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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 14 Août 2017 07:34

Suite à la lecture du livre " Autour d'une bouteille avec Denis Dubourdieu _ L'œnologie dans tous ses états", j'ai fait quelques recherche et je suis tombé sur cette "rencontre" entre Denis Dubourdieu et Dominique Lafon.
L'article de Bourgogne Aujourd'hui date un peu mais je le trouve très intéressant.


Quand deux montagnes se rencontrent
Si Dominique Lafon réussit aujourd’hui si bien ses vins blancs de Bourgogne, c’est en partie parce que quelques chercheurs, au premier rang desquels le Bordelais Denis Dubourdieu ont su expliquer les mécanismes essentiels de la vinification des vins blancs. Récit d’une rencontre passionnante rythmée par quelques belles bouteilles…


www.bourgogneaujourdhui.com/bourgogne/n54


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Lun 14 Août 2017 07:55

Merci, Alex, pour ce lien.
J'ai toujours eu beaucoup de respect pour le Professeur Dubourdieu.
Dans ma jeunesse je buvais beaucoup de crus classés de Graves blancs et j'ai vu la métamorphose de certains après ses interventions: il suffisait de goûter les Carbonnieux d'avant et d'après 1986 pour s'en convaincre.
Je pense, de mémoire, que Denis Dubourdieu a apporté, en Bourgogne, ses conseils pour la vinification du Clos Blanc de Vougeot qui à mon avis a gagné en pureté à partir du 2008.
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 14 Août 2017 08:47

Thierry,

Dans le livre que je viens de finir, il est indiqué à la fin, que Denis Dubourdieu conseil également_ pour ne citer que la Bourgogne et ceux que je connais_ le Domaine Des Comtes Lafon et le Domaine Roulot.


Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Lun 14 Août 2017 09:15

Alex,

Je ne suis pas allocataire ni chez les Comtes Lafon ni chez Roulot.
Je bois donc rarement leurs 1ers Crus.
Par contre, j'ai en cave quelques bouteilles de Clos Blanc de Vougeot.

L'annonce du décès du Professeur Dubourdieu m'avait vraiment peiné.
http://www.lemonde.fr/disparitions/arti ... _3382.html
http://www.lepoint.fr/vin/denis-dubourd ... 46_581.php
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Laurent Saura » Lun 14 Août 2017 12:32

Bonjour à tous et merci à Alex pour son lien ;)

Denis Dubourdieu s'était inscrit sur le site,peu de temps après sa création.Je crois,modestement,que c'est après nos passages aux mois de mai à Bordeaux à l'Union des grands Crus,où nous dégustions ses vins avec son fils Fabrice et où nous buvions aussi un peu ses mots,qu'il s'était décidé à "sauter" le pas.

Monsieur Dubourdieu souhaitait,en s'inscrivant ici,prendre connaissance de l'avis d'amateurs,tout simplement,et c'était dans l'esprit,l'essentiel du message qu'il m'avait laissé en privé.

Ce grand homme au sourire malicieux,manque aujourd'hui à tous,et je pense à sa famille avec affection.

Merci Alex d'avoir édité ton lien,qui rappelle à chacun d'entre nous le souvenir d'un homme d'exception. :good:

Cordialement,

Laurent
BAREME DE NOTATION 19+ À 20:VIN MYTHIQUE 18+ À 19:VIN EXCEPTIONNEL 17+ À 18:TRÈS GRAND VIN 16+ À 17:GRAND VIN 15+ À 16:TRÈS BON VIN 13+ À 15:BON VIN 11+À 13:VIN MOYEN 10 À 11:VIN FAIBLE MOINS DE 10:VIN DÉFECTUEUX
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 14 Août 2017 12:57

Laurent,

En lisant ce livre, ce qui "transpire" de cet homme selon moi, c'est le plaisir qu'il avait à transmettre à ses élèves, l'envie qu'il avait d'ouvrir les esprits pour ne pas rester enfermé dans de vieilles croyances , encourager à réfléchir par soit même et à se faire confiance...tout cela avec bienveillance et humilité.

Même si tout ce qui touche à la biologie ou la chimie me semble très compliqué à comprendre, J'aurais aimé rencontrer cet homme et pouvoir échanger avec lui, tout simplement, sur le vin.

Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 16 Août 2017 10:42

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Jacky Rigaux : « L’œnologie contemporaine fait complétement fausse route avec les arômes ».
Formateur, écrivain, passionné par les terroirs, Jacky Rigaux est l’un des témoins privilégiés du « réveil des terroirs » selon l’expression qu’il a consacrée. Il revient, sans filtre, sur son sujet de prédilection et sur son approche atypique de la dégustation.





Nous nous sommes vus il y a quelques jours et vous me disiez avoir envie de pousser un coup de gueule. Qu’est-ce qui vous contrarie ?
En août dernier, je vois un tas de terre qui commence à monter sur la commune de Brochon dans le lieu-dit Les Evocelles (ndlr : en appellation Gevrey-Chambertin). Je m’approche et je vois des engins colossaux enlever la terre, broyer les cailloux, bref changer complétement le faciès du lieu. A partir du moment où l’on enlève la terre, on bouscule toute la vie microbienne, bactérienne. On égalise le sol. Il devient plus facile à travailler, c’est sûr, mais on anéantit toute vie. Claude et Lydia Bourguignon l’ont montré : 80% de la biomasse est sous nos pieds et contribue au fonctionnement de la plante. On sait que grâce aux microbes, les racines assimilent les minéraux. On sait aussi que les racines de la vigne sont capables d’aller chercher l’eau sous les laves situées au-dessus de la roche mère en cas de sécheresse. Ca me parait ahurissant qu’on n’ait pas ce respect. Je pensais qu’on ne pourrait plus faire cela.


Vous faites référence au classement des Climats au patrimoine mondial de l’Unesco ?
La notion de climat est un modèle universel de viticulture de terroir. Un climat c’est un lieu soigneusement délimité par l’homme et soigneusement travaillé. C’est un lieu que l’on respecte.


Vous avez connaissance d’un précédent sur ce sujet…
Le domaine Roty, dans les années 1990, a fait une intervention de ce type à Marsannay. Françoise Roty m’a ensuite dit : « On a eu tort. La vigne que l’on a plantée n’a jamais bien poussé. Elle est sujette aux maladies, les raisins pourrissent plus qu’ailleurs ».


Pourtant on sait que les terroirs bourguignons ont été largement modelés, modifiés par l’homme… Les murets, les meurgers en témoignent. Le fameux Cros Parantoux (premier cru de Vosne-Romanée), que vous connaissez bien, est aussi un exemple de terroir conquis par la main de l’homme.
Jusqu’à ce qu’existent les bulldozers, et tous ces engins, le travail de la vigne était réalisé à dimension humaine et non pas technologique. Certes on construit des murets, on enlève des pierres dans la vigne. Dans le Cros Parantoux, Henri Jayer (célèbre vigneron de Vosne-Romanée décédé en 2006) ne pouvait pas planter de piquets. Il a utilisé de la dynamite pour faire des trous et enfoncer les piquets dans certains endroits. Mais Henri a toujours respecté le fonctionnement naturel de son Climat.


Vous vous étonnez d’un manque de réaction devant ces travaux ?
Oui parce qu’on sait que la vie du sol est déterminante pour la plante. Mais on peut aussi très bien la nourrir artificiellement avec des engrais chimiques. La culture hors-sol, sous cloche, cela existe. Dans ce cas il faut mettre sur l’étiquette : vin issu de pratiques technologiques.


Difficile aujourd’hui de dissocier Jacky Rigaux d’Henri Jayer. On vous fait le reproche d’évoquer son nom de manière récurrente et systématique. Henri Jayer est-il vraiment le personnage central de que vous avez appelé le réveil des terroirs ?
Ça aurait pu être quelqu’un d’autre. Les avancées humaines se font par définition par des hommes. Il s’est trouvé qu’en Côte de Nuits, il n’y avait pas grand monde qui s’intéressait aux Climats, à une viticulture haute-couture. Henri Jayer ne voulait pas initialement être vigneron, c’est son père qu’il l’y a obligé. Heureusement pour lui, il était très curieux, intelligent. Il était le voisin de René Engel (ndlr : professeur d'œnologie à l'Université de Dijon). En 1942, René Engel lui a proposé de l’emmener à l’Université suivre des cours d’œnologie. Henri Jayer s’est trouvé être un des tout premiers « petit vigneron », pas plus de 6 hectares, compétent en œnologie, prenant conscience de ce qu’il faisait. Dans les années 1970, ce sont les petits vignerons qui ont sauvé la culture des Climats, qu’ils l’ont remise sur le devant de la scène. A l’époque, tous ceux qui avaient les moyens mettaient des engrais chimiques, des pesticides, des herbicides, etc. Henri avait conscience que l’on allait dans le mur. Il s’est trouvé être un des premiers écolos.


Un « écolo » qui s’ignorait…
Tout à fait. Moi j’étais un écolo de la première heure puisque j’ai eu la chance de connaitre René Dumont ou André Gorz (ndlr : précurseurs de l’écologie politique) qui prédisaient que l'agriculture allait dans le mur avec le tout chimique. Je me suis dit : je tiens mon gars qui accompagne ce retour aux bonnes pratiques viticoles, avec un intérêt pour le lieu, le Climat.


Y-a-t-il d’autres noms de vignerons illustrant cette démarche qui vous viennent à l’esprit ?
Bien-sûr ! Michel Gaunoux, Michel Lafarge en Côte de Beaune. Henri n’était pas le seul mais il s’est trouvé être le plus à même d’expliquer aux jeunes. C’est ce qui m’a passionné. Quand j’ai senti qu’Henri avait envie de transmettre, je lui ai fait rencontrer un tas de jeunes. Ces jeunes ont aujourd’hui la soixantaine et sont devenus l’élite de la Bourgogne. Henri a pris un énorme plaisir à transmettre. Il n’hésitait pas à sortir de vieilles bouteilles. Il m’a appris l’essentiel et j’aime bien dire d’où je tiens le savoir que j’ai aujourd’hui. Il m’a stimulé, et moi je pense l’avoir aidé à formuler davantage ses propos.


Vous continuez à boire ses vins ?
Je n’en ai plus beaucoup en cave. Une petite trentaine de bouteilles. A peine…


Vous m’avez raconté avoir bu quatre Richebourg 1959 d’Henri Jayer dans la même soirée. Certainement la cuite la plus chère du monde…
En 2000 j’étais avec Henri, Denis Mortet, Philippe Charlopin (tous deux vignerons de Gevrey-Chambertin) pour l’ouverture du « Caveau de l’an 2000 » à la maison Patriarche à Beaune (ndlr : de vieux millésimes mis sous clé en 1963). Le coffre était récalcitrant, il y avait eu des discours, Henri avait 80 ans, il avait mal aux genoux. Henri me regarde et me dit : « Dis donc Jacky, si on allait boire mon Richebourg 59. Je me retourne vers Charlopin et Mortet, ils me disent : « On y va pas, on y court ! ». Chez Henri, on déguste une première bouteille, il va chercher la deuxième comme c’est d’usage. On était tellement bien, la soirée était passionnante, je demande à Henri : « Est-ce qu’on peut en ouvrir une troisième ? » Une fois la troisième culbutée, Charlopin dit : « Le Jacky t’as réclamé la troisième et bien moi je vais te demander la quatrième ! ». Charlopin a beaucoup de coffre mais Denis et moi étions ivres. J’ai eu du mal à monter l’escalier chez moi…


Vous employez souvent en dégustation le terme « viscosité ». Pouvez-vous expliquer pourquoi ?
C’est la grande oubliée de l’œnologie moderne. Or, c’était la notion clé des Gourmets d’antan. Ils ne sentaient pas les vins, ils dégustaient à la tasse. L’outil physiologique majeur du Gourmet c’était la bouche. Là encore, c’est Henri qui m’a rappelé que le vin se grumait (ndlr : mâcher le vin en bouche en faisant de petites inspirations). Il active notre salivation. Plus le vin est grand, plus notre salivation est agréable, plus la sensation de viscosité est grande. Les huiles d’olive italiennes génèrent par exemple une viscosité extraordinaire. Je dis toujours : mettez en bouche et ne vous intéressez aux arômes qu’après. Ça marche d’ailleurs très bien avec les œnologues italiens qui connaissent les huiles d’olives.


Comment décrivez-vous la différence de viscosité entre un gevrey-chambertin, un chambolle-musigny, un pommard… ?
La viscosité est plus fine dans les très grands terroirs. Ils sont salivants. A Pommard, Les Epenots ou Les Rugiens sont les plus salivants. Le chambertin, le clos de Bèze, le griotte-chambertin, sont les vins les plus salivants de Gevrey. Le musigny, les bonnes mares, etc.


A quels constituants du vin liez-vous cette viscosité ?
La qualité des tannins, c’est évident ! Henri Jayer disait : moi je n’aime pas le tannin. Quand il disait cela, il évoquait les vins qui faute d’être issus de grands raisins conduisaient les vignerons à « taper » davantage dans la cuve pour faire ressortir un maximum de tannins. La thèse d’Henri était : le tannin diffuse tout seul. D’où sa formule : je laisse faire la nature. Bon, il bossait comme tout le monde mais il avait bien laissé faire la nature dans les vignes, ses raisins arrivaient mûrs. Il enlevait la rafle et faisait confiance aux tannins de la peau et du pépin. Son processus d’extraction commençait lors de macérations préfermentaires suivies d’une vinification sans heurts, avec quelques pigeages et remontages. D’où le secret de ses vins : bons jeunes, bon vieux.


Pour vous la nuance entre terroirs se ressent donc au niveau tactile, en bouche ?
Oui. Tout à fait. La dégustation géo-sensorielle met l’accent sur le touché de bouche.


C’est contraire à l’image que beaucoup de personnes se font de la dégustation, c’est-à-dire un exercice de description aromatique…
Maintenant c’est olfaction, olfaction, olfaction. Les arômes sont plutôt intéressants pour évaluer le vieillissement d’un vin. Les œnologues parlent d’arômes primaires, secondaires, tertiaires. La dimension aromatique des vins diffère selon leur avancée en âge. Certains évoluent plus vite que d’autres. Le grand cru évolue moins vite que le village. Selon les millésimes aussi.


Un village peut avoir autant d’intérêt aromatique qu’un grand cru selon vous ?
Oui. D’autant qu’un œnologue dispose de tous les moyens pour bidouiller les arômes. A commencer par l‘utilisation de levures industrielles. Le nez ne peut pas dire : ça c’est du synthétique et ça du naturel. On peut le tromper facilement et ça arrange bien l’industrie agroalimentaire. L’œnologie contemporaine fait complétement fausse route avec les arômes car elle postule que le nez est analytique. Or, les avancées récentes de la neurophysiologie démontrent le contraire. Le nez est synthétique. Logique : il y a autour de 50 ou 100 mille odeurs repérées. Notre nez ne peut qu’en traiter qu’une centaine. Proust a aussi compris empiriquement un autre phénomène avec sa madeleine : notre appareil olfactif se construit sur notre mémoire. Dès que l’on met le nez sur quelque chose, la mémoire est sollicitée.


Vous sautez donc directement l’étape du « nez » lorsque vous dégustez ?
Oui parce qu’en mobilisant directement notre cervelle sur les arômes on passe complétement à côté du touché de bouche. De toutes façons, une fois le vin en bouche vous avez la rétro-olfaction, vous n’êtes pas privé des arômes.


Vous souhaiteriez donc que soient remises davantage en avant les saveurs du vin ?
Oui, saveurs, la sapidité. Des termes parfois oubliés.


Un petit mot sur ces Gourmets auxquels vous faites référence ?
A partir du 12e siècle quand le commerce des vins se redéveloppe, une corporation de l’évaluation des vins naît. A la renaissance, les Gourmets sont reconnus comme incontournables. A Paris, ils expertisent les vins qui viennent de toute l’Europe. Ils attestent que ce qui est écrit sur le tonneau correspond bien à la réalité.


Les Rencontres Henri Jayer *, nées à votre initiative, ont fêtés leur 20e anniversaire cette année. Quels enseignements en tirez-vous ?
Ce sont des rencontres qui permettent des échanges entre des vignerons de Bourgogne et d’un peu partout. Il y a un thème chaque année et un vigneron illustre le thème en faisant déguster trois de ses vins. Les autres disent ce qu’ils en pensent. Par exemple Stéphane Derenoncourt (ndlr : œnologue conseil et producteur bordelais) a participé aux premières Rencontres en 2000. Il a été beaucoup influencé par Henri Jayer. Il est devenu une grande vedette bordelaise. Il a un portrait d’Henri dans son bureau.


Vous vous définissez comme un passeur ?
Oui, absolument. Pour cela je repère les talents. J’ai toujours été doué pour ça.


www.allaboutburgundy.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 16 Août 2017 13:14

Alex,

L'article commence par les travaux sur les Evocelles.
Je te répondais ce Week-End que j'avais acheté deux magnums des Evocelles en Foule 2014, dernier millésime produit, quand j'ai appris que la Vougeraie supprimait cette cuvée pour avoir une vigne plus facile à travailler.
Il y avait, à mon humble avis, une différence qualitative notable entre les Evocelles et les Evocelles en Foule...
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 19 Août 2017 21:26

.
Le Languedoc connaît une vendange 2017 historiquement basse
Alors que les vendangeuses tournent à plein régime dans les vignes du Languedoc-Roussillon, les premières estimations de récoltes tombent. Le volume attendu est très bas.






11.08 millions d’hl : c’est la dernière estimation du volume de la vendange 2017 en Languedoc-Roussillon réalisée par Coop de France LR à fin juillet. Dans l’Aude, l’Hérault et le Gard, les volumes sont en retrait de 20 à 30 % tandis qu’ils sont en hausse en Roussillon (+ 130 000 hl). Département qui souffre le plus, l’Hérault perd 800 000 d’hl de vendange par rapport à la moyenne quinquennale. L’Aude est en recul de 600 000 hl et le Gard passe sous la barre des 3 millions d’hl.

Peu de grappes par pied

Alors que les vendanges ont commencé depuis une dizaine de jours, c’est donc la douche froide. Si une baisse était attendue, elle n’était pas de cette ampleur. Le volume est historiquement faible. La région languedocienne a souffert à la fois du gel, mais aussi du stress hydrique, de la coulure et… d’une petite sortie de grappes. « Il y a peu de grappes par pieds » constatent unanimement de nombreux coopérateurs. Dans certains secteurs, le poids des grappes rouges est faible, avec peu de jus.

Et certains estiment que les prévisions de Coop de France LR sont optimistes. « Je pense que l’on sera plutôt autour des 10.5 millions d’hl » indique Guilhem Vigroux, président de la FDSEA de l’Hérault. Une analyse partagée par Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer et coopérateur héraultais. Les Jeunes Agriculteurs (JA) du Gard annoncent, dans leur département, une baisse de 30 à 50 % sur le chardonnay et de 30 % sur le viognier. En revanche, la récolte serait normale en sauvignon, toujours d’après les JA. « Le chardonnay semble avoir moins supporté la sécheresse que le sauvignon » indique Delphine Fernandez, secrétaire générale du syndicat. Reste que ces prévisions sont suspendues à la météo : des orages et de la pluie annoncés pour le 24 août pourrait atténuer la baisse des rendements en jus (si ces évènements ne sont pas trop violents…).

Un sujet de rentrée

Alors qu’il doit annoncer les chiffres officiels de récolte le 25 août prochain, Jérôme Despey explique qu’il a sollicité une rencontre avec le ministre à la rentrée et a déjà fait part de son inquiétude auprès du cabinet. De cette rencontre ministérielle, il attend une réponse sur l’exonération de la TFNB et des charges sociales, sollicitées par responsables professionnels, pour les exploitations touchées par le gel. Il demande également à ce que la viticulture puisse bénéficier d’un plan de refinancement qui a été mis en place par les éleveurs. « Au-delà de l’aspect financier, je souhaite que nous travaillions avec le ministre sur les éléments de marchés, notamment les relations avec la distribution. Pour cela, les États généraux de l'alimentation tombent à point nommé. Il est également nécessaire de traiter de la contractualisation avec des accords interprofessionnels de contractualisation soient passés. Et cela pour toutes les catégories de vin ». Un avis partagé par Guilhem Vigroux qui insiste : « la contractualisation est impérative pour qu’il y ait un climat serein en Languedoc-Roussillon ».

Montera ou se maintiendra ?

Comment vont s’orienter les prix des vins ? C’est la grande question. Les metteurs en marché, conscients de la baisse de disponibilité, commenceraient à prendre contact avec les caves avec un message : l’alignement des prix sur ceux de la précédente campagne. Mais certains auraient concéder une légère hausse de quelques euros. Pour Jérôme Despey, « il n’y a aucune raison pour que les prix n’augmentent pas. Les 3 à 5 euros/il qui ont été perdus l’an dernier, devraient être récupérés », fondant sa prévision sur la faiblesse historique de la disponibilité nationale et celle européenne. « Par ailleurs, les importations sont en recul cette année, se maintenant sous la barre de 7 millions hl » ajoute Jérôme Despey. Enfin, la qualité de la vendange pourrait également jouer sur la fixation du prix. De nombreux producteurs faisant écho d’une qualité exceptionnelle et d’un millésime qui pourrait marquer l’histoire des vins du Languedoc.

Problèmes d’approvisionnements ?

Cette faiblesse de la vendange française et européenne peut questionner sur les disponibilités. Dans le cas précis du Languedoc, il n’y aurait pas de problème de disponibilités, vu la commercialisation plutôt languissante de la précédente campagne. Les stocks sont à la hausse (l'estimation devrait être précisée le 25 août). De quoi conduire Jérôme Despey à marteler : « que l’on ne vienne pas me dire qu’il y a des problèmes de disponibilité ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 19 Août 2017 21:31

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Face au gel 2017
Comment acheter de la vendange ?

En Beaujolais et dans toutes les régions touchées par le gel, l'achat de vendange permet de palier à la baisse de volume,... dans une certaine mesure !

L’arrêté définissant les conditions dans lesquelles les producteurs touchés par les gels peuvent acheter de la vendange est paru le 12 août au journal officiel. Quelles sont les obligations ?





1 Ton adresse, tu regarderas

Pour pouvoir bénéficier du droit d’acheter de la vendange, l'exploitant doit vérifier que son exploitation est bien située dans l’aire de production définie par arrêté préfectoral comme ayant été touchée par un phénomène climatique défavorable ayant entraîné des pertes de récolte.



2 Ta calculette, tu utiliseras

La législation fixe le volume limite d’achat de vendange. Après incorporation des vendanges achetées, le volume produit ne doit pas dépasser 80 % de la moyenne quinquennale produite par le domaine.


3 Ta traçabilité, tu vérifieras

Les achats de vendange doivent pouvoir être contrôlés par l’administration. Ils doivent figurer de manière individualisée sur la déclaration de récolte et apparaître dans le registre viticole.


4 La carte d’identité des raisins, tu auras

Le déplacement des raisins n’est autorisé que s’il est assorti des documents d’accompagnement légaux, validés et portant la mention de l’indication géographique.




Et pour ceux qui ne sont pas dans les zones sinistrées ?

Pour toutes les entreprises qui ne sont pas situées dans les zones définies légalement par le préfet comme ayant été touché par un phénomène climatique défavorable, il est possible d’acheter jusqu’à 5 % de la production de la vendange en cours. Ce chiffre s’entend par couleur et par appellation.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 19 Août 2017 21:35

3 Ta traçabilité, tu vérifieras

Les achats de vendange doivent pouvoir être contrôlés par l’administration. Ils doivent figurer de manière individualisée sur la déclaration de récolte et apparaître dans le registre viticole.



Et pour le consommateur ?
Une indication sur l'étiquette de la bouteille aurait peut être été une bonne idée, non ?

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 19 Août 2017 21:40

.
Face aux dégâts climatiques
L’achat de vendange en toute discrétion
Dans les régions sinistrées par le gel ou la grêle, les vignerons pourront à nouveau acheter de la vendange cette année, tout en conservant le bénéfice de la capsule récoltant. Mais l’administration les informera discrètement des modalités de cette dérogation.




Cette année, les vignerons touchés par des sinistres climatiques devraient bien pouvoir acheter de la vendange, tout en conservant le statut de récoltant comme par le passé. Mais l’administration en informera les concernés lors de réunions dans les régions sinistrées, sans publier de texte officiel.

En effet, les bases juridiques de cette pratique sont devenues incertaines depuis l’annulation par le Conseil d’État, en avril 2015, d’une note du ministère de l’Agriculture et d’une instruction des Douanes autorisant ces achats. Une annulation prononcée à la demande du négoce.

Selon nos informations, la direction générale des Douanes et le ministère de l’Agriculture ont diffusé à leurs services, vendredi 8 juillet, une note expliquant à quelles conditions les vignerons sinistrés peuvent acheter de la vendange.


Ces achats sont une sorte de parenthèse


Comme par le passé, les volumes achetés ajoutés à la récolte propre d’un viticulteur ne peuvent pas dépasser 80 % de sa récolte moyenne. Ces vendanges devront provenir des appellations qu’il revendique habituellement et avoir été produites dans la limite des rendements autorisés.

Bien entendu, tous ces achats devront être enregistrés dans la comptabilité matière du récoltant.


La vendange achetée ne pourra pas être vendue sous l’étiquette de l’acheteur, en revanche les bouteilles pourront bien porter la capsule récoltant. « Ces achats sont une sorte de parenthèse. Ils permettent aux viticulteurs sinistrés de continuer à vendre du vin considéré comme étant de leur production. Vous achetez à quelqu’un dont le métier est récoltant », explique un observateur.


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Dernière édition par Lalex le Dim 20 Août 2017 20:02, édité 1 fois au total.
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Sam 19 Août 2017 22:18

Merci pour ces liens, Alex.
C'est très intéressant et très instructif.

Bonne nuit,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 20 Août 2017 17:39

.
En Italie, le vignoble de Gattinara sublime le nebbiolo
Si la Toscane est comparée à Bordeaux, le Piémont est bourguignon. Le cépage nebbiolo y trouve ses lettres de noblesse. Le Barolo et le Barbaresco sont des appellations de renom, mais au nord du Piémont se nichent de petites merveilles moins connues, dont Gattinara.





L'APPELLATION GATTINARA

Gattinara
(105 ha) est une DOCG (Denominazione di Origine Controllata e Garantita) depuis 1990. Elle se confond avec l'aire de la municipalité de Gattinara, dans la province de Vercelli. Le vignoble se situe sur un ensemble de collines entre 250 et 550 mètres d'altitude.

Il existe deux typologies de vin, le Gattinara DOCG et le Gattinara DOCG Riserva. Le premier doit vieillir 35 mois (dont 24 sous bois). Pour le Riserva, la durée est de 47 mois (dont 36 sous bois).


LE CÉPAGE DE GATTINARA

Nous pourrions comparer Gattinara à une appellation communale en Bourgogne. On distingue 20 crus (vigneti en italien) à Gattinara, dont les plus connus sont Castelle, Osso San Grato, San Francesco, Molsino et Valferrana.

Le cépage de Gattinara est le nebbiolo, appelé localement spanna. Le cahier des charges de l'appellation impose un assemblage minimal de 90 % de nebbiolo, mais la plupart des producteurs l'utilisent à 100 %. Il possède un cycle végétatif long et nécessite un terroir et climat particulier, qui le rend peu apte à être cultivé en-dehors du Piémont.

TERROIR ET CLIMAT

L'appellation est un ancien cratère volcanique qui s'étend au pied du Monte Rosa. Le terrain est acide (contrairement à la majorité des vignobles qui sont basiques), riche en granit, porphyre et minéraux de fer, qui donnent au sol cette couleur rougeâtre typique.

Les étés sont chauds, les écarts de températures diurnes et nocturnes importants, la fin de saison magnifique et les précipitations abondantes (1.005 mm annuels).

LES CARACTÉRISTIQUES DES VINS DE GATTINARA

Dans le Piémont, le nebbiolo donne parmi les plus grands vins du monde, avec les appellations Barolo et Barbaresco. Le nebbiolo donne des vins structurés, tanniques, puissants et d'une extrême élégance. À Gattinara, les vins sont caractérisés par des tannins plus souples, une très grande fraicheur et minéralité, que les Italiens synthétisent en bevibilità (buvabilité) !

LE VIEILLISSEMENT

Le Gattinara DOCG, comme on l'a vu, doit vieillir dans des contenants de bois. Cela ne signifie pas que les vins soient boisés au sens où nous l'entendrions. Les producteurs privilégient les grands contenants (botti grandi, ou foudres de plusieurs dizaines d'hectolitres) ainsi que les demi-muids (500 litres).

Peu de barriques bordelaises (225 litres) ou bourguignonnes (228 litres), très rarement des fûts neufs. Le vieillissement (avec ouillage) sous bois permet une lente micro-oxygénation des vins. Il affine les tannins et rend les vins aptes à de très longues gardes.


TEMPÉRATURE DE SERVICE ET ACCORDS

Les vins de Gattinara doivent être servis à 16°C, comme de grands bourgognes. Ils sa marient avec des viandes rouges, rôties, braisées ou cuites à l'étuvée, tous les types de gibiers et des plats traditionnels comme un filet aux morilles ou un coq au vin.


LES DOMAINES EMBLÉMATIQUES DE GATTINARA

Nous avons visité les trois domaines emblématiques de Gattinara : Travaglini, Nervi et Antoniolo. Ces domaines totalisent environ 95 % de l'appellation.



Domaine Travaglini

Sous la houlette de Cinzia Travaglini (propriétaire) et son mari Massimo Collauto (œnologue), le domaine Travaglini représente 55 % de la production de l'appellation avec 59 ha (+ 49 ha location hors Gattinara). Les projets du couple abondent. la cave a été entièrement rénovée, et deux nouvelles cuvées ont fait leur apparition au domaine, "Nebolé" (vinification en blanc et champagnisation du nebbiolo), et "Sogno" (fermentation nebbiolos surmûris, à l'instar d'un Sfurzat della Valtellina ou d'un Amarone della Valpolicella). La bouteille "au cou tordu" est la signature du domaine.

Travaglini ne vinifie pas de crus, mais du Gattinara riserva. Le domaine a été fondé en 1958 et produit chaque année 250.000 bouteilles.
•À recommander : Gattinara 2012 (18,50 euros, 16/20), Gattinara Riserva 2012 (28 euros, 17/20). À goûter absolument, le Gattinara Tre Vigne 2011 (27 euros, 18/20), un assemblage de trois crus historiques (entre 290m et 470 m d'altitude), vieillissement 20 % en barriques bordelaises et 80 % en barriques botti grandi. Extrême complexité gusto-olfactive et tannins soyeux, longue persistance.



Domaine Nervi

Les propriétaires norvégiens de la plus vieille cantina de Gattinara laissent pleine latitude aux équipes locales. Nervi réalise un projet champagnisation en rosé du nebbiolo, une cuvée appelé Jefferson. Les propriétaires couvent également un nebbiolo rosé dont la production explose (45.000 bouteilles à ce jour sur des achats de raisin). Nervi ne vinifie pas du Gattinara riserva, mais des crus.

Le domaine Nervi a été fondé en 1906. La propriété totalise 24,5 hectares de vignes, pour une production annuelle de 110.000 bouteilles. Œnologue : Enrico Fileppo.
•À recommander : Molsino 2012 (50 euros, 18/20), Valferana 2013 (38 euros, 17/20). À recommander absolument, la cuvée Gattinara 2012 (19 euros, 19/20). L'année 2012 a été particulière, le cru Valferana n'a pas été produit et fut assemblé dans le Gattinara : intense, complexe et extrêmement soyeux ! Une aubaine.



Domaine Antoniolo

L'azienda la plus petite de notre sélection est aussi celle qui se démarque par un projet très moderne, sous la conduite des frère et sœur Alberto et Lorella. La vinification s'effectue en cuves de ciment sans contrôle de la température, sans levurage exogène et peu de sulfitage (50 mg/l) . Antoniolo ne vinifie pas du Gattinara riserva mais des crus.

Le domaine Antoniolo a été fondé en 1948. Il possède 15 hectares de vignes pour une production de 55.000 bouteilles. Œnologue : Alberto Zoppis Antoniolo.
•À recommander : Gattinara 2012 (25 euros, 17/20). Gattinara Le Castelle 2012 (50 euros, 17/20). À recommander absolument : Gattinara Osso San Grato 2012 (50 euros, 19/20). Uniquement des vieillissements en botti grandi, tannins fins et puissants, très grande persistance (12 secondes), tendu et austère !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 20 Août 2017 17:46

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À Ghemme, le nebbiolo authentique du haut-Piémont
Le haut-Piémont, "alto Piemonte" comme disent les Italiens, est l'une des régions les plus intéressantes pour ses vins rouges. Deux super-appellations, Gattinara et Ghemme, tirent la région vers le haut. Le cépage nebbiolo y est vinifié tout en élégance et finesse.





Ghemme est une DOCG (Denominazione di Origine Controllata e Garantita) de 56 hectares. Elle a fêté ses 20 ans en 2017, mais l'appellation (DOC) fut créée en 1969. Elle se situe sur la commune homonyme et celle de Romagnano Sesia, dans la province de Novarra.

Le vignoble doit, par décret, se situer entre 220 et 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il existe deux typologies de vin, le Ghemme DOCG et le Ghemme DOCG Riserva. Le premier doit vieillir 34 mois (dont 18 sous bois). Pour le Riserva, la durée est de 46 mois, dont 24 sous bois.

LE NEBBIOLO

Ghemme est une appellation communale, comme on en trouverait en Bourgogne. Le cépage de Ghemme est le nebbiolo, appelé localement spanna.

Le cahier des charges de l'appellation impose un assemblage minimal de 85 % de nebbiolo, complété de Vespolina e Uva Rara (maximum 15 %) qui apporte couleur et structure tannique. À Ghemme, contrairement à Gattinara (lire l'article : Le vignoble de Gattinara sublime le nebbiolo), l'utilisation des cépages d'appoint est généralisée.

TERROIR ET CLIMAT

L'appellation accueille, à l'identique de sa voisine Gattinara, un ancien super volcan nommé Sesia, au pied du Monte Rosa. Tout en conservant une caractéristique acide, à la différence de la plupart des vignobles qui ont des sols basiques, le terrain y est plus argileux, moins volcanique, constitué de moraines glaciaires.

Les étés sont chauds, les écarts de températures diurnes et nocturnes importants, la fin de saison ensoleillée. Un fait important, car le nebbiolo a un cycle végétatif très long. Les précipitations, elles, sont abondantes (1.011 mm annuels).

LES CARACTÉRISTIQUES DES VINS DE GHEMME

L'écrivain et réalisateur Mauro Soldati disait du Ghemme qu'il s'agisssait d'un "Gattinara plus épais, plus sombre, plus violent, mais peut-être plus authentique." Les vins de Ghemme sont plus austères, moins urbanisés que ceux de Gattinara.

Ils conservent une caractéristique acide et poivrée, notamment grâce aux cépages d'appoint. La Vespolina fournit le rotundone (molécule responsable des arômes poivrés de la Syrah notamment) complétant arôme et structure.

Le Ghemme DOCG, comme on l'a vu, doit vieillir dans des contenants de bois. Le vieillissement se déroule, la plupart du temps, dans de grands récipients (botti grandi, ou foudres de plusieurs dizaines d'hectolitres) et parfois des demi-muids (500 litres).

Peu de barriques, très rarement des fûts neufs. Le vieillissement (avec ouillage) sous bois permet une lente micro-oxygénation des vins. Il affine les tannins et rend les vins aptes à de longues gardes.

TEMPÉRATURE DE SERVICE ET ACCORDS

Les vins de Ghemme doivent être servis à maximum 16°C, comme de grands bourgognes, on peut même les servir un peu plus frais. Ils se marient avec des escargots, risottos, légumes grillés, pâtes aux truffes, gibier (sanglier ou bécasse), viandes en daube accompagnées d'une bonne polenta.

LES DOMAINES EMBLÉMATIQUES DE GHEMME

Nous avons visité trois domaines emblématiques de Ghemme : Antichi Vingeti Cantalupo, Torraccia del Piantavigna et Rovellotti dans l'ancien château de Ghemme. La dégustation a été complétée par deux vignobles du haut-Piémont, soit le très prometteur Francesco Brigatti a Suno (qui produit aussi du Ghemme) et la cantine Sella à Lessona.



Antichi Vigneti Cantalupo à Ghemme

Alberto Arlunno est intarissable sur la région, l'origine du super-volcan Sesia et les liens entre les vins de Ghemme et la Bourgogne qu'il affectionne par dessus tout. L'azienda produit deux crus Collis Carellae et Collis Breclemae, dont le deuxième compte parmi les vins les plus fins de la région. Les vins sont denses et structurés avec une très longue persistance gusto-olfactive.
Domaine fondé en 1977, possède 35 hectares et produit 200.000 bouteilles. Oenologue : Donato Lanati.
•À recommander : Ghemme Collis Breclemae 2007 (19/20, 39 euros). Alberto Arlunno veut montrer que Ghemme produit des très grands vins. Pari réussi ! On notera également le Collis Carellae 2010 très délicat (35 euros, 18/20) et le Ghemme 2010, une aubaine (17/20, 23 euros), vin fin et élégant, au nez envoutant.



Torraccia del Piantavigna à Ghemme

Alessandro Francoli (distillerie de Grappa bien connue) a créé en 1997 le domaine en hommage à son grand-père, qui avait planté quelques arpents de vigne. Les vins sont vinifiés dans un style plus moderne sans renier à la tradition. La famille Ponti est entrée au capital de la société, ce qui pourrait être un trait d'humour élégant (Ponti étant les propriétaires des vinaigres du même nom) avec un distillateur et un vinaigrier à la tête d'un domaine vinicole. Alessandro Francoli assure calmement et sobrement une montée en puissance exceptionnelle de ses vins !
Domaine fondé en 1997, 35 hectares, 150.000 bouteilles. Oenologue : Beppe Caviola.
•À recommander : Ghemme 2007 (18/20, 28,80 euros), très longue persistance et sapidité en finale ; Ghemme 2011 (18/20, 19,90 euros), couleur de pinot noir, très belle buvabilité; Ghemme Pelizane 2010, nebbiolo à 100 %, une explosion de saveurs en bouche ! (19/20, 39,80 euros). Le vin rosé est exceptionnel, à l'aveugle il vaut un très grand rosé de Provence.



Rovellotti à Ghemme

Antonello Rovellotti est un personnage. Il défend sa patrie Novarra et le vin de Ghemme avec passion. Le domaine est situé au cœur de la ville de Ghemme, dans l'ancienne place forte, qui servait de refuge aux habitants quand passaient barbares ou brigands.
Domaine fondé en 1972, 18 hectares (+ 4 hectares en location), 50.000 bouteilles produites. Oenologue : Mario Ronco.
•À recommander : Ghemme 2009 Chioso dei Pomi (17,5/20, 25 euros), nez intense et puissant, fruité et floréal, arrière-goût de réglisse. Dans un style plus concentré, mais pas moins élégant, le Ghemme riserva Costa del Salmino 2009.



Francesco Brigatti à Suno

Ce domaine familial est à retenir ! Francesco Brigatti produit des vins d'une classe extraordinaire. La cuvée Motziflon (le chant des oiseaux) est la cuvée phare du domaine, un nebbiolo tout en finesse dont on ne se lasse pas ! Le domaine produit également des vespolina et uva rara en mono-cépage, de vrais bijoux.
Domaine fondé en 1920, 6 hectares (+ 1 en location), 20.000 bouteilles. Oenologue : Francesco Brigatti.
•À recommander : Ghemme 2011 (19,5/20, 19 euros), une vinification en cuve béton, pas de remontages, un vieillissement 24 mois dans de grands contenants. Un vin structuré, austère et très élégant ; Motziflon 2013 (Colline Novaresi, 2013, 17,5/20, 11 euros), possède une très belle acidité qui tient le vin sur une longue persistance.



Cantine Sella à Lessona

La Cantine Sella est située à Lessona, et appartient à une ancienne famille de la région (la banque Sella, c'est eux !). L'oenologue, Paolo Benassi, a fait ses armes dans la Maremma, en Toscane du Sud. Le voilà à la tête d'une des plus belles caves du haut-Piémont. La petite appellation Lessona (6 hectares, même encépagement que Ghemme) a des airs de famille avec la célèbre voisine. La voici regroupée dans la dégustation.
Azienda fondée en 1671, 17 hectares, 80.000 bouteilles. Oenologue : Paolo Benassi.
•À recommander : Le Lessona 2011 qui garde une très belle fraicheur malgré une année chaude (17/20, 24 euros) ; San Sebastiano allo zoppo (Lessona 2009, 18/20, 40 euros), une sélection parcellaire (vigneto) pour un vin très complexe ; à noter la version haut de gamme, Omaggio a Quintino Sella, en l'honneur du patriarche qui aurait refusé de trinquer au champagne après l'unification d'Italie, lui préférant le vin de sa région.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 20 Août 2017 18:03

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Suisse : un client débourse 8.700 euros pour un verre de whisky Macallan
Un Chinois, de passage à Saint-Moritz (nord-est), une station de sports d'hiver suisse ultra-chic, a déboursé 9.999 CHF (8.733 euros) pour déguster un verre de whisky, un Macallan millésimé 1878. Heureusement, celui-ci a semblé satisfait.



L'hôtel suisse a confirmé qu'un client Chinois, amateur de whisky, était venu au bar de l'hôtel, inscrit dans le Guinness Book des records pour sa collection sans équivalent de whiskys. Il a demandé à déguster un verre de whisky Macallanmillésimé 1878, et a déboursé pour cela... 9.999 CHF, soit 8.733 euros.

Le bar du Waldhaus Hotel propose quelque 2.500 sortes de whiskys, dont les prix varient entre 7 CHF et 9.999 CHF pour une dose de 2 centilitres.

LE WHISKY PRÉFÉRÉ DE JAMES BOND

Le Macallan est connu comme étant le whisky préféré de James Bond, et la bouteille, qui reposait dans la cave de l'hôtel, a été débouchonnée exprès pour ce client amateur. Ce whisky a été conservé 27 ans en fût et mis en bouteille en 1905.

Le client a apparemment été satisfait de sa dégustation. Selon la direction de l'hôtel, il n'aurait jamais pensé qu'un whisky aussi âgé soit aussi bon qu'un Macallan plus récent.

Par curiosité, le patron de l'hôtel a dégusté une goutte de ce whisky. "Au nez, il a la senteur d'un vieux cognac, avec des notes de Porto, il fond sur la langue, avant de dégager les notes sucrées laissées par le fût", a déclaré Sandro Bernasconi, le patron de l'hôtel.

UNE BOUTEILLE ESTIMÉE À 43 670 EUROS

La valeur de la bouteille, avant qu'elle ne soit ouverte, était estimée à 50.000 CHF (43.670 euros). "Le fait que nous ayons ouvert la bouteille ne signifie pas pour autant que nous avons perdu de l'argent", a indiqué le patron de l'hôtel, qui espère encore servir 3 à 5 verres pour entrer dans ses frais.

Une fois ouverte, la bouteille de whisky perd de sa qualité, en raison de l'oxygénation, et par conséquent de sa valeur. La durée de conservation d'une bouteille ouverte varie entre 5 et 10 ans.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Dim 20 Août 2017 19:54

Bonsoir, Alex,

A côté d'un dernier article qui me consterne, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt tes liens vers Gattinara et Ghemme.
Tu m'as permis d'apprendre des choses intéressantes.

Merci et
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 20 Août 2017 19:59

A côté d'un dernier article qui me consterne...


Thierry,

J'essaie de regarder le coté positif des choses.
Après avoir lu cet article, je me suis dit que 100€ pour un grand Bourgogne, après tout, ce n'est pas si cher que cela...! :D :cheers: ;)

Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Dim 20 Août 2017 20:27

Alex,

Il y a des moments où les choses deviennent totalement indécentes, à mon avis.

Pour mes 54 ans ma femme m'a invité à l'Enoteca Pinchiorri à Florence.
Ce trois étoiles Michelin a une des plus belles cavec du monde: 300 000 bouteilles.
En raison du prix des bouteilles, nous avons dû nous contenter d'une sélection de vins au verre, mais le sommelier, heureux de tomber sur un passionné, nous a fait visiter la cave. Il m'a fait tenir dans mes bras la bouteille la plus chère: un double magnum de Romanée-Conti 1945 N°0 à 300 000 € (c'était en 2007). J'étais stressé par la peur de faire tomber celui-ci ;)
A la table voisine, un couple d'américains et leurs deux enfants en bas âge ont pris pour 24 000 € de vin, nous a dit le sommelier.
Cela nous a semblé indécent, mais tout est relatif, de nombreux français peu favorisés ne sont pas choqués par le salaire d'un joueur de foot mais il vont hurler au scandale face à celui d'un PDG...

Voici la liste des verres bus à cette occasion:
"Thierry Debaisieux a répondu au sujet : Re: Enoteca Pinchiorri
Merci pour ce beau reportage qui me rappelle un bon souvenir
Voici le copié/collé de mon post de l'époque:
Re: Sassicaia et quelques autres grands Italiens à Douai... puis en Toscane.
lundi 09 avril 2007 22:17:29
A l'Enoteca Pinchiorri,
le *** Michelin qui passe pour avoir la plus belle cave au monde et que j'ai pu visiter:
Une sélection de vins au verre du brillant sommelier, Fabio Masi:
-Vernaccia 2004 Falchini:
un vin évoquant lamarsanne en plus acide...
-Ca Martina 2001 Querciabella:
un vin tannique... Sa puissance surprend un peu.
-Montesodi 2000 Frescobaldi:
un vin concentré lui aussi, mais plus élégant.
-Cortaccio 1999 Villa Cafaggio:
on arrive au grand vin, riche en fruits noirs, aux tannins fins, superbe d'équilibre et de longueur.
-Guado al Tasso 1997 Antinori:
Très beau vin élégant et dense, aux saveurs de fruits noirs, de cuir et de boite à cigares, aux tannins soyeux, donnant une impression veloutée en bouche et très long.
- Redigaffi 1996 Tua Rita:
Superbe fin de série: un vin qui s'impose par sa concentration et son équilibre. Il laisse une impression de profondeur et de charme...
-Vin San Guisto 1998 San Guisto a Retennano:
Très beau vin de dessert offert par F. Masi"


En savoir plus sur http://lapassionduvin.com/forum/le-vin- ... rri#313707#4OjwWUw0m6mwtwF5.99
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 24 Août 2017 12:36

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Vendanges 2017 : l'affaire se présente très bien !
En Bourgogne et dans le Beaujolais, l'affaire se présente très bien pour le millésime 2017 ! Les vendanges devraient vraiment commencer la semaine prochaine
pour les crémants, mais aussi dans les zones précoces pour les vins tranquilles.





Tous les pieds de vigne ne présentent pas l'aspect presque parfait de ces beaux raisins de pinot noir photographiés il y a deux jours en beaune premier cru les Grèves, mais l'affaire se présente néanmoins très bien pour le millésime 2017, en Bourgogne comme dans le Beaujolais. Pour être franc, nous ne voyons pas très bien ce qui aujourd'hui, à la veille des vendanges, avec des prévisions météo favorables jusqu'à la fin août au moins, au vu de l'état sanitaire des raisins, ce qui pourrait empêcher le millésime 2017 d'être au minimum excellent, voire très grand si tout continue de bien se passer.

Dans les deux régions, les maturités progressent à un rythme très soutenu et assez comparable de l'ordre d'un quart de degré par jour, soit plus de 1,5 degré par semaine.

En Bourgogne, le cépage pinot noir est en avance sur le chardonnay pour différentes raisons : récolte plus abondante en chardonnay, mais aussi des blocages de maturité liés à la sécheresse dans le nord du Mâconnais (71) et un retard dans une partie du vignoble de Chablis (89) ou le gel a sévi au printemps. Précisons qu'il s'agit là de moyennes, puisque dans certains secteurs du sud du Mâconnais, comme en appellation Saint-Véran, on atteint déjà les 200 grammes de sucre par litre, soit un peu plus de 12 degrés naturels, et les vendanges vont débuter dans les prochains jours.

En pinot noir, la moyenne de maturité constatée lundi dernier par Christine Monamy (responsable agro-météo à l'interprofession) sur son réseau de parcelles de référence (35 au total tous cépages confondus) réparties sur toute la Bourgogne donne 174 grammes de sucre en moyenne, soit environ 10 degrés potentiels ; précisons que dans certains secteurs précoces comme à Givry (Côte Chalonnaise - 71), Beaune ou encore Volnay (Côte de Beaune - 21) on est déjà largement au-dessus des 11 degrés et les vendanges vont commencer fin août, début septembre.

Le Beaujolais est classiquement en avance sur la Bourgogne de quelques jours et des vendangeurs ont même été repérés dans les vignes le week-end dernier essentiellement pour couper des raisins destinés à la production de crémant de Bourgogne. Mais le coeur de la région, c'est le gamay et il convient de distinguer zones grêlées et non grêlées. Dans les premières (beaujolais et beaujolais-villages du sud de la région), crus Brouilly et Côte de Brouilly, Juliénas et Saint-Amour, le millésime s'annonce superbe et avec de petits rendements (liés à la sécheresse exceptionnelle qui sévi depuis un an) qui préfigurent des vins très concentrés. Dans les zones grêlées où il reste une récolte digne de ce nom, la vigne a pris un peu de retard, 4 jours en moyenne sur les secteurs épargnés par les deux orages de début et fin juillet.

Dans son réseau de 190 parcelles de référence en gamay, Florence Hertaut de la chambre d'agriculture du Rhône a relevé lundi dernier un degré moyen de 11 en gamay, mais avec déjà des pointes à plus de 12, voire proches de 13 degrés en zones précoces où les vendanges ne vont plus tarder. Précisons enfin que le chardonnay a été moins perturbé par la sécheresse et il en avance de 3 ou 4 jours sur le gamay.

Christophe Tupinier


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