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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:46

Je pense que tu ne risques rien, Alex, ils ne sont pas vindicatifs :D
L'exclusion n'est pas pour demain:


Tu crois ?! :D ;)

sans toi, qui tiendrait la revue de presse ;)


Thierry, tu as raison, il faut que je me montre irréprochable et indispensable...Je me remet de suite au boulot! :lol: :lol: :jesors:

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:49

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Gel, la reprise des combats !
Et voilĂ  de nouveau le gel, qui a fait des siennes ce matin, du nord au sud de la Bourgogne.





Après une fin d'hiver très douce et un réveil précoce de la végétation, les vignes se retrouvaient en ce début de mois d'avril sous la menace du gel, qui a de nouveau sévi ce matin et ce du nord au sud de la Bourgogne. A Chablis, tout au nord de la région, comme dans l'appellation Viré-Clessé, dans le Mâconnais, 200 km plus au sud, des températures négatives très proches ont été relevées, entre -1 et -4, voire -5 degrés dans les parties les plus basses comme notamment dans la zone de l'AOC Bourgogne blanc, à Puligny-Montrachet, en Côte de Beaune.


Même si à l'heure actuelle l'étendue des dégâts est impossible à estimer comme nous l'expliquait il y a quelques minutes, Thiébault Huber, le président de la CAVB (syndicat des vignerons de Bourgogne), la comparaison avec 2016 s'arrête là. En 2016, le gel est arrivé beaucoup plus tard, fin avril et dans un vignoble à la végétation déjà très avancée et qui ne s'y attendait pas. En dehors en effet du Chablisien, où le gel reste chaque année une menace, la Bourgogne n'avait plus connu de dégâts significatifs depuis 1991.


Une part importante de la récolte avait été gelée en 2016, dans l'Yonne, en Côte-d'or et dans le nord de la Saône et Loire et la Bourgogne était à nouveau passée tout près de la correctionnelle en 2017. Résultat, les vignerons se sont organisés, avec la mise en place de systèmes collectifs à l'échelle des villages, il s'agit de systèmes d'allumage de bottes de paille, la fumée faisant écran au soleil qui grille les bourgeons au lever du jour, d'éoliennes* amovibles et automatiques (sur chassis-remorque qui se déclenchent dès que la température descend trop bas) couplées à des chaufferettes, comme à Meursault, qui brassent et réchauffent l'air en couvrant 4 hectares par éolienne, mais aussi de dispositifs individuels de grosses bougies de 80 kg.


Ce matin, les différents dispositifs ont été mis en action et ce tout particulièrement dans les vignobles de vins blancs (le chardonnay étant bien en avance cette année sur le pinot noir), du Chablisien, mais aussi de la Côte Chalonnaise, à Rully et de la Côte de Beaune, à Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-montrachet, ainsi qu'à Volnay, vignoble de pinot noir mais très précoce, ou encore à Savigny-lès-Beaune, vignoble également à dominante pinot noir, mais assez frais et où le gel avait fait des dégâts considérables en 2016.


* Coût autour de 30 000 euros HT par éolienne.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:56

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Michel Rolland : "Les vins de Bordeaux 2018 sont concentrés et matures
L'œnologue Michel Rolland, qui conseille de nombreux châteaux à Bordeaux, livre ses impressions sur les vins du millésime 2018 à l'occasion de l'ouverture des dégustations en primeur au château La Dominique, à Saint-Émilion.




> Gwendeline Lucas, directrice générale des vignobles Fayat :
C'est le démarrage de la semaine des dégustation des vins de Bordeaux en primeur. Nous recevons au château La Dominique, dans notre chai, les professionnels du vin, du monde entier, qui viennent découvrir le millésime 2018. Plus de 200 propriétés sont représentées aujourd'hui. Elles ont pour point commun d'être conseillées par le consultant Michel Rolland.

> Michel Rolland, Ĺ“nologue :
Le millésime 2018 est caractérisé par une fin d'hiver et un printemps humides. Cette humidité a entraîné une sensibilité au mildiou, et certaines propriétés ont souffert. Il y a également eu deux orages de grêle, qui ont ravagé 10% du vignoble bordelais. Ce n'est pas une année exceptionnelle en volume, car il a fait relativement chaud et sec. Mais cela n'a fait que renforcer la qualité. Nous n'avons pas la régularité que nous avions en 2016, mais on a des vins de très belle qualité avec de belles concentrations et maturités. Les vins n'ont pas cuit. Je pense que parmi toutes les propriétés se cachent des vins exceptionnels en 2018.

> Philippe de Cantenac, organisateur des Championnats de dégustation de La RVF :
Est-ce que l'on peut véritablement parler d'un millésime exceptionnel ? Nous sommes en présence de vins tendus, fins, riches et gourmands. Les vins du millésime 2018 seront bons dans leur jeunesse, et vieilliront bien.

> Gwendeline Lucas :
Nous avons organisé un bel événement au restaurant "La Terrasse Rouge, un restaurant Nicolas Lascombes", au château La Dominique. Nous avons mis cette année le Sud-Ouest à l'honneur, en invitant quatre chefs étoilés pendant une semaine, jusqu'au 4 avril. Le public est invité à réserver une table au restaurant s'il souhaite pouvoir déguster notre vin en accord avec un plat signé par l'un des chefs étoilés.


Video Ă  consulter directement sur le site de la RVF.


www.larvf.com

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 13:06

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[PRIMEURS] Avec 2018, « on a 7 millésimes du siècle dans le siècle »
On a pu entendre de l’enthousiasme autour de ce 2018. Le ressenti du Compte Stephan von Neipperg, à la tête des châteaux Canon La Gaffelière (1er grand cru classé de Saint-Émilion), La Mondotte (1er grand cru classé de Saint-Émilion), Clos de l’Oratoire (grand cru classé de Saint-Emilion), château Peyreau (grand cru de Saint-Emilion), château d’Aiguilhe (castillon – côtes de Bordeaux), Clos Marsalette (pessac-léognan).


« 2000, 2005, 2009, 2010, 2015, 2016, 2018… Déjà, si on fait le compte, on est à sept millésimes du siècle dans le siècle, non ? » sourie Stephan von Neipperg lorsqu’on lui demande de situer ce 2018. « Je pense que c’est un très beau millésime. Je trouve que ce qui est formidable dans ce 2018, c’est qu’il est à la fois puissant et frais, avec beaucoup de fruit. Quelquefois les vins sont un peu trop frais ou un peu trop tanniques avec des tanins durs, mais là, ce n’est pas le cas. En juillet, on était inquiets, c’était l’un des millésimes les plus pluvieux qu’on avait jamais eus. En bio, c’est le millésime le plus compliqué sur mes 35 années passées à Bordeaux. Je n’ai jamais vu ça. 2015 était pas mal dans son genre, mais a viré au beau fin juin, et il pleuvait moins. Dans le bio, dès qu’il pleut 30 mm, la porte est ouverte au mildiou. Si on ne peut pas la refermer en traitant, pour des questions de personnel ou de sols, on sait qu’on verra des dégâts plus ou moins grands sous quinze jours à trois semaines. Finalement, si on regarde maintenant ce qui est sorti de ce 2018, c’est assez formidable. En quantité, La Mondotte a fait le plus grand millésime de son histoire. »


www.terredevins.com


Alex,

Ps: Quels chanceux ces Bordelais...! :cheers:
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 13:11

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[PRIMEURS] Jean Coussau : « le Bordeaux Bashing n’est pas arrivé dans les Landes »
Après Nicolas Magie, rencontre avec Jean Coussau, l’un des quatre chefs étoilés du Sud-Ouest qui, durant la semaine des Primeurs, ont été invités à signer un plat à la Terrasse Rouge, le restaurant du château La Dominique, grand cru classé de Saint-Emilion – en partenariat avec Les Clés de Châteaux / Rolland Consulting. Rencontre avec un Gascon pur jus, qui tient ses deux étoiles au Relais de la Poste (Magecsq, Landes).




Comment avez-vous accueilli l’idée de signer ce plat autour du canard durant la semaine des Primeurs ?
J’ai été approché par les équipes du château La Dominique et, étant ami de longue date avec la famille Fayat, j’ai tout de suite dit oui. Je me déplace très rarement de chez moi, il m’arrive de faire quelques exceptions… Le canard c’était une évidence, j’avais à cœur de montrer que le magret et le foie gras sont des produits délicieux quand ils ne sont pas galvaudés. Nous les avons faits venir d’une petite exploitation dans les Landes. Autant que possible, je travaille des produits très locaux ; nous avons la chance d’avoir dans les Landes de petites exploitations, notamment tenues par des jeunes, qui travaillent de beaux produits, sur des circuits courts. Il faut les valoriser, et valoriser la transmission.

Cette notion de transmission, elle est centrale dans la famille Coussau ?
Mon père a créé le Relais de la Poste en 1950. J’ai repris les rênes avec mon frère Jacques, qui s’occupe de la cave, il y a 28 ans. Nous avons deux étoiles au guide Michelin depuis 1971. Après nous, heureusement se profile une nouvelle génération, avec la fille de Jacques, Clémentine, qui nous a rejoints après être passée dans de belles maisons françaises (Dutournier, Marcon, Chibois…) Cela nous rassure qu’elle soit à nos côtés depuis quatre ans, on lui apprend comment faire venir 15 000 personnes à Magecsq, un bled de mille habitants, même si nous accordons une importance colossale à notre clientèle locale.

Quel rapport entretenez-vous avec le vin ?
Je m’intéresse au vin depuis que j’ai 14 ans ! J’ai passé le concours de Meilleur sommelier junior en 1968 à Lyon, j’ai toujours été passionné par ce produit. Mais c’est mon frère Jacques qui gère en priorité la cave du restaurant. Comme il a huit ans de moins que moi, quand il est arrivé je lui ai mis le pied à l’étrier. Le vin correspond à nos valeurs de terroir, de culture, de tradition que nous essayons de préserver. Aujourd’hui ces valeurs sont attaquées de partout, on voudrait pratiquement nous interdire la pêche, la chasse, par des personnes qui souvent ignorent tout de la vie dans le monde rural. Concernant la carte du restaurant, nous avons 85% de vins de Bordeaux, un vignoble avec lequel nous entretenons des liens forts, et puis dans les Landes n’est pas arrivé encore le « Bordeaux Bashing ». A titre personnel, j’ai un petit faible pour le Saint-Julien, le grand médoc classique.

Que vous racontent-ils, ces grands vins du MĂ©doc ?
Je vais avoir 70 ans dans quelques jours, mes copains de chasse et de golf m’ont offert un peu à l’avance deux bouteilles de Cos d’Estournel 1949, mon année de naissance. On les a bues ensemble, les vins étaient encore magnifiques de fraîcheur. C’est le privilège des grands vins et la force des grands terroirs, cette capacité à vieillir. La carte des vins du restaurant fait une quarantaine de pages, avec beaucoup de vieux millésimes – ce qui est regrettable c’est que ces vieux vins sont presque toujours bus par des clients étrangers. L’an dernier, sept personnes de Shanghai, qui allaient à Bayonne, se sont arrêtées à Magescq, ils ont commandé des Petrus 1982, Cos d’Estournel 1955, des bouteilles incroyables. Ils sont revenus le soir après la corrida, ils ont fait la même chose ! Et ils n’ont pas choisi les vins au hasard.

Vous avez le sentiment que cela se perd, cette culture du « bon produit » ?
Pas du bon produit, au contraire on constate que beaucoup de jeunes viennent au restaurant pour connaître la vraie cuisine, des produits de tradition, avec de la traçabilité, de vraies sauces. En revanche, au niveau des vins, il y a une grosse éducation à refaire. On a beaucoup mis en avant, depuis des années, des vins jeunes, exubérants, « sur le fruit », ce qui a contribué au succès des vins du Nouveau Monde. Je peux vous dire que mon Cos d’Estournel 1949, il était encore sur le fruit ! Tout est une question d’éducation. Dans ma famille, nous avons transmis ce goût du vin, mon père a créé la cave, aujourd’hui mon frère est encore plus passionné que moi.

Quel est votre plus beau souvenir de dégustation ?
Eh bien ces bouteilles de Cos d’Estournel 1949, bues tout récemment avec des amis chers, c’est un grand souvenir. J’ai aussi eu la chance de goûter un Latour 1928 chez un ami, tout à fait exceptionnel. Le souci de ces grands vins est qu’ils sont devenus hors de prix. Je n’hésite pas à dire à certains copains bordelais qu’ils ont la mémoire courte, il vaut mieux être précautionneux et rester modeste. C’est un peu comme les chefs, certains sont très sympas, d’autres ne touchent plus le sol – ils n’ont pas des toques, ils ont des montgolfières ! C’est pour ça que j’ai refusé de tourner dans « Top Chef », les jours où je ne suis pas en cuisine je préfère aller à la chasse ou jouer au golf.

La suite de votre passion du vin, c’est qu’aujourd’hui vous avez votre propre vigne, une « vigne d’amitié » comme vous l’appelez.
Ce vignoble est né pour mes 50 ans. Mes copains se sont réunis et m’ont offert 50 arbres fruitiers avec le conservatoire d’Aquitaine. Mon frère m’a offert 1200 pieds de vigne. Restait à les planter… dans les terroirs de sable des Landes ! Tout a été pris en main par l’équipe technique de Malartic Lagravière, qui sont des amis. La première année en 2002, on a vinifié dans une chambre, aujourd’hui nous avons de vraies installations techniques. C’est un vignoble que l’on conduit pratiquement en bio, mais il faut être vigilant par rapport à certains parasites et à l’influence de l’océanique qui est très proche. On produit à peu près chaque année 900 bouteilles de rouge et 300 bouteilles de rosé de saignée ; pratiquement tout est consommé au restaurant, à l’exception de mes amis Alain Dutournier et Michel Guérard qui ont quelques bouteilles ; sans oublier l’association « Les amis de la petite lagune », des amis qui viennent pour les vendanges ou la mise en bouteille, et qui en consomment pas mal aussi !

Quand on est un chef reconnu, ça fait quoi de produire son propre vin ?
C’est un aboutissement ! J’ai toujours dit « l’aboutissement pour un chef, c’est de faire son propre pain et son propre vin ». Voilà, maintenant j’y suis.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 9 Avr 2019 13:16

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Domaine Tetramythos | Voyage en terre hellénique
Comme toujours, notre équipe passionnée a à cœur de rechercher des petites pépites au-delà de nos frontières. Nous vous invitons donc à nous suivre sur les pourtours de la Méditerranée à la découverte du vignoble grec. Car, au nord du Péloponnèse, se niche un petit domaine qui nous a plu à bien des égards. Allez, on embarque ?




Imaginez-vous entre 400 et 1 000 mètres d’altitude, au beau milieu d’une région tapissée de pins d’Alep qui, bercés par les vents du golfe de Corinthe, côtoient des vignes sous un soleil méditerranéen idyllique. Poursuivons un peu notre route sur ces terres d’Achaia pour apercevoir le domaine Tetramythos. En discutant avec les habitants de la ville voisine de Patras, vous apprendrez que, forte d’une histoire vinicole très riche, la région s’est faite connaître pour ses vins élevés en amphore. En effet, c’est ici que ces premiers « pithos » ont été fabriqués.

A l’heure où les vins élevés dans ces contenants font des émules parmi les professionnels convaincus par leurs vertus, et attisent les convoitises des amateurs avertis, nous souhaitions vous présenter ce domaine étranger qui incarne merveilleusement le dynamisme de la viticulture locale. Vous semblez piqués par la curiosité cher lecteur. Poussons donc la porte de ce domaine mythique, voire mystérieux, pour nous faire accueillir par Panayiotis Papagiannopoulos. Après avoir fait des études d’œnologie à Athènes dans les années 1990, puis avoir exercé la profession de consultant, cet homme a choisi d’endosser le rôle de vigneron et de reprendre ce domaine de 10 hectares. Depuis lors, il cultive les cépages autochtones uniques qui nous fascinent par ses noms exotiques que sont le mavro kalavrytino, ou le roditis.

Souhaitant faire de ses vins un réel reflet de ce terroir sableux et graveleux unique, où les pins offrent leurs arômes résineux aux baies poussant aux alentours, Panayiotis Papagiannopoulos a opté pour une culture et une vinification les plus naturelles possibles. On susurre même à notre oreille que ses nectars rappellent à s’y méprendre ceux que buvaient ses ancêtres antiques.

Vins naturels, élevés en amphores, vins blancs de macération ou encore retsina, tout ce qui naît de la main de ce vigneron talentueux commencent à connaître un succès bien au-delà de ses frontières. Et pour cause, leur minéralité, leur salinité et leurs notes d’agrumes les dotent d’une fraîcheur et d’une accessibilité édifiantes, voire exemplaires.


www.idealwine.net


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 9 Avr 2019 13:38

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Le vin et le bio #9 - En Champagne, la bulle se mouille
Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave chez Roederer, a été le premier dans les « grandes maisons » à se lancer en bio et biodynamie. Expérience et bilan. Propos recueillis par Jacques Dupont


Le personnage est un puits de science modeste et il n'aime guère que l'on évoque son CV de major, premier de la classe, et son parcours sans fautes. Mais, de ses études scientifiques, pas grand-chose ne le prédestinait à devenir un adepte du, et encore moins de la biodynamie, sauf peut-être son esprit critique et sa curiosité. Il a en plus la chance de travailler dans une maison qui assure une très grande partie de ses approvisionnements en raisins depuis son propre domaine viticole et avec pour patron Frédéric Rouzaud, lui aussi curieux et assez éloigné des préventions et clichés que l'on attribue ordinairement aux grands patrons de lignée. Roederer, dans l'univers des marques champenoises, occupe une place originale, parfois jalousée. D'autant que la maison est également propriétaire de plusieurs crus bordelais, dont Poichon Comtesse, grand cru classé de pauillac, et les fameux domaines Ott en Provence.






Le Point : Tu es issu d'un parcours universitaire remarquable : de très brillantes études en agronomie, œnologie, etc. Vastes connaissances en chimie, biologie, etc. Pourtant, tu as adopté pour les vignobles Roederer les principes de la biodynamie. Tous les principes ? Ou bien fais-tu tes courses parmi les remèdes, les solutions que ce mode de culture propose ?
Jean-Baptiste LĂ©caillon
:Mon approche est simple, pragmatique, et je dirais chargée de « bon sens paysan », car je considère l'agronomie plus comme un art que comme une science. Un art, car l'agronomie est intimement liée au développement de nos civilisations… Nous gérons, au quotidien, et pour le long terme, ce patrimoine vivant « terre » qui nous a été confié. Après les études agronomiques, c'est ma rencontre avec Bill Mollison, inventeur de la permaculture, en Tasmanie au début 1990 qui a été le véritable déclencheur : j'ai pris pleinement conscience de notre responsabilité dans le fonctionnement d'un écosystème global, équilibré, où tous les éléments travaillent en synergie… C'était l'époque de ma prise de conscience qu'un système en monoculture, productiviste, était fragile, de plus en plus dépendant de la chimie humaine, et ne pouvait donc être suffisamment résilient ni durable. La biodynamie, que j'ai découverte plus tard, est intéressante car elle rejoint cette démarche ambitieuse par son approche goethéenne. Cependant, permaculture comme biodynamie ne sont que des outils, des expériences, au service de l'agronomie. Ces démarches nous permettent d'être encore plus affûtés dans nos démarches paysannes. Nous sommes certifiés en biodynamie Demeter sur seulement 10 hectares, mais j'applique les outils principaux de la biodynamie (préparations, tisanes, composts...) sur la totalité des 122 hectares en certification bio.


Le personnage qui a « inventé » la biodynamie est controversé : Rudolf Steiner. Sa pensée fait l'objet de critiques virulentes. Pour le moins, on lui reproche de mélanger astrologie, vieilles croyances de l'époque des sorcières et bon sens paysan. Le philosophe Michel Onfray lui consacre un chapitre dans Cosmos pour dénoncer son charlatanisme dangereux. Et pourtant, la biodynamie appliquée aux vignes semble plutôt bien fonctionner. Comment l'expliquer ?
Le débat sur Steiner doit être pacifié et je ne souhaite pas ouvrir un débat philosophique. Son approche spirituelle est probablement critiquable sur certains points, mais elle a eu le mérite de poser quelques garde-fous au moment où la chimie issue de la Première Guerre mondiale devenait très puissante. Il y avait probablement une dimension « inhumaine » dans cette chimie responsable de tant de cruautés pendant la guerre. Le risque était grand que cette nouvelle puissance, mal utilisée, vienne perturber le fonctionnement des écosystèmes et des traditions artisanales de nos sociétés : une révolution agricole était initiée, mais sans que l'on sache où elle allait mener. Pour le meilleur ou pour le pire ? Sur ce point, Steiner avait malheureusement raison. Le fait qu'il ait puisé dans les traditions agricoles ancestrales quelques pratiques « obscurantistes » était probablement nécessaire à sa démonstration dans son Cours aux agriculteurs… Mais cela prouvait aussi sa large investigation pour trouver des solutions plus « naturelles ».
Mon explication du fonctionnement de la biodynamie ? C'est tout simplement une histoire d'homme et certainement pas une nouvelle liste de préparations ou pratiques agricoles magiques, comme certains le pensent car ils ont été habitués (et formés) à appliquer des recettes efficaces. Ce n'est donc pas un changement de recette.
La biodynamie appliquée aux vignes, c'est une (re)prise de contact, un retour du paysan sur ses terres. Il y met son âme, sa passion, sa sensibilité, son observation longue et posée, il veille aux équilibres et n'abuse pas de techniques agricoles agressives (chimique ou physique). Il favorise la biodiversité et les synergies. Il prend des risques, chaque jour, et apprend de ses erreurs en innovant constamment. L'agriculture devient alors culture et innovation… et le paysan devient l'observateur, le guetteur, de l'écosystème. Il ne veut pas le dominer, il veut mieux le comprendre pour en tirer le meilleur parti. Le paysan en biodynamie ou permaculture est un chef d'orchestre tirant le meilleur parti des musiciens (les éléments naturels) en interprétant la partition (l'objet de sa production).


L'avenir de la viticulture sera-t-il bio, biodynamique, ou plus simplement un retour vers des pratiques anciennes, dont la prévention et l'observation sont les clés de voûte ?
Tu as ma réponse dans les lignes précédentes : bio et biodynamie ne sont que des outils, des moyens. Le véritable enjeu est le retour à des pratiques humaines, sensibles, esthétiques et raisonnables. On pourrait citer ici un autre père de la permaculture, le Japonais Masanobu Fukuoka : « Le but ultime de l'agriculture n'est pas de faire pousser des récoltes, mais la culture, l'accomplissement et la perfection des êtres humains. »


Que penses-tu du recours aux cépages dits résistants qui commencent à se planter dans certains vignobles, des cépages obtenus par hybridation et censés résister aux maladies actuelles comme le mildiou ou l'oïdium ?
J'ai, je l'admets, un regard assez inquiet sur ce sujet. La chimie comme la génétique sont des avancées scientifiques majeures et merveilleuses. Or ce n'est jamais l'idée qui pose problème, mais les abus dans son utilisation ! Nous avons tous besoin de la science pour progresser, l'intelligence artificielle nous fait aujourd'hui beaucoup avancer… Ce qui est dangereux, c'est son utilisation abusive. Après le règne de la chimie, devenue moins « populaire » aujourd'hui, voilà que l'on présente la génétique comme nouvelle solution miracle… pour régler les excès récents de la chimie ! J'ai bien peur que l'on aille vite, bien trop vite, sur ce sujet. Il faut se donner le temps et prendre toute la mesure de ces décisions. Et il faut que tout le monde soit convaincu que nous ne ferons pas l'économie, entre-temps, d'une bonne cure « bio ». S'il s'agit d'ouvrir la voie à la biodiversité, alors oui ! Ce sera une approche identique à celle des hybrideurs de la fin du XIXe siècle, qui a eu beaucoup d'échecs mais quelques belles réussites aussi ! S'il s'agit de préconiser ces cépages comme la voie « facile » pour ne plus polluer, alors on risque d'avoir une sacrée « gueule de bois », car cela revient à programmer la destruction de toute la biodiversité qui a fait notre richesse depuis des siècles. Je crois beaucoup plus à la sélection massale (préclonale), qui est déjà un réservoir colossal de biodiversité et d'adaptation continue à nos terroirs… c'est là aussi un patrimoine génétique dont nous avons hérité et qui doit être préservé.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 12 Avr 2019 13:01

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[EXCLUSIF] Le classement de Saint-Émilion maintenu par la justice
Information confirmée auprès du Conseil des vins de Saint-Émilion : la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté les requêtes des trois requérants souhaitant faire annuler le classement 2012 des grands crus classés de Saint-Émilion, entérinant pour de bon ce classement après 7 ans de procédure.




C’est un feuilleton judiciaire qui court depuis l’annonce même du classement 2012 des grands crus classés de Saint-Émilion, et qui vient semble-t-il de trouver enfin un épilogue. La cour administrative d’appel de Bordeaux vient d’annoncer avoir rejeté les requêtes des trois requérants (les châteaux Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac) qui souhaitaient faire annuler le classement pour vice de procédure. Bien que le classement ait été validé une première fois par la justice administrative en décembre 2015, les trois propriétés avaient fait appel de cette décision. La décision de justice est donc une nouvelle fois en leur défaveur.

Le classement 2022 déjà en ligne de mire

Contacté par Terre de Vins, Franck Binard, directeur du Conseil des vins de Saint-Émilion, confirme l’information et exprime son soulagement : « la décision a été rendue par la Cour d’appel, nous allons devoir attendre de lire l’arrêt dans le détail, certainement la semaine prochaine, pour connaître les motivations de la cour. Pour nous, c’est avant tout une confirmation de la décision de justice qui avait été prise en première instance par le tribunal administratif de Bordeaux, et cela vient enfin valider le classement de Saint-Émilion après sept années de procédure. C’est une bonne nouvelle ».

Bien sûr les plaignants ont encore la possibilité de faire un recours devant le Conseil d’État, mais pour l’instant, du côté de Saint-Émilion, on relâche la pression. « Cette décision vient entériner l’ensemble du dispositif mis en œuvre pour le classement, c’est très important pour nous car cela le consolide au regard de la loi », poursuit Franck Binard, qui porte déjà son regard vers… le classement 2022 – le classement de Saint-Émilion étant révisable tous les dix ans. « Cela va nous obliger rapidement à nous mettre au travail vers le prochain classement, qui est prévu dans trois ans. Mais la tâche sera plus facile en sachant que l’on pourra s’appuyer sur une solide base juridique ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 12 Avr 2019 13:05

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[PRIMEURS] Jean Guyon : « les Primeurs n’ont pas beaucoup d’intérêt pour les gens sérieux »
Huit propriétés médocaines, dont quatre crus bourgeois, dans l’escarcelle des Domaines Rollan de By, mais aucun cru classé. Quel enjeu des primeurs pour Jean Guyon, dont les vins sont intégralement vendus en direct ? Réponse.



« Je pense que les Primeurs n’ont pas beaucoup d’intérêt pour des gens sérieux, affirme sans détour Jean Guyon, à la tête d’un vignoble de 190 ha, qui produit 1 200 000 bouteilles par an. Aux Primeurs, les vins ont trois mois de barriques et les assemblages sont faits spécialement pour cette dégustation. Cette période temporelle est trop prématurée selon moi. Si les Primeurs avaient lieu au moment de Vinexpo, on aurait peut-être plus de monde et d’intérêt pour les deux manifestations. » Pourquoi alors le propriétaire continue-t-il à faire déguster ses vins en primeurs ? « Parce que c’est là où tous les journalistes viennent goûter l’ensemble des vins du millésime pour se faire une idée générale de sa qualité et attribuer leurs notes, répond le propriétaire. Bien que n’étant pas classés, on a besoin de notes pour être une référence, notamment à l’étranger. Comme nous sommes généralement bien notés, c’est précieux ensuite pour vendre à notre clientèle de particuliers et à certains de nos importateurs qui achètent en primeur, surtout notre haut-de-gamme Haut Condissas, pour être sûrs de conserver leurs allocations. » Ce millésime 2018, par ailleurs 30e anniversaire des domaines Rollan de By, s’annonce fort selon le propriétaire. « C’est pour nous un millésime vraiment extraordinaire, avec une homogénéité exceptionnelle sur l’ensemble de nos propriétés. Il a un côté gourmand, fruité, rond, des tanins moelleux… Personnellement, je n’ai jamais, dans tous les millésimes qu’on a faits, trouvé de tels tanins. Bien sûr, le vin va évoluer, mais il y a vraiment un plaisir de dégustation que j’ai rarement trouvé en primeurs. Je pense que ça va vraiment être un grand millésime, qui pourra à la fois se boire jeune et se garder aisément 15-20 ans. »


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 17 Avr 2019 10:47

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Champagne
Gel : jusque 50 % de dégâts dans certaines zones
Le thermomètre est descendu jusque – 6 °C en Champagne. C’est dans l’Aisne que les dégâts semblent les plus importants.




Déjà partiellement impactée par le gel du 5 avril, la Champagne a vécu un week-end particulièrement froid, avec des températures comprises entre – 3 et – 6 °C samedi matin et dimanche matin. Ce sont logiquement les chardonnays, plus avancés, qui ont été les plus exposés. Dans la Côte des Blancs, le thermomètre est descendu à – 4 °C. « Nous en étions au stade pointe verte, commente Olivier Waris, viticulteur à Avize. Il est un peu tôt pour estimer les dégâts. Nous avons des parcelles complètement ravagées, et d’autres seulement à moitié. Il devrait y avoir 30 à 40 % de pertes dans notre secteur. Le gel du 5 avril, avec une nappe de brouillard, a été très impactant également ».

"On ne lâche rien… "

Dans l’Aisne, les dégâts sont très importants. « Nous les estimons à 50 % pour ceux qui n’ont pas utilisé de moyens de protection », estime Daniel Fallet, viticulteur à Charly sur Marne et vice-président du syndicat général des vignerons. La température relevée a été de -4.5 °C. « Nous avons 70 % de meunier, mais ils ont tout de même beaucoup souffert ». Ce vigneron vient d’enchainer deux nuits d’aspersion ce qui lui a permis de protéger complètement sa récolte. « Nous avons débuté l’aspersion à 23h30 samedi pour terminer à 10h30 dimanche, poursuit-il. Puis de minuit hier jusque 9h30 ce matin. On ne lâche rien… ». Les chardonnays de l’Aisne avaient déjà été très impactés par le gel du 5 avril, notamment en plaine.

Dans l'Aube, les dégâts sont hétérogènes

Dans l’Aube, département très touché par le gel ces dernières années, les dégâts sont mitigés. Certaines parcelles ont beaucoup souffert, d’autres moins. Le thermomètre est pourtant descendu à – 6 °C dans la Côte des Bar. « Nous attendons quelques jours pour quantifier la perte, mais cela ne devrait pas être catastrophique, témoigne Jennifer Fluteau, viticultrice à Gyé sur Seine. Le temps était très sec mais il y avait tout de même un taux d’humidité élevé ».

La récolte 2018 ayant été très généreuse, la majorité des vignerons dispose d’une réserve qualitative – plafonnée à 8000 kg/ha – importante. Cette « assurance climatique » en nature permettra d’atténuer les effets du gel sur les trésoreries.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 29 Avr 2019 11:53

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Gel en Savoie et dans le Jura : quel bilan ?
En avril, le gel a touché quelques parcelles en Jura et en Savoie. Les vignerons aidés par des bénévoles recrutés sur les réseaux sociaux ont utilisé le brûlage de paille comme en Bourgogne pour protéger le vignoble.




Le gel a touché quelques parcelles en avril dans le Jura sur deux épisodes, notamment les 13 et 14 « mais rien de dramatique comparé à 2017 [jusqu’a 80% détruits dans certains secteurs et le gel reconnu comme catastrophe naturelle pour le vignoble jurassien], même si avec des températures descendues jusqu’à -5°C sur certains coteaux, il y avait de quoi provoquer des dégâts, reconnaît Daniel Cousin, directeur de la Société de Viticulture du Jura (SVJ). Nous avons fait le tour de 81 parcelles, 65% sont touchées entre 1 et 20%, 14% entre 20 et 70% mais ça reste modéré. L’impact est encore difficile à évaluer au vu des parcelles très hétérogènes dans le développement de la vigne et il faudra attendre la reprise de la pousse pour avoir une idée des dégâts ». Les jeunes plants sont les plus atteints. Ce sont les secteurs de Pupillin et Le Vernois et le sud Revermont qui ont été les plus touchés. Comme en Bourgogne, les vignerons se sont organisés pour des brûlages de paille humide, une centaine dans le vignoble, afin de générer un brouillard pour éviter que le soleil levant ne brûle les bourgeons gelés, surtout ceux au stade coton. « A Pupillin, les vignerons sont très structurés pour affronter le gel et au Vernois, ils ont lancé un appel sur les réseaux sociaux afin de récupérer des renforts pour la surveillance autour des feux et une trentaine d’habitants sont venus aider ».

En Savoie, quelques dégâts ont été enregistrés en avril, en particulier sur Cruet et Saint-Pierre d’Albigny et sur la ombe de Savoie. « Nous avons également brûlé quelques bottes de paille sur Chignin, le sud de Chambéry, Les Marches en appellations Abymes et Apremont, notamment en bas de coteaux, précise Michel Quenard, président du Comite Interprofessionnel des Vins de Savoie (CIVS). Heureusement les vignes n’étaient pas si avancées qu’en 2017 ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 29 Avr 2019 11:59

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La grĂŞle surprend les vignes de Cognac et de Bordeaux
Arrivant brutalement, sans alerte météo préalable, les grêlons tombés ce 25 avril ont touché 2 000 hectares dans le vignoble charentais. Les dégâts seraient plus réduits en Gironde.




Ce 25 avril après-midi, un violent orage a éclaté inopinément sur un couloir ravageant des pans de vignobles des départements de Gironde, de Charente et de Charente-Maritime. Arrivant tôt dans la saison, ce déluge de grêle n’avait pas été prévu par les services météorologiques, prenant par surprise le vignoble.
2 000 ha Ă  Cognac

À Cognac, les dégâts sont en cours d’estimation par la Station Viticole et les Chambres d’Agriculture, qui annoncent 2 000 hectares de vignes touchées par la grêle sur l'axe Montendre-Angoulême*. « Le couloir était assez grand, remontant du Sud et de la commune de Baignes au Sud jusqu’à Angoulême, avec quelques dégâts vers Cognac. Mais les dégâts semblent assez ponctuels. Avec des vignobles touchés entre 30 à 40 % » estime Christophe Véral, le président de l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC). Qui fait état de situations « dramatiques. Des viticulteurs ont encore été touchés par les aléas climatiques. De premiers boutons floraux ont été mâchés, il reste à voir comment les deuxièmes boutons vont repartir. Mais il y a un risque de coulure… »

"Tout est rabougri, comme l’an dernier"

Les premiers retours de terrain font état de dégâts localisés, moins importants dans leur ampleur que ceux de la fin mai 2018, arrivé à un moment critique du développement de la vigne. Mais pour les vignerons touchés, « tout est rabougri, comme l’an dernier » soupire Jean-Christophe Baraud, viticulteur à Montendre, dont 15 hectares ont été ravagés en vins de pays Charentais et Pineau des Charentes. « Les parcelles touchées montrent plus de 50 % de dégâts. Les merlots et chardonnay étaient à plus de 20 centimètres de pousse. En avance d’un mois, l’ugni blanc était à deux feuilles étalées » rapporte le viticulteur, soulagé d’être assuré.

Plus de peur que de mal Ă  Bordeaux

En attendant le premier bilan de la Chambre d’Agriculture girondine, les premiers retours indiquent des dégâts épars et peu conséquents dans le vignoble bordelais, l’orage étant rapide et les grêlons fondant rapidement, de Castillon à Blaye. Sur la commune de Donnezac, « nous avons été sauvés par l’eau tombée pendant l’orage. Il y a eu peu d’intensité et ça nous a évité le pire » témoigne Frédéric Chassin, du château La Prise (33 hectares en appellations Bordeaux et Blaye Côtes de Bordeaux). Estimant des pertes de récolte de l’ordre de 10 à 15 %, le vigneron du Nord-Gironde a déjà été touché cette saison par les gelées, qui se révèlent finalement avoir été un mal pour un bien : « nous avions taillé tard et la vigne a peu poussé après le gel, qui semble l’avoir retardée. Nous sommes entre 2 et 4 cm pour les merlots, cabernet sauvignon, sauvignon blanc et colombard » rapporte Frédéric Chassin.

"Il n’y a pas eu d’alerte"

Au-delà de l’estimation des dégâts, l’autre question en suspens concerne l’absence de prévision d’orage par Météo France. « Il faut voir avec leurs services et l’Association Départementale d'Étude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques pourquoi il n’y a pas eu d’alerte, alors que le seuil a été baissé à Cognac » souligne Christophe Véral. À Bordeaux, une alerte avait mis le vignoble sur le qui-vive ce 23 avril, où il n’y a au finalement que peu de dégâts. Mais les vignerons ont pu voir la rapidité de formation des orages, les inquiétant pour la suite de la saison. « On aimerait bien que dame nature nous lâche cette année » conclut Frédéric Chassin.



* : « Dont quelques centaines d'hectares fortement touchés sur des points très localisés dans les communes de Baignes-Sainte-Radegonde, Saint-Bonnet, Touverac ou encore Le Tâtre » précise un communiqué du Bureau National Interprofessionnel du Cognac.


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Messagepar Lalex » Mar 30 Avr 2019 12:00

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Champagne
Millésimera-t-on ou pas ?
Le Printemps des Champagnes a permis de découvrir le millésime 2018. Les vignerons vont-ils millésimer cette vendange historique tant en volume qu’en qualité ?




Même si le gel était présent dans tous les esprits, l’ambiance était plutôt positive lors de la dégustation des vins clairs de 2018, organisée par le Printemps des Champagnes (22 mini-salons répartis sur cinq jours).
Eric Taillet, viticulteur à Baslieux-sous-Châtillon (Marne) et membre de l’association Meunier Institut, a mis en bouteille son millésime fin janvier 2019 « pour qu’il conserve une belle fraîcheur ». Ce vigneron inconditionnel du meunier est très confiant sur le potentiel de son millésime. « Nous avions une belle maturité, poursuit-il. Voire même de la surmaturité. Avec le réchauffement climatique, il faudrait pouvoir vendanger plus tôt. C’est pour cette raison que nous avons opté pour une mise en bouteille rapide pour que ce millésime puisse se conserver longtemps ».

"Une très belle concentration"

Pour Maxime Blin, viticulteur à Trigny et membre des « Mains du Terroir », les dégustations confirment que ce millésime sera vraiment qualitatif. « Je suis en cours de conversion bio, ce qui a limité mes rendements d’environ un tiers, précise-t-il. Cette baisse de rendement, sur cette année très généreuse, m’a permis de vinifier des vins qui présentent une très belle concentration aromatique, notamment en pinot noir. Ce sont des vins qui ont une belle acidité et de la structure pour bien vieillir. Ces bouteilles seront vendues dans sept à dix ans. D’une manière générale, les vins que j’ai dégustés sont très bons. On aurait pu craindre d’avoir des vins plus plats vu les volumes qu’il y avait dans les vignes ».

2018 arrive à point nommé

Quant à Christine Scher-Sevillano, viticultrice à Vincelles et adhérente de « Champagne, terroirs, etc », elle est également très satisfaite du millésime 2018. « 2016 et 2017 ont été des années compliquées, 2018 arrive à point nommé avec quantité et qualité, résume-t-elle. Alors qu’en 2017, c’est le meunier qui nous avait le plus plu, cette année, c’est le pinot noir qui se distingue ». Le millésime 2018 sera composé de 70 % de pinot noir, de 15 % de chardonnay et de 15 % de meunier. « Malgré ce que l’on aurait pu craindre, il n’y a pas de problème d’acidité, conclut cette viticultrice. Les vins se garderont huit à neuf ans sans problème ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mar 30 Avr 2019 14:11

Bonjour Alex,

L'article ne répond pas à la question posée dans le titre mais on peut penser qu'on millésimera ;)

Amicalement,
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 15 Mai 2019 09:57

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Millésime 2019
Gelé, Cahors perd 60 à 70 % de sa production de vin
Le dernier coup de froid est un nouveau coup dur pour le vignoble cadurcien, qui n’est pas loin de revivre le drame de 2017 avec un nouveau gel printanier tardif.




Ces 5 et 6 mai, les températures sont tombées jusqu’à -4°C dans le vignoble de Cahors, causant une gelée blanche dont l’ampleur apparaît de plus en plus significative. D’après les dernières estimations, 3 500 hectares ont été touchés, des bords de rivière au plateau, causant 60 à 70 % de pertes de récolte. « C’est un poil moins que le gel de 2017 (causant -80 %), mais c’est catastrophique. Après la coulure de 2013 et gel de 2017, cela fait trois petites récoltes en six ans. Un an sur deux ! » chiffre, atterré, Pascal Verhaeghe, le président de Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors (UIVC). Qui souligne que « tous les jours, on voit plus de dégâts que la veille ».

Mauvaises surprises

« On pensait s’en être bien sortis. Mais il a fallu trois jours pour voir brunir les grappes que l’on pensait être indemnes… elles deviennent marron et ne vont pas tarder à tomber » témoigne, abattu, le vigneron Philippe Bernéde, du clos la Coutale. Au plus bas, le moral du vignoble cadurcien s’inquiète de pertes de récolte qui pourraient encore s’alourdir. « On n’est pas très optimistes » soupire Maurin Bérenger, le président du Syndicat de Défense de l'AOC Cahors. Précisant que « les vignes étaient avancées, il est peu envisageable qu’il y ait des remontées de contre-bourgeons. Et le malbec étant très sensible, il y a de forts risques de coulure… La priorité est de préserver du bois pour réussir à tailler la vigne et arriver à la mise en culture de 2020. » Sachant que 300 ha ont déjà été touchés par la grêle le 25 avril dernier, la situation s'annonce critique pour de nombreux domaines.

"Même conséquences que 2017"

Peu assuré (de l’ordre de 10 à 15 %), le vignoble de Cahors fait désormais appel à tous les soutiens : administratifs, bancaires, institutionnels… « Ce que l’on craint surtout, c’est que cela recommence l’an prochain » soupire Philippe Bernéde, qui n’est lui-même pas assuré : « ce qu’il nous faut, c’est du vin à vendre ! » Pansant ses plaies, le vignoble se projette déjà sur les conséquences commerciales de cette gelée. « Cette gelée aura les mêmes conséquences que 2017… Heureusement, il y a du stock dans l’AOC. Il va falloir gérer avec le négoce les disponibilités pour préserver les marchés » conclut Maurin Bérenger.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 2 Juil 2019 12:13

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Des vendanges Ă  la mi-septembre ?
Le vignoble bourguignon suit son petit bonhomme de chemin en 2019 et on peut déjà envisager des vendanges autour de la mi-septembre.



Après le gel en 2016, la chaleur en 2015, 2017 et 2018, l'année 2019 va-t-elle marquer le retour à une forme de « normalité » climatique ? "Après des mois d'avril et mai et un début de mois de juin chaotiques, le vignoble se trouve aujourd'hui à un stade d'avancement « normal » ; on retrouve les traditionnels écarts nord-sud qui avaient été lissés par la météo ces dernières années. Les vignobles de l'Yonne, au nord, sont les plus en retard et ceux du Mâconnais, au sud, les plus en avance. Le tout avec un bon état sanitaire à ce jour en dehors de quelques taches d'oïdium sur des parcelles sensibles ; les champignons comme le mildiou n'apprécient pas beaucoup les alternances de périodes chaudes et froides", explique Christine Monamy, responsable agro-météo au Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne. Au nord de la région, la floraison vient de commencer alors qu'elle se termine au sud et ceci devrait nous amener à des vendanges vers la mi-septembre, avec probablement 7 à 10 jours d'écart entre le Mâconnais et le Chablisien.


En ce qui concerne les dégâts précis occasionnés par le gel et tout particulièrement le 5 avril au petit matin, ils ne seront vraiment connus qu'aux vendanges. Pour autant, il se confirme que l'ensemble du Mâconnais et le sud de la Côte de Beaune ont été les plus touchés, tout particulièrement dans les bas de coteaux et sur le cépage chardonnay qui venait de débourrer quelques jours avant ; le pinot noir a également été touché dans ces secteurs et ce même sur des bourgeons encore dans le coton. Le vignoble de Chablis a finalement été relativement épargné. Affaire à suivre...


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Messagepar Lalex » Mar 2 Juil 2019 12:14

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Le "Montrachet des 7" est en vente !
Le Montrachet des 7 est en vente au prix de 6 000 euros la bouteille. Un prix élevé pour tuer dans l’œuf la spéculation.




Sans rentrer dans les détails de l'histoire (articles ci-joints) rappelons que sept propriétaires (6 domaines) dans le Montrachet grand cru blanc -Le Domaine de la Romanée-Conti, le Domaine des Comtes Lafon, le Domaine Leflaive, le Domaine Guy Amiot, le Domaine Lamy-Pillot (incluant en métayage les 5,42 ares de Claudine Petijean, plus petite propriétaire de Montrachet) et le Domaine Fleurot-, qui à eux sept exploitent 1,25 hectare dans le climat (sur 7,8 hectares au total) avaient décidé en 2016 de vinifier ensemble le maigre fruit de leurs vignes gelées : deux petites pièces de 228 litres au total, 600 bouteilles... Le vin est aujourd'hui en bouteille et les sept ont finalement décidé de créer une société de négoce éphémère (elle sera fermée fin 2019) appelée "L'exceptionnelle vendange des 7 Domaines", dont le seul objet sera de commercialiser 500 bouteilles de ce « Montrachet des 7 » habillé d'une étiquette originale ; les 100 autres bouteilles iront dans les oenothèques des domaines et/ou seront destinées à des ventes de charité.


Les vins seront vendus « par invitation », à l'unité, au prix de 6 000 € environ et uniquement à des clients particuliers. « Avec le contrat moral de les boire et en aucun cas de chercher à les revendre », insiste Brice de la Morandière, gérant du Domaine Leflaive (Puligny-Montrachet), qui amène sur la table le sujet très sensible dans les grands domaines de la spéculation sur les vins de Bourgogne : « J'en ai marre de voir des vins vendus 100 ou 150 € par des vignerons et revendus 10 fois plus cher sur internet par des gens qui au final gagnent beaucoup, beaucoup plus d'argent que les producteurs sans rien faire. C'est pour tenter de tuer la spéculation dans l'oeuf que nous avons décidé de vendre le Montrachet à ce prix ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 2 Juil 2019 12:22

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26 juin 2019
Décès de William Fèvre, l’un des artisans du renouveau de Chablis
Figure du Chablisien, William Fèvre avait constitué un domaine comptant 6 des 7 Climats classés en grands crus dans ce vignoble. Il vient de s’éteindre à 90 ans.




Figure à la fois admirée et controversée, William Fèvre aura marqué 40 ans d’histoire à Chablis. Issu d’une vieille famille locale, il s’est installé en 1959 à une époque où le vignoble était réduit à une peau de chagrin : quelques centaines d’hectares. Une situation dont il ne s’est pas contenté : les 7 hectares familiaux sont passés au fil des années à 70 hectares dont 16 en grands crus.
Ne craignant pas de prendre des options détonantes pour son époque, il avait opté à la fin des années 1970 pour des élevages en fût de chêne.

Fort de ses responsabilités syndicales, il a aussi été un pugnace combattant des contrefaçons (américaines essentiellement) qui usurpaient le nom de Chablis, y compris sur les marchés export. Il a aussi lutté, vainement, contre l’extension de l’aire d’appellation, sujet sensible à Chablis.
Il a également créé un domaine au Chili (Maipo) et investi en Hongrie (Tokaj) dans les années 90.

En 1998, William Fèvre vendait son domaine à la famille champenoise Henriot.

Il avait enfin suscité une vive polémique en 2011 en recevant Marine Le Pen à Chablis quelques mois avant les élections présidentielles.

William Fèvre est décédé à 90 ans et sera enterré jeudi à Chablis


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 2 Juil 2019 12:28

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[ENTRETIEN] Marc Almert, Meilleur Sommelier du monde
Marc Almert, meilleur sommelier du monde depuis le 15 mars dernier, salarié dans l’hôtel cinq étoiles Baur au Lac, à Zurich, n’a que 27 ans et reste inconnu des professionnels comme des amateurs français du vin. Après son « couronnement » à Anvers, il a reçu Terre de vins en avant-première à Zurich pour quelques confidences.
Cet entretien a initialement été publié dans Terre de vins n°59.





Marc, vous avez été élu meilleur sommelier du monde en mars dernier. Qu’est-ce qui a changé depuis ce jour dans votre vie ?
II faut réviser un peu moins de choses cocasses et bizarres ! Je peux désormais me concentrer sur des choses dont on a besoin au quotidien. J’ai également, désormais, davantage de possibilités de voyager. Je reçois des mails du monde entier, du Pérou, du Japon, du Canada, de France, d’Allemagne… D’autres sommeliers, d’autres vignerons, négociants, journalistes m’écrivent, me félicitent et me disent : « Venez chez moi. » À part ça, le travail n’a pas changé. Je suis encore en salle. Je m’occupe de mes clients. Je mets en place tout ce que j’ai appris pour honorer notre carte des vins et notre service de boissons.

Votre vie d’avant ce titre, quelle était-elle ?
J’ai fait une école internationale en anglais, un baccalauréat international à Cologne, la ville où j’ai grandi. Je me suis demandé ce que je voulais faire. Je pense qu’il est important de voyager, de découvrir les cultures étrangères. J’ai alors décidé de me lancer dans l’hôtellerie. En Allemagne, une formation en trois ans est proposée : tu fais tout ce que propose l’hôtel, la plonge, les bureaux, etc. J’ai fait ça de 17 à 20 ans à l’hôtel Excelsior à Cologne, un palace cinq étoiles. J’étais trois mois à l’hôtel et un mois à l’école. Après ces trois ans, j’ai fait un « management training » pour apprendre davantage sur la gastronomie. J’ai fait cinq stages de trois mois dans des hôtels différents dans toute l’Allemagne, en marketing, en restaurant gastronomique, dans le bureau d’achats… Pendant cette période, je me suis rendu compte que le vin était ma vraie passion. J’ai pris mon premier poste de junior sommelier à Wiesbaden, une région connue pour son riesling. J’étais dans un restaurant une étoile, très classique. Un chef sommelier très fort m’a alors enseigné beaucoup de choses, de 21 à 22 ans. Ensuite, je suis allé comme chef sommelier à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, dans un restaurant deux étoiles. Et depuis que j’ai 25 ans, je travaille à Baur au Lac.

Comment est survenue cette passion du vin ? Quel en a été le déclencheur ?
J’ai découvert que j’aimais quelques vins, et j’ai voulu comprendre pourquoi ils étaient aussi différents les uns des autres. Des sommeliers, pendant ma formation, m’ont expliqué la diversité de ces cépages. Nous avons fait les vendanges dans la vallée de l’Ahr, près de Cologne, une région de pinot noir. Ces moments-là m’ont marqué. J’ai également participé à une dégustation dans la cave de l’hôtel, avec Monsieur Egon Müller ses rieslings de la Saar, et à la dégustation de portos de la famille Symington. Il est resté du vin dans la bouteille et j’ai goûté le soir. Ce vin avait deux fois mon âge, mais c’était tellement vivant et agréable ! Cela m’a impressionné. Pour un jeune homme comme moi, à l’époque, ces vins étaient fascinants. Cela m’a intrigué. Ces rencontres ont été importantes. Je pensais que ce serait un passe-temps, mais cela s’est transformé en passion.

Pourquoi avez-vous voulu exercer ce métier, et comment s’est confortée cette volonté ?
J’ai toujours aimé le service. C’est pour cette raison que j’ai réalisé cette formation. J’ai toujours été curieux, enfant, d’observer les relations entre les gens dans les hôtels. Il faut s’occuper des clients et aimer faire ça, même si c’est Noël ou tard la nuit. Il faut aussi avoir une connaissance profonde de toutes les boissons, les vins, les bières, les sakés, les cafés, les thés… On est devant une petite porte, et on se retrouve devant dix nouvelles portes à chaque fois.

Quelles ont été les grandes étapes de progression avant de parvenir à ce titre mondial ?
La première grande réussite a été d’être nommé meilleur jeune sommelier de la Chaîne des rôtisseurs en Allemagne, en 2015. L’année suivante, j’ai gagné le Gaggenau International Sommelier Award. Également en 2016, j’ai remporté la Coupe mondiale Sommelier des vins d’Afrique du Sud. En 2017, j’ai gagné le meilleur sommelier d’Allemagne et je me suis lancé dans la dernière étape du programme de Court of Master Sommeliers. J’ai réussi les trois premières étapes, et je passe la quatrième étape, comme Gérard Basset (NDLR : meilleur sommelier du monde, récemment décédé) l’avait fait. L’obligation pour réussir ce Master Sommelier est de passer les trois examens de la quatrième étape dans une période de trois ans.

Vous avez 27 ans. Vous êtes allé très vite. Quel est votre secret ? Comment avez-vous travaillé ?
C’est drôle pour moi aussi. Je ne sais pas comment j’ai fait. Il faut se préparer de façon très méthodique et avoir la chance que les choses qu’on a révisées soient proposées à l’examen. J’ai aussi une équipe autour de moi qui m’a beaucoup aidé. Mon hôtel et mon restaurant m’ont laissé la liberté de faire des excursions en Nouvelle-Zélande, en Californie, en Asie… L’Association de la sommellerie allemande m’a accompagné pour visiter les brasseries de bière en Belgique et m’a fait plusieurs dégustations à l’aveugle et autres « trainings », dont certains avec le coach officiel de la Suède. Je suis allé au Canada. Et ma compagne, qui est française – elle est originaire de Lyon –, a fait preuve de beaucoup de compréhension ! Il y a en effet des bouteilles de vin partout dans l’appartement… Enfin, pendant le concours, certains étaient favoris et avaient la pression des journalistes. Cela a généré du stress. Moi, pour ma demi-finale, j’avais huit spectateurs car personne ne m’attendait ! Enfin, la préparation mentale joue aussi un rôle important. Vous devez parfois attendre cinq heures pour une épreuve de deux minutes. Il faut travailler sur soi.

Qui connaissez-vous côté meilleurs sommeliers du monde ?
Je connaissais tous les meilleurs sommeliers du monde, car ce sont mes idoles. J’ai fait la connaissance de Serge Dubs et j’ai fait un entraînement avec lui dans le cadre du concours de Gaggenau. Pour moi, il est une véritable idole, j’ai toujours l’impression qu’il n’arrête jamais d’apprendre. Cette curiosité et cette humilité sont des qualités essentielles pour un sommelier. Il est impressionnant. C’est magnifique. En Allemagne, on connaît aussi Markus Del Monego, qui est allemand. Je connais aussi Paolo Basso, en Suisse. La chose la plus émouvante, pendant la finale, a été de faire cette photo avec tous les meilleurs sommeliers du monde, avec Mme Basset et leur fils. C’était très émouvant.

Vous avez impressionné le jury par votre aisance. Il paraît que vous avez pris des cours de théâtre…
Quand j’étais au lycée, j’ai pris des cours de théâtre et des cours de technique de respiration contrôlée, de méditation, pour rester calme et me concentrer uniquement sur ce qu’il faut faire. Au théâtre, on apprend à ignorer les caméras et les 1 100 personnes qui se trouvaient dans la salle pour la finale. Je me suis concentré comme si j’étais au restaurant afin de mettre les clients au milieu de toutes les pensées. En fait, je suis discipliné et organisé, mais je n’aurais pas pu rester aussi calme que Nina, ma concurrente en finale, alors que ses verres se sont cassés. Respect.

Quel est votre Ă©quilibre de vie ? Quel est votre quotidien en dehors du vin ?
C’est beaucoup de voyages, la plupart pour le vin et les régions viticoles. C’est aussi de bons repas avec les amis et la famille. J’aime également lire, mais pendant les derniers mois je n’ai pas lu beaucoup de livres qui ne parlaient pas de vin…
Quelques mots sur l’exercice de votre métier.

Comment se passe votre métier à Baur au Lac, à Zurich, où nous nous trouvons aujourd’hui ?
On a juste obtenu notre deuxième étoile en février. On est contents de faire évoluer notre restaurant gastronomique, Pavillon. Le restaurant principal, Rive gauche, sera quant à lui rénové avec un concept davantage tourné vers le vin. On va recommencer un nouveau projet à la faveur de l’anniversaire des 175 ans de l’établissement. L’hôtel a en effet été créé en 1844. Maintenant, il faut se concentrer sur tous les projets qui concernent l’hôtel. Ma passion est vraiment la salle, le restaurant. La famille Kracht, qui est propriétaire, l’est depuis six générations après M. Baur. Peu d’hôtels cinq étoiles sont encore la propriété d’une même famille. À ce titre, nous sommes vraiment uniques. Nous avons cet hôtel ainsi qu’une activité de négoce de vins qui permet l’approvisionnement de l’établissement, de la boutique et de quatre boutiques en vins. Nous pouvons stocker 2 millions de bouteilles et enregistrons 3 000 références

Pourquoi êtes-vous venu aux primeurs de Bordeaux totalement incognito ? Vous auriez eu le succès d’une rock star, mais vous êtes passé inaperçu…
Le planning avait été organisé avant le concours. C’était donc un voyage de travail. On n’est pas restés dans la ville de Bordeaux, mais dans les châteaux, afin de commencer tôt le matin et de finir tard le soir pour faire le plus de dégustations possible. C’était très efficace. C’était la troisième fois que je venais à Bordeaux, mais la première fois pour les primeurs. Quelques-uns m’ont reconnu, mais je suis venu incognito. J’étais content que tout le monde ne me reconnaisse pas. J’aime m’occuper des clients et ne pas me mettre en avant.

Quelles sont vos appellations ou vins préférés ?
C’est difficile à dire. Un sommelier s’occupe de tous les vins. Cela dépend de la nourriture du jour, de l’humeur du jour, et il me reste tellement de choses à découvrir ! Il est important de rester toujours curieux et ouvert.

Quel regard portez-vous sur les vins français ?
La France est probablement la plus grande nation pour les vins classiques. Elle possède une grande diversité. Ici, à Zurich, la plupart des vins que nous vendons sont français et bordelais ; la France possède une très grande histoire de vins et beaucoup de pays dans le monde essaient de faire ce qui se fait en France. Quelqu’un qui fait un pinot va se comparer à la Bourgogne, quelqu’un qui fait un cabernet va se référer à Bordeaux.

Côté grands vins, bordeaux ou bourgogne ?
Les deux ! Je suis très consensuel. Je suis allemand, mais je travaille en suisse. On s’adapte… (sourire).

Quels sont vos projets dans les cinq ans Ă  venir ?
Je veux faire mon master sommelier. C’est un projet très dur. Il faut être humble, car peu de gens arrivent à le faire. J’ai commencé en 2015. Je veux rester au Baur au Lac et faire évoluer la carte des vins. J’adore également faire des entraînements pour les autres équipes. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui ouvrent leur propre wine-bar mais je ne suis pas le candidat pour ça. J’adore la tradition et j’aime travailler dans un restaurant comme ici. Le directeur du restaurant gastronomique, bourguignon d’origine, Aurélien Blanc, est meilleur sommelier de Suisse. Nous sommes ici dans une famille. Notre chef étoilé travaille ici depuis vingt ans ! Notre directeur de cuisine est ici depuis trente ans ! Notre fleuriste aussi… L’équipe est très stable. Je ne veux pas la quitter.


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Messagepar Lalex » Mar 2 Juil 2019 12:32

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Maximilian Riedel : « le choix du verre, c’est toute une éducation »
De passage à Bordeaux cette semaine pour animer une master class exceptionnelle en présence de nombreuses personnalités du vignoble girondin, Maximilian Riedel, onzième génération à la tête de la célèbre verrerie autrichienne, nous a accordé un entretien.



Maximilian Riedel, vous revenez à Bordeaux moins de trois semaines après Vinexpo pour animer une master class exceptionnelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J’aimerais commencer par dire que ma famille voyage à Bordeaux depuis au moins trois générations, et jamais au cours des soixante dernières années nous n’avons organisé un événement d’une telle résonance, une grande master class massivement ouverte aux châteaux, réunissant une centaine de participants et défrichant de nouveaux territoires. En une semaine seulement, toutes les places avaient été réservées. Je suis très heureux de voir que les portes s’ouvrent enfin à Bordeaux pour Riedel. Nous sommes une marque internationalement reconnue et pourtant, Bordeaux a toujours été pour nous, avec la Bourgogne, la région viticole la plus difficile à appréhender.

Pourquoi, selon vous ?
Je ne peux que supposer. Tout d’abord, Bordeaux produit, avec la Bourgogne, les meilleurs et plus prestigieux vins au monde. Cela donne sans doute une certaine assurance qui a longtemps empêché les producteurs de se remettre en question, de se demander comment faire mieux. Mais l’arrivée d’une nouvelle génération, plus ouverte d’esprit, qui a voyagé à travers la planète, a goûté des vins du monde entier dans toutes sortes de restaurants et de wineries, a changé la donne. On se rend compte désormais, même à Bordeaux, que faire du bon vin ne suffit pas, il faut aussi le déguster dans les verres appropriés.

En quoi consiste cette master class que vous animez à l’Hôtel Intercontinental ?
Nous dégustons à l’aveugle trois cépages différents, dont deux (un blanc et un rouge, au moins dominants dans les assemblages) sont emblématiques de Bordeaux, plus un pinot noir*. Avec le pinot noir, nous démontrons que les verres Riedel sont clairement conçus pour être adaptés à la meilleure expression de chaque cépage. Nous avons trois verres à vin blanc, trois verres à vin rouge, et un « joker » qui est le verre universel de notre gamme. A travers cet éventail de verres, je partage ma philosophie, ma vision des choses, et essaie de faire passer auprès des professionnels présents mon idée selon laquelle le choix du bon verre ne fait que souligner la qualité du vin.

Vous orientez la conception de vos verres sur la mise en valeur des cépages, pourtant la signature des grands bordeaux, c’est au contraire la tradition de l’assemblage…
Bien sûr, nous avons pris cela en compte, et bien que notre verre « à Bordeaux » soit avant tout conçu pour valoriser le cabernet-sauvignon, nous sommes arrivés à une qualité de fabrication qui valorise tous les cépages bordelais – y compris le merlot pour lequel nous n’avons pas su produire de verre dédié qui se distingue réellement du verre cabernet.

Pensez-vous qu’il y a encore une éducation à faire sur l’usage du bon verre, ici à Bordeaux ?
Je dirais à Bordeaux plus que partout ailleurs ! Le monde regarde Bordeaux, et pourtant dans beaucoup d’endroits de Bordeaux on ne sert pas les vins dans les verres appropriés. Le choix du bon verre, c’est toute une éducation. Il faut parfois repartir de zéro et conseilleur aux amateurs de savoir d’abord acheter un bon verre à dégustation puis, lorsqu’ils deviennent de plus en plus pointus dans leur connaissance et leur sélection de vins, apprendre à aller vers les verres les mieux adaptés.

Justement, quels verres utilisez-vous dans cette master class ?
Le verre qui occupe une place centrale est notre verre à dégustation « universel », qui remporte un immense succès mondial, qui a été utilisé par centaines de milliers d’exemplaires à Vinexpo et qui est utilisé aujourd’hui dans un grand nombre de domaines, notamment ici à Bordeaux. Et pourtant, aussi pratique et bien fait soit-il, ce verre est un verre générique et n’est pas toujours le mieux adapté à la dégustation des grands vins. Autour de ce verre, nous avons des verres de conception classique dédiés à différents cépages blancs et rouges (sauvignon, chardonnay, pinot, syrah), et la toute nouvelle gamme de Riedel, les verres « Performance ».

Pouvez-nous nous en dire davantage sur ces nouveaux verres ?
Nous avons deux versions présentées dans le cadre de cette master class, qui sont le verre « Performance » sauvignon et le verre « Performance » cabernet-sauvignon. Ils ont été mis en marché à l’automne dernier et sont la dernière collection dévoilée par Riedel. Il y a sept ans, des sommeliers autrichiens ont commencé à servir du grüner veltliner et du riesling dans nos verres à chardonnay, et lorsque je leur ai demandé pourquoi ils m’ont répondu que les vins devenaient de plus en plus puissants, expressifs, structurés, et que le verre traditionnel à riesling n’était plus adapté à cette évolution. Nous avons alors commencé à travailler sur une nouvelle forme de verre ; cela correspondait aussi à une époque où nous concevions le verre « Joseph » pour Krug, qui avait des attentes très élevées pour un verre à champagne rosé. Je faisais de nombreux croquis et essais pour parvenir à la meilleure forme, je n’arrêtais pas de froisser du papier, et c’est là que j’ai eu l’idée : prendre un grand verre à dégustation et le « froissant » comme du papier en lui donnant des plis internes qui augmentent la surface de circulation du vin sans augmenter la taille du verre. Le résultat a immédiatement été impressionnant à la dégustation, car cela « déploie » le vin comme dans aucun autre contenant. Cette idée d’un verre « strié » a déjà été utilisée pour des raisons esthétiques, mais jamais pour des raisons pratiques qui ont une vraie influence sur la dégustation. Nous avons donc décliné cette nouvelle collection « Performance » à partir du travail avec Krug et sur le verre riesling, jusqu’à sept formes différentes : nous présentons dans cette master class la version sauvignon et la version cabernet.

Combien de temps la conception de ce verre vous a-t-elle pris ?
Nous avons la chance d’être une entreprise familiale très réactive. Une fois que j’ai eu l’idée, que j’en ai parlé à mon père et qu’il l’a validée, la conception du verre ne nous a pris que quelques mois. Techniquement, c’est toujours un immense challenge car ce sont des verres fabriqués à la machine, du reste nous avons réduit l’effet optique car nous avions constaté que cela troublait la vue des dégustateurs. Mais malgré la difficulté technique que représentent ces verres, je peux vous affirmer qu’à l’avenir, beaucoup de nos concurrents vont sortir des verres utilisant la même technologie…

Justement, en parlant de concurrence, comment Riedel parvient-il à conserver son leadership sur le secteur de la verrerie dans un contexte très concurrentiel ?
La créativité, l’inspiration, l’innovation sont les clés. Mais il faut aussi beaucoup rencontrer les producteurs de vin : ce sont eux qui nous font les meilleurs retours et expriment leurs besoins. Notre force, c’est aussi la puissance et la protection de la marque : c’est pourquoi nous avons équipé nos verres « Performance » de codes microscopiques permettant une traçabilité parfaite et prévenant les contrefaçons ou le « grey market ». Nous sommes une compagnie qui existe depuis la fin du XVIIème siècle, nous avons notre propre site de fabrication (qui produit les verres Riedel, Spiegelau et Hartmann), nous vendons 60 millions de verres à travers plus de 120 pays, pour un chiffre d’affaires de 260 millions d’euros. Nous nous développons sur de nouveaux marchés, comme actuellement le Nigeria en Afrique, mais nous appuyons toujours sur des marchés majeurs comme les États-Unis ou le Japon, où nous avons nos propres boutiques, seize au total. Nous travaillons de plus en plus à conquérir les sommeliers, les bartenders, les restaurants, dans un contexte où la consommation du grand public est plus fragile. Enfin, nous avons beaucoup de projets, le dernier en date étant le verre que nous avons spécialement conçu pour le domaine himalayen Ao Yun créé par LVMH.

A titre plus personnel, quel est votre plus beau souvenir de dégustation ?
Ce n’est pas le vin, ce n’est pas le verre, ce sont les moments et les personnes avec lesquelles on déguste qui comptent le plus. Lorsqu’on peut combiner tout cela, c’est là que la magie opère. Je suis un grand amateur de vieux vins et j’ai le privilège d’en goûter quelques-uns dans mon métier. Je suis toujours épaté par la façon dont, après plusieurs décennies, certains vins même issus de millésimes décriés se révèlent sublimes. C’est cela que je veux retenir : il ne faut jamais écarter un vin, ni un millésime ; il faut lui laisser le temps de vieillir, et c’est là qu’il parviendra peut-être à vous surprendre.


* Vins dégustés durant la master class :
Cabernet : Saint-Julien 2015 Château Talbot
Pinot Noir Oregon : Belle Glos Clark&Telephone Vineyard 2017
Sauvignon : Pessac Léognan Château Couhins 2015
Chardonnay : en attente


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