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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar KARLITOUXXX » Lun 3 FĂ©v 2020 20:19

Bonsoir,

Ceci me fait penser au cognac.
Les belles cuvées des grandes maisons sont très chères.

Cordialement
Karl
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar alex73 » Lun 3 FĂ©v 2020 22:06

Je pense qu'on est là dans un monde complètement différent. Le bling bling des bars est à l'opposé de ce que les vrais amateurs recherchent. Mais il est vrai que probablement nous ne représentons qu'une très petite part de marché (< 1%). Comme Thierry, j'ai progressivement abandonné les achats des champagnes des grandes marques avant tout parce qu'ils sont sur-dosés à mon goût. Même si je reconnais qu'il y en a bien sûr d'excellents, je préfère donc les champagnes de (bons) propriétaires. Car malheureusement ce n'est parce que on est RM que l'on fait du bon champagne! Mais grâce à BDE et à de bons cavistes on arrive a trouver d'excellentes bouteilles à des prix "normaux", du moins pour ma bourse...
Bonne nuit.
Alexis
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 5 FĂ©v 2020 13:15

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Les producteurs de Bourgogne en Beaujolais se défendent
Suite aux nombreuses plaintes et arguments défendus ces derniers jours dans les médias par les bourguignons à propos du projet de délimitation de l'AOC Bourgogne, l'Association des producteurs de Bourgogne sur le territoire du Beaujolais (APBB) a décidé, à son tour, de réagir.



La filière bourguignonne s’offusque, entre-autres, de la décision de l’INAO de proposer de conserver dans la zone de production des communes du territoire Beaujolais. En réponse, les producteurs de l'appellation Bourgogne sur le territoire du Beaujolais, représentés par l'APBB, rappellent dans un communiqué « l'appartenance historique du Beaujolais à la « grande Bourgogne viticole », qui ne doit pas être confondue avec la région administrative : « Le jugement du 29 avril 1930 qui en avait consacré les principes, définit la Bourgogne viticole comme composée des départements de l’Yonne, de la Côte d’Or, de la Saône-et-Loire et de l’arrondissement de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône, le Beaujolais figurant historiquement comme un vignoble de la Bourgogne », argumente l'Association. « S’il parait difficilement compréhensible que des zones historiques de Chablis, de Dijon et du nord de la Côte d’Or n’aient plus accès à la production de l’appellation Bourgogne, la filière bourguignonne ne peut pas, pour autant, contester la légitimité du Beaujolais et remettre en cause la notion d’origine », ajoute t-elle.

"Ne pas se tromper de combat"

Une légitimité qui a d'ailleurs été confirmée le 20 novembre 2018 lors de la publication de l’arrêté de délimitation autorisant l’ensemble des communes viticoles du Beaujolais à produire l’appellation Crémant de Bourgogne...
Pour les rassurer et en tant que vignoble "responsable", ils précisent par ailleurs leur attachement au maintien d'une régulation du potentiel de production.
En conclusion, l'APBB rappelle l'importance pour les producteurs et négociants d'être « forts et unis » dans un contexte de concurrence internationale exacerbée. « Il ne faut pas oublier que les enjeux se situent aujourd'hui à un niveau mondial ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 12 FĂ©v 2020 13:19

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Millésime 2019 en Bourgogne
Un millésime marqué par une acidité élevée
Le millésime 2019 en Bourgogne s'annonce comme un millésime plus facile à vinifier que l'an passé. Les niveaux d'acidité sont particulièrement élevés malgré l'année chaude et la récolte en blanc plutôt maigre. Echos et conseils de deux œnologues.




« Après 2018 qui pêchait par son manque d'acidité, 2019 est un millésime plutôt simple à vinifier », témoigne Richard Angonin, œnologue au laboratoire Moreau œnologie. Les niveaux d'acidité des moûts présentent en effet la particularité cette année d'être élevés ou très élevés. Un phénomène permis par des maturations par concentration des différents cépages. « On a des pH de 3,2/3,3 sur moûts, c'est parfait », poursuit le professionnel.

"Une bonne extraction des tanins"

« Les teneurs en acide tartrique se sont bien tenues, elles sont souvent très élevées ; il n'y a pas besoin d'acidification comme l'an dernier », confirme Eric Pilatte, œnologue opérant en Côte chalonnaise, Côte de Beaune, dans le Couchois et les Hautes-Côtes. Pour ce dernier, certains moûts en rouges présentaient une acidité totale excessive - parfois supérieure à 5 g/L H2SO4 - alors que les teneurs en sucres étaient supérieures à 220 g/L, nécessitant des apports de bicarbonate de potassium. Objectif : abaisser l'acidité totale à un niveau plus acceptable à la dégustation et pour l'équilibre acide final du vin fini. « Il y a eu des remontées d'acide tartrique importantes sur certaines cuvées cette année, contenu dans les peaux », a constaté celui-ci. De son côté, Richard Angonin a préféré conseiller à ses clients de favoriser une bonne extraction des tanins afin qu'ils « couvrent » cette acidité, dans le but d'enrober les tanins et d'harmoniser la structure tannique ; « les maturités phénoliques étant atteintes cette année, cela a favorisé l'extraction », justifie-t-il. Les macérations ont en effet été courtes, d'une quinzaine de jours, l'extraction étant plutôt facile.

Les moûts en blancs présentaient par ailleurs des taux de sucre élevés, donc des degrés potentiels qui le seront aussi : les vins devraient titrer à 13,5°-14° alc, voire plus. « Mais comme il y a beaucoup d'acidité, on a un très bon équilibre et on garde une bonne fraîcheur », assure Richard Angonin.

Des corrections d'azote nécessaires

Pour les vins rouges, dont les premiers décuvages ont commencé, Eric Pilatte conseille « la plus grande prudence » par rapport à d'éventuels enrichissements: « Il y a des risques de relargage important de sucre à cause des raisins millerandés. On devrait gagner +0,5 à 0,7° alc. potentiel donc avoir des vins qui dépassent les 13° alc ». Les dégustations des premiers vins décuvés montrent sinon des notes de fruits : cerise, cassis, et très aromatiques. « Si la gestion de l'acidité et de la structure tannique des vins en cours de macération est bonne, on devrait avoir une très grande année ; mais ce sera un point clé », résume ce dernier.

Concernant les teneurs en azote assimilable, les avis divergent : pour Richard Angonin, les moûts en sont « riches », ce qui impose cependant une certaine vigilance, sur chardonnay comme pinot noir : « les fermentations ont tendance à démarrer trop vite et à s'emballer ». Pour les vins blancs vinifiés en fût, donc sans moyen de régulation de température, celui-ci préconise de faire attention aux « coups de chaud » : « iI ne faut pas dépasser les 20°C », rappelle t-il. Les levures ayant aussi tendance à surconsommer l'azote présent, cela donne parfois des situations de carences aux deux tiers de la fermentation. Un apport d'azote « complexe » (phosphate d'amonium et écorces de levure) est alors préconisé.

De son côté, Eric Pilatte constate de nombreux cas de carences en blancs comme en rouges, liées aux conditions de maturation particulières du millésime. Pour éviter des fermentations qui auraient tendance à « trainer », il invite les vignerons à « prendre les devants en mesurant et en corrigeant si nécessaire les teneurs en début de fermentation », ainsi qu'en fin de fermentation « pour finir dans de bonnes conditions ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 12 FĂ©v 2020 16:24

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Jean-Nicolas Méo dit ses quatre vérités !
Jean-Nicolas Méo a repris en 1989 un domaine alors confidentiel pour en faire une « star » de la Côte de Nuits, une « marque » connue internationalement : Méo-Camuzet. Rencontre autour de « l’héritage » d’Henri Jayer, de la notion de gourmandise dans les vins, du "bio", d'un laisser-aller chez certains en Bourgogne, ou encore du sujet sensible des droits de succession.


La rubrique Rencontre du numéro 151 de Bourgogne Aujourd'hui est consacré à Jean-Nicolas Méo qui en 30 ans a fait du domaine Méo-Camuzet, à Vosne-Romanée, une "star" internationale.
Retrouvez ci-dessous quelques extraits de cette interview, dont il vous reste les deux-tiers Ă  lire dans Bourgogne Aujourd'hui.



Dès les débuts, votre histoire a été étroitement liée à Henri Jayer (...) Quels ont été vos rapports ?

Je crois que l'on peut parler d'un mentor. Quand je suis arrivé, il m'a dit : « bon, j'accepte de t'aider à faire du vin parce que tu n'y connais rien » (rires). L'idée sans doute derrière tout cela, c'est que je n'allais pas le contredire. Après, j'ai immédiatement adhéré au style des vins d'Henri. En 1989, mon premier millésime, j'ai fait exactement ce qu'il me disait de faire, « tu refroidis, tu érafles à 100 %... ». Il venait tous les jours et au final, qu'est ce que les vins étaient bons ! Henri faisait tout pour que ses vins aient un côté gourmand, sensuel, jouissif presque et cela m'a tout de suite plu.


Son credo était de dire qu'un vin doit être bon tout de suite, dès la mise en bouteilles, en insistant beaucoup sur la notion de plaisir, de fruit tout simplement...

Exactement ! Il ne cherchait pas à trop intellectualiser la dégustation et j'ai tout de suite adhéré. Après, avec Christian Faurois, nous avons rapidement senti qu'il y avait quand même un décalage de génération et cela nous a amené assez vite à prendre des initiatives, à changer des choses, notamment dans la conduite des vignes, dans la maîtrise des rendements, dans le travail des sols, en cave... Les anciennes générations n'avaient pas les mêmes moyens financiers, techniques que nous. Henri avait commencé à travailler en 1945 et il a connu les années difficiles de l'après-guerre ; la qualité ne payait pas autant que de nos jours, les vins de Bourgogne étaient déjà connus, le richebourg était le richebourg, mais les prix n'avaient rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, alors il ne faut surtout pas critiquer ce qui s'est fait dans ces décennies 1950, 1960, 1970...


Henri Jayer éraflait aussi à 100 % ses raisins. La mode actuelle pour les vinifications en vendanges entières n'a donc pas pénétré dans la cuverie du Domaine Méo-Camuzet...

Non, j'ai essayé, mais il y a vraiment une dichotomie entre l'intellectuel lié aux vinifications en vendanges entières et le sensuel des vinifications en raisins égrappés. J'ai mis beaucoup de temps à apprécier les vins issus de vendanges entières en me demandant ce que l'on pouvait bien leur trouver ; bon, j'ai compris que l'on puisse être attiré par ce style de vinification, mais ce n'est pas pour moi. Il y a beaucoup d'approximations, de vins peu convaincants, maigrelets, un peu âpres, sans finesse, en Bourgogne et encore plus à l'étranger où c'est également à la mode, mais il est vrai aussi que certains domaines le font très bien !


Les techniques viticoles et oenologiques doivent faire face à une nouvelle réalité : le réchauffement climatique. Certains le voient comme une chance, car il permet objectivement d'avoir des raisins plus mûrs qu'auparavant et d'autres comme un danger, pour l'identité de fraîcheur, de finesse des vins de Bourgogne. Et vous ?

Avec le recul, je l'ai vu comme une chance ; cela nous a fait du bien. Il est clair que la Bourgogne a souvent été en sous-maturité jusqu'à la fin des années 1980. Ceci étant, sans être climato-sceptique, il ne faut quand même pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps que cela, entre 2010 et 2014, il a fallu chaptaliser les vins. Alors que ce n'est plus du tout le cas depuis 2015 ; chaque année, on a même l'impression de grimper d'un cran en chaleur et on ne peut en effet qu'être inquiet. Je remarque aussi, en remontant plus loin, que depuis mes débuts, je n'ai connu qu'un seul vrai petit millésime : 1994 ; alors même si le climat semble s'affoler depuis cinq ans, le réchauffement est manifestement enclenché depuis bien plus longtemps et à chaque décennie on avance de quelques jours les dates de vendanges.


Vous avez investi il y a quelques années dans le vignoble d'Oregon, aux USA. De quoi s'agit-il exactement ?

Je me suis associé avec un vieil ami américain. L'idée de départ, en 2012, était de reprendre une grosse winery existante et j'aurais été consultant avec des parts ; cela ne s'est pas fait. Le projet a évolué vers une création d'entreprise basée sur l'achat de raisins, ce qui est une pratique courante en Oregon ; en 2014, nous avons eu l'opportunité d'acheter une vigne qui correspondait à nos besoins : 5,5 hectares environ seulement, des vieilles vignes, pour l'Oregon, plantées en 1988, en pente, à densité relativement élevée, à un prix raisonnable : 500 000 dollars, ce qui fait environ 80 000 euros l'hectare ; on est loin des prix du foncier en Bourgogne. Aujourd'hui, ces vignes représentent environ un tiers de notre production, les deux autres tiers venant donc d'achats de raisins. Le domaine s'appelle Nicolas-Jay.

Pourquoi cet investissement ? On s'ennuie en Bourgogne aujourd'hui ?

On ne s'ennuie pas, mais c'est un peu frustrant de ne pas pouvoir se développer. C'est devenu impossible d'acheter des vignes dans les belles appellations. Et puis, dès mon arrivée, j'ai aussitôt été plongé dans le bain en Bourgogne, sans avoir eu d'expériences à l'étranger et là aussi c'était un peu frustrant. Dès 1999, nous avons commencé à faire un peu de négoce en Bourgogne, ce qui m'a beaucoup ouvert l'esprit dans un premier temps. Le négoce s'est développé, mais c'est aujourd'hui difficile d'aller plus loin par manque de place et parce que depuis quelques années, les cours en négoce sont devenus très élevés ; c'est bien, mais certains en profitent en demandant à la fois des cours stratosphériques et les rendements maximum. Quantité, qualité, et prix maximum, ce n'est pas toujours compatible ! Ce n'est tout simplement pas facile aujourd'hui de trouver de bons approvisionnements en négoce.



Repères

1989 : Arrivée en Bourgogne et début de la collaboration avec Henri Jayer.
1993 : Mariage avec Nathalie et naissance d'Adrien.
1996 : Naissance de Tristan.
1999 : Magnifique millésime.
2000 : Naissance de SĂ©verin.
2003 : Un millésime qui dérange.
2008 : Le domaine atteint sa configuration actuelle.
2014 : Premier millésime en Oregon (USA).
2015 : Magnifique millésime.
2019 : DĂ©but de transmission aux enfants.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 14 FĂ©v 2020 13:15

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[ENTRETIEN] Crus Bourgeois : J-7 avant le classement
C'est le jeudi 20 février que sera dévoilé le classement des Crus Bourgeois, qui renouent avec cette ancienne tradition après plus de quatre ans de travail et de réflexion. Olivier Cuvelier, président de l’Alliance des Crus Bourgeois, a répondu à nos questions dans le dernier numéro de Terre de Vins.


Président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc depuis 2016, Olivier Cuvelier aura été le grand artisan de ce classement que son prédécesseur, Frédéric de Luze, avait initié et porté avec conviction jusqu’à ses derniers jours. Âgé de 60 ans, père de trois enfants, Olivier Cuvelier – frère de Didier Cuvelier –, est président de H. Cuvelier & Fils depuis 1990, maison de négoce qui commercialise des grands vins de Bordeaux et vins de qualité, dont les Crus Bourgeois. Il est également gérant du prestigieux château Léoville-Poyferré, grand cru classé 1855 à Saint-Julien, et gérant du château Le Crock, en appellation Saint-Estèphe. Originaire du Nord, région que son père a quittée en 1947 pour développer ses affaires à Bordeaux, Olivier Cuvelier est connu pour sa discrétion, son pragmatisme et son efficacité. L’année 2020 nous dira s’il a eu raison de relancer un classement dans une société viticole qui aime la hiérarchie… dès lors qu’elle n’en est pas exclue. Verdict officiel le 20 février prochain, à retrouver bien entendu sur Terredevins.com.




2020 sera donc une année importante pour les Crus Bourgeois…
L’année est importante car c’est la date du premier classement dans sa nouvelle mouture. Mais ce n’est là qu’une première étape. L’année 2025 sera aussi importante que 2020 ! L’ensemble des crus qui formaient la famille des Crus Bourgeois en 2003 ne reviendront pas. Des châteaux l’avaient en effet déjà annoncé. L’idée est donc de tailler notre chemin, de faire notre travail et de monter en puissance afin de faire revenir des gens qui ont fait partie des Crus Bourgeois et font partie de l’élite. Pour être représentatifs, nous devons convaincre un certain nombre de marques, qui ont été Crus Bourgeois exceptionnels notamment, de rester à nos côtés.

Quel enjeu revêt véritablement ce nouveau classement ?
L’enjeu est clairement de ré-expliquer. Nous avons besoin de structurer ce marché bordelais qui est complexe. Ce marché rassemble une famille de 250 à 300 châteaux mais les acteurs étrangers prennent comme référence les prix les plus bas… On a donc besoin de structurer cette famille. L’enjeu est important pour les producteurs mais aussi pour les consommateurs. On doit mieux expliquer cette famille de crus. Peu de marques sont plus puissantes qu’un classement. 1855 est une sacrée ombrelle ! Il faut que ce classement reprenne du brillant et du prestige. Il en a besoin.

Les Crus Bourgeois bénéficiaient jusqu’alors d’un classement annuel qui ressemblait davantage à un label. Il s’agit cette fois d’un classement quinquennal. Vous aviez besoin de davantage de stabilité ?
Cette épée de Damoclès qui nous menaçait chaque année était épuisante. Pour les partenaires, et les maisons de négoce, comment s’engager sur une seule année ? C’est plus intéressant pour une durée de cinq ans. La reconnaissance annuelle est une machine folle qui tournait sur elle-même et qui n’était pas facile à gérer. Nous, dans le cadre de ce nouveau classement, on a donné la possibilité à tous les gens qui avaient obtenu cinq reconnaissances au minimum, entre 2008 et 2016, d’entrer sans passer par la dégustation. Cela a supprimé un peu d’angoisse pour chacun. Ils ont ainsi la possibilité par ce biais de rester dans la famille des Crus Bourgeois, en premier rang. Pour aller chercher les mentions complémentaires, Cru Bourgeois supérieur ou exceptionnel, il fallait déposer un dossier dès le début. Le deuxième classement en 2025, lui, ne permettra pas cette prise en compte historique.

Combien de candidats avez-vous enregistrés ?
Je ne peux pas le dire aujourd’hui car nous ne voulons pas diffuser une liste de recalés. Il y aura une liste à l’arrivée. La liste finale sera officialisée le 20 février 2020. Chaque propriétaire candidat sait ou va savoir ces jours-ci [cet entretien s’est tenu mi-novembre ndlr] s’il est Cru Bourgeois et dans quelle catégorie il évolue. Un appel a été prévu. C’est la seule fois où les membres du jury verront les candidats. Le jury final va compiler les notes et la seule fois où les membres du jury les verront, ce sera lors de l’appel, s’il y en a un. Le jury sera composé de six personnes dont le président, Gilles de Revel, et le vice-président, Bill Blatch, qui a été négociant et qui a une image de probité. Il y a, enfin, deux représentants des jurys de dégustations, un représentant attaché à la partie technique, un représentant attaché à la partie marketing.

Quelles garanties de sérieux apportez-vous quand on connaît les mauvaises ondes qui ont suivi le classement de Saint-Émilion ?
On est passé d’un système où l’on jugeait à l’aveugle des millésimes du présent à une logique de classement de propriétés pour donner un classement dans le futur. Cela a été un peu long à faire passer auprès des ministères. Nous, la dégustation représente 100 %. Cette dégustation donne accès aux épreuves suivantes. Elle est super importante. Elle s’est déroulée à l’aveugle. La propriété choisissait cinq millésimes entre 2008 et 2016. La dégustation s’est faite avec une trentaine de dégustateurs répartis en groupes de cinq dégustateurs. Il pouvait y avoir un appel à l’issue de la dégustation. À ce stade, les gens pouvaient demander une deuxième dégustation qui annulait et remplaçait. Tout a été fait très sérieusement. Le dégustateur devait mettre au final une seule note qui résumait la qualité des cinq millésimes.

Redoutez-vous les contestations ?
Il y en aura. Je ne les redoute pas. Ce n’est pas par forfanterie mais on y est préparés. On travaille avec un cabinet d’avocats toute l’année. Et on a beaucoup travaillé sur le sujet. Un avocat très malin va peut être trouver un biais, mais on a donné la possibilité aux gens de s’évader s’ils ne sont pas au niveau. Aussi, un candidat qui attaque, pour un classement de cinq ans, la décision sera rendue quand on sera déjà au classement suivant… Enfin, avec les Crus Bourgeois, on ne connaît pas les mêmes enjeux que les crus classés de Saint-Émilion ! Et c’était ça ou ne rien faire. Les bons auraient fini par s’en aller…

Qu’est-ce que cel va vous permettre de réaffirmer auprès des consommateurs ?
Cela signifie une identité forte, avec des vins produits dans des appellations médocaines. C’est aussi unique : les gens se sont soumis d’abord à une dégustation et nous avons validé la qualité de leurs produits avant d’aller plus loin. La qualité du produit fait qu’on devient ou pas un Cru Bourgeois. Tous ces châteaux ont été validés pour une qualité et pour un volume déterminés par millésime, avec un sticker par bouteille qui authentifie avec un QR code la traçabilité du vin. À Bordeaux, on vendait souvent soit les vins les plus chers, soit les moins chers. Entre 10 et 20 euros, nous, les Crus Bourgeois, on est imbattables ! On n’a jamais réussi à faire valoir combien nous sommes bons dans cette catégorie de prix. Nos propriétés sont les plus proches des crus les plus prestigieux et on a du mal à vendre ces châteaux, ce n’est pas normal ! Ce classement va nous aider à passer la seconde !

Propos recueillis par Rodolphe Wartel dans Terre de Vins n°63, toujours dans les kiosques.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 20 FĂ©v 2020 09:06

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En Champagne, des centaines de petits paysans vont devenir millionnaires
Scandale au pays des bulles ! D’ici quelques mois sera publiée une liste de nouvelles parcelles autorisées à produire du champagne. Un véritable jackpot pour les propriétaires. Mais selon nos informations, le choix de ces arpents ne semble pas avoir été toujours mené de façon impartiale.




Dans la région, on appelle cela un «savart» : un mauvais bout de terrain couvert de caillasses, tellement en pente et inaccessible que les paysans préfèrent le laisser en friche. Sur le marché de la terre agricole, le savart occupe le bas de l’échelle, c’est l’arpent du loser, celui dont personne ne veut, même pour une bouchée de pain. Pourquoi Serge Mauvezin s’est-il mis en tête d’en acheter un il y a trente ans, dans sa commune de Courlandon, dans le nord-ouest du département de la Marne ? «Il pouvait l’avoir pour presque rien, alors il s’est dit que ça pourrait peut-être nous servir un jour à quelque chose», témoigne sa veuve, Marie-José. Eh bien, il a eu du nez, l’investisseur ! Si, comme tout le village le pense, cet hectare pas comme les autres, piqué à flanc de colline entre les champs de céréales de la vallée de la Vesle, se voit classé dans l’appellation champagne, il pourra se couvrir un jour de vignes (la vigne adore les mauvaises terres) et sa valeur passera du jour au lendemain de moins de 1.000 à plus de 1 million d’euros. «Je croise les doigts», sourit Marie-José.

Il va cependant lui falloir patienter encore quelques mois, car la liste des nouvelles parcelles ouvertes aux petites bulles ne devrait pas être publiée avant courant 2020. Vous me direz, au point où elle en est… Cela fait presque quinze ans que les vignerons champenois ont lancé en fanfare le processus de «révision» de l’aire de leur appellation contrôlée. Quinze ans que des experts supposés impartiaux passent la région au crible pour sélectionner les surfaces dignes d’être intégrées dans ce nec plus ultra. Et quinze ans que, de fol espoir en amères désillusions, des centaines de paysans et de propriétaires se tordent les mains dans l’attente du résultat. Deviendront-ils millionnaires d’un coup de baguette magique ? «Je préfère me dire que ça ne marchera pas pour ne pas avoir de mauvaise surprise», confie l’un d’eux, à la tête de plusieurs champs éligibles à Fismes, une petite commune située à une trentaine de kilomètres de Reims.

Comme beaucoup d’autres paysans du cru, il a l’impression que les responsables de cette affaire se font un malin plaisir à souffler le chaud et le froid. Et, entre nous, il n’a peut-être pas tort. Mais avant d’aller plus loin, un petit tour de présentation s’impose, car l’industrie du champagne (25.000 emplois, 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 315 millions de bouteilles vendues chaque année) n’est vraiment pas un business comme les autres. Dans ce monde bizarre, où l’on croise des Porsche Cayenne à tous les coins de rue et où il n’est souvent pas nécessaire de travailler pour s’enrichir, point de libre entreprise, point d’économie de marché, point de saine concurrence : tout est réglementé au millimètre, comme dans l’ancienne Union soviétique, par un centre de commandement à deux têtes.

•Une industrie florissante
• 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018
• 25.000 personnes employées dans la filière
• 315 millions de bouteilles vendues en 2018

D’un côté les «petits» vignerons, qui possèdent 90% des terres mais ne font que 30% du vin pétillant, rassemblés au sein du SGV (Syndicat général des vignerons de la Champagne), leur puissant représentant. De l’autre les grandes maisons, les Bollinger, Ruinart, Taittinger, Vranken, LVMH (le groupe de Bernard Arnault possède les marques Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Moët & Chandon, Krug, Mercier) et autres, qui raflent l’essentiel du raisin et produisent 70% des bouteilles. Elles sont regroupées au sein de l’UMC (Union des maisons de Champagne). Cela fait des décennies que ces deux clans aux intérêts à la fois communs et divergents ont choisi de faire leur popote ensemble plutôt que de se chercher des noises.

Des quotas pour maintenir des prix élevés

Chaque année, par exemple, pour maintenir le marché en tension permanente, ils déterminent ensemble le rendement maximal que devront afficher les parcelles. Et gare aux récalcitrants ! Tous les raisins produits au-delà du quota devront être impitoyablement écartés, sous peine de lourdes sanctions. Grâce à quoi, depuis des décennies, l’UMC et le SGV ont réussi la prouesse de faire grimper à la fois les prix et les volumes de leurs grappes et de leur précieux nectar. Pour limiter l’offre et gonfler artificiellement les tarifs, le SGV dispose d’un deuxième atout maître : tant que l’Europe le permet, c’est à lui que l’Etat délègue le pouvoir d’octroyer les nouveaux droits à plantation sur le territoire de l’appellation. Inutile de dire qu’il ne les accorde qu’au compte-gouttes, sous prétexte de ne «pas déséquilibrer le marché», comme disent pudiquement ses dirigeants. Ainsi, alors que les ventes de vin explosaient et que les demandes d’exploitation s’accumulaient, ont-ils mis plus de cinquante ans à laisser se recouvrir de ceps la totalité du terroir, qui avait été ravagé par la guerre et les arrachages. Ce processus ne sera achevé qu’au début des années 2000.


Et c’est à ce moment que les problèmes ont commencé. «Comme toutes les surfaces étaient désormais cultivées, et que la demande continuait d’augmenter, les maisons se sont dit qu’elles allaient finir par manquer de raisin», résume Martin Cubertafond, maître de conférences à Sciences po et auteur de Stratégie et marketing du champagne (éd. Eyrolles). D’où l’idée, lancée à cette époque, d’étendre la zone de production afin de se ménager de nouvelles parcelles pour l’avenir. Le SGV possédant la haute main sur les droits à planter, aucun vignoble ne pourrait, bien sûr, être mis en culture sans son accord. Mais au moins aurait-on sous la main des surfaces potentiellement disponibles pour répondre aux exigences du marché. Et cela permettrait au passage d’offrir enfin à la zone la sécurité juridique qui lui a toujours fait défaut.

Bataille autour de la zone d'appelation

Figurez-vous, c’est à ne pas croire, que d’outrecuidantes municipalités jouxtant l’appellation s’étaient mis en tête dans les années 1990 de demander leur rattachement à ce pays enchanté. Et que l’une d’elles, Fontaine-sur-Ay, avait fini par y parvenir, après une guérilla menée jusqu’au Conseil d’Etat. Laisser les robes d’hermine déterminer à leur place qui pourrait ou non produire du raisin sur leurs terres ? Pour les barons du SGV, c’était tout bonnement inconcevable. En 2004, comme la loi l’impose pour ce genre de réforme, ils se sont donc résolus à confier aux fonctionnaires de l’Inao (Institut national de l'origine et de la qualité, dépendant du ministère de l’Agriculture) le soin de procéder à la remise à plat de leur aire de production à partir de critères scientifiques, objectifs et inattaquables. Même pour des agents publics rompus à ce genre d’exercice, la tâche s’est tout de suite avérée redoutable.


D’abord parce qu’il ne fallait pas se tromper dans la sélection des parcelles. Certes, à la différence des crus classiques, les différents champagnes ne sont pas liés à des lieux de plantation précis, puisqu’ils sont tous le produit d’assemblage de cépages venus d’endroits différents. Mais leur qualité dépend quand même directement de celle des raisins – et donc du vignoble en général. Ensuite parce que, on l’a vu, cette affaire s’est très vite apparentée à de la dynamite financière. Sans même parler des savarts, la transformation d’un arpent de céréales en terre à bulles peut multiplier sa valeur par 200 (de 6.000 à 1,2 million d’euros l’hectare), et encore ne s’agit-il ici que de moyennes. Autant dire que l’Inao allait devoir jouer serré entre les pressoirs pour éviter les pressions.

• 45 villages qui rient et 37 qui pleurent : Le projet de «révision» de l’aire de l’appellation champagne, que l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) devrait remettre l’an prochain, privilégiera nettement les départements de la Marne et de l’Aube au détriment de l’Aisne. Des centaines de recours juridiques sont déjà prévus.

La martingale pour les nouvelles communes intégrées dans l'aire de production

Mais le véritable piège pour les fonctionnaires chargés de l’affaire, c’est que cette terre bénie par les dieux du vin est déchirée depuis plus d’un siècle par un gigantesque Clochemerle. La plupart des vignerons de la Marne, numéro 51 dans l’ordre des départements, ont en effet toujours considéré que le champagne était leur chose à eux, et que, bien que leur terroir soit tout aussi propice, leurs voisins de l’Aube et de l’Aisne n’avaient pas à y poser leurs pattes sales. Au début du XXe siècle, cette guerre des bouchons a donné lieu à des affrontements homériques à la Chambre des députés et à de véritables batailles rangées sur le terrain. Le croira-t-on ? En 1911, le gouvernement a dû faire intervenir la troupe pour empêcher les Marnais de ficher le feu aux maisons qui envisageaient d’acheter une partie de leurs raisins dans l’Aube. Pas toujours très festif, hein, le mousseux de l’Est ! La fixation par la loi, en 1927, d’une délimitation précise de l’aire de production au sein des trois départements – toujours en vigueur actuellement, car sa révision n’a pas été officialisée – a certes un peu apaisé les tensions. Mais elle n’a pas suffi à étouffer les rancœurs. Aujourd’hui encore, bon nombre de professionnels de la Marne ont toujours du mal à avaler que l’or jaune coule ailleurs que dans leur département chéri. Et certains rêvent tout haut qu’on en prive les copains d’à côté…


Dans ce contexte hypertendu, les responsables de l’Inao ont-ils pris toutes les précautions pour garantir l’indépendance de leur mission ? A les en croire, oui. Comme toujours en pareil cas, ils ont constitué une commission d’experts (un géographe, un géologue, un agronome, un phytosociologue et une historienne) et ils lui ont demandé de faire le job. A partir de 2006, ces cinq spécialistes se sont promenés dans la région en toute discrétion pour éviter les pressions, ils ont parcouru les vallées, examiné les coteaux, recensé la végétation, humé les nuances climatiques, testé l’humidité, mesuré l’ensoleillement, étudié le passé viticole de chaque lieu-dit. Et après deux ans de cette minutieuse revue de détail, ils ont remis la première partie de leur verdict : une liste de 45 nouvelles communes qui seront intégrées dans l’appellation, et une autre d’au moins 37 qui en seront exclues. A la suite de quoi, quatre de nos enquêteurs (l’historienne n’a plus été du voyage) sont repartis en campagne pour déterminer, parcelle par parcelle cette fois, l’emplacement des futurs vignobles à 1 million l’hectare – c’est la fin de ce travail qu’attend avec impatience Marie-José Mauvezin. Du cousu main ?

Des travaux impartiaux ?

A ceci près que, si l’on excepte celui du phytosociologue, le choix des fameux experts apparaît, comment dire, un peu téléguidé. Certes, personne ne met en doute la compétence ni l’honnêteté de ces excellents spécialistes. Mais plutôt que de les recruter dans le Bordelais, le Beaujolais ou les Corbières afin d’être sûr qu’ils soient détachés du conflit territorial champenois, l’Inao est allé les chercher pile là où il ne fallait pas. Le géologue émarge à l’université de Reims, la plus grande ville de la Marne, et il préside le comité scientifique du parc naturel régional de la Montagne de Reims, le cœur du vignoble qu’on lui a demandé de passer au crible. Difficile d’être plus juge et partie. L’agronome n’est autre que l’ancien directeur technique du Comité Champagne, le PC opérationnel de la profession où le SGV et l’UMC mènent conjointement leurs affaires, lui aussi situé dans la Marne. Comme expert indépendant, on aurait pu imaginer mieux. L’historienne, pour sa part, réside dans l’Aube, et les thèses qu’elle développe sur la grande aventure du champagne sont loin de faire l’unanimité. «Ce qu’elle raconte est très partial», reconnaît Maxime Toubart, le propre président du SGV, arrivé en poste bien après sa nomination et qui la regrette ouvertement. Et pourquoi donc être allé chercher un géographe spécialiste de l’Iran et de la Turquie pour analyser le terroir champenois ? Vous avez trouvé la réponse : parce qu’il enseigne à la faculté de Reims.


Pour juger de l’impartialité des travaux de cette singulière commission, il suffit de suivre un instant la côte d’Ile-de-France en direction du nord-ouest. Cette longue arête crayeuse constitue un site idéal pour faire pousser des vignes de grande qualité, c’est la raison pour laquelle nos experts ont confirmé ou intégré dans l’appellation tous les villages qui s’y accrochent. Tous ? Pas tout à fait, en réalité. A partir de Fismes, les habitants des 35 bourgs et hameaux de la côte n’ont que leurs yeux pour pleurer, car pas un de leurs villages n’a été sélectionné. On peut même carrément parler d’exclusion, puisque, selon la loi de 1927, beaucoup d’entre eux faisaient jusqu’à présent partie intégrante de l’appellation.

Le Soissonais exclu pour des raisons historiques

Mais que diable reprochent donc nos cinq spécialistes à ces magnifiques terres à vigne pour les ficher ainsi à la porte ? Eh bien, tout simplement d’être situées dans le département de l’Aisne, et plus exactement dans le Soissonnais. Les hiérarques du champagne marnais ne se sont en effet jamais cachés de vouloir faire la peau de cette zone périphérique de leur domaine, pas assez chic à leurs yeux pour être de la fête. Ils ont d’ailleurs toujours refusé de lui octroyer ne serait-ce que 1 mètre carré de droit à planter. «Ils nous prennent pour des culs-terreux tout juste bons à cultiver des haricots , s’agace François Hamot, responsable de la FNSEA locale, qui se bat au sein de l’association Lacav pour éviter le déclassement de sa région.

Naturellement, il fallait un prétexte pour justifier l’éviction des terres soissonnaises. Comme il n’était pas possible d’incriminer leur qualité, l’Inao en a été quitte pour convoquer l’histoire ancienne. Et même très ancienne. Pour faire partie de la future zone de l’appellation, a-t-il décidé, il faut avoir figuré dans le comté de Champagne (créé en 1019) ou dans la généralité de Châlons (créée en 1542). Cela permet à nos experts de marteler dans leur rapport que «la Champagne historique n’a jamais compris le Soissonnais», et donc que ce dernier n’a aucun droit à revendiquer la moindre vigne. Du travail d’orfèvre. Voilà comment de superbes terres classées par la République dans l’appellation champagne depuis 1927, et dont les raisins ont longtemps fourni les meilleures maisons, risquent de se retrouver à la porte du temple d’or.

A moins que… A moins que le SGV ne finisse par mettre à exécution sa menace d’interrompre définitivement le projet d’extension de son aire. Le marché est en effet beaucoup moins porteur qu’au début des années 2000, si bien que le besoin de nouvelles terres se fait moins pressant. Mais c’est surtout Bruxelles qui inquiète les pontes du raisin pétillant. Si la Commission ne revient pas sur sa décision, la plantation des vignes en Europe sera en effet totalement libéralisée en 2030. Et plus personne ne pourra empêcher les paysans de couvrir de ceps les nouveaux arpents qui auront été classés dans l’appellation. Franchement, si ça peut faire baisser le prix du champagne, on ne dit pas non…


www.capital.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Jeu 20 FĂ©v 2020 14:17

Crus Bourgeois : J-7 avant le classement

Et je vire tous les Crus Bourgeois Exceptionnels de la liste de 2003:
château Chasse-Spleen ;
château Haut-Marbuzet ;
château Labégorce-Zédé ;
château Les Ormes de Pez ;
château de Pez ;
château Phélan Ségur ;
château Potensac ;
château Poujeaux ;
château Siran.
Et ceux de la liste de 1932:
château Villegeorge ;
château d'Angludet ;
château Chasse-Spleen ;
château La couronne ;
château Moulin-Riche ;
château Bel Air-Marquis d'Aligre.
Et tout va bien !!! :notgood:

Merci, Alex, de nous donner ton avis sur ce classement que tu publies.
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 20 FĂ©v 2020 15:42

Bonjour Thierry,

Je l'ai publié mais je n'ai pas d'avis et je ne m'y suis pas intéressé.

Par contre, en lisant le classement, j'ai tout de suite eu une pensée pour J.P Boyer du château Bel Air-Marquis d'Aligre. Mais après vérification, il est inscrit sur les bouteilles "Grand Cru Exceptionnel".
Sera t-il toujours autorisé à apposer cette "mention" sur ses bouteilles suite à ce nouveau classement...? Si quelqu'un a la réponse...

Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Jeu 20 FĂ©v 2020 15:58

Alex,

Je ne suis pas le seul à être choqué par cette exclusion de toutes les valeurs sûres.
Sur le site belge néerlandophone de Jo, on parle de "farce" ;)
http://www.vinejo.freebb.be/thread-6809.html
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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