂ©e avec le directeur du restaurant, le sommelier et fin connaisseur Éric Beaumard. Pinault salue les deux hommes : "De quoi parliez-vous donc ?" "Du Clos de Tart Monsieur Pinault, la propriĂ©tĂ© est Ă  vendre", rĂ©pond Beaumard.

Le Clos de Tart ? Devant le sourcil interrogateur de François Pinault, Éric Beaumard se lance dans les explications. PropriĂ©tĂ© de la famille mĂąconnaise Mommessin depuis 1932, ce domaine d’un seul tenant de 7,53 hectares produit 30 000 bouteilles par an d’un vin rouge qui est le plus fameux de Morey Saint-Denis, dans la CĂŽte de Nuits. Mais surtout, le Clos de Tart est Ă  la fois un grand cru et un monopole. En clair, le domaine constitue une appellation Ă  lui tout seul, ce qui est rarissime. C’est surtout l’exact pendant de l’autre clos fameux de l’appellation, le Clos des Lambrays, rachetĂ© en 2014 par le vieux rival du milliardaire breton, Bernard Arnault. "Et entre nous, Monsieur Pinault, des connaisseurs assurent que c’est encore meilleur que le Clos des Lambrays", ajoute, un brin malicieux, le directeur du Cinq.

Un monopole en CĂŽte de Nuits, face au clos des Lambrays ? Bien que davantage portĂ© sur les grands blancs bourguignons, Pinault est intriguĂ©. Il faut dire que depuis 1993, il s’est constituĂ© un joli portefeuille de domaines viticoles : outre le fabuleux chĂąteau Latour Ă  Pauillac, il est propriĂ©taire de Vray Croix de Gay Ă  Pomerol, du chĂąteau Le PrieurĂ© Ă  Saint-Émilion, du domaine d'EugĂ©nie en Bourgogne, de trois ouvrĂ©es (0,129 hectare) des rarissimes BĂątard et surtout Puligny-Montrachet, du trĂšs cotĂ© chĂąteau-Grillet, autre "monopole" fameux de la vallĂ©e du RhĂŽne et enfin du domaine Araujo en Californie. François Pinault a l’habitude de dĂ©cider vite. Il sait aussi que plus son portefeuille de grands domaines sera Ă©toffĂ©, plus ses investissements seront valorisĂ©s. Deux jours plus tard, FrĂ©dĂ©ric Engerer, le tout puissant patron des domaines viticoles de la famille Pinault, appelle Éric Beaumard : "Éric, je me suis fait gronder par Monsieur Pinault. Il m’a demandĂ© pourquoi je ne lui avais pas parlĂ© plus tĂŽt du Clos de Tart !".

CLOS DE TART : CINQ ACHETEURS SUR LES RANGS

Il reste Ă  enlever l’affaire. Le dossier est portĂ© par la Compagnie financiĂšre Edmond de Rothschild, la fameuse banque de GenĂšve. Au siĂšge parisien de la banque, au 47, rue du Faubourg Saint-HonorĂ©, une Ă©quipe de trĂšs bons professionnels pilotent les transactions viticoles : François Des Robert, au carnet d’adresses proverbial, identifie vendeurs et acheteurs de domaines tout au long de l'annĂ©e. À ses cĂŽtĂ©s, Philippe Duval et Philippe Flament rentrent dans le dĂ©tail des contrats. François Pinault dĂ©couvre trĂšs vite que plusieurs acquĂ©reurs sont sur les rangs : le groupe champenois Roederer de FrĂ©dĂ©ric Rouzaud, la famille Dassault, propriĂ©taire du Figaro et du chĂąteau Dassault Ă  Saint-Émilion et le club de collectionneurs de grands vins Ficofi qui, basĂ© Ă  Singapour, dispose d’un fabuleux rĂ©seau de clients ultra-riches dans toute l’Asie. Une concurrence sĂ©rieuse mais Ă  la portĂ©e du propriĂ©taire du groupe de luxe Kering.

François Pinault ne tarde pas Ă  faire connaĂźtre son intĂ©rĂȘt, mais il y a un hic : un cinquiĂšme investisseur, un riche Chinois, fait systĂ©matiquement monter les enchĂšres. Son identitĂ© ne tarde pas Ă  ĂȘtre dĂ©voilĂ©e : il s’agit de Jack Ma, le trĂšs mĂ©diatique propriĂ©taire d’Alibaba, ni plus ni moins que l’Amazone chinois. Or, dĂ©jĂ  Ă  la tĂȘte d’une demi-douzaine de chĂąteaux bordelais et surtout d’une fortune estimĂ©e Ă  41,4 milliards de dollars, Jack Ma, qui s'intĂ©resse de plus en plus au vin, pĂšse sept milliards de plus que François Pinault. Et l’écart de fortune entre les deux hommes augmente chaque annĂ©e
 Autant dire que la partie s’annonce compliquĂ©e.

Heureusement, François Pinault compte deux atouts dans son jeu : ses rĂ©seaux Ă  Paris et la dimension patriotique contenue dans le dossier. Pinault sait trĂšs bien que voir le Clos de Tart passer sous pavillon chinois provoquerait Ă  coup sĂ»r une immense Ă©motion, pour ne pas dire un traumatisme en Bourgogne et dans tout le vignoble français. Du reste, l’homme d’affaires ne dĂ©daigne pas se poser en protecteur de la Bretagne, bien sĂ»r, mais aussi, et de plus en plus, du rayonnement culturel de la France : n’est-il pas en train de faire rĂ©nover Ă  grand frais l’ancienne Bourse de Commerce de Paris, Ă  deux pas du Louvre, pour y exposer les chefs d’Ɠuvre de sa collection d’art contemporain ? "Monsieur Pinault veut laisser la marque d’un homme qui a fait rayonner la France, il a un discours fort lĂ -dessus", tĂ©moigne un proche. Peut-ĂȘtre aussi a-t-il compris que vu l’augmentation exponentielle du nombre des ultra-riches sur la planĂšte, c’est justement cette Ă©tiquette de protecteur de la France qui le met le mieux en valeur et le distingue de ses concurrents.

ROTHSCHILD CONTRE ROTHSCHILD

Le premier objectif du milliardaire breton va ĂȘtre d’inciter la Compagnie financiĂšre Edmond de Rothschild Ă  cesser de faire monter les enchĂšres. Pour cela, il commence par appeler l’un de ses plus proches amis dans le milieu de la haute finance parisienne : François Henrot. À 68 ans, Henrot est le plus puissant des associĂ©s de la banque Rothschild, Ă©tablissement parisien relevĂ© avec brio par David de Rothschild, fils du baron Guy, une autre branche des Rothschild.

À son ami Henrot, le propriĂ©taire d’ArtĂ©mis explique la situation. Et il lui demande un petit service : appeler la Compagnie financiĂšre pour faire passer un message : est-il vraiment judicieux de laisser un Chinois faire grimper les enchĂšres pour s’octroyer un emblĂ©matique domaine bourguignon ? Or, Henrot est prĂȘt Ă  faire beaucoup de choses pour Pinault, sauf une : passer ce coup de fil. En effet, les deux Ă©tablissements Rothschild sont Ă  couteaux tirĂ©s depuis que David de Rothschild a entrepris de rebaptiser sa banque Rothschild & Co, ce que contestent absolument ses cousins Benjamin et Ariane de Rothschild, patrons de la Compagnie financiĂšre, qui voient lĂ  un accaparement du plus cĂ©lĂšbre des noms de la finance mondiale. Pas question donc pour Henrot de s’abaisser Ă  demander un service aux adversaires de David de Rothschild.

L'ÉLYSÉE ET BERCY À LA RESCOUSSE

Et en mĂȘme temps, le banquier ne peut pas laisser en rade un alliĂ© aussi prĂ©cieux que François Pinault, un ami ! Henrot propose donc au milliardaire breton de l’aider, mais d’une autre façon : en appelant Alexis Kohler et Bruno Lemaire. Le premier est secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ÉlysĂ©e, autrement dit le plus proche collaborateur d’Emmanuel Macron. Le second est le ministre de l’Économie et des Finances, Ă  ce titre concernĂ© au premier chef par la dĂ©fense des pĂ©pites industrielles, commerciales et patrimoniales françaises ballotĂ©es dans le grand maelström de la mondialisation.

Ce qui fut dit fut fait. Que se passa-t-il exactement ensuite ? Kohler et Lemaire ne restĂšrent pas indiffĂ©rents aux arguments prĂ©sentĂ©s par Henrot. Ils se montrĂšrent sensibles aux ambitions de Pinault. Des coups de fils furent donnĂ©s dans la foulĂ©e, directement Ă  la famille vendeuse, les Momessin. Comme toute famille aux branches et ramifications multiples engagĂ©e dans une succession dĂ©licate, comme jadis les Lur Saluces (Yquem) ou les Fourcaud Laussac (Cheval Blanc), les Momessin avaient de nombreux dossiers sensibles Ă  rĂ©gler entre eux, mais aussi et surtout avec l’administration fiscale.

Les coups de fil de Bercy et de l'ÉlysĂ©e ont vite convaincu la famille qu’il Ă©tait dans son intĂ©rĂȘt de saisir l’offre de François Pinault et d’ignorer la surenchĂšre du Chinois Jack Ma. Et c’est ainsi que le Clos de Tart est restĂ© sous pavillon français, cĂ©dĂ© le 27 octobre dernier pour une somme pharaonique, prĂšs de 220 millions d’euros dit-on. À prĂšs de 30 millions d’euros l’hectare de vigne, c’est dĂ©sormais le domaine le plus cher du monde. Jusqu’à la prochaine grosse acquisition en Bourgogne ou Ă  Bordeaux, qui ne saurait tarder.

Par Denis Saverot


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 22 Mai 2018 12:24

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[ENTRETIEN] Olivier Bernard : « il faut qu’on ait tous envie de mettre la marque Bordeaux »
Pour le dernier numĂ©ro de « Terre de Vins » (actuellement dans les kiosques), Olivier Bernard, prĂ©sident de l’Union des Grands Crus de Bordeaux et gĂ©rant du domaine de Chevalier, Cru ClassĂ© de Graves, s’est allngĂ© « sur le divin ». Retrouvez ici son entretien en intĂ©gralitĂ©.


PrĂ©sident de l’Union des grands crus de Bordeaux depuis six ans, Olivier Bernard est par ailleurs directeur du groupe Bernard, groupe qui rĂ©alise un chiffre d’affaire de 100 millions d’euros environ, emploie 250 salariĂ©s et rassemble plusieurs activitĂ©s : les alcools, activitĂ© historique crĂ©Ă©e par son grand-pĂšre dĂšs 1928, le Domaine de Chevalier, achetĂ© par le groupe en 1983, date de la crĂ©ation de MillĂ©sima, site internet qui a su conquĂ©rir une trentaine de pays mais aussi ouvrir des boutiques Ă  New York et Saint-Tropez. Si le grand pĂšre d’Olivier, originaire de Lille (Nord) a ancrĂ© l’affaire familiale Ă  Bordeaux, la « tribu » Bernard et Olivier en particulier ont su dĂ©velopper ce groupe qui rassemble aujourd’hui plus de 300 actionnaires familiaux. GĂ©rant du Domaine de Chevalier, cru classĂ© de graves, Olivier Bernard a fait passer le foncier familial de 18 Ă  200 hectares en trois dĂ©cennies. En plus de 60 hectares de rouge et 7 de blanc Ă  Chevalier, Olivier Bernard exploite le Domaine de la Solitude, le Domaine Lespault-Martillac, a pris une participation dans chĂąteau Guiraud (100 hectares Ă  Sauternes) et a lancĂ© avec succĂšs Clos des Lunes, un blanc sec issu des terroirs de Sauternes. PrĂ©sident de la cĂ©lĂšbre Union des grands crus, Olivier Bernard, vigneron reconnu, est apprĂ©ciĂ© pour son Ɠil avisĂ©, son humanisme, sa capacitĂ© Ă  rassembler et sa connaissance parfaite du vignoble bordelais et des hommes qui le constituent. NĂ© en 1960, mariĂ© Ă  Anne, il est le pĂšre d’Adrien, 33 ans, directeur commercial au Domaine de Chevalier, et Hugo, 31 ans, responsable de production au clos des Lunes. Vice- chancelier de l’AcadĂ©mie du vin de Bordeaux, il fut Ă©galement prĂ©sident de l’Union des crus classĂ©s de graves et reste membre du bureau du Syndicat viticole de pessac-lĂ©ognan et membre de l’AcadĂ©mie du vin de France. A une annĂ©e de la fin de son mandat de prĂ©sident, Olivier Bernard s’est allongĂ© sur le divan. Un verre de cĂŽte-rotie en main (Domaine Pichon, 2015), il nous fait partager son regard sur Bordeaux. En totale libertĂ©.





Tu incarnes Ă  Bordeaux le statut d’un propriĂ©taire de grand cru Ă©minemment vigneron. Alors, dirigeant d’entreprise ou vigneron avant tout ?
J’ai envie de rajouter une troisiĂšme casquette : amateur de vin car je suis un passionnĂ© de vin. J’ai donnĂ© ma vie au vin. Quand on donne, on donne sans compter et on reçoit beaucoup. GrĂące au vin, j’ai reçu Ă©normĂ©ment de choses. Je suis connu, un peu, dans mon monde professionnel, mais au niveau des grands amateurs dans le monde, je suis connu comme un vrai amateur. J’ai eu la chance toute ma vie d’ĂȘtre invitĂ© Ă  des dĂ©gustations de dingue. J’aime ouvrir des bouteilles. Il n’y a pas d’Olivier gestionnaire ou amateur. C’est le mĂȘme homme qui avance dans le temps.

Tu vis au domaine, ce que peu de propriĂ©taires font Ă  Bordeaux dans la galaxie des crus classĂ©s. C’est un choix dĂ©libĂ©rĂ© ?
Ma vie professionnelle et familiale passe au robot mixeur tous les matins. Tout est mĂ©langĂ© sur un mĂȘme site qui s’appelle le Domaine de Chevalier. Sans doute que ma famille en a quelque part un peu souffert mais elle a partagĂ©. J’ai entendu ma femme me dire plusieurs fois « stop, c’est trop ». Elle a acceptĂ© que Chevalier prenne une part trĂšs importante dans notre vie. Beaucoup de compromis ont Ă©tĂ© faits. On reçoit 15 000 personnes par an dont 5000 en repas. Anne pourrait avoir de bonnes raisons de rĂąler.

Quelle feuille de route t’a confiĂ© la famille Bernard et quelles sont tes marges de manƓuvre dans ce groupe, aussi familial soit-il ?
Quand on a une activitĂ© comme celle-lĂ , on a des droits et des devoirs par rapport Ă  ses actionnaires. On doit rĂ©munĂ©rer le capital donc verser des dividendes. On ne peut pas se permettre de tout rĂ©investir ou de geler trois annĂ©es de suite. En tant que gestionnaire, j’ai une obligation de rĂ©sultats par rapport Ă  la famille. AprĂšs, quand on me confie un talent, j’essaie de le faire fructifier. On m’a confiĂ© 18 hectares en 1983. J’en ai 200 aujourd’hui. J’en rendrai sĂ»rement beaucoup plus. J’ai un devoir de croissance. C’est un devoir mais c’est aussi quelque chose qui m’excite. Quand on passe de 6 salariĂ©s en 1983 Ă  70 aujourd’hui, c’est gĂ©nial pour tout le monde. Il y a de quoi faire bouger les lignes.

Dans les cĂ©rĂ©monies, il t’arrive souvent de rendre hommage aux femmes, et Ă  la tienne en particulier, Anne. Elle joue un rĂŽle important ?
Notre monde est trop un monde d’hommes. Avec le temps, je me suis rendu compte que les grands hommes avaient des femmes qui les soutenaient. Anne a toujours Ă©tĂ© Ă  mes cĂŽtĂ©s Ă  fond. A fond ! MĂȘme si elle sait passer ses coups de gueule, elle est avec moi. C’est un joli sujet qu’on a partagĂ©. On a partagĂ© notre vie Ă  Chevalier. A Chevalier, je n’ai pas de contraintes. Je ne ferme pas le bureau Ă  18 heures. J’ai du monde en permanence. Anne, elle encaisse tout ça.

Cela fait six ans que tu prĂ©sides l’Union des grands crus de Bordeaux. Tu connais dĂ©sormais de l’intĂ©rieur tous les membres de la famille des grands crus. Ton regard de l’intĂ©rieur ?
L’Union des Grands crus est un patrimoine crĂ©Ă© en 1973 pour devenir LA force de promotion des grands vins dans le monde. Personne dans le monde ne fait la moitiĂ© de ce qu’on fait. Nos membres sont prĂ©sents. Mais ce patrimoine est fragile, comme les plus beau des Ă©difices.Nous avons trois sujets majeurs : les primeurs, les livrables et les consommateurs. Notre week-end des Grands crus va ainsi rejoindre Bordeaux FĂȘte le vin pour la premiĂšre fois en juin. Alain JuppĂ© a lancĂ© Bordeaux FĂȘte le vin sans l’appui des grands crus. Il est temps que les grands crus rejoignent Bordeaux FĂȘte le vin.

Quelles faiblesses menace l’union ? L’individualisme de certains ?
La faiblesse, c’est individuel/collectif. La grande marque se veut individuelle, elle veut se dĂ©tacher, elle veut ĂȘtre unique. Pourtant, l’Union c’est du collectif. Mon rĂŽle est de m’assurer que l’action soit collective mais qu’elle emmĂšne aussi des individuels. Moi, Ă  Chevalier, je ne fais pas tout en collectif. Si on tire l’union vers le bas, de grands tĂ©nors vont sortir et d’autres suivront. La fragilitĂ© de l’Union repose sur ses locomotives, sur son trĂšs haut de gamme. La question des primeurs illustre bien ça. Comment maintenir une unitĂ© alors que certains, de plus en plus nombreux, veulent jouer Ă  la propriĂ©tĂ© ? Certains crus jouent individuel dans une partie collective. Il faut se regarder dans le miroir tous les matins. Tu ne peux pas dire « je vais profiter du systĂšme.»

Ces vins qui se dĂ©gustent uniquement Ă  la propriĂ©tĂ©, c’est le bazar, non ? A qui penses-tu ?
Demain, si 50 chĂąteaux font dĂ©guster chez eux, le systĂšme va s’arrĂȘter. Fin de partie ! Donc il y a des limites Ă  tout ça. Aujourd’hui, un certain nombre de crus qui ne prĂ©sentent pas Ă  l’Union et ne sont pas dĂ©gustĂ©s. C’est le cas des chĂąteaux Smith Haut Lafite et Haut Bailly. Ils jouent individuels dans une partie collective. Ils ont des droits et des devoirs. Qu’ils se regardent bien. Qu’ils se regardent dans la glace tous les matins. Mais sur le millĂ©sime 2017, tu verras qu’il n’y a jamais eu autant de crus qu’à dĂ©guster Ă  l’Union. Attention : je ne suis pas en guerre avec les individuels. En tant que prĂ©sident de l’Union, je dois seulement amĂ©liorer notre offre collective pour que les individuels reviennent. Dans l’intĂ©rĂȘt de tous ceux qui viennent Ă  Bordeaux, ma question est : qu’est-ce que je peut faire pour que demain on soit encore meilleurs ?

Qui va te succĂ©der Ă  la prĂ©sidence de l’Union des grands crus en 2019 ?
J’ai un garçon qui depuis deux ans s’est motivĂ© Ă  mes cĂŽtĂ©s. Depuis un an, je lui parle de prendre la suite : Ronan Laborde, propriĂ©taire du chĂąteau Clinet Ă  Pomerol. C’est un garçon super. Mon rĂŽle est de former un successeur et de le prĂ©senter. C’est le Conseil d’administration de l’Union des grands crus qui votera. Si je lui prĂ©sente un gars bien et qui a deux ans de formation, eh bien tant mieux. J’ai donnĂ© six ans de ma vie et je les ai vraiment donnĂ©s, Ă  fond les ballons, sans compter. C’est beaucoup, six ans.

La lutte pour une viticulture plus propre est engagĂ©e. Que penses-tu du chemin qui est pris aujourd’hui ?
Sur les 196 hectares de Chevalier, 55 sont en biodynamie et 140 sont depuis l’an passĂ© 100% sans CMR (cancĂ©rigĂšnes, mutagĂšnes, reprotoxiques). Il n’y’ plus une cellule de synthĂšse aujourd’hui Ă  Chevalier. Ce n’est pas pour ça qu’on est certifiĂ© bio. Nos 200 hectares sont soit en biodynamie, soit en bio. Je ne cherche pas Ă  communiquer lĂ -dessus. Et je m’aperçois qu’un grand nombre de membres de l’Union des grands crus on avancĂ© sur ce sujet. Bordeaux a Ă©tĂ© mis dans le viseur par des Elise Lucet et compagnie. Miraculeusement, plein de rĂ©gions ont Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©es. Mais finalement, Bordeaux a avancĂ© beaucoup plus vite. Par exemple, la rĂšgle est que toutes les propriĂ©tĂ©s aient signĂ© un protocole environnemental Ă  Saint-Emilion. Pessac-LĂ©ognan est Ă©galement en route ! Il faut qu’on aille plus loin que ce que dit l’interprofession. Pour un gars qui est en bordeaux, c’est couteux de passer en bio. Un grand cru qui passe en bio, c’est supportable dans ses prix de revient.

Un mot sur l’émission Cash Impact d’Elise Lucet ? (lire notre Ă©dito) Cela te fait-il bondir ?
Bordeaux n’est pas Ă  montrer du doigt comme elle le fait. Quand je goĂ»te un verre de vin, j’essaie de trouver ses qualitĂ©s, pas ses dĂ©fauts. C’est une diffĂ©rence d’apprĂ©ciation. On pourrait aussi encourager tout ce qui a Ă©tĂ© fait. Cela se retournera contre elle.

Quels sont les autres grands défis de Bordeaux ?
La marque Bordeaux est intimement liĂ©e Ă  la ville. Le vin est liĂ© Ă  sa ville. La ville a fait un boulot formidable depuis vingt ans. Je produis des vins qui sont sous l’appellation Bordeaux. Je suis fier de ça. Cette marque Bordeaux a Ă©tĂ© dĂ©poussiĂ©rĂ©e. En tant que prĂ©sident de l’Union, on travaille sous la marque « Bordeaux signatures ». Il faut que Bordeaux soit au vin de Bordeaux ce que Paris soit Ă  la mode. Domaine de Chevalier doit oser et avoir le droit de mettre bordeaux devant sur l’étiquette, avec Pessac-LĂ©ognan.

En clair, utiliser Bordeaux comme le fait lĂ©galement l’appellation « bordeaux-bordeaux supĂ©rieur » ?
Si le sommet de la pyramide porte bordeaux, tant mieux ! C’est un travail de toute la filiĂšre. J’aimerais que Bordeaux s’approprie cette idĂ©e, que Bordeaux soit la signature de l’ensemble des vins de Bordeaux. J’ose le rendre public mais c’est un joli sujet pour la filiĂšre : approprions nous cette marque bordeaux. On a un maire formidable. Il n’y a pas que des choses positives mais il a fait le job. Il est reconnu et respectĂ©. Si bordeaux vin et bordeaux ville emmĂšnent tout le monde, voilĂ  un joli sujet. On a tous des droits et des devoirs par rapport Ă  Bordeaux. Pourquoi Dior met Paris, parce que Dior a envie de mettre Paris. Il faut qu’on ait tous envie de mettre Bordeaux.

Tu as lancé Clos des Lunes en investissant en Sauternais mais en faisant un blanc sec en appellation bordeaux, donc sans faire du sauternes. Certains critiquent cette initiative. Tu ne regrettes rien ?
Elle n’a pas Ă©tĂ© bien comprise des Sauternais mais tous les grands sauternes font du sec depuis toujours ! Ces grandissimes terroirs de sauternes, avec des sĂ©millons, pourquoi ne leur donnerait-on pas une autre chance ? C’est la rĂ©volution que j’ai amenĂ©e. Avec Clos des Lunes, le premier millĂ©sime fut le 2011. Aujourd’hui, avec quelques annĂ©es de recul, on est Ă  fond . On a produit 20 000 bouteilles en 2011, 300 000 en 2016 ! C’est une succes story incroyable ! J’ai montrĂ© que les vignobles de Clos des Lunes sont remarquablement bien entretenus. J’ai plantĂ©, complantĂ©, il y a zĂ©ro dĂ©sherbant, zĂ©ro produit chimique. Les dĂ©tracteurs ont le droit de continuer Ă  dĂ©truire mais ils doivent reconnaitre que le job est fait et qu’on a sauvĂ© des vignobles. En 2006 on a achetĂ© Guiraud qui fait 110 hectares et 60 Ă  Clos des Lunes. J’ai investi depuis 2006 170 hectares Ă  Sauternes. Qui a fait le mĂȘme chose ? J’ai fait le job.

Olivier Bernard dans dix ans ?
J’ai eu 58 ans le 8 mars, journĂ©e de la femme. Olivier Bernard a encore faim, il a soif, il a encore plein de choses Ă  faire. Il a beaucoup grossi
 Il a de quoi occuper ses Ă©quipes, garder son Ă©nergie, peut ĂȘtre en prenant un peu plus de recul mais est au cƓur du mĂ©tier pour un petit moment. Oliviier Bernard a encore l’Ɠil vif. Avec ses 70 personnes, il est encore plus solide. Depuis 1983, on est passĂ© de 18 hectares Ă  190 mais toutes mes vignes sont Ă  moins de 30 minutes de ma chambre. J’aime sentir mes grands vins.

Ta trĂšs grande Ă©motion autour un vin ?
J’en ai eu tellement ! Il y a quelqu’un que j’aime beaucoup qui s’appelle Michael Broadbent. Je connais beaucoup de gens qui, lorsqu’ils ont donnĂ© une grande pĂ©riode de leur vie au vin, se lassent. Lui, son regard s’illumine. Il a un vrai plaisir. Je crois, moi aussi, ĂȘtre attachĂ© Ă  ce sourire, Ă  cette Ă©motion. Ce trĂšs joli cĂŽte-rotie que nous buvons m’émeut, mĂȘme si avec quelques annĂ©es il m’émeuvrait encore plus. Il est capable d’aller plus loin. Je suis trĂšs sensible Ă  ce rapport avec le vin.

Qu’est ce qui te rĂ©volte profondĂ©ment?
France, pays de libertĂ©, fraternitĂ© et Ă©galitĂ©. Quand France tu mets les 35 heures en route, oĂč est la libertĂ© ? Des gens ont besoin d’éduquer leurs enfants, de se payer leur maison. Pourquoi niveler par le bas ? Pourquoi obliger les gens Ă  travailler 35 heures ? Les jeunes, l’étĂ©, ils veulent e payer leurs vacances et veulent travailler plus ! Pourquoi ne pas leur laisser la libertĂ© ? Nous ne sommes pas tous Ă©gaux devant la retraite. Des gens en ont ras le bol Ă  58 ans et sont en capacitĂ© physique moyenne. D’autres Ă  65 ans sont en pleine forme ! Adaptons nous.

Qu’est ce qui t’emporte ou te rĂ©jouit ?
Ce qui me guide c’est que le plus beau vin de ma vie est celui que je ferai demain. Ça me fait avancer. Tous les jours on a des courriers qui viennent de l’autre bout de la terre et qui nous disent merci.
Aussi, j’ai une petite fille nĂ©e il y a deux ans. Cette petite fille me rĂ©jouit. Quand elle arrive Ă  Chevalier, c’est la reine. Plus tard, j’essaierai de lui apprendre la terre et certaines valeurs.

Un acte audacieux ?
J’ai envie de passer un message aux jeunes, c’est osons ! RĂ©cemment, nous sommes allĂ©s Ă  CĂ©ret (PyrĂ©nĂ©es-Orientales) chez Diam. Nous allons passer Chevalier rouge 2016 sur Diam. Ça il faut oser. J’ose. Beaucoup de gens disent « c’est trop tĂŽt ». Moi, j’ai 10 ans de recul. Avec le recul, le rĂ©sultat est toujours le mĂȘme : c’est toujours Diam qui gagne. Je veux donc arrĂȘter de mettre des bouchons Ă  risque pour mes clients. J’aime qu’ils soient contents avec une bouteille de Chevalier. Donc je choisi Diam.
Un mot sur ton engagement au service des autres
 avec cette association de l’AbbĂ© Jean Vincent.
C’est une association baptisĂ©e du nom du pĂšre fondateur sur un terrain mitoyen du Domaine de Chevalier. Il a commencĂ© avec des planches en bois. Il voulait accueillir les plus dĂ©munis, particuliĂšrement ceux qui ne sont pas pris ailleurs. On va trĂšs loin dans l’accueil de ces grands prĂ©caires. A LĂ©ognan (33), ce ne sont que des hommes. Ils ont passĂ© 10 ou 20 ans dans la rue et sont dĂ©sociabilisĂ©s. On va leur redonner une dignitĂ©, une vie en communautĂ©. Pour financer ça, je fais des concerts Ă  Chevalier, pour aller chercher des sous. Quand j’y suis, je suis trĂšs heureux d’y ĂȘtre. Je suis trĂšs heureux de donner mon temps.

Que boira-t-on le jour de tes obsĂšques ?
Un petit clin d’Ɠil : le jour de l’enterrement d’Anthony Perrin (chĂąteau Carbonnieux), sa femme et es enfants m’ont demandĂ© si je pouvais donner la communion avec le prĂȘtre. Le prĂȘtre m’a proposĂ© de communier avec lui. Dans la coupe, je savais qu’il y avait du Carbonnieux. Quand j’ai communiĂ© au calice, j’ai eu un sourire intĂ©rieur et j’ai regardĂ© Miclo (Marie Claude Perrin) d’un sourire entendu. Pour mes obsĂšques, j’espĂšre qu’on boira des grandes bouteilles. Cela permet Ă  tout le monde de communier : quand 100 personnes boivent du vin de10 bouteilles diffĂ©rentes ça n’a pas le mĂȘme poids que lorsque 100 personnes boivent le vin d’une mĂȘme impĂ©riale. J’aime bien les grandes bouteilles



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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 22 Mai 2018 12:29

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Le domaine de la Romanée-Conti produira du Corton-Charlemagne
Le domaine de la RomanĂ©e-Conti Ă©tend sa collection de grands crus : issu d’une parcelle de Corton-Charlemagne reprise en fermage au domaine Bonneau du Martray, ce chardonnay sera produit Ă  compter de 2019. C’est au Wine Spectator que le domaine a rĂ©servĂ© la primeur de cette annonce.



Le domaine de La RomanĂ©e-Conti s’apprĂȘte Ă  ajouter un nouveau joyau Ă  sa collection de grands crus. Ce prestigieux domaine de Vosne-RomanĂ©e cultive dĂ©jĂ  de prĂ©cieux chardonnays dans l’appellation Montrachet, et produit Ă©galement, en quantitĂ©s confidentielles, quelques flacons de bĂątard-montrachet exclusivement rĂ©servĂ©s Ă  une consommation privĂ©e.

D’aprĂšs le Wine Spectator, les rĂ©cents acquĂ©reurs du domaine Bonneau du Martray, et plus particuliĂšrement son gĂ©rant, Armand de Maigret ont souhaitĂ© rĂ©duire la surface exploitĂ©e. Car ce domaine de 11 hectares, cultivĂ©s en biodynamie sur la colline de Corton, nĂ©cessite un suivi minutieux et exigeant. Ils se sont ainsi mis en quĂȘte d’un partenaire respectant la mĂȘme philosophie. Le nom et la personnalitĂ© d’Aubert de Villaine est immĂ©diatement apparu comme un choix Ă©vident pour partager cette charge. Un peu moins de trois hectares de vignes de Corton-Charlemagne seront ainsi mis en fermage et exploitĂ©es par le domaine de la RomanĂ©e-Conti Ă  compter de novembre 2018, pour une premiĂšre rĂ©colte estampillĂ©e DRC en 2019.

Pour le domaine de la RomanĂ©e-Conti cette opĂ©ration ne constitue pas la premiĂšre incursion en CĂŽte de Beaune, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  Corton. En 2008, le domaine a en effet repris en fermage 1,2 ha de vignes appartenant aux hĂ©ritiers du Prince de MĂ©rode, situĂ©es sur les parcelles de Corton Bressandes, Clos du Roi et Renardes. Le vin est produit sous l’étiquette de la DRC depuis le millĂ©sime 2009.

Rappelons que le domaine Bonneau du Martray est passé sous pavillon américain en janvier 2017, lorsque Stanley Kroenke (déjà propriétaire de Screaming Eagle, en Californie) a pris possession de 80% des parts de ce fleuron de Corton.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 22 Mai 2018 12:32

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Vins de Corse : les trĂ©sors de l’üle de BeautĂ©
Pour d’obscures raisons, les vins produits en Corse semblent moins connus des amateurs que ceux de la plupart des autres vignobles français. Et pourtant, avec leurs cĂ©pages autochtones et leurs terroirs Ă  la personnalitĂ© marquĂ©e, les rouges et les blancs de Corse mĂ©ritent qu’on s’y intĂ©resse de prĂšs.




Quand on a un peu sillonnĂ© la Corse, on ne peut que tomber amoureux de cette Ăźle. Ce mĂ©lange magique de mer et de montagne permet de dĂ©couvrir un peu partout sur l’üle des paysages extraordinaires avec une nature Ă  peu prĂšs prĂ©servĂ©e. Et surtout, pour celui qui aime les choses simples mais authentiques (en faisant un peu attention quand mĂȘme aux “piĂšges Ă  touristes”), on peut se rĂ©galer de produits de grande qualitĂ© gustative, que ce soit les charcuteries locales, le veau corse, le miel, les confitures, les poissons et crustacĂ©s, la boutargue et, bien entendu
 le vin.

Avec son climat mĂ©diterranĂ©en tempĂ©rĂ© par son environnement maritime, la Corse est, bien entendu, un territoire extrĂȘmement favorable Ă  la vigne. Mais, bien que traditionnellement associĂ©e Ă  la Provence, la Corse n’a rien (ou pas grand-chose) Ă  voir avec cette derniĂšre. DĂ©jĂ , pour commencer, sur le plan des cĂ©pages. Trois varĂ©tĂ©s autochtones dominent en effet ici les assemblages locaux : le niellucciu et le sciaccarellu pour les rouges, et le vermentinu pour les blancs (pour faire “local”, ne pas prononcer le “u” final dans ces noms
). Le premier est plus ou moins un cousin du sangiovese toscan et le dernier un parent proche du rolle provençal.


Les appellations corses

La Corse du vin comprend neuf appellations. Deux sont des appellations de crus : Patrimonio et Ajaccio. Cinq sont de type “Villages”, AOC Corse suivi d’un nom de lieu : AOC Corse “Calvi”, AOC Corse “SartĂšne”, AOC Corse “Figari”, AOC Corse “Porto-Vecchio” et AOC Corse “Coteaux du Cap Corse”. S’y ajoutent une appellation de type rĂ©gional, “Vins de Corse” et une appellation pour les vins doux naturels (VDN), “Muscat du Cap Corse”. À l’exception de cette derniĂšre, toutes les appellations corses peuvent produire du rouge, du blanc et du rosĂ©.

L’aire de production de l’AOC rĂ©gionale “Vin de Corse” recouvre tous les terroirs de la Corse dĂ©limitĂ©s en appellation d’origine contrĂŽlĂ©e, sauf dans l’aire d’appellation Patrimonio, mais le principal de cette appellation gĂ©nĂ©rique se situe sur la cĂŽte est de l’üle, dans un triangle formĂ© par Bastia, Corte et le sud d’AlĂ©ria.

L’aire de production des cinq appellations “Villages” (Vin de Corse – Calvi, Vin de Corse -SartĂšne, Vin de Corse -Figari, Vin de Corse – Porto-Vecchio et Vin de Corse -Coteaux Du Cap Corse) comprend une soixantaine de communes situĂ©es autour de Calvi, SartĂšne, Figari, Porto-Vecchio ou sur les Coteaux du Cap Corse.

Les deux crus situĂ©s en haut de l’échelle des AOC sont les appellations “Ajaccio” et “Patrimonio”.

L’aire de production de l’AOC Ajaccio se situe sur les coteaux granitiques qui vont du golfe de Porto au golfe de Valinco. Les rouges et les rosĂ©s sont produit Ă  partir des cĂ©pages barbarossa, niellucciu, vermentinu et sciacarellu. La proportion de ce dernier cĂ©page doit reprĂ©senter 40 % minimum dans les assemblages, ce qui est la “marque de fabrique” de cette AOC. Le sciacarellu est un cĂ©page typiquement corse, peu colorĂ©, qui donne des vins dĂ©licats et Ă©picĂ©s. Quelques cĂ©pages peuvent venir en complĂ©ment, comme le grenache, le cinsault ou le carignan. Pour les vins blancs, le cĂ©page emblĂ©matique, comme dans toute la Corse, est le vermentinu, qui doit reprĂ©senter au minimum 80 % de l’encĂ©pagement des parcelles, parfois complĂ©tĂ© par de l’ugni blanc.

L’aire de production de l’AOC Patrimonio comprend sept communes situĂ©es autour du village de Patrimonio, Ă  la base ouest du Cap Corse. Le terroir de cette AOC est essentiellement calcaire. On utilise ici pour les vins rouges les cĂ©pages nieluccio, au moins Ă  90 % (75 % pour les rosĂ©s), Ă©ventuellement complĂ©tĂ© par du grenache, du sciaccarello, et du vermentino et, pour les blancs, le vermentino exclusivement.

L’AOC “Muscat du Cap Corse” produit un vin doux naturel de muscat blanc. L’aire de production recouvre les communes des appellations “Patrimonio” et “Vin de Corse -Coteaux du Cap Corse”. Le cĂ©page unique est le muscat blanc Ă  petits grains.


Les meilleurs vins et les meilleurs vignerons

Ce n’est Ă©videmment pas par hasard si les appellations “Ajaccio” et “Patrimonio” sont les deux seules appellations de cru de l’üle. C’est essentiellement dans ces deux AOC que l’on pourra dĂ©nicher les meilleurs vins, mĂȘme si certains producteurs de premier plan produisent d’excellents vins ailleurs.

L’AOC Ajaccio abrite un domaine emblĂ©matique, non seulement de l’appellation elle-mĂȘme, mais de la Corse tout entiĂšre, le Domaine Comte Abbatucci. Cette trĂšs ancienne propriĂ©tĂ©, dirigĂ©e aujourd’hui par Jean-Charles Abbatucci, produit via une biodynamie trĂšs exigeante, deux gammes de vins rouges, blanc et rosĂ©s. La gamme “Faustine”, dans les trois couleurs, qui est en quelque sorte le “gĂ©nĂ©rique” du domaine et une gamme (rouges, blanc et rosĂ©) de sĂ©lections “pointues” (de 1500 Ă  6000 bouteilles) Ă©laborĂ©es Ă  partir de l’incroyable collection de cĂ©pages autochtones anciens qu’entretient depuis longtemps la famille Abbatucci (18 variĂ©tĂ©s, comme, pour les blancs, rossola brandinca, riminese, carcajolo bianco, biancone, paga debiti, brustiano, bianco gentile, genovese, rossola bianca et, pour les rouges, morescola, morescono, montanaccia, carcajolo nero, aleatico et barbarossa, sans oublier les cĂ©pages habituels : niellucciu, sciaccarellu et vermentinu). Ces cuvĂ©es, dont la plupart portent un nom Ă©voquant l’histoire napolĂ©onienne, portent Ă  des niveaux insoupçonnĂ©s la qualitĂ© des vins locaux, certes Ă  des prix qui reflĂštent la raretĂ© de ces vins produits en quantitĂ©s microscopiques. Mais attention, la gamme “Faustine”, trĂšs abordable, est dĂ©jĂ  de trĂšs haut niveau. Le rouge en particulier, marquĂ© par une forte proportion du cĂ©page phare de l’appellation, le sciaccarellu, est un vin au caractĂšre original, Ă  la fois intense et dĂ©licat, qui sĂ©duira les amateurs en recherche d’originalitĂ©. Pour de nombreuses raisons, Ă  la fois politiques et rĂ©glementaires (cĂ©pages non reconnus), le domaine prĂ©sente tous ses vins sous le label “Vin de France”.

Plusieurs autres domaines de l’appellation Ajaccio produisent Ă©galement de trĂšs jolis vins, en particulier le Domaine Vaccelli, le Domaine du Comte Peraldi et le Domaine U Stiliccionu.

L’AOC Patrimonio est, sans conteste, qualitativement la plus homogĂšne de l’üle avec un grand nombre de domaine produisant des vins de trĂšs haut niveau. Comme presque toujours dans le cas de ces appellations d’un haut niveau homogĂšne, on retrouve une ou deux familles de vignerons qui ont fait depuis longtemps un bond qualitatif, entraĂźnant derriĂšre eux par Ă©mulation de nombreux autres domaines voisins. À Patrimonio il s’agit de la famille Arena et de la famille Leccia. Il y a une petite vingtaine d’annĂ©es, ces deux domaines ont Ă©tĂ© Ă  la pointe de la reconnaissance de la qualitĂ© des vins corses en gĂ©nĂ©ral et de ceux de Patrimonio en particulier. Aujourd’hui ces domaines sont en pleine Ă©volution pour des raisons essentiellement familiales. Antoine Arena, le patriarche, a partagĂ© une bonne partie de ses vignes entre ses deux fils, Antoine-Marie et Jean-Baptiste, et on trouve aujourd’hui des vins sous les trois Ă©tiquettes (le pĂšre et les deux fils). Chez les Leccia, le domaine s’est divisĂ© en deux, Yves Leccia crĂ©ant son propre domaine, sa sƓur Annette gardant le nom du Domaine Leccia oĂč elle a Ă©tĂ© rejointe rĂ©cemment par son neveu, le fils d’Yves. Les vins de ces trois domaines restent au sommet de Patrimonio, mais ils ne sont aujourd’hui plus les seuls. Des exploitations relativement anciennes, stimulĂ©es par ces exemples, ou des crĂ©ations plus rĂ©centes (dont les vignerons ont parfois Ă©tĂ© formĂ©s chez les Arena ou les Leccia
) produisent aujourd’hui des vins de trĂšs grande qualitĂ©. Parmi ceux-ci on peut citer le Domaine Giudicelli, Nicolas Mariotti Bindi (Cantina di Torra), StĂ©phanie Olmetta, Clos Signadore, Orenga de Gaffory.

Dans les autres appellations corses, sans doute un peu moins d’homogĂ©nĂ©itĂ©, mais quelques trĂšs grands vignerons dont la notoriĂ©tĂ© dĂ©passe de loin celle de leurs appellations respectives. C’est en particulier le cas d’Yves Canarelli (Domaine Clos Canarelli) dont les rouges, rosĂ©s et blancs de Figari figurent de longue date parmi les tout meilleurs vins de l’üle, sans parler de ses rares cuvĂ©es Ă©levĂ©es en amphores qui nous emmĂšnent encore plus loin
 On peut citer aussi le Clos Nicrosi (Corse-Cap Corse) ou le Clos Canereccia (Vin de Corse), un nouveau venu trĂšs prometteur sur la cĂŽte orientale de l’üle. Et sans doute bien d’autres domaines encore, Ă  dĂ©couvrir lors de vos prochaines vacances sur cette Ăźle merveilleuse.



Les vins corses Ă  table

MĂȘme s’il faut introduire des nuances en fonction des diffĂ©rentes appellations, on peut toutefois donner quelques pistes sur les caractĂ©ristiques gustatives gĂ©nĂ©rales des vins corses et proposer quelques grandes familles d’accords Ă  table. D’une façon gĂ©nĂ©rale, ceux qui ne connaissent pas les vins de l’üle et qui pensent, qu’en raison de sa situation gĂ©ographique (la plus au sud de la France), les vins de Corse sont trĂšs puissants, marquĂ©s par l’alcool et un peu lourds ont
 tout faux !

Les rosĂ©s, sont en moyenne plus vineux que leurs cousins de Provence, avec, parfois, des arĂŽmes floraux dĂ©licats quand ils sont Ă  majoritĂ© de sciaccarellu, le cĂ©page majoritaire autour d’Ajaccio. À table, ils seront classiquement Ă  l’aise avec les grillades des barbecues estivaux, mais aussi avec des viandes comme l’agneau ou des poissons locaux.

Les blancs ont en gĂ©nĂ©ral un caractĂšre “minĂ©ral” marquĂ© au sens “pierre Ă  fusil”, en particulier au sein de l’appellation Patrimonio, caractĂ©risĂ©e par un terroir trĂšs calcaire. Du fait de cette personnalitĂ© les vins se rĂ©vĂšlent bien adaptĂ©s aux produits de la mer locaux (merveilleux poissons de petite pĂȘche, en particulier le denti ou le mĂ©rou), y compris les fameuses langoustes de Centuri, Ă  la pointe ouest du cap Corse. Bel accord aussi sur les formidables fromages locaux de brebis ou de chĂšvre (sauf les plus puissants peut-ĂȘtre, car ils sont vraiment trĂšs puissants
). Ne pas hĂ©siter Ă  garder quelques annĂ©es vos blancs de Patrimonio en cave, ils prendront alors une petite “rondeur” bien agrĂ©able


Les rouges corses prĂ©sentent sans doute des caractĂšres plus variĂ©s en fonction de leur terroir et de leurs cĂ©pages. Par exemple ceux de l’AOC Ajaccio sont marquĂ©s par le cĂ©page sciaccarellu qui leur donne un caractĂšre plus Ă©picĂ© et plus floral que dans les autres appellations locales. Un vin qui conviendra, entre autres, aux plats Ă  base de veau corse dont la chair est plus goĂ»teuse que celui du “continent”. A noter : l’un des plus cĂ©lĂšbres Ă©leveurs n’est autre que le frĂšre de Jean-Charles Abbatucci, du domaine Ă©ponyme. Les rouges de Patrimonio Ă©voquent un peu les vins italiens de Toscane (le niellucciu est un cousin du sangiovese). Ils vieillissent trĂšs bien et peuvent ĂȘtre conservĂ©s une bonne dizaine d’annĂ©es. Ils se marieront agrĂ©ablement avec toutes les viandes en sauce un peu relevĂ©e, les viandes rouges et certains fromages corses au caractĂšre affirmĂ©.

Une superbe région à ne pas manquer, que ce soit pour ses vins ou tout le reste !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 22 Mai 2018 12:55

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Bataille du vin : qui a gagné ?
Face au mépris affiché par une partie des alcoologues, le monde du vin s'échine à montrer sa bonne foi et choisit de faire profil bas.




Notre confrĂšre Le Monde sous la plume d'OphĂ©lie Neiman relatait, samedi 28 avril, les diffĂ©rents gestes et dĂ©clarations en faveur du vin d'Emmanuel Macron. De quoi satisfaire la filiĂšre viticole et mettre en Ă©moi la partie du monde mĂ©dical – les alcoologues et addictologues notamment – directement concernĂ©e. Une indignation de toute bonne foi chez certains, pas toujours chez d'autres
 Les querelles autour des bienfaits ou des dangers du baclofĂšne – ce mĂ©dicament dont les vertus en matiĂšre de lutte contre l'alcoolisme avaient Ă©tĂ© mises en Ă©vidence par le docteur Olivier Ameisen – dĂ©montrent, s'il en Ă©tait besoin, que certains praticiens n'ont pas que le souci des malades comme prioritĂ© et que les affaires d'influence et de gros sous n'Ă©pargnent pas toujours ceux qui ont prĂȘtĂ© serment Ă  Hippocrate
 Tel opposant farouche au baclofĂšne, par exemple, participant Ă  des recherches sur un mĂ©dicament concurrent financĂ©es par un laboratoire Ă©galement concurrent


Lire aussi L'Ă©tude qui condamne le baclofĂšne

Twitter, ces temps derniers, en est le plus visible témoin. La colÚre du professeur Bernard Granger (professeur de psychiatrie à l'université René-Descartes et patron de l'unité de psychiatrie de l'hÎpital Tarnier), à la suite des avis du CSST (Comité scientifique spécialisé temporaire) et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en défaveur du baclofÚne, n'est pas nouvelle : « La médecine ne se fait pas que dans les bureaux des agences. Le CSST n'a pas auditionné les experts du baclofÚne ni les experts en épidémiologie. C'est une honte. » Bernard Granger n'est pas le seul à dénoncer pareil scandale.

L'impossible « débat ouvert »

Sans nier les dommages de l'alcoolisme, il serait sans doute aisĂ© de dĂ©montrer qu'une partie des arguments utilisĂ©s par certains alcoologues abonnĂ©s aux plateaux de tĂ©lĂ©vision relĂšve parfois de l'obscurantisme, de la dĂ©sinformation, sinon de la mauvaise foi, pour ne pas dire plus. Dans ces conditions, un « dĂ©bat ouvert », comme le souhaitent les reprĂ©sentants du monde viticole avec ceux-lĂ  mĂȘmes qui les montrent du doigt, apparaĂźt, pour le moins, comme un objectif bien difficile Ă  atteindre et, pour le pire, comme un miroir aux alouettes. D'un cĂŽtĂ©, les acteurs du vin qui ne cessent de s'excuser, de vanter la modĂ©ration, de parfois se comporter comme des coupables rĂ©signĂ©s. Et de l'autre, un petit univers mĂ©dical ou paramĂ©dical influent qui les traite de « lobbyistes », les range dans l'empoisonneur univers des « alcooliers », se moque de leur prĂ©tention culturelle et historique, mĂ©prise du haut de ses annĂ©es d'Ă©tudes ces marchands du temple, ces boutiquiers paysans, ces rats des champs qui font de l'argent sur la santĂ© du bon peuple


Que faire ? Que rĂ©pondre ? La politique de l'autruche, refuser de participer aux dĂ©bats comme ce fut la consigne aprĂšs la fameuse sortie d'AgnĂšs Buzyn sur France 2 sur le thĂšme le-vin-c'est-de-l'alcool-comme-un-autre ? Se satisfaire d'une consolation caressante du Premier ministre, d'un clin d'Ɠil cajolant du prĂ©sident de la RĂ©publique ? La position du dĂ©fenseur dans la tranchĂ©e ne semble guĂšre Ă©mouvoir les partisans de la prohibition masquĂ©e. Certes, ils s'en dĂ©fendent. Non, affirment-ils, pas question de prohiber l'alcool et encore moins le vin, toutefois, il faut savoir que
 Et dans les dĂ©bats radio ou tĂ©lĂ©visĂ©s de rĂ©pĂ©ter les arguments de la feuille de route, comme des candidats de parti lors de lĂ©gislatives : le premier verre de vin conduit au cancer, et ce sont 49 000 morts chaque annĂ©e provoquĂ©es par l'alcool


Les ravages de l'hygiénisme

Tant pis si tout cela est approximatif, partiellement ou totalement faux : il n'y a personne pour les contredire. Au point que les 49 000 morts sont dĂ©sormais devenues une « vĂ©ritĂ© » reprise parfois mĂȘme par les dĂ©fenseurs du vin. Pourtant, chacun sait que ce chiffre est contestable, calculĂ© non pas Ă  partir de bilans cliniques, mais de statistiques : « Nous avons multipliĂ© la consommation dĂ©clarĂ©e par 2,4 pour l'ajuster Ă  la consommation estimĂ©e par les ventes », expliquait l'auteur (Catherine Hill) de l'Ă©tude qui aboutissait Ă  ce chiffre supĂ©rieur Ă  celui obtenu par cette mĂȘme personne quelques annĂ©es auparavant, alors que, dans le mĂȘme temps, la consommation d'alcool avait baissé  À partir de quelles bases scientifiques ce coefficient de 2,4 ? A-t-on tenu compte de la consommation par les Ă©trangers, les touristes notamment (90 millions chaque annĂ©e) et nos voisins qui viennent faire leurs emplettes chez les vignerons ?

Et pourquoi brusquement, alors que, jusqu'Ă  prĂ©sent, on reconnaissait au vin quelques effets protecteurs contre certains risques, vasculaires en particulier, ses dĂ©tracteurs aujourd'hui lui nient-ils toute qualitĂ© sanitaire ? VoilĂ  autant de questions qui mĂ©riteraient d'ĂȘtre posĂ©es lors de ces dĂ©bats si toutefois les acteurs du monde viticole cessaient de regarder passer les missiles. Certes, JoĂ«l Forgeau, prĂ©sident de Vin & SociĂ©tĂ©, s'est fendu d'un communiquĂ© en avril pour protester contre les propositions d'associations hygiĂ©nistes : « Nous condamnons une posture idĂ©ologique qui depuis 50 ans en France n'a pas permis de rĂ©soudre les vrais problĂšmes de santĂ© publique. » Ces associations proposaient une nouvelle taxe : « Le vin doit-il devenir un produit de luxe en imposant une taxation ne faisant pas de distinction entre riches et pauvres ? Ouvrir une bouteille de vin en famille ou entre amis sur une terrasse serait donc rĂ©servĂ© Ă  une minoritĂ© Ă©litiste de Français ? »

La taxe comme arme

Les hygiĂ©nistes, depuis la naissance des associations anti-alcool en 1872, ne connaissent que la taxe comme arme pour lutter contre l'alcoolisme, ignorant (ce qui peut sembler un comble chez des organisations dirigĂ©es par des psychiatres ou des psychologues) la misĂšre, la solitude, le dĂ©sespoir. Mais les reprĂ©sentants du monde viticole donnent Ă©galement l'impression de ne rĂ©agir fortement que lorsque justement le camp d'en face dĂ©gaine le mot « taxe ». Alors, balle au centre ? Pas vraiment. En refusant le combat sur le fond, Ă  la fois sur les fausses informations – mĂȘme si l'exercice est difficile – mais aussi sur la libertĂ© de chacun, sur le droit de vivre selon son choix, sur l'Ă©ducation, en laissant s'exprimer sans les contredire les partisans de cette prohibition masquĂ©e, le monde du vin a sans doute perdu la bataille de la communication. « La vĂ©ritĂ© de nos jours, ce n'est pas ce qui est, mais ce dont les autres sont persuadĂ©s », Ă©crivait Montaigne, citĂ© sur Twitter par le professeur Granger.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mar 22 Mai 2018 21:38

Alex,

On me qualifie souvent de personnage de mauvaise foi.
Je suis un professionnel qui dit, par exemple, que le vin ne fait pas grossir... Si on utilise son alcool pour couvrir les besoins de son mĂ©tabolise basal, tout en limitant, dans le mĂȘme temps, le pain et le beurre.

Quand j'étais jeune professionnel, vers 1975, il y avait en France 2 000 000 de "buveurs excessifs", ceux qui buvaient plus de 2 litres de vins par jour (ou équivalents en alcool) et il ne fallait pas dépasser un litre par jour.
En 1981, tout jeune psychiatre, j'ai figuré dans un répertoire: "les 1000 de l'alcoologie" (ça n'intéressait pas grand monde à l'époque ;)). Puis j'ai créé une unité d'addictologie niveau 2 dans mon service de psychiatrie, qui est maintenant un service à part entiÚre.

J'ose dire qu'en buvant 2 ou 3 verres de vin par jour, voire 4, on n'est pas alcoolique, si on ne boit pas d'autres boissons alcoolisées.
Et je situe le danger au dessus de 5 verres.
Alors que les grands alcoologues actuels vous font passer pour un malade alcoolique dĂšs deux verres quotidiens ;)
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Mer 23 Mai 2018 07:14

Merci Thierry pour ces quelques lignes trĂšs instructives.
Une question me taraude, lorsque tu parles de 3-4 verres fais-tu une différence entre blanc et rouge (hors liquoreux et sans entrer dans les degrés) ?
On m'a souvent dit dans la famille que le blanc était plus mauvais pour la santé.

Amicalement,
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