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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar KARLITOUXXX » Lun 3 FĂ©v 2020 20:19

Bonsoir,

Ceci me fait penser au cognac.
Les belles cuvées des grandes maisons sont très chères.

Cordialement
Karl
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar alex73 » Lun 3 FĂ©v 2020 22:06

Je pense qu'on est là dans un monde complètement différent. Le bling bling des bars est à l'opposé de ce que les vrais amateurs recherchent. Mais il est vrai que probablement nous ne représentons qu'une très petite part de marché (< 1%). Comme Thierry, j'ai progressivement abandonné les achats des champagnes des grandes marques avant tout parce qu'ils sont sur-dosés à mon goût. Même si je reconnais qu'il y en a bien sûr d'excellents, je préfère donc les champagnes de (bons) propriétaires. Car malheureusement ce n'est parce que on est RM que l'on fait du bon champagne! Mais grâce à BDE et à de bons cavistes on arrive a trouver d'excellentes bouteilles à des prix "normaux", du moins pour ma bourse...
Bonne nuit.
Alexis
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 5 FĂ©v 2020 13:15

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Les producteurs de Bourgogne en Beaujolais se défendent
Suite aux nombreuses plaintes et arguments défendus ces derniers jours dans les médias par les bourguignons à propos du projet de délimitation de l'AOC Bourgogne, l'Association des producteurs de Bourgogne sur le territoire du Beaujolais (APBB) a décidé, à son tour, de réagir.



La filière bourguignonne s’offusque, entre-autres, de la décision de l’INAO de proposer de conserver dans la zone de production des communes du territoire Beaujolais. En réponse, les producteurs de l'appellation Bourgogne sur le territoire du Beaujolais, représentés par l'APBB, rappellent dans un communiqué « l'appartenance historique du Beaujolais à la « grande Bourgogne viticole », qui ne doit pas être confondue avec la région administrative : « Le jugement du 29 avril 1930 qui en avait consacré les principes, définit la Bourgogne viticole comme composée des départements de l’Yonne, de la Côte d’Or, de la Saône-et-Loire et de l’arrondissement de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône, le Beaujolais figurant historiquement comme un vignoble de la Bourgogne », argumente l'Association. « S’il parait difficilement compréhensible que des zones historiques de Chablis, de Dijon et du nord de la Côte d’Or n’aient plus accès à la production de l’appellation Bourgogne, la filière bourguignonne ne peut pas, pour autant, contester la légitimité du Beaujolais et remettre en cause la notion d’origine », ajoute t-elle.

"Ne pas se tromper de combat"

Une légitimité qui a d'ailleurs été confirmée le 20 novembre 2018 lors de la publication de l’arrêté de délimitation autorisant l’ensemble des communes viticoles du Beaujolais à produire l’appellation Crémant de Bourgogne...
Pour les rassurer et en tant que vignoble "responsable", ils précisent par ailleurs leur attachement au maintien d'une régulation du potentiel de production.
En conclusion, l'APBB rappelle l'importance pour les producteurs et négociants d'être « forts et unis » dans un contexte de concurrence internationale exacerbée. « Il ne faut pas oublier que les enjeux se situent aujourd'hui à un niveau mondial ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 12 FĂ©v 2020 13:19

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Millésime 2019 en Bourgogne
Un millésime marqué par une acidité élevée
Le millésime 2019 en Bourgogne s'annonce comme un millésime plus facile à vinifier que l'an passé. Les niveaux d'acidité sont particulièrement élevés malgré l'année chaude et la récolte en blanc plutôt maigre. Echos et conseils de deux œnologues.




« Après 2018 qui pêchait par son manque d'acidité, 2019 est un millésime plutôt simple à vinifier », témoigne Richard Angonin, œnologue au laboratoire Moreau œnologie. Les niveaux d'acidité des moûts présentent en effet la particularité cette année d'être élevés ou très élevés. Un phénomène permis par des maturations par concentration des différents cépages. « On a des pH de 3,2/3,3 sur moûts, c'est parfait », poursuit le professionnel.

"Une bonne extraction des tanins"

« Les teneurs en acide tartrique se sont bien tenues, elles sont souvent très élevées ; il n'y a pas besoin d'acidification comme l'an dernier », confirme Eric Pilatte, œnologue opérant en Côte chalonnaise, Côte de Beaune, dans le Couchois et les Hautes-Côtes. Pour ce dernier, certains moûts en rouges présentaient une acidité totale excessive - parfois supérieure à 5 g/L H2SO4 - alors que les teneurs en sucres étaient supérieures à 220 g/L, nécessitant des apports de bicarbonate de potassium. Objectif : abaisser l'acidité totale à un niveau plus acceptable à la dégustation et pour l'équilibre acide final du vin fini. « Il y a eu des remontées d'acide tartrique importantes sur certaines cuvées cette année, contenu dans les peaux », a constaté celui-ci. De son côté, Richard Angonin a préféré conseiller à ses clients de favoriser une bonne extraction des tanins afin qu'ils « couvrent » cette acidité, dans le but d'enrober les tanins et d'harmoniser la structure tannique ; « les maturités phénoliques étant atteintes cette année, cela a favorisé l'extraction », justifie-t-il. Les macérations ont en effet été courtes, d'une quinzaine de jours, l'extraction étant plutôt facile.

Les moûts en blancs présentaient par ailleurs des taux de sucre élevés, donc des degrés potentiels qui le seront aussi : les vins devraient titrer à 13,5°-14° alc, voire plus. « Mais comme il y a beaucoup d'acidité, on a un très bon équilibre et on garde une bonne fraîcheur », assure Richard Angonin.

Des corrections d'azote nécessaires

Pour les vins rouges, dont les premiers décuvages ont commencé, Eric Pilatte conseille « la plus grande prudence » par rapport à d'éventuels enrichissements: « Il y a des risques de relargage important de sucre à cause des raisins millerandés. On devrait gagner +0,5 à 0,7° alc. potentiel donc avoir des vins qui dépassent les 13° alc ». Les dégustations des premiers vins décuvés montrent sinon des notes de fruits : cerise, cassis, et très aromatiques. « Si la gestion de l'acidité et de la structure tannique des vins en cours de macération est bonne, on devrait avoir une très grande année ; mais ce sera un point clé », résume ce dernier.

Concernant les teneurs en azote assimilable, les avis divergent : pour Richard Angonin, les moûts en sont « riches », ce qui impose cependant une certaine vigilance, sur chardonnay comme pinot noir : « les fermentations ont tendance à démarrer trop vite et à s'emballer ». Pour les vins blancs vinifiés en fût, donc sans moyen de régulation de température, celui-ci préconise de faire attention aux « coups de chaud » : « iI ne faut pas dépasser les 20°C », rappelle t-il. Les levures ayant aussi tendance à surconsommer l'azote présent, cela donne parfois des situations de carences aux deux tiers de la fermentation. Un apport d'azote « complexe » (phosphate d'amonium et écorces de levure) est alors préconisé.

De son côté, Eric Pilatte constate de nombreux cas de carences en blancs comme en rouges, liées aux conditions de maturation particulières du millésime. Pour éviter des fermentations qui auraient tendance à « trainer », il invite les vignerons à « prendre les devants en mesurant et en corrigeant si nécessaire les teneurs en début de fermentation », ainsi qu'en fin de fermentation « pour finir dans de bonnes conditions ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 12 FĂ©v 2020 16:24

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Jean-Nicolas Méo dit ses quatre vérités !
Jean-Nicolas Méo a repris en 1989 un domaine alors confidentiel pour en faire une « star » de la Côte de Nuits, une « marque » connue internationalement : Méo-Camuzet. Rencontre autour de « l’héritage » d’Henri Jayer, de la notion de gourmandise dans les vins, du "bio", d'un laisser-aller chez certains en Bourgogne, ou encore du sujet sensible des droits de succession.


La rubrique Rencontre du numéro 151 de Bourgogne Aujourd'hui est consacré à Jean-Nicolas Méo qui en 30 ans a fait du domaine Méo-Camuzet, à Vosne-Romanée, une "star" internationale.
Retrouvez ci-dessous quelques extraits de cette interview, dont il vous reste les deux-tiers Ă  lire dans Bourgogne Aujourd'hui.



Dès les débuts, votre histoire a été étroitement liée à Henri Jayer (...) Quels ont été vos rapports ?

Je crois que l'on peut parler d'un mentor. Quand je suis arrivé, il m'a dit : « bon, j'accepte de t'aider à faire du vin parce que tu n'y connais rien » (rires). L'idée sans doute derrière tout cela, c'est que je n'allais pas le contredire. Après, j'ai immédiatement adhéré au style des vins d'Henri. En 1989, mon premier millésime, j'ai fait exactement ce qu'il me disait de faire, « tu refroidis, tu érafles à 100 %... ». Il venait tous les jours et au final, qu'est ce que les vins étaient bons ! Henri faisait tout pour que ses vins aient un côté gourmand, sensuel, jouissif presque et cela m'a tout de suite plu.


Son credo était de dire qu'un vin doit être bon tout de suite, dès la mise en bouteilles, en insistant beaucoup sur la notion de plaisir, de fruit tout simplement...

Exactement ! Il ne cherchait pas à trop intellectualiser la dégustation et j'ai tout de suite adhéré. Après, avec Christian Faurois, nous avons rapidement senti qu'il y avait quand même un décalage de génération et cela nous a amené assez vite à prendre des initiatives, à changer des choses, notamment dans la conduite des vignes, dans la maîtrise des rendements, dans le travail des sols, en cave... Les anciennes générations n'avaient pas les mêmes moyens financiers, techniques que nous. Henri avait commencé à travailler en 1945 et il a connu les années difficiles de l'après-guerre ; la qualité ne payait pas autant que de nos jours, les vins de Bourgogne étaient déjà connus, le richebourg était le richebourg, mais les prix n'avaient rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, alors il ne faut surtout pas critiquer ce qui s'est fait dans ces décennies 1950, 1960, 1970...


Henri Jayer éraflait aussi à 100 % ses raisins. La mode actuelle pour les vinifications en vendanges entières n'a donc pas pénétré dans la cuverie du Domaine Méo-Camuzet...

Non, j'ai essayé, mais il y a vraiment une dichotomie entre l'intellectuel lié aux vinifications en vendanges entières et le sensuel des vinifications en raisins égrappés. J'ai mis beaucoup de temps à apprécier les vins issus de vendanges entières en me demandant ce que l'on pouvait bien leur trouver ; bon, j'ai compris que l'on puisse être attiré par ce style de vinification, mais ce n'est pas pour moi. Il y a beaucoup d'approximations, de vins peu convaincants, maigrelets, un peu âpres, sans finesse, en Bourgogne et encore plus à l'étranger où c'est également à la mode, mais il est vrai aussi que certains domaines le font très bien !


Les techniques viticoles et oenologiques doivent faire face à une nouvelle réalité : le réchauffement climatique. Certains le voient comme une chance, car il permet objectivement d'avoir des raisins plus mûrs qu'auparavant et d'autres comme un danger, pour l'identité de fraîcheur, de finesse des vins de Bourgogne. Et vous ?

Avec le recul, je l'ai vu comme une chance ; cela nous a fait du bien. Il est clair que la Bourgogne a souvent été en sous-maturité jusqu'à la fin des années 1980. Ceci étant, sans être climato-sceptique, il ne faut quand même pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps que cela, entre 2010 et 2014, il a fallu chaptaliser les vins. Alors que ce n'est plus du tout le cas depuis 2015 ; chaque année, on a même l'impression de grimper d'un cran en chaleur et on ne peut en effet qu'être inquiet. Je remarque aussi, en remontant plus loin, que depuis mes débuts, je n'ai connu qu'un seul vrai petit millésime : 1994 ; alors même si le climat semble s'affoler depuis cinq ans, le réchauffement est manifestement enclenché depuis bien plus longtemps et à chaque décennie on avance de quelques jours les dates de vendanges.


Vous avez investi il y a quelques années dans le vignoble d'Oregon, aux USA. De quoi s'agit-il exactement ?

Je me suis associé avec un vieil ami américain. L'idée de départ, en 2012, était de reprendre une grosse winery existante et j'aurais été consultant avec des parts ; cela ne s'est pas fait. Le projet a évolué vers une création d'entreprise basée sur l'achat de raisins, ce qui est une pratique courante en Oregon ; en 2014, nous avons eu l'opportunité d'acheter une vigne qui correspondait à nos besoins : 5,5 hectares environ seulement, des vieilles vignes, pour l'Oregon, plantées en 1988, en pente, à densité relativement élevée, à un prix raisonnable : 500 000 dollars, ce qui fait environ 80 000 euros l'hectare ; on est loin des prix du foncier en Bourgogne. Aujourd'hui, ces vignes représentent environ un tiers de notre production, les deux autres tiers venant donc d'achats de raisins. Le domaine s'appelle Nicolas-Jay.

Pourquoi cet investissement ? On s'ennuie en Bourgogne aujourd'hui ?

On ne s'ennuie pas, mais c'est un peu frustrant de ne pas pouvoir se développer. C'est devenu impossible d'acheter des vignes dans les belles appellations. Et puis, dès mon arrivée, j'ai aussitôt été plongé dans le bain en Bourgogne, sans avoir eu d'expériences à l'étranger et là aussi c'était un peu frustrant. Dès 1999, nous avons commencé à faire un peu de négoce en Bourgogne, ce qui m'a beaucoup ouvert l'esprit dans un premier temps. Le négoce s'est développé, mais c'est aujourd'hui difficile d'aller plus loin par manque de place et parce que depuis quelques années, les cours en négoce sont devenus très élevés ; c'est bien, mais certains en profitent en demandant à la fois des cours stratosphériques et les rendements maximum. Quantité, qualité, et prix maximum, ce n'est pas toujours compatible ! Ce n'est tout simplement pas facile aujourd'hui de trouver de bons approvisionnements en négoce.



Repères

1989 : Arrivée en Bourgogne et début de la collaboration avec Henri Jayer.
1993 : Mariage avec Nathalie et naissance d'Adrien.
1996 : Naissance de Tristan.
1999 : Magnifique millésime.
2000 : Naissance de SĂ©verin.
2003 : Un millésime qui dérange.
2008 : Le domaine atteint sa configuration actuelle.
2014 : Premier millésime en Oregon (USA).
2015 : Magnifique millésime.
2019 : DĂ©but de transmission aux enfants.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 14 FĂ©v 2020 13:15

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[ENTRETIEN] Crus Bourgeois : J-7 avant le classement
C'est le jeudi 20 février que sera dévoilé le classement des Crus Bourgeois, qui renouent avec cette ancienne tradition après plus de quatre ans de travail et de réflexion. Olivier Cuvelier, président de l’Alliance des Crus Bourgeois, a répondu à nos questions dans le dernier numéro de Terre de Vins.


Président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc depuis 2016, Olivier Cuvelier aura été le grand artisan de ce classement que son prédécesseur, Frédéric de Luze, avait initié et porté avec conviction jusqu’à ses derniers jours. Âgé de 60 ans, père de trois enfants, Olivier Cuvelier – frère de Didier Cuvelier –, est président de H. Cuvelier & Fils depuis 1990, maison de négoce qui commercialise des grands vins de Bordeaux et vins de qualité, dont les Crus Bourgeois. Il est également gérant du prestigieux château Léoville-Poyferré, grand cru classé 1855 à Saint-Julien, et gérant du château Le Crock, en appellation Saint-Estèphe. Originaire du Nord, région que son père a quittée en 1947 pour développer ses affaires à Bordeaux, Olivier Cuvelier est connu pour sa discrétion, son pragmatisme et son efficacité. L’année 2020 nous dira s’il a eu raison de relancer un classement dans une société viticole qui aime la hiérarchie… dès lors qu’elle n’en est pas exclue. Verdict officiel le 20 février prochain, à retrouver bien entendu sur Terredevins.com.




2020 sera donc une année importante pour les Crus Bourgeois…
L’année est importante car c’est la date du premier classement dans sa nouvelle mouture. Mais ce n’est là qu’une première étape. L’année 2025 sera aussi importante que 2020 ! L’ensemble des crus qui formaient la famille des Crus Bourgeois en 2003 ne reviendront pas. Des châteaux l’avaient en effet déjà annoncé. L’idée est donc de tailler notre chemin, de faire notre travail et de monter en puissance afin de faire revenir des gens qui ont fait partie des Crus Bourgeois et font partie de l’élite. Pour être représentatifs, nous devons convaincre un certain nombre de marques, qui ont été Crus Bourgeois exceptionnels notamment, de rester à nos côtés.

Quel enjeu revêt véritablement ce nouveau classement ?
L’enjeu est clairement de ré-expliquer. Nous avons besoin de structurer ce marché bordelais qui est complexe. Ce marché rassemble une famille de 250 à 300 châteaux mais les acteurs étrangers prennent comme référence les prix les plus bas… On a donc besoin de structurer cette famille. L’enjeu est important pour les producteurs mais aussi pour les consommateurs. On doit mieux expliquer cette famille de crus. Peu de marques sont plus puissantes qu’un classement. 1855 est une sacrée ombrelle ! Il faut que ce classement reprenne du brillant et du prestige. Il en a besoin.

Les Crus Bourgeois bénéficiaient jusqu’alors d’un classement annuel qui ressemblait davantage à un label. Il s’agit cette fois d’un classement quinquennal. Vous aviez besoin de davantage de stabilité ?
Cette épée de Damoclès qui nous menaçait chaque année était épuisante. Pour les partenaires, et les maisons de négoce, comment s’engager sur une seule année ? C’est plus intéressant pour une durée de cinq ans. La reconnaissance annuelle est une machine folle qui tournait sur elle-même et qui n’était pas facile à gérer. Nous, dans le cadre de ce nouveau classement, on a donné la possibilité à tous les gens qui avaient obtenu cinq reconnaissances au minimum, entre 2008 et 2016, d’entrer sans passer par la dégustation. Cela a supprimé un peu d’angoisse pour chacun. Ils ont ainsi la possibilité par ce biais de rester dans la famille des Crus Bourgeois, en premier rang. Pour aller chercher les mentions complémentaires, Cru Bourgeois supérieur ou exceptionnel, il fallait déposer un dossier dès le début. Le deuxième classement en 2025, lui, ne permettra pas cette prise en compte historique.

Combien de candidats avez-vous enregistrés ?
Je ne peux pas le dire aujourd’hui car nous ne voulons pas diffuser une liste de recalés. Il y aura une liste à l’arrivée. La liste finale sera officialisée le 20 février 2020. Chaque propriétaire candidat sait ou va savoir ces jours-ci [cet entretien s’est tenu mi-novembre ndlr] s’il est Cru Bourgeois et dans quelle catégorie il évolue. Un appel a été prévu. C’est la seule fois où les membres du jury verront les candidats. Le jury final va compiler les notes et la seule fois où les membres du jury les verront, ce sera lors de l’appel, s’il y en a un. Le jury sera composé de six personnes dont le président, Gilles de Revel, et le vice-président, Bill Blatch, qui a été négociant et qui a une image de probité. Il y a, enfin, deux représentants des jurys de dégustations, un représentant attaché à la partie technique, un représentant attaché à la partie marketing.

Quelles garanties de sérieux apportez-vous quand on connaît les mauvaises ondes qui ont suivi le classement de Saint-Émilion ?
On est passé d’un système où l’on jugeait à l’aveugle des millésimes du présent à une logique de classement de propriétés pour donner un classement dans le futur. Cela a été un peu long à faire passer auprès des ministères. Nous, la dégustation représente 100 %. Cette dégustation donne accès aux épreuves suivantes. Elle est super importante. Elle s’est déroulée à l’aveugle. La propriété choisissait cinq millésimes entre 2008 et 2016. La dégustation s’est faite avec une trentaine de dégustateurs répartis en groupes de cinq dégustateurs. Il pouvait y avoir un appel à l’issue de la dégustation. À ce stade, les gens pouvaient demander une deuxième dégustation qui annulait et remplaçait. Tout a été fait très sérieusement. Le dégustateur devait mettre au final une seule note qui résumait la qualité des cinq millésimes.

Redoutez-vous les contestations ?
Il y en aura. Je ne les redoute pas. Ce n’est pas par forfanterie mais on y est préparés. On travaille avec un cabinet d’avocats toute l’année. Et on a beaucoup travaillé sur le sujet. Un avocat très malin va peut être trouver un biais, mais on a donné la possibilité aux gens de s’évader s’ils ne sont pas au niveau. Aussi, un candidat qui attaque, pour un classement de cinq ans, la décision sera rendue quand on sera déjà au classement suivant… Enfin, avec les Crus Bourgeois, on ne connaît pas les mêmes enjeux que les crus classés de Saint-Émilion ! Et c’était ça ou ne rien faire. Les bons auraient fini par s’en aller…

Qu’est-ce que cel va vous permettre de réaffirmer auprès des consommateurs ?
Cela signifie une identité forte, avec des vins produits dans des appellations médocaines. C’est aussi unique : les gens se sont soumis d’abord à une dégustation et nous avons validé la qualité de leurs produits avant d’aller plus loin. La qualité du produit fait qu’on devient ou pas un Cru Bourgeois. Tous ces châteaux ont été validés pour une qualité et pour un volume déterminés par millésime, avec un sticker par bouteille qui authentifie avec un QR code la traçabilité du vin. À Bordeaux, on vendait souvent soit les vins les plus chers, soit les moins chers. Entre 10 et 20 euros, nous, les Crus Bourgeois, on est imbattables ! On n’a jamais réussi à faire valoir combien nous sommes bons dans cette catégorie de prix. Nos propriétés sont les plus proches des crus les plus prestigieux et on a du mal à vendre ces châteaux, ce n’est pas normal ! Ce classement va nous aider à passer la seconde !

Propos recueillis par Rodolphe Wartel dans Terre de Vins n°63, toujours dans les kiosques.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 20 FĂ©v 2020 09:06

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En Champagne, des centaines de petits paysans vont devenir millionnaires
Scandale au pays des bulles ! D’ici quelques mois sera publiée une liste de nouvelles parcelles autorisées à produire du champagne. Un véritable jackpot pour les propriétaires. Mais selon nos informations, le choix de ces arpents ne semble pas avoir été toujours mené de façon impartiale.




Dans la région, on appelle cela un «savart» : un mauvais bout de terrain couvert de caillasses, tellement en pente et inaccessible que les paysans préfèrent le laisser en friche. Sur le marché de la terre agricole, le savart occupe le bas de l’échelle, c’est l’arpent du loser, celui dont personne ne veut, même pour une bouchée de pain. Pourquoi Serge Mauvezin s’est-il mis en tête d’en acheter un il y a trente ans, dans sa commune de Courlandon, dans le nord-ouest du département de la Marne ? «Il pouvait l’avoir pour presque rien, alors il s’est dit que ça pourrait peut-être nous servir un jour à quelque chose», témoigne sa veuve, Marie-José. Eh bien, il a eu du nez, l’investisseur ! Si, comme tout le village le pense, cet hectare pas comme les autres, piqué à flanc de colline entre les champs de céréales de la vallée de la Vesle, se voit classé dans l’appellation champagne, il pourra se couvrir un jour de vignes (la vigne adore les mauvaises terres) et sa valeur passera du jour au lendemain de moins de 1.000 à plus de 1 million d’euros. «Je croise les doigts», sourit Marie-José.

Il va cependant lui falloir patienter encore quelques mois, car la liste des nouvelles parcelles ouvertes aux petites bulles ne devrait pas être publiée avant courant 2020. Vous me direz, au point où elle en est… Cela fait presque quinze ans que les vignerons champenois ont lancé en fanfare le processus de «révision» de l’aire de leur appellation contrôlée. Quinze ans que des experts supposés impartiaux passent la région au crible pour sélectionner les surfaces dignes d’être intégrées dans ce nec plus ultra. Et quinze ans que, de fol espoir en amères désillusions, des centaines de paysans et de propriétaires se tordent les mains dans l’attente du résultat. Deviendront-ils millionnaires d’un coup de baguette magique ? «Je préfère me dire que ça ne marchera pas pour ne pas avoir de mauvaise surprise», confie l’un d’eux, à la tête de plusieurs champs éligibles à Fismes, une petite commune située à une trentaine de kilomètres de Reims.

Comme beaucoup d’autres paysans du cru, il a l’impression que les responsables de cette affaire se font un malin plaisir à souffler le chaud et le froid. Et, entre nous, il n’a peut-être pas tort. Mais avant d’aller plus loin, un petit tour de présentation s’impose, car l’industrie du champagne (25.000 emplois, 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 315 millions de bouteilles vendues chaque année) n’est vraiment pas un business comme les autres. Dans ce monde bizarre, où l’on croise des Porsche Cayenne à tous les coins de rue et où il n’est souvent pas nécessaire de travailler pour s’enrichir, point de libre entreprise, point d’économie de marché, point de saine concurrence : tout est réglementé au millimètre, comme dans l’ancienne Union soviétique, par un centre de commandement à deux têtes.

•Une industrie florissante
• 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018
• 25.000 personnes employées dans la filière
• 315 millions de bouteilles vendues en 2018

D’un côté les «petits» vignerons, qui possèdent 90% des terres mais ne font que 30% du vin pétillant, rassemblés au sein du SGV (Syndicat général des vignerons de la Champagne), leur puissant représentant. De l’autre les grandes maisons, les Bollinger, Ruinart, Taittinger, Vranken, LVMH (le groupe de Bernard Arnault possède les marques Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Moët & Chandon, Krug, Mercier) et autres, qui raflent l’essentiel du raisin et produisent 70% des bouteilles. Elles sont regroupées au sein de l’UMC (Union des maisons de Champagne). Cela fait des décennies que ces deux clans aux intérêts à la fois communs et divergents ont choisi de faire leur popote ensemble plutôt que de se chercher des noises.

Des quotas pour maintenir des prix élevés

Chaque année, par exemple, pour maintenir le marché en tension permanente, ils déterminent ensemble le rendement maximal que devront afficher les parcelles. Et gare aux récalcitrants ! Tous les raisins produits au-delà du quota devront être impitoyablement écartés, sous peine de lourdes sanctions. Grâce à quoi, depuis des décennies, l’UMC et le SGV ont réussi la prouesse de faire grimper à la fois les prix et les volumes de leurs grappes et de leur précieux nectar. Pour limiter l’offre et gonfler artificiellement les tarifs, le SGV dispose d’un deuxième atout maître : tant que l’Europe le permet, c’est à lui que l’Etat délègue le pouvoir d’octroyer les nouveaux droits à plantation sur le territoire de l’appellation. Inutile de dire qu’il ne les accorde qu’au compte-gouttes, sous prétexte de ne «pas déséquilibrer le marché», comme disent pudiquement ses dirigeants. Ainsi, alors que les ventes de vin explosaient et que les demandes d’exploitation s’accumulaient, ont-ils mis plus de cinquante ans à laisser se recouvrir de ceps la totalité du terroir, qui avait été ravagé par la guerre et les arrachages. Ce processus ne sera achevé qu’au début des années 2000.


Et c’est à ce moment que les problèmes ont commencé. «Comme toutes les surfaces étaient désormais cultivées, et que la demande continuait d’augmenter, les maisons se sont dit qu’elles allaient finir par manquer de raisin», résume Martin Cubertafond, maître de conférences à Sciences po et auteur de Stratégie et marketing du champagne (éd. Eyrolles). D’où l’idée, lancée à cette époque, d’étendre la zone de production afin de se ménager de nouvelles parcelles pour l’avenir. Le SGV possédant la haute main sur les droits à planter, aucun vignoble ne pourrait, bien sûr, être mis en culture sans son accord. Mais au moins aurait-on sous la main des surfaces potentiellement disponibles pour répondre aux exigences du marché. Et cela permettrait au passage d’offrir enfin à la zone la sécurité juridique qui lui a toujours fait défaut.

Bataille autour de la zone d'appelation

Figurez-vous, c’est à ne pas croire, que d’outrecuidantes municipalités jouxtant l’appellation s’étaient mis en tête dans les années 1990 de demander leur rattachement à ce pays enchanté. Et que l’une d’elles, Fontaine-sur-Ay, avait fini par y parvenir, après une guérilla menée jusqu’au Conseil d’Etat. Laisser les robes d’hermine déterminer à leur place qui pourrait ou non produire du raisin sur leurs terres ? Pour les barons du SGV, c’était tout bonnement inconcevable. En 2004, comme la loi l’impose pour ce genre de réforme, ils se sont donc résolus à confier aux fonctionnaires de l’Inao (Institut national de l'origine et de la qualité, dépendant du ministère de l’Agriculture) le soin de procéder à la remise à plat de leur aire de production à partir de critères scientifiques, objectifs et inattaquables. Même pour des agents publics rompus à ce genre d’exercice, la tâche s’est tout de suite avérée redoutable.


D’abord parce qu’il ne fallait pas se tromper dans la sélection des parcelles. Certes, à la différence des crus classiques, les différents champagnes ne sont pas liés à des lieux de plantation précis, puisqu’ils sont tous le produit d’assemblage de cépages venus d’endroits différents. Mais leur qualité dépend quand même directement de celle des raisins – et donc du vignoble en général. Ensuite parce que, on l’a vu, cette affaire s’est très vite apparentée à de la dynamite financière. Sans même parler des savarts, la transformation d’un arpent de céréales en terre à bulles peut multiplier sa valeur par 200 (de 6.000 à 1,2 million d’euros l’hectare), et encore ne s’agit-il ici que de moyennes. Autant dire que l’Inao allait devoir jouer serré entre les pressoirs pour éviter les pressions.

• 45 villages qui rient et 37 qui pleurent : Le projet de «révision» de l’aire de l’appellation champagne, que l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) devrait remettre l’an prochain, privilégiera nettement les départements de la Marne et de l’Aube au détriment de l’Aisne. Des centaines de recours juridiques sont déjà prévus.

La martingale pour les nouvelles communes intégrées dans l'aire de production

Mais le véritable piège pour les fonctionnaires chargés de l’affaire, c’est que cette terre bénie par les dieux du vin est déchirée depuis plus d’un siècle par un gigantesque Clochemerle. La plupart des vignerons de la Marne, numéro 51 dans l’ordre des départements, ont en effet toujours considéré que le champagne était leur chose à eux, et que, bien que leur terroir soit tout aussi propice, leurs voisins de l’Aube et de l’Aisne n’avaient pas à y poser leurs pattes sales. Au début du XXe siècle, cette guerre des bouchons a donné lieu à des affrontements homériques à la Chambre des députés et à de véritables batailles rangées sur le terrain. Le croira-t-on ? En 1911, le gouvernement a dû faire intervenir la troupe pour empêcher les Marnais de ficher le feu aux maisons qui envisageaient d’acheter une partie de leurs raisins dans l’Aube. Pas toujours très festif, hein, le mousseux de l’Est ! La fixation par la loi, en 1927, d’une délimitation précise de l’aire de production au sein des trois départements – toujours en vigueur actuellement, car sa révision n’a pas été officialisée – a certes un peu apaisé les tensions. Mais elle n’a pas suffi à étouffer les rancœurs. Aujourd’hui encore, bon nombre de professionnels de la Marne ont toujours du mal à avaler que l’or jaune coule ailleurs que dans leur département chéri. Et certains rêvent tout haut qu’on en prive les copains d’à côté…


Dans ce contexte hypertendu, les responsables de l’Inao ont-ils pris toutes les précautions pour garantir l’indépendance de leur mission ? A les en croire, oui. Comme toujours en pareil cas, ils ont constitué une commission d’experts (un géographe, un géologue, un agronome, un phytosociologue et une historienne) et ils lui ont demandé de faire le job. A partir de 2006, ces cinq spécialistes se sont promenés dans la région en toute discrétion pour éviter les pressions, ils ont parcouru les vallées, examiné les coteaux, recensé la végétation, humé les nuances climatiques, testé l’humidité, mesuré l’ensoleillement, étudié le passé viticole de chaque lieu-dit. Et après deux ans de cette minutieuse revue de détail, ils ont remis la première partie de leur verdict : une liste de 45 nouvelles communes qui seront intégrées dans l’appellation, et une autre d’au moins 37 qui en seront exclues. A la suite de quoi, quatre de nos enquêteurs (l’historienne n’a plus été du voyage) sont repartis en campagne pour déterminer, parcelle par parcelle cette fois, l’emplacement des futurs vignobles à 1 million l’hectare – c’est la fin de ce travail qu’attend avec impatience Marie-José Mauvezin. Du cousu main ?

Des travaux impartiaux ?

A ceci près que, si l’on excepte celui du phytosociologue, le choix des fameux experts apparaît, comment dire, un peu téléguidé. Certes, personne ne met en doute la compétence ni l’honnêteté de ces excellents spécialistes. Mais plutôt que de les recruter dans le Bordelais, le Beaujolais ou les Corbières afin d’être sûr qu’ils soient détachés du conflit territorial champenois, l’Inao est allé les chercher pile là où il ne fallait pas. Le géologue émarge à l’université de Reims, la plus grande ville de la Marne, et il préside le comité scientifique du parc naturel régional de la Montagne de Reims, le cœur du vignoble qu’on lui a demandé de passer au crible. Difficile d’être plus juge et partie. L’agronome n’est autre que l’ancien directeur technique du Comité Champagne, le PC opérationnel de la profession où le SGV et l’UMC mènent conjointement leurs affaires, lui aussi situé dans la Marne. Comme expert indépendant, on aurait pu imaginer mieux. L’historienne, pour sa part, réside dans l’Aube, et les thèses qu’elle développe sur la grande aventure du champagne sont loin de faire l’unanimité. «Ce qu’elle raconte est très partial», reconnaît Maxime Toubart, le propre président du SGV, arrivé en poste bien après sa nomination et qui la regrette ouvertement. Et pourquoi donc être allé chercher un géographe spécialiste de l’Iran et de la Turquie pour analyser le terroir champenois ? Vous avez trouvé la réponse : parce qu’il enseigne à la faculté de Reims.


Pour juger de l’impartialité des travaux de cette singulière commission, il suffit de suivre un instant la côte d’Ile-de-France en direction du nord-ouest. Cette longue arête crayeuse constitue un site idéal pour faire pousser des vignes de grande qualité, c’est la raison pour laquelle nos experts ont confirmé ou intégré dans l’appellation tous les villages qui s’y accrochent. Tous ? Pas tout à fait, en réalité. A partir de Fismes, les habitants des 35 bourgs et hameaux de la côte n’ont que leurs yeux pour pleurer, car pas un de leurs villages n’a été sélectionné. On peut même carrément parler d’exclusion, puisque, selon la loi de 1927, beaucoup d’entre eux faisaient jusqu’à présent partie intégrante de l’appellation.

Le Soissonais exclu pour des raisons historiques

Mais que diable reprochent donc nos cinq spécialistes à ces magnifiques terres à vigne pour les ficher ainsi à la porte ? Eh bien, tout simplement d’être situées dans le département de l’Aisne, et plus exactement dans le Soissonnais. Les hiérarques du champagne marnais ne se sont en effet jamais cachés de vouloir faire la peau de cette zone périphérique de leur domaine, pas assez chic à leurs yeux pour être de la fête. Ils ont d’ailleurs toujours refusé de lui octroyer ne serait-ce que 1 mètre carré de droit à planter. «Ils nous prennent pour des culs-terreux tout juste bons à cultiver des haricots , s’agace François Hamot, responsable de la FNSEA locale, qui se bat au sein de l’association Lacav pour éviter le déclassement de sa région.

Naturellement, il fallait un prétexte pour justifier l’éviction des terres soissonnaises. Comme il n’était pas possible d’incriminer leur qualité, l’Inao en a été quitte pour convoquer l’histoire ancienne. Et même très ancienne. Pour faire partie de la future zone de l’appellation, a-t-il décidé, il faut avoir figuré dans le comté de Champagne (créé en 1019) ou dans la généralité de Châlons (créée en 1542). Cela permet à nos experts de marteler dans leur rapport que «la Champagne historique n’a jamais compris le Soissonnais», et donc que ce dernier n’a aucun droit à revendiquer la moindre vigne. Du travail d’orfèvre. Voilà comment de superbes terres classées par la République dans l’appellation champagne depuis 1927, et dont les raisins ont longtemps fourni les meilleures maisons, risquent de se retrouver à la porte du temple d’or.

A moins que… A moins que le SGV ne finisse par mettre à exécution sa menace d’interrompre définitivement le projet d’extension de son aire. Le marché est en effet beaucoup moins porteur qu’au début des années 2000, si bien que le besoin de nouvelles terres se fait moins pressant. Mais c’est surtout Bruxelles qui inquiète les pontes du raisin pétillant. Si la Commission ne revient pas sur sa décision, la plantation des vignes en Europe sera en effet totalement libéralisée en 2030. Et plus personne ne pourra empêcher les paysans de couvrir de ceps les nouveaux arpents qui auront été classés dans l’appellation. Franchement, si ça peut faire baisser le prix du champagne, on ne dit pas non…


www.capital.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Jeu 20 FĂ©v 2020 14:17

Crus Bourgeois : J-7 avant le classement

Et je vire tous les Crus Bourgeois Exceptionnels de la liste de 2003:
château Chasse-Spleen ;
château Haut-Marbuzet ;
château Labégorce-Zédé ;
château Les Ormes de Pez ;
château de Pez ;
château Phélan Ségur ;
château Potensac ;
château Poujeaux ;
château Siran.
Et ceux de la liste de 1932:
château Villegeorge ;
château d'Angludet ;
château Chasse-Spleen ;
château La couronne ;
château Moulin-Riche ;
château Bel Air-Marquis d'Aligre.
Et tout va bien !!! :notgood:

Merci, Alex, de nous donner ton avis sur ce classement que tu publies.
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 20 FĂ©v 2020 15:42

Bonjour Thierry,

Je l'ai publié mais je n'ai pas d'avis et je ne m'y suis pas intéressé.

Par contre, en lisant le classement, j'ai tout de suite eu une pensée pour J.P Boyer du château Bel Air-Marquis d'Aligre. Mais après vérification, il est inscrit sur les bouteilles "Grand Cru Exceptionnel".
Sera t-il toujours autorisé à apposer cette "mention" sur ses bouteilles suite à ce nouveau classement...? Si quelqu'un a la réponse...

Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Jeu 20 FĂ©v 2020 15:58

Alex,

Je ne suis pas le seul à être choqué par cette exclusion de toutes les valeurs sûres.
Sur le site belge néerlandophone de Jo, on parle de "farce" ;)
http://www.vinejo.freebb.be/thread-6809.html
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 21 FĂ©v 2020 13:20

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[Crus Bourgeois] Antoine Médeville : “Le consommateur devrait mieux se repérer”
57 propriétés suivies par le laboratoire Œnoconseil se retrouvent dans le nouveau classement des Crus Bourgeois. L’œnologue et viticulteur Antoine Médeville nous délivre à chaud ses premières impressions.



Quel regard portez-vous sur le classement, vous paraît-il cohérent si ce n’est juste ?
Le classement qui a été fait me semble cohérent, même si comme tout classement, il sera certainement source de polémique. Les règles édictées pour le classement et leurs mises en œuvre sont là pour garantir un processus le plus professionnel possible. Au niveau de la représentativité de la famille des Crus Bourgeois, il est dommage qu’aucun château de l’appellation Médoc ne soit classé Exceptionnel et que celle-ci ne soit pas non plus mieux représentée au sein des châteaux classés Supérieurs.

A titre personnel, le Château Fleur La Mothe est Cru Bourgeois Supérieur, était-ce l’objectif en rapport aux efforts mis en œuvre sur ce cru?
Effectivement le château Fleur La Mothe est Cru Bourgeois Supérieur, ce qui correspond parfaitement à nos attentes. Nous ne pouvions en effet pas aspirer à être Cru Bourgeois Exceptionnel car Fleur La Mothe est une marque récente.

Vous consultez pour beaucoup de ces Crus Bourgeois, quelles sont les prochaines grandes étapes à venir en termes de progression ? Ce classement va-t-il donner un coup de booster au marché ?
Œnoconseil conseille près de 60 Crus Bourgeois dont 12 sont Crus Bourgeois Supérieurs et 1 Cru Bourgeois Exceptionnel : nous espérons donc que ce classement va profiter à toute la famille des Crus Bourgeois. Il devrait en effet permettre une meilleure lisibilité et une segmentation du marché, afin de faire en sorte que le consommateur se repère mieux dans la grande famille des Crus Bourgeois. Le prochain classement aura lieu dans 5 ans et constituera le prochain moment clé. Dans les années à venir, il devrait permettre d’engager une transition écologique plus rapide puisque les certifications environnementales seront une nécessité pour accéder au classement. L’objectif futur est aussi de renforcer et de développer l’image des Crus Bourgeois pour un rayonnement national et international.


www.terredevins.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 4 Mars 2020 21:28

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Classement des grands crus de Saint-Emilion : deux figures du Bordelais devant la cour d'appel de Bordeaux

Deux figures influentes du Bordelais ont-elles été "juges et parties" dans le classement des grands crus de Saint-Emilion aussi prestigieux que controversé ? La question qui agite les milieux viticoles, et divise les magistrats, doit être tranchée par la cour d'appel de Bordeaux.



Hubert de Boüard et Philippe Castéja, deux grands noms sur la place bordelaise, sont soupçonnés d'avoir pris une part active dans le processus de classement de l'AOC "Saint-Emilion Grand Cru" de 2012 alors que leurs châteaux étaient en lice pour le palmarès.

Après six ans d'information judiciaire, une juge d'instruction avait ordonné le 16 août un procès pour "prise illégale d'intérêts", contre l'avis du parquet de Bordeaux qui avait fait appel, une démarche rarissime. Alors procès ou non-lieu ? Le dossier doit être débattu jeudi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

Créé en 1955 et révisé tous les 10 ans par l'Inao, établissement public dépendant du ministère de l'Agriculture, ce classement est synonyme de juteuses valorisations commerciales et financières pour les lauréats les mieux placés. Envers de la médaille, il est aussi entaché par des polémiques: le classement 2006 annulé par la justice administrative, un nouveau devait le remplacer en 2012. 

"Omniprésent"

Cette année-là, il devait donc consacrer Hubert de Boüard, consultant viticole et copropriétaire du Château Angélus, propulsé 1er grand cru classé A, tandis que le négociant Philippe Castéja, propriétaire du Château Trottevieille, était lui, maintenu 1er grand cru classé B.

Mais le vin était amer pour trois châteaux éconduits, Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac. Ils ont attaqué le classement devant la justice administrativeen arguant notamment de la prépondérance de critères "accessoires" tels qu'oenotouristiques sur la qualité gustative et porté plainte au pénal en 2013, accusant leurs voisins d'être "juges et parties".

Les deux propriétaires mis en cause étaient membres du comité national des vins de l'Inao, l'Institut national de l'origine et de la qualité qui a adopté le règlement élaboré par des juristes, désigné les membres de la commission de classement et
approuvé la liste des lauréats avant homologation ministérielle. Mais quel rôle ont-ils réellement joué?
 
L'enquête n'a pas permis d'établir qu'ils avaient pris part à des votes. Mais tous deux ont été amenés "a minima" à participer à des séances clés de ce comité évoquant le classement, ce "alors qu'ils avaient des intérêts personnels dans des exploitations candidates", souligne la juge d'instruction dans son ordonnance consultée par l'AFP. En particulier, Hubert de Boüard était "omniprésent" à tous les stades du processus de classement.
 
"Pas de comptes-rendus détaillés

Plusieurs témoins à ces réunions ont pourtant assuré qu'ils avaient d'eux-mêmes quitté les séances évoquant le grand cru. Mais les gendarmes n'ont pas retrouvé de compte-rendus détaillés pour étayer ces souvenirs.

Hubert de Boüard et Philippe Castéja ont toujours balayé les accusations de conflit d'intérêts, assurant qu'ils s'étaient déportés des délibérations. "L'enquête n'a pas démontré que Hubert de Boüard aurait pu intervenir ou chercher à intervenir sur le classement", a déclaré à l'AFP son avocat Antoine Vey. 

Jusqu'ici, leurs positions semblaient confortées et par la justice administrative qui a validé en appel le classement 2012 et par le parquet. Mais contre toute attente, ce dernier vient d'être contredit par le parquet général, représentant de l'accusation à la cour.

"Des charges suffisantes"

Selon ses réquisitions écrites du 12 février, il existe bien "des charges suffisantes à l'encontre" des deux mis en examen d'avoir "conservé un intérêt dans l'opération de classement" dont ils avaient "la charge d'assurer la surveillance". 

"Cela revient à demander à un maire de n'avoir aucune propriété sur sa commune", fustige Me Vey.
 
"Le parquet a fait cet appel étonnant, désavoué aujourd'hui par le parquet général, ce qui montre que le dossier est loin d'être vide", répond Me Eric Morain, avocat des plaignants. La décision devrait être connue sous plusieurs semaines.

"Pendant ce temps-là, ce classement n'est toujours pas remis en cause et cela a une vraie incidence financière pour eux", a-t-il déploré auprès de l'AFP, en évoquant leurs recours pendant au Conseil d'Etat.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 21 Avr 2020 18:27

Laurent Fortin : “Bordeaux doit s’adresser à une nouvelle clientèle”

Dans un entretien au Figaro, Laurent Fortin, le directeur général de Château Dauzac, grand cru classé à Margaux, estime que le monde bordelais du vin doit revoir sa façon de travailler.


Laurent Fortin, le directeur général de Château Dauzac, grand cru classé à Margaux, aujourd’hui propriété de la famille Roulleau, envisage quelques pistes de sortie de crise pour Bordeaux.




Le Figaro : Vous comptez parmi les châteaux qui ont beaucoup misé sur l’oenotourisme. Aujourd’hui, avec la crise sanitaire, ce pan de l’économie du vin est-il en grand danger?

Laurent Fortin : A Dauzac, le tourisme compte pour 15 à 20% du chiffre d’affaire annuel. Pour nous, l’oenotourisme est important car il permet de faire découvrir le vignoble, principalement à la clientèle étrangère. Nous avons fait le choix, en 2014, de proposer un programme oenotouristique qui va de la visite simple à 12€ jusqu’à la visite “assemblage” vendue plus de 200€ par personne où les gens créent leur propre cuvée Dauzac. Nous recevons plus de 7 000 personnes par an, ce qui n’est pas énorme. En revanche, le panier moyen frôle les 50€, avec une clientèle principalement anglo saxonne. Nous recevons beaucoup d’Américains, d’Australiens, de gens d’Europe du nord, des Belges. Les Français viennent plus en deuxième partie de saison. Nous accueillons des fêtes de mariages durant les mois de mai, juin, juillet quasiment tous les week-ends. Mais aujourd’hui, les séminaires, comme les mariages sont en train de s’annuler les uns après les autres.


Cette activité est très importante pour Dauzac en terme d’image…

Bien évidemment, et aussi en terme de renommée. Je travaille une marque. Lorsque nous accueillons un mariage avec 150 invités, si les gens passent du bon temps, apprécient l’endroit, l’atmosphère, et les vins -car nous demandons qu’un service de vins Dauzac soit acheté et servi lors de l’événement-, ils deviennent des ambassadeurs potentiels. Nous nous apercevons que nous avons beaucoup de mariés ou de futurs mariés qui sont venus à Dauzac comme invités d’un autre mariage; ils ont apprécié l’endroit et reviennent à Dauzac. Mais cette saison, au mois de mai, bien évidemment, tout est annulé, comme aux mois de juin et juillet. Il nous reste trois mariages confirmés en septembre. En temps normal, nous profitons aussi des touristes des croisières fluviales qui viennent visiter le domaine en faisant le tour des vignobles, mais les gens commencent à annuler juillet et août parce que les bateaux ne viennent pas. C’est une catastrophe. Nous avons aussi une très belle clientèle de golfeurs, qui font du golf le matin et visitent les châteaux l’après-midi. Mais eux non plus ne viendront pas cette année...


Comment allez-vous remplacer cette activité touristique, qui est en berne aujourd’hui?

A Château Dauzac, l’oenotourisme, ce sont deux personnes employées à temps complet et jusqu’à six personnes durant la saison. C’est loin d’être anodin. Nous essayons de trouver des solutions. Nous avons toujours été très créatifs. Nous sommes en train de monter un club vin pour pouvoir vendre des vins de la propriété, des primeurs, par correspondance, à des clients, pour essayer de pallier ce manque de clients liés à l’oenotourisme. Si seul l’oenotourisme se portait mal, nous souffririons, mais cela irait encore. Mais toute la filière est sens dessus dessous.

Comment doit s’organiser Bordeaux pour dépasser cette crise?

Bordeaux doit totalement se réorganiser. Nous sommes arrivés à un point où il faut clairement que nous réfléchissions aux façons dont nous travaillons, dont nous nous adressons à nos clients, à la manière dont nous mettons nos vins en marché. L’Union des Grands Crus est une machine de guerre à nulle autre pareille et qui donne énormément à Bordeaux. Elle s’est dotée d’un nouveau président, mais il faut aller encore plus loin dans le changement, dans le rajeunissement, et être en phase avec ce que les clients attendent. de Bordeaux. Oui, Bordeaux est sophistiqué mais Bordeaux ne peut pas être pédant.Il faut que nous nous adressions aujourd’hui à une nouvelle clientèle comme les millenials. Il faut être moins rigide, arrêter d’organiser des dégustations où nous sommes tous en rang d’oignon derrière nos tables. Il faut être plus convivial. Il faut que nous regardions de plus près les listings des gens qui sont conviés lors des présentations : il faut que nous fassions venir de grands consommateurs ou des leaders d’opinion. A mon avis, ce n’est pas toujours le cas.


Ces voyages lors desquels plus de cent châteaux se déplacent à l'étranger en même temps sont-ils trop ambitieux?

Vous arrivez le matin dans une ville, vous faites votre dégustation, vous dormez et le matin suivant vous reprenez un avion pour atterrir dans une autre ville… Moi, je pense qu’en amont il faut rencontrer des clients et des journalistes pour leur expliquer ce qu’est Dauzac et ce que fait la château. Après la dégustation, il faut participer au moins à un dîner ou à un “winemaker diner”. Parfois, il faut privilégier la qualité des échanges, le temps passé dans un marché plutôt que de vouloir empiler les visites sur les 3 ou 4 marchés dans lesquels nous voulons être. Les propriétés qui en ont les moyens partent avec deux ou trois personnes et cela les autorise à faire tout ce qui doit l’être. Mais les propriétés plus petites comme Dauzac n’envoient qu’une seule personne.


La crise sanitaire est en train de peser sur l’organisation de la filière viticole. Notamment en ce qui concerne la campagne des primeurs qui devait avoir lieu fin avril et qui n’a pas eu lieu. Que faut-il faire?

Il faut organiser une campagne de primeurs. Sinon, nous allons réaliser une année blanche. Mais il ne faut pas oublier que les primeurs, à l’origine, servaient à apporter de la trésorerie aux châteaux pour qu’ils achètent leurs produits phytosanitaires pour la campagne suivante. Aujourd’hui, les grands châteaux ont-ils vraiment besoin d’une avance de trésorerie pour faire fonctionner leur outil de production ? Je n’en suis pas sûr. Disons que les primeurs constituent un événement intéressant, cela fait partie de la mystique de Bordeaux. Mais il faut tout de même se poser quelques questions. Notamment quand des critiques décident de ne plus venir goûter ou noter parce qu’ils considèrent que les primeurs sont un marché de dupes.


Alors, selon vous, est-ce que les primeurs sont vraiment indispensables?

Je n’ai pas la réponse. Les primeurs ont une raison d’être mais il faut changer le modèle, travailler différemment. Il y a une vraie réflexion de fond à avoir à Bordeaux sur les grands crus, sur la façon dont nous nous présentons au monde, sur la façon dont nous mettons nos vins en marché. Le négoce est un outil indispensable et incomparable. Mais beaucoup de maisons de négoces sont en train de souffrir parce qu’elles ne font plus leur travail de négociants. Ces maisons sont devenues des traders. Aujourd’hui, un négociant doit proposer une certaine forme d’exclusivité et être en mesure de guider son client. Cette crise va nous le montrer. Certaines maisons de négoce réalisent un travail extraordinaire et elles vont sortir de cette crise par le haut. D’autres ne s’en sortiront pas.


Est-ce que Bordeaux, en tant que région viticole, dispose des bonnes armes pour sortir de cette crise?

Sur la qualité intrinsèque des vins, nous faisons partie des cinq plus grandes régions du monde. Notre survie va dépendre de notre agilité et de notre possibilité de nous renouveler. Bordeaux n’a jamais été confronté à une telle crise. La crise de 2008 a été compensée par l’ouverture du marché chinois et elle n’a pas forcé le microcosme bordelais à se réinventer et à se remettre en question. Cette fois, nous sommes en face d’une crise fondamentale et mondiale.


D’autres régions viticoles sont-elles mieux armées face à cette crise ?

Napa, en Californie, continue de se moderniser. J’y ai vécu 20 ans et je vois comment ils travaillent. Il faut voir l’oenotourisme à Napa. Moi, quand j’ai mis mes panneaux jaunes pour montrer les cépages, on m’a demandé si je me croyais à Disneyland. C’était en 2013. Nous avons des années et des années de retard. Les clubs de vin existent depuis des années aux Etats-Unis, il y en a très peu en France. Si, à Bordeaux, le négoce ne se réinvente pas et si les propriétés n’aident pas le négoce à se réinventer, cela va être une perte pour tout le monde.


L’accent ne doit-il pas être mis sur le e-commerce?

Je ne connais pas un seul négociant qui a pris à bras le corps le dossier du digital. Sauf Millésima dont la vente sur internet est le coeur de métier. J’ai été le premier des grands crus classés à sortir une application. Il faut que nous prenions le virage digital. Les Américains, les Italiens le font, à nous de nous réinventer. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il faut tout mettre par terre, mais plutôt construire sur les nombreux atouts que nous avons déjà et continuer à faire parler des domaines. Le marketing n’est pas un gros mot.


Château Dauzac semble toujours à la pointe sur ces techniques...

Nous sommes considérés comme des iconoclastes à Bordeaux mais nous sommes dans la norme des vins premium et super-premium à travers le monde. Dans le cadre d’une globalisation du marché du vin, nous devons être au niveau de nos amis de Napa Valley, de la Sonoma Valley, d’Italie et d’Australie. Il faut travailler plus vite et ceux qui n’ont pas profité de cette période de confinement pour réfléchir, ceux qui n’ont pas commencé à lister les forces en présence dans leurs entreprises et mis les consultants externes un peu pointus en ordre de marche, ont déjà 3 semaines de retard. Nous, nous travaillons.


Quels sont les grands axes de la politique de Dauzac pour les mois Ă  venir?

Il est trop tôt pour tout dévoiler. La famille Roulleau vient d’acquérir Château Dauzac, nous sommes en train d’écrire un plan stratégique ambitieux, innovant. Nous continuons à être dans la construction et le développement de la marque sans oublier que tout doit tourner autour du vin, qui doit être le meilleur possible à chaque millésime.


avis-vin.lefigaro.fr

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 22 Avr 2020 06:58

Merci, Alex, pour la copie de cet article intéressant.
L'oenotourisme et la visite "assemblage" dans un G.C.C. de Margaux... Les modèles changent dans le Bordelais.

Amicalement,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 7 Mai 2020 10:56

COCHE-DURY, LA TÊTE SUR LES ÉPAULES ET LES PIEDS À LA VIGNE !

Marié, père de 2 enfants, Raphaël Coche, 38 ans, est à la tête du domaine Coche-Dury, décrit par beaucoup aux quatre coins de la planète comme la référence des vins blancs de Bourgogne. Il livre quelques "secrets de fabrique" du domaine.



Marié, père de 2 enfants, Raphaël Coche, 38 ans, est à la tête du domaine Coche-Dury (Meursault), décrit par beaucoup aux quatre coins de la planète comme la référence des vins blancs de Bourgogne. Loin de ces considérations, le vigneron se consacre au métier qu'il aime et quitte rarement sa Bourgogne natale. C'est un vigneron adepte du franc-parler, droit dans ses bottes, qui nous révèle quelques "secrets de fabrique" du domaine.

Il vous reste les deux-tiers de l'article (article général, dégustation des 2017 et dégustation verticale de meursault village blanc les Rougeots) à lire dans lenuméro 152 de Bourgogne Aujourd'hui. Rappelons que tout achat d'une version web (au numéro et ou parabonnement) donne accès immédiatement au numéro en cours de commercialisation, en l'occurrence donc le n°152.


Coche-Dury, côté coulisses

La précision, mot d'ordre des grands blancs


« Dans mes vins blancs, je veux de la fraicheur, pas de l'acidité. Je ne tolère pas le vin épuré, minéral, ça m'insupporte. Une bouteille quand on la boit ça doit envoyer, sans assommer. Il y a des millésimes plus propices à cela, alors on s'adapte. Il faut de la puissance, de la matière, de la chair. Chez nous, la précision sur les lies est chirurgicale. Je me targue de vraiment connaître le sujet. La longueur en bouche du Perrières par exemple ne tombe pas du ciel. Il faut trouver des astuces pour donner de la dimension au vin. Aujourd'hui je peux sortir un vin qui a de la fraîcheur, de la salinité, de la minéralité, et puis derrière, une grosse matière qui enveloppe la bouche. Le débat qu'il y a souvent sur Coche-Dury porte sur la notion de réduction extrême qu'il y avait à l'époque de mon père. Il y avait moins de précision dans ses vins, car il y avait déjà moins de moyens. On a beaucoup développé conjointement. Encore aujourd'hui, quand quelque chose me pose question, je l'interroge ».


L'empreinte de Raphaël sur les vins rouges

« Avec mon père, on était un peu en désaccord sur nos rouges. Nous n'avons pas les mêmes gouts. J'ai toujours aimé ses chardonnays, ses pinots aussi, mais je me disais que les vins manquaient de naturel. Je voulais avoir plus de concentration, plus de matière, mais naturellement. Ça voulait dire un raisin plus concentré, avec des rendements moindres. On avait trop de vins avec des colonnes vertébrales un petit peu fluettes, certes avec du fruit, mais les couleurs tombaient plus vite, le vin était un peu léger... Je savais qu'on pouvait faire plus sur nos terres. Il y a eu une vraie rupture en 2003 où mon père m'a complètement passé la main sur les rouges. Les clients ont été prévenus. En terme de vinification, je reste traditionnel, avec 12 jours de cuvaison en moyenne, et une modulation du pourcentage de vendange entière ».


De l'usage de la chèvre à deux becs

Particularité du domaine Coche-Dury, la mise en bouteilles qui se fait toujours « à l'ancienne ». « En 2017, on tire 55 000 bouteilles à la chèvre à deux becs. C'est un travail d'hier que l'on fait aujourd'hui. J'adore le contact de la chèvre à deux becs, même les salariés me demandent de ne pas mécaniser cela. C'est long, bien plus qu'avec un groupe d'embouteillage, mais les choses se font en douceur et le vin n'est pas maltraité ».


Le négoce avec parcimonie

« L'activité de négoce représente 15% de la production, en achat de raisins uniquement. Pas dans le but d'augmenter le volume produit, mais pour pallier aux catastrophes climatiques. Cela nous permet de compléter quelques micro-cuvées. Une démarche quu a pris tout son sens en 2016 quand on a perdu quasiment 60% de la production. Le lendemain du gel, j'ai fait toute la côte en voiture, de Marsannay à Romanèche-Thorins. C'était vraiment une catastrophe historique. Les anciens disaient, «vous avez rien vu les p'tiots »... maintenant on peut dire que les anciens n'avaient rien vu. C'était très compliqué de trouver du raisin à ce moment-là. Là encore, j'ai choisi le réseau humain avec pour seul objectif de remplir le parc à fûts, peu importait l'appellation. On a eu la chance de pouvoir s'approvisionner en mâcon-villages, que l'on a déclassé en bourgogne pour ne pas traumatiser nos clients. Je n'ai pas créé une entreprise à part avec une double gestion commerciale, donc a fondu l'ensemble sous une seule étiquette, Coche-Dury, en perdant le statut de domaine ».


30 ans de liste d'attente

À l'heure actuelle, 55 % des vins du Domaine Coche-Dury sont commercialisés à l'export. « Je considère l'export comme une facilité. Ce sont de gros volumes qui partent loin de nous, on fait des voyages, c'est sympa... Moi je ne sors pas de chez moi, quand je me balade c'est en France. Je vais très rarement à l'étranger, tout simplement parce que le temps me manque. On gère les journalistes comme on gère la clientèle à l'étranger, de manière homéopathique. Si je commence à ouvrir la porte à tout le monde, alors j'arrête mon travail. Mon métier, ce n'est pas de répondre à la presse ou de me promener à l'étranger. On passe un peu pour des dinosaures de ce point de vue-là ! Mon père a visité une partie de la clientèle étrangère quand il a pris sa retraite. Il a pu se balader, il le méritait. C'est le meilleur ambassadeur que je puisse trouver dans mon entreprise ! Et puis, il faut ménager une éventuelle addiction quand vous allez vous balader, que vous êtes invité à faire que des choses extraordinaires... gardons les pieds sur terre et n'oublions d'où l'on vient ».

Raphaël Coche met un point d'honneur à ce que ses vins soient présents en restauration, notamment locale. « Prenons l'exemple du Soufflot, qui n'est pas très loin du domaine. Quand je vais là-bas, je vois des professionnels qui n'ont pas accès à tous les domaines et qui vont goûter sans se ruiner, ainsi que des jeunes qui font barrage à la confiscation des vins de Bourgogne par l'argent ! C'est triste de voir une nouvelle génération qui perd le goût du vin, et notamment des vieux vins, parce qu'on ne lui forge pas le palais, parce qu'elle n'y a plus accès. La précédente avait été imprégnée par des problèmes d'oxydation prématurée qui lui ont aussi fait perdre le goût des vieux vins. Qu'est-ce qui fait rêver mes enfants aujourd'hui ? Quand je descends avec eux à la cave chercher des bouteilles. Ils regardent leurs piles, connaissent leur millésime, ils savent ce qu'ils ont de côté. C'est la notion de pérennité de la bouteille qui les fait rêver. Pour eux, le vin qui vieillit devient un trésor. Plus c'est durable, plus c'est fascinant ».

Le Domaine Coche-Dury dispose également d'une grosse clientèle de particuliers au domaine, des fidèles. « La problématique aujourd'hui, c'est de savoir qui aura le bénéfice d'un allocataire qui se retire, même si très souvent, un membre de la famille prend la suite. Malheureusement, on ne peut plus accueillir de nouveaux clients. On a trente ans de liste d'attente... Quand j'étais gamin, je me souviens de ma mère qui remplissait ses petits cahiers en disant au téléphone : je prends vos coordonnées et on vous rappellera si un jour on a du vin à vendre. C'est frustrant, j'aimerais faire plaisir ».


Textes : Elisabeth Ponavoy

Photographies : Thierry Gaudillère


Repères

Le domaine Coche-Dury a été créé en 1923 par Léon Coche, salarié viticole. Son fils Georges lui a succédé, puis Jean-François, qui s'est installé en 1973. Raphaël Coche a lui rejoint l'exploitation familiale en 1997.

Superficie : 11 hectares, avec une production de 80% de vins blancs.

Commercialisation : 100 % en bouteilles, dont 55% à l'export.

Appellations

Vins blancs : Bourgogne aligoté, bourgogne, Meursault, Meursault village Les Rougeots et Les Chevalières, Meursault premiers crus Caillerets, Genevrières et Perrières, Puligny-Montrachet Les Enseignères et Corton Charlemagne grand cru.

Vins rouges : Bourgogne, Meursault, Auxey-Duresses, Monthelie et Volnay premier cru.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 7 Mai 2020 11:04

JEAN-MARC BURGAUD : MONSIEUR CÔTE DU PY !

Jean-Marc Burgaud est le plus gros exploitant (7 hectares) sur la fameuse Côte du Py de Morgon, l’un des climats les plus célèbres du Beaujolais. C’est également un domaine qui aujourd’hui vend la quasi-totalité de ses vins en bouteilles.



La Côte du Py (cru Morgon) est l'un des lieux-dits, pour le pas dire le lieu-dit, le terroir, le plus connu du Beaujolais. Il est également l'un de plus présents sur les étiquettes puisque sur les 134 échantillons de Morgon présentés lors de notre récente dégustation des crus 2018 (résultats dans BA 152), près de 25 portaient le nom Côte du Py. Jean-Marc Burgaud est l'un des producteurs emblématiques sur le secteur. Retrouvez ci-dessous l'article que nous lui consacrons dans le cahier Beaujolais du dernier Bourgogne Aujourd'hui. Il reste également à lire dans ce numéro 152les commentaires sur la belle dégustation verticale de son morgon Côte du Py cuvée "ronde", que Jean-Marc Burgaud avait organisé, de ses débuts en 1992 à aujourd'hui. 


Avec 7 hectares de vignes en exploitation, Jean-Marc Burgaud est l'un des plus gros exploitants dans le climat emblématique de la Côte du Py de Morgon, dont il explore toutes les facettes avec ses diverses cuvées. La cuvée « de base » provient en effet de 4,5 hectares plantés tout en haut de la Côte, autour de la Croix, 30 ares d'une parcelle située près du domaine une petite centaine de mètres plus bas et 1,20 hectare en milieu de côte, plein sud, au coeur du hameau de Morgon ; l'hectare restant sert à produire deux cuvées parcellaires : La Croix (cuvée James, depuis le millésime 2000), 50 ares plantés en 1965 juste devant la Croix qui trône à 353 mètres au sommet de la Côte du Py et Javernières (depuis 2007), 50 ares exposés plein Est et plantés la même année. L'une des chances de Jean-Marc Burgaud est d'ailleurs d'avoir entre ses mains un formidable patrimoine de vieilles vignes plantées entre 1940 et 1974, avec peu de clones, des vignes qualitatives à haute densité (9 000 à 10 000 pieds/hectare), taillées en gobelet « classique » et résistantes notamment aux maladies du bois ; il s'efforce de les préserver en privilégiant les repiquages des pieds morts aux arrachages.


Mise en bouteilles dès 1989

Originaire de Lantignié, d'une famille de vignerons Jean-Marc Burgaud est arrivé à Morgon en 1989 en reprenant des vignes d'un grand oncle et en se mariant à une fille du village ; 3 ans plus tard (1992) il reprend d'ailleurs 5 hectares de vignes de la famille de son épouse pour porter la taille de son domaine à 9 hectares, dont les 5 hectares du Py autour de la Croix qu'il exploite toujours aujourd'hui. La décision de mettre ses vins en bouteille sera immédiate, avec 4 000 cols dès 1989, une progression en douceur et un vrai décollage en 1999 suite à la rencontre avec un importateur américain ; le domaine couvre alors 12 hectares, il va commercialiser 20 000 bouteilles de l'excellent millésime 1999 et le train est sur les rails. Le domaine va continuer de s'agrandir en reprenant des vignes à Lantignié, à Morgon, pour arriver aux 18 hectares actuels et à la commercialisation de la quasi-totalité de la production en bouteilles (100 000 en année normale) depuis 2009. « Cela m'a permis de traverser la crise, mais je ne fais pas le malin pour autant. J'ai eu de la chance de rencontrer les bonnes personnes aux bons moments », ajoute Jean-Marc Burgaud.

Vinifications traditionnelles

A la vigne, il s'efforce de suivre la tendance « environnementale » actuelle et développe depuis plusieurs années le travail du sol en surface avec des outils adaptés... et les difficultés liées à ces plantations basses en gobelet. L'oïdium est traité à 100% au soufre et le mildiou au maximum au cuivre ; aucun traitement anti-pourriture n'est utilisé et les engrais sont organiques. En vinification, Jean-Marc Burgaud reste fidèle depuis ses débuts à la tradition beaujolaise : en vendange entière (sauf sur une parcelle de Grand Cras) refroidie un peu (23, 24 degrés) mais seulement si la vendange rentre trop chaude comme en 2015 ou 2018 et ensuite une macération semi-carbonique à 25-28 degrés, pas plus, avec un remontage par jour. « J'ai toujours considéré que la semi-carbonique autour de 25 degrés, sans prémacération à froid ni à chaud, était la meilleure façon d'exprimer dans les vins les nuances des terroirs du Beaujolais. Les techniques sont donc les mêmes pour toutes les cuvées et seule la durée de macération varie ; une semaine environ en beaujolais-villages et deux en Côte du Py, mais depuis 2009 c'est moins systématique et cela dépend vraiment du millésime », précise le vigneron. Les élevages se font majoritairement en cuves bétons (à l'exception des deux cuvées parcellaires) sur une dizaine de mois pour la Côte du Py, mais le vigneron n'exclut pas d'utiliser dans un avenir proche des fûts âgés pour élever une partie de la cuvée « ronde » de Côte du Py : « pour affiner encore le travail, pour aller plus loin ».

Textes : Gilles Trimaille et Christophe Tupinier


Repères

Domaine de 18 hectares environ.

GĂ©rant : Jean-Marc Burgaud.

Appellations : morgon Côte du Py (7 ha), morgon Les Charmes (1 ha), morgon Grands Cras (3,5 ha), régnié (90 ares), beaujolais Lantignié rouge (4,6 ha) et beaujolais-villages blanc (80 ares).


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Messagepar Lalex » Jeu 7 Mai 2020 11:04

JEAN-MARC BURGAUD : MONSIEUR CÔTE DU PY !

Jean-Marc Burgaud est le plus gros exploitant (7 hectares) sur la fameuse Côte du Py de Morgon, l’un des climats les plus célèbres du Beaujolais. C’est également un domaine qui aujourd’hui vend la quasi-totalité de ses vins en bouteilles.



La Côte du Py (cru Morgon) est l'un des lieux-dits, pour le pas dire le lieu-dit, le terroir, le plus connu du Beaujolais. Il est également l'un de plus présents sur les étiquettes puisque sur les 134 échantillons de Morgon présentés lors de notre récente dégustation des crus 2018 (résultats dans BA 152), près de 25 portaient le nom Côte du Py. Jean-Marc Burgaud est l'un des producteurs emblématiques sur le secteur. Retrouvez ci-dessous l'article que nous lui consacrons dans le cahier Beaujolais du dernier Bourgogne Aujourd'hui. Il reste également à lire dans ce numéro 152les commentaires sur la belle dégustation verticale de son morgon Côte du Py cuvée "ronde", que Jean-Marc Burgaud avait organisé, de ses débuts en 1992 à aujourd'hui. 


Avec 7 hectares de vignes en exploitation, Jean-Marc Burgaud est l'un des plus gros exploitants dans le climat emblématique de la Côte du Py de Morgon, dont il explore toutes les facettes avec ses diverses cuvées. La cuvée « de base » provient en effet de 4,5 hectares plantés tout en haut de la Côte, autour de la Croix, 30 ares d'une parcelle située près du domaine une petite centaine de mètres plus bas et 1,20 hectare en milieu de côte, plein sud, au coeur du hameau de Morgon ; l'hectare restant sert à produire deux cuvées parcellaires : La Croix (cuvée James, depuis le millésime 2000), 50 ares plantés en 1965 juste devant la Croix qui trône à 353 mètres au sommet de la Côte du Py et Javernières (depuis 2007), 50 ares exposés plein Est et plantés la même année. L'une des chances de Jean-Marc Burgaud est d'ailleurs d'avoir entre ses mains un formidable patrimoine de vieilles vignes plantées entre 1940 et 1974, avec peu de clones, des vignes qualitatives à haute densité (9 000 à 10 000 pieds/hectare), taillées en gobelet « classique » et résistantes notamment aux maladies du bois ; il s'efforce de les préserver en privilégiant les repiquages des pieds morts aux arrachages.

Mise en bouteilles dès 1989

Originaire de Lantignié, d'une famille de vignerons Jean-Marc Burgaud est arrivé à Morgon en 1989 en reprenant des vignes d'un grand oncle et en se mariant à une fille du village ; 3 ans plus tard (1992) il reprend d'ailleurs 5 hectares de vignes de la famille de son épouse pour porter la taille de son domaine à 9 hectares, dont les 5 hectares du Py autour de la Croix qu'il exploite toujours aujourd'hui. La décision de mettre ses vins en bouteille sera immédiate, avec 4 000 cols dès 1989, une progression en douceur et un vrai décollage en 1999 suite à la rencontre avec un importateur américain ; le domaine couvre alors 12 hectares, il va commercialiser 20 000 bouteilles de l'excellent millésime 1999 et le train est sur les rails. Le domaine va continuer de s'agrandir en reprenant des vignes à Lantignié, à Morgon, pour arriver aux 18 hectares actuels et à la commercialisation de la quasi-totalité de la production en bouteilles (100 000 en année normale) depuis 2009. « Cela m'a permis de traverser la crise, mais je ne fais pas le malin pour autant. J'ai eu de la chance de rencontrer les bonnes personnes aux bons moments », ajoute Jean-Marc Burgaud.

Vinifications traditionnelles

A la vigne, il s'efforce de suivre la tendance « environnementale » actuelle et développe depuis plusieurs années le travail du sol en surface avec des outils adaptés... et les difficultés liées à ces plantations basses en gobelet. L'oïdium est traité à 100% au soufre et le mildiou au maximum au cuivre ; aucun traitement anti-pourriture n'est utilisé et les engrais sont organiques. En vinification, Jean-Marc Burgaud reste fidèle depuis ses débuts à la tradition beaujolaise : en vendange entière (sauf sur une parcelle de Grand Cras) refroidie un peu (23, 24 degrés) mais seulement si la vendange rentre trop chaude comme en 2015 ou 2018 et ensuite une macération semi-carbonique à 25-28 degrés, pas plus, avec un remontage par jour. « J'ai toujours considéré que la semi-carbonique autour de 25 degrés, sans prémacération à froid ni à chaud, était la meilleure façon d'exprimer dans les vins les nuances des terroirs du Beaujolais. Les techniques sont donc les mêmes pour toutes les cuvées et seule la durée de macération varie ; une semaine environ en beaujolais-villages et deux en Côte du Py, mais depuis 2009 c'est moins systématique et cela dépend vraiment du millésime », précise le vigneron. Les élevages se font majoritairement en cuves bétons (à l'exception des deux cuvées parcellaires) sur une dizaine de mois pour la Côte du Py, mais le vigneron n'exclut pas d'utiliser dans un avenir proche des fûts âgés pour élever une partie de la cuvée « ronde » de Côte du Py : « pour affiner encore le travail, pour aller plus loin ».

Textes : Gilles Trimaille et Christophe Tupinier


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Domaine de 18 hectares environ.

GĂ©rant : Jean-Marc Burgaud.

Appellations : morgon Côte du Py (7 ha), morgon Les Charmes (1 ha), morgon Grands Cras (3,5 ha), régnié (90 ares), beaujolais Lantignié rouge (4,6 ha) et beaujolais-villages blanc (80 ares).


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 10 Mai 2020 19:02

La grĂŞle trouble la fĂŞte en Champagne

Le 1er mai, la grêle a détruit 215 hectares de vignes dans le département de l’Aisne, soit 0,6% de la surface totale du vignoble champenois.


La fête du travail n’aura pas été celle des vignerons champenois. Le 1er mai, l’Ouest de Château-Thierry, dans l’Aisne, a été touché par des averses pluvio-orageuses localement accompagnées de grêle.

5 jours après l’évènement, le CIVC a consolidé son estimation des dégâts. L’interprofession indique que « plusieurs communes ont été touchées sur l’ensemble de leur vignoble (Charly-sur-Marne, Chézy-sur-Marne, Nogent-l’Artaud, Pavant, Romeny-sur-Marne, et Saulchery), avec des destructions du potentiel de récolte allant de 10 à 70%. »

Selon le CIVC, 215 hectares auraient été détruits à 100% par cet épisode, soit 0,6% du vignoble champenois.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 13 Mai 2020 14:04

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Aubert de Villaine : le gardien du temple (seconde partie) !
Suite de la rencontre avec Aubert de Villaine avec un "menu" consistant : bio, starisation des domaine, prix des vins et des vignes, successions, réchauffement climatique et style des vins, etc.


Voici donc la suite de l'interview d'Aubert de Villaine, le cogérant du domaine de la Romanée-Conti, publiée dans le numéro 149 de Bourgogne Aujourd'hui "25 ans en Bourgogne". Au "menu" de cette seconde et dernière partie de la rencontre avec M. de Villaine : biologie et biodynamie, "starisation" des domaines, flambée des prix des vins, du foncier viticole, problèmes de succession, réchauffement climatique et style des vins de Bourgogne.




Un des faits marquants de ces 10-15 dernières années, c'est le développement rapide de la viticulture biologique et biodynamique. Comment percevez-vous cette tendance lourde ?
Je pense que le bio s'intègre parfaitement à la philosophie bourguignonne. La vie du sol qui nourrit la vigne est un élément essentiel dans la notion de climat, de terroir, elle est le théâtre d'une symbiose permanente, délicate et donc fragile, de millions d'éléments divers. Les molécules des produits chimiques de synthèse peuvent perturber tout cela. Les options bio me paraissent donc extrêmement justifiées, mais elles ne doivent en aucun cas être une religion ; la viticulture biologique doit servir à faire mieux et pas à se donner bonne conscience.


On entend parfois des discours un peu ésotériques autour de la biodynamie. Cela vous dérange-t-il ?
Nous la pratiquons au domaine, et à mon sens, elle permet entre autres d'atteindre ce que j'appellerais une finesse de maturité supplémentaire, mais c'est une biodynamie qui n'a rien de doctrinaire. Il peut y avoir des dérives ésotériques, c'est vrai, mais en Bourgogne, on ne rencontre pas de gourou ! Tous les biodynamistes que je connais la pratiquent en fonction des terroirs, de ses observations et de sa propre philosophie de producteur.


Les vignerons bourguignons sont des gens sceptiques ?
Le vigneron est quelqu'un de concret, qui travaille de ses mains, qui voit le résultat de ce qu'il fait, alors il se méfie, et il ne croit que ce qu'il voit. Ce qui ne nous empêche pas d'être parfois un peu aveugles...


Quelques domaines bourguignons, dont le vôtre, sont devenus des « stars » ? Était-ce inévitable compte tenu de la rareté des grands vins de Bourgogne à l'échelle de la consommation mondiale de vins ?
Si on se place du point de vue de la société qui nous entoure, on observe partout ce phénomène de « starisation » : dans le sport, la musique, le cinéma, les restaurants, la politique, etc. Le public, les médias, tout le monde réclame des stars et le vin n'y échappe pas, quoiqu'on y fasse. L'époque veut cela !


Conséquences de cette starisation, les prix des grands crus et de certains premiers crus sont devenus inabordables et des milliardaires semblent aujourd'hui prêts à toutes les folies pour acquérir non seulement ces vins, mais carrément les domaines eux-mêmes. Si l'on considère que « l'âme de la Bourgogne » reste étroitement liée à la notion de petit domaine familial, cela vous inquiète-t-il ?
Oui, le danger, les problèmes de succession s'aggravant, c'est que de très grands groupes ou fortunes achètent petit à petit les climats les plus connus, et fassent disparaître les domaines familiaux dans des ensembles gérés comme de grandes entreprises. L'image de la Bourgogne est en effet intimement liée à cette multitude de domaines familiaux qui sont la véritable âme de la Bourgogne ! Ceci dit, prenons l'exemple du Clos des Lambrays, à Morey-Saint-Denis, racheté par la famille Arnault à une famille allemande qui l'avait elle-même acheté aux frères Saier : aucun de ces précédents propriétaires n'était Bourguignon... Si la famille Arnault gère le clos non pas comme la filiale d'un grand groupe aux moyens financiers illimités, mais dans un esprit familial et d'intégration au modèle bourguignon, comme cela a été le cas depuis des décennies, alors il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas.


Pour vous, le problème n'est donc pas celui de la nationalité de l'actionnaire, mais bien de son état esprit quand il arrive en Bourgogne ?
De personne et d'état d'esprit, en effet. Il ne serait pas correct de faire des jugements a priori. Attendons de voir ce que font ces nouveaux arrivants et puis c'est peut-être aussi à nous, Bourguignons, de leur expliquer qu'il ne faut pas arriver ici avec un esprit trop vorace, qu'il faut rester humble, chercher à s'intégrer à un magnifique modèle, à une culture ancienne, à la préserver et non pas à la conquérir.


Craignez-vous quand même que dans 20 ans une part importante de ces propriétés familiales ait été cédée à des investisseurs français ou étrangers ? La pression est forte dans de nombreux domaines...
Des domaines ont été obligés de vendre pour des raisons qui peuvent être diverses, en général, liées au passage d'une génération à la prochaine : droits de succession trop élevés ou rachat des parts impossible pour celui ou ceux qui veulent rester à cause de la valeur du bien, ou aussi parfois personne pour reprendre un domaine où le professionnalisme est indispensable. Quant à ceux qui, uniquement pour profiter des prix actuels élevés, vendraient des vignes reçues de leurs parents et grands-parents qui ont construit un domaine à la sueur de leur front, cette idée me dérange et en plus, je pense qu'ils feraient une erreur qu'ils ne pourraient que regretter. Dix ans après avoir reçu beaucoup d'argent, on a vu tant d'exemples de deux personnes sur trois qui en avaient perdu la moitié... De plus, il me semble que la vraie vie, c'est bien plus que posséder de l'argent !


Changeons radicalement de sujet avec le réchauffement climatique qui rythme la vie des Bourguignons depuis 2003, avec de plus en plus de vendanges au mois d'août. Est-ce un danger ou une chance pour la Bourgogne qui dans le passé a quand même souvent connu des problèmes de maturité des raisins ?
Dans les années 1970, la date moyenne de vendange au domaine était le 5 octobre ; aujourd'hui, c'est autour du 15 septembre. On a gagné trois semaines, les deux tiers « grâce » au réchauffement et le dernier tiers grâce aux méthodes culturales ; c'est mon estimation toute personnelle que n'appuie aucune statistique ! Aujourd'hui, les raisins mûrissent en août, début septembre, alors que les journées sont encore chaudes et longues alors qu'avant ils mûrissaient plus lentement, en septembre, dans des conditions plus fraîches, avec un soleil moins fort. Ils mijotaient davantage. J'espère simplement que le réchauffement ne va pas imposer des canicules répétées tous les ans ; si c'était le cas, nous nous retrouverions alors tous les ans dans la configuration de ce que l'on appelait dans le passé un « grand millésime » et l'on n'aurait plus cette diversité de millésimes qui fait le charme et l'identité de la Bourgogne. Les grands millésimes « solaires » font de très beaux vins, riches, qui normalement vieillissent bien, mais puissamment, avec des arômes plus carnés que floraux. Ils évoluent très différemment de ces millésimes moins mûrs que j'aime et que tant d'amateurs de Bourgogne aiment, qui, avec le temps, développent, grâce entre autres à leur acidité, une grande élégance et des arômes plus fragiles, mais aussi plus subtils, que j'assimile souvent personnellement au parfum délicat du pétale de rose fanée.


Pour vous, un grand millésime bourguignon de pinot noir, ce n'est donc pas 1947, 1959, des années très chaudes, mais plutôt des années moins « parfaites » ?
Les deux millésimes du siècle dernier qui m'ont le plus impressionné n'ont pas une immense réputation : 1953 et 1962. Ce sont des millésimes mûrs, sans excès et qui avaient gardé beaucoup de fraîcheur, de précision. On peut se demander si 2017, qui était moins mûr, plus « normal » que 2015 et 2018 ne sera pas plus intéressant au vieillissement ? Ces dernières années, 2016 nous a fait peur à cause du gel de printemps, mais les vins sont finalement aussi concentrés que les 2015 et 2018 mais plus purs, plus précis ; je pense qu'il va peu à peu s'imposer en rouge comme le très grand millésime de ces dernières années.


Votre vision est-elle la mĂŞme en chardonnay ?
En blanc, il faut faire attention à ne pas aller vers le trop « tendu » en voulant éviter la lourdeur. La Bourgogne n'a pas construit sa réputation en chardonnay sur des blancs tranchants, mais sur des vins qui ont de la fraîcheur, bien sûr, mais aussi de l'opulence, du gras. Ce n'est pas simple, surtout avec la nouvelle donne climatique, mais il va falloir trouver un équilibre à la vendange entre de belles maturités et l'acidité, pour continuer de faire des vins riches et équilibrés.


Ces 25 dernières années ont également été marquées par une progression qualitative fulgurante d'appellations, comme Marsannay, Saint-Aubin, Monthelie, Pouilly-Fuissé... voire de régions entières comme la Côte Chalonnaise, où vous êtes d'ailleurs propriétaire d'un domaine depuis 1973. Cela vous a-t-il étonné ?
En ce qui concerne la Côte Chalonnaise où j'ai beaucoup de mon coeur pour y avoir vécu et fait du vin pendant près de 50 ans, on peut dire qu'elle a été entraînée dans la même dynamique positive que la Côte-d'Or, avec laquelle il faut dire qu'elle fait géographiquement corps ; il y a donc eu une forme de progression logique, presque mécanique... mais il est possible de faire encore bien mieux. Les vignerons le savent bien. Beaucoup de vignes productives ont été plantées dans les années 1960, 1970 ; beaucoup ont été arrachées et replantées mais il reste du travail à faire ! J'avoue aussi que cela m'ennuie de voir des vignes vendangées à la machine. Quand on veut faire un vin qui exprime le vrai caractère d'un terroir, la main de l'homme est essentielle et le tri à la vendange est le dernier geste manuel où l'on peut avoir une action déterminante sur la qualité du raisin amené en cuverie. Même bien menée, la machine ne peut pas faire un travail équivalent à celui de l'homme, pour le moment au moins, en attendant l'ère des robots intelligents (dont l'intelligence ne peut qu'être mise en doute...).

Pour ces secteurs qui étaient peu connus du public dans les années 1960, sauf bien sûr Pouilly-Fuissé, cette progression qualitative est allée de pair avec une notoriété grandissante. La qualité crée le marché et vice versa. C'est un cycle vertueux. Et puis, on voit des vignobles comme Pouilly-Fuissé qui vont faire reconnaître leurs meilleurs coteaux en premiers crus. La dynamique actuelle va, je pense, dans le sens de donner peu à peu une identité à de plus en plus de climats, y compris d'ailleurs dans les appellations régionales. En Bourgogne Côte Chalonnaise comme dans la nouvelle appellation Bourgogne Côte-d'Or, il existe beaucoup de climats qui se distinguent les uns des autres, tout autant qu'en appellations villages ou premiers crus.


Que souhaitez-vous pour la Bourgogne ?
Tout simplement qu'elle s'entête à préserver et transmettre ce qu'elle a reçu...



Repères

Quelques dates importantes dans la vie d'Aubert de Villaine

1965 : Mon arrivée au Domaine de la Romanée-Conti.
1973 : Acquisition du domaine de Bouzeron, en CĂ´te Chalonnaise.
1976 : Arrivée de la première table de tri au Domaine.
1977 : L'INAO reconnait l'AOC Bourgogne Aligoté Bouzeron.
1985 : La biologie au Domaine de la Romanée Conti et à Bouzeron.
1990 : l'INAO reconnait l'AOC Bourgogne CĂ´te Chalonnaise.
1995 : Début du travail au cheval sur 6 hectares du Domaine, dont la Romanée-Conti et le Montrachet.
1995 : Création du GEST (Groupement d'étude et de suivi des terroirs) par un groupe de viticulteurs.
1997 : L'INAO reconnait l'appellation-village Bouzeron issue à 100% du cépage aligoté.
2006 : La biodynamie au Domaine de la Romanée-Conti.
2006 : Création de l'Association pour la Sauvegarde de la Diversité des Cépages de Bourgogne.
2006 : Création de l'association pour l'inscription des Climats du vignoble de Bourgogne sur la liste du Patrimoine mondial et décision de présenter la candidature à l'Unesco.
2015 : Le 4 juillet Ă  Bonn, inscription des Climats du vignoble de Bourgogne sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 2 Juin 2020 11:49

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Une floraison "explosive" !
La floraison se fait en 2020 à la vitesse d'un TGV et les vendanges devraient de nouveau débuter au mois d'août... Sauf si un été médiocre et/ou une production trop "généreuse" venaient changer la donne.




"En début de semaine dernière (le 18 mai), je ne trouvais qu'ici et là quelques fleurs dans les vignes ; vendredi (22 mai) les trois-quarts de nos 20 parcelles de référence floraison avaient dépassé le stade mi-floraison, à partir duquel on compte 90 à 100 jours jusqu'aux vendanges. On peut parler d'une floraison précoce et explosive, sous l'effet de conditions météo très favorables", assure Christine Monamy, technicienne à l'interprofession des vins de Bourgogne (BIVB). Faites les comptes vous mêmes... 22 mai + 95 jours (90 à 100...) = une date moyenne de vendange vers le 27 août en vins tranquilles en sachant que dans les secteurs précoces, la récolte pourrait début bien avant, comme d'ailleurs pour le crémant de Bourgogne.

Et le constat fait hier dans le Beaujolais par Florence Herthaud, technicienne à la chambre d'Agriculture du Rhône est le même. "Dans les secteurs précoces la floraison se termine et ailleurs elle est déjà bien avancée. Depuis la création en 1993 du réseau de référence (30 parcelles) floraison du Beaujolais, la date moyenne de fin de la fleur est le 11 juin. A noter que les deux années les plus précoces à ce jour sont 2007 et 2011 avec une fin de fleur au 26 mai. 2020 aura quelques jours de retard sur ces deux années, mais cela reste une année très précoce".

Il est donc probable que dans les deux régions les premiers coups de sécateurs seront une fois de plus donnés à la fin du mois d'août, même si deux facteurs peuvent encore changer la donne : une été médiocre, frais, humide, qui ralentirait la maturation et/ou une récolte abondante qui aurait le même effet ; le cumul des deux pouvant être catastrophique. Si pour le premier point, on peut simplement constater que le dernier été véritablement médiocre remonte à loin (2011 en Bourgogne, 2008 dans le Beaujolais), ce qui ne présage évidemment de rien pour 2020, pour le second point, on commence d'y voir un peu plus clair. "Il est évident qu'il y a une belle sortie de raisins et même si les nuits sont un peu fraîches depuis samedi dernier, le temps est sec ; coulure et millerandage devraient être très limités. Il y aura globalement une récolte abondante", reconnaissait ce matin un vigneron de Gevrey-Chambertin joint au téléphone. "Quand je vois le nombre et la taille des grappes dans certaines vignes, je me demande s'il n'y aura pas autant de récolte qu'en 2018, voire plus", complète un vigneron de Côte de Beaune.

Il est encore un peu tôt pour estimer le volume global de la prochaine récolte. La phase de la nouaison va s'enchaîner derrière la floraison et les fleurs vont alors se transformer en fruits. On y verra beaucoup plus clair dans quelques semaines, mais une récolte abondante est toujours considérée comme potentiellement "à risques"... La Bourgogne et le Beaujolais avaient eu la chance en 2018 (article ci-joint) de bénéficier jusqu'à la dernière minute de conditions météo fantastiquement favorables pour faire mûrir des récoltes parfois très excessives, mais les miracles se reproduisent rarement deux fois quasiment de suite...


Christophe Tupinier


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