Index du forum Les rubriques Histoire du vin et de la vigne... découvrir le vin, l'aborder, s'informer Histoire de vin Le vin en vidéo.

Retrouver ici toutes les vidéos sur le vin.

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:46

Je pense que tu ne risques rien, Alex, ils ne sont pas vindicatifs :D
L'exclusion n'est pas pour demain:


Tu crois ?! :D ;)

sans toi, qui tiendrait la revue de presse ;)


Thierry, tu as raison, il faut que je me montre irréprochable et indispensable...Je me remet de suite au boulot! :lol: :lol: :jesors:

Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:49

.
Gel, la reprise des combats !
Et voilĂ  de nouveau le gel, qui a fait des siennes ce matin, du nord au sud de la Bourgogne.





Après une fin d'hiver très douce et un réveil précoce de la végétation, les vignes se retrouvaient en ce début de mois d'avril sous la menace du gel, qui a de nouveau sévi ce matin et ce du nord au sud de la Bourgogne. A Chablis, tout au nord de la région, comme dans l'appellation Viré-Clessé, dans le Mâconnais, 200 km plus au sud, des températures négatives très proches ont été relevées, entre -1 et -4, voire -5 degrés dans les parties les plus basses comme notamment dans la zone de l'AOC Bourgogne blanc, à Puligny-Montrachet, en Côte de Beaune.


Même si à l'heure actuelle l'étendue des dégâts est impossible à estimer comme nous l'expliquait il y a quelques minutes, Thiébault Huber, le président de la CAVB (syndicat des vignerons de Bourgogne), la comparaison avec 2016 s'arrête là. En 2016, le gel est arrivé beaucoup plus tard, fin avril et dans un vignoble à la végétation déjà très avancée et qui ne s'y attendait pas. En dehors en effet du Chablisien, où le gel reste chaque année une menace, la Bourgogne n'avait plus connu de dégâts significatifs depuis 1991.


Une part importante de la récolte avait été gelée en 2016, dans l'Yonne, en Côte-d'or et dans le nord de la Saône et Loire et la Bourgogne était à nouveau passée tout près de la correctionnelle en 2017. Résultat, les vignerons se sont organisés, avec la mise en place de systèmes collectifs à l'échelle des villages, il s'agit de systèmes d'allumage de bottes de paille, la fumée faisant écran au soleil qui grille les bourgeons au lever du jour, d'éoliennes* amovibles et automatiques (sur chassis-remorque qui se déclenchent dès que la température descend trop bas) couplées à des chaufferettes, comme à Meursault, qui brassent et réchauffent l'air en couvrant 4 hectares par éolienne, mais aussi de dispositifs individuels de grosses bougies de 80 kg.


Ce matin, les différents dispositifs ont été mis en action et ce tout particulièrement dans les vignobles de vins blancs (le chardonnay étant bien en avance cette année sur le pinot noir), du Chablisien, mais aussi de la Côte Chalonnaise, à Rully et de la Côte de Beaune, à Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-montrachet, ainsi qu'à Volnay, vignoble de pinot noir mais très précoce, ou encore à Savigny-lès-Beaune, vignoble également à dominante pinot noir, mais assez frais et où le gel avait fait des dégâts considérables en 2016.


* Coût autour de 30 000 euros HT par éolienne.


www.bourgogneaujourdhui.com


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 12:56

.
Michel Rolland : "Les vins de Bordeaux 2018 sont concentrés et matures
L'œnologue Michel Rolland, qui conseille de nombreux châteaux à Bordeaux, livre ses impressions sur les vins du millésime 2018 à l'occasion de l'ouverture des dégustations en primeur au château La Dominique, à Saint-Émilion.




> Gwendeline Lucas, directrice générale des vignobles Fayat :
C'est le démarrage de la semaine des dégustation des vins de Bordeaux en primeur. Nous recevons au château La Dominique, dans notre chai, les professionnels du vin, du monde entier, qui viennent découvrir le millésime 2018. Plus de 200 propriétés sont représentées aujourd'hui. Elles ont pour point commun d'être conseillées par le consultant Michel Rolland.

> Michel Rolland, Ĺ“nologue :
Le millésime 2018 est caractérisé par une fin d'hiver et un printemps humides. Cette humidité a entraîné une sensibilité au mildiou, et certaines propriétés ont souffert. Il y a également eu deux orages de grêle, qui ont ravagé 10% du vignoble bordelais. Ce n'est pas une année exceptionnelle en volume, car il a fait relativement chaud et sec. Mais cela n'a fait que renforcer la qualité. Nous n'avons pas la régularité que nous avions en 2016, mais on a des vins de très belle qualité avec de belles concentrations et maturités. Les vins n'ont pas cuit. Je pense que parmi toutes les propriétés se cachent des vins exceptionnels en 2018.

> Philippe de Cantenac, organisateur des Championnats de dégustation de La RVF :
Est-ce que l'on peut véritablement parler d'un millésime exceptionnel ? Nous sommes en présence de vins tendus, fins, riches et gourmands. Les vins du millésime 2018 seront bons dans leur jeunesse, et vieilliront bien.

> Gwendeline Lucas :
Nous avons organisé un bel événement au restaurant "La Terrasse Rouge, un restaurant Nicolas Lascombes", au château La Dominique. Nous avons mis cette année le Sud-Ouest à l'honneur, en invitant quatre chefs étoilés pendant une semaine, jusqu'au 4 avril. Le public est invité à réserver une table au restaurant s'il souhaite pouvoir déguster notre vin en accord avec un plat signé par l'un des chefs étoilés.


Video Ă  consulter directement sur le site de la RVF.


www.larvf.com

Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 13:06

.
[PRIMEURS] Avec 2018, « on a 7 millésimes du siècle dans le siècle »
On a pu entendre de l’enthousiasme autour de ce 2018. Le ressenti du Compte Stephan von Neipperg, à la tête des châteaux Canon La Gaffelière (1er grand cru classé de Saint-Émilion), La Mondotte (1er grand cru classé de Saint-Émilion), Clos de l’Oratoire (grand cru classé de Saint-Emilion), château Peyreau (grand cru de Saint-Emilion), château d’Aiguilhe (castillon – côtes de Bordeaux), Clos Marsalette (pessac-léognan).


« 2000, 2005, 2009, 2010, 2015, 2016, 2018… Déjà, si on fait le compte, on est à sept millésimes du siècle dans le siècle, non ? » sourie Stephan von Neipperg lorsqu’on lui demande de situer ce 2018. « Je pense que c’est un très beau millésime. Je trouve que ce qui est formidable dans ce 2018, c’est qu’il est à la fois puissant et frais, avec beaucoup de fruit. Quelquefois les vins sont un peu trop frais ou un peu trop tanniques avec des tanins durs, mais là, ce n’est pas le cas. En juillet, on était inquiets, c’était l’un des millésimes les plus pluvieux qu’on avait jamais eus. En bio, c’est le millésime le plus compliqué sur mes 35 années passées à Bordeaux. Je n’ai jamais vu ça. 2015 était pas mal dans son genre, mais a viré au beau fin juin, et il pleuvait moins. Dans le bio, dès qu’il pleut 30 mm, la porte est ouverte au mildiou. Si on ne peut pas la refermer en traitant, pour des questions de personnel ou de sols, on sait qu’on verra des dégâts plus ou moins grands sous quinze jours à trois semaines. Finalement, si on regarde maintenant ce qui est sorti de ce 2018, c’est assez formidable. En quantité, La Mondotte a fait le plus grand millésime de son histoire. »


www.terredevins.com


Alex,

Ps: Quels chanceux ces Bordelais...! :cheers:
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 8 Avr 2019 13:11

.
[PRIMEURS] Jean Coussau : « le Bordeaux Bashing n’est pas arrivé dans les Landes »
Après Nicolas Magie, rencontre avec Jean Coussau, l’un des quatre chefs étoilés du Sud-Ouest qui, durant la semaine des Primeurs, ont été invités à signer un plat à la Terrasse Rouge, le restaurant du château La Dominique, grand cru classé de Saint-Emilion – en partenariat avec Les Clés de Châteaux / Rolland Consulting. Rencontre avec un Gascon pur jus, qui tient ses deux étoiles au Relais de la Poste (Magecsq, Landes).




Comment avez-vous accueilli l’idée de signer ce plat autour du canard durant la semaine des Primeurs ?
J’ai été approché par les équipes du château La Dominique et, étant ami de longue date avec la famille Fayat, j’ai tout de suite dit oui. Je me déplace très rarement de chez moi, il m’arrive de faire quelques exceptions… Le canard c’était une évidence, j’avais à cœur de montrer que le magret et le foie gras sont des produits délicieux quand ils ne sont pas galvaudés. Nous les avons faits venir d’une petite exploitation dans les Landes. Autant que possible, je travaille des produits très locaux ; nous avons la chance d’avoir dans les Landes de petites exploitations, notamment tenues par des jeunes, qui travaillent de beaux produits, sur des circuits courts. Il faut les valoriser, et valoriser la transmission.

Cette notion de transmission, elle est centrale dans la famille Coussau ?
Mon père a créé le Relais de la Poste en 1950. J’ai repris les rênes avec mon frère Jacques, qui s’occupe de la cave, il y a 28 ans. Nous avons deux étoiles au guide Michelin depuis 1971. Après nous, heureusement se profile une nouvelle génération, avec la fille de Jacques, Clémentine, qui nous a rejoints après être passée dans de belles maisons françaises (Dutournier, Marcon, Chibois…) Cela nous rassure qu’elle soit à nos côtés depuis quatre ans, on lui apprend comment faire venir 15 000 personnes à Magecsq, un bled de mille habitants, même si nous accordons une importance colossale à notre clientèle locale.

Quel rapport entretenez-vous avec le vin ?
Je m’intéresse au vin depuis que j’ai 14 ans ! J’ai passé le concours de Meilleur sommelier junior en 1968 à Lyon, j’ai toujours été passionné par ce produit. Mais c’est mon frère Jacques qui gère en priorité la cave du restaurant. Comme il a huit ans de moins que moi, quand il est arrivé je lui ai mis le pied à l’étrier. Le vin correspond à nos valeurs de terroir, de culture, de tradition que nous essayons de préserver. Aujourd’hui ces valeurs sont attaquées de partout, on voudrait pratiquement nous interdire la pêche, la chasse, par des personnes qui souvent ignorent tout de la vie dans le monde rural. Concernant la carte du restaurant, nous avons 85% de vins de Bordeaux, un vignoble avec lequel nous entretenons des liens forts, et puis dans les Landes n’est pas arrivé encore le « Bordeaux Bashing ». A titre personnel, j’ai un petit faible pour le Saint-Julien, le grand médoc classique.

Que vous racontent-ils, ces grands vins du MĂ©doc ?
Je vais avoir 70 ans dans quelques jours, mes copains de chasse et de golf m’ont offert un peu à l’avance deux bouteilles de Cos d’Estournel 1949, mon année de naissance. On les a bues ensemble, les vins étaient encore magnifiques de fraîcheur. C’est le privilège des grands vins et la force des grands terroirs, cette capacité à vieillir. La carte des vins du restaurant fait une quarantaine de pages, avec beaucoup de vieux millésimes – ce qui est regrettable c’est que ces vieux vins sont presque toujours bus par des clients étrangers. L’an dernier, sept personnes de Shanghai, qui allaient à Bayonne, se sont arrêtées à Magescq, ils ont commandé des Petrus 1982, Cos d’Estournel 1955, des bouteilles incroyables. Ils sont revenus le soir après la corrida, ils ont fait la même chose ! Et ils n’ont pas choisi les vins au hasard.

Vous avez le sentiment que cela se perd, cette culture du « bon produit » ?
Pas du bon produit, au contraire on constate que beaucoup de jeunes viennent au restaurant pour connaître la vraie cuisine, des produits de tradition, avec de la traçabilité, de vraies sauces. En revanche, au niveau des vins, il y a une grosse éducation à refaire. On a beaucoup mis en avant, depuis des années, des vins jeunes, exubérants, « sur le fruit », ce qui a contribué au succès des vins du Nouveau Monde. Je peux vous dire que mon Cos d’Estournel 1949, il était encore sur le fruit ! Tout est une question d’éducation. Dans ma famille, nous avons transmis ce goût du vin, mon père a créé la cave, aujourd’hui mon frère est encore plus passionné que moi.

Quel est votre plus beau souvenir de dégustation ?
Eh bien ces bouteilles de Cos d’Estournel 1949, bues tout récemment avec des amis chers, c’est un grand souvenir. J’ai aussi eu la chance de goûter un Latour 1928 chez un ami, tout à fait exceptionnel. Le souci de ces grands vins est qu’ils sont devenus hors de prix. Je n’hésite pas à dire à certains copains bordelais qu’ils ont la mémoire courte, il vaut mieux être précautionneux et rester modeste. C’est un peu comme les chefs, certains sont très sympas, d’autres ne touchent plus le sol – ils n’ont pas des toques, ils ont des montgolfières ! C’est pour ça que j’ai refusé de tourner dans « Top Chef », les jours où je ne suis pas en cuisine je préfère aller à la chasse ou jouer au golf.

La suite de votre passion du vin, c’est qu’aujourd’hui vous avez votre propre vigne, une « vigne d’amitié » comme vous l’appelez.
Ce vignoble est né pour mes 50 ans. Mes copains se sont réunis et m’ont offert 50 arbres fruitiers avec le conservatoire d’Aquitaine. Mon frère m’a offert 1200 pieds de vigne. Restait à les planter… dans les terroirs de sable des Landes ! Tout a été pris en main par l’équipe technique de Malartic Lagravière, qui sont des amis. La première année en 2002, on a vinifié dans une chambre, aujourd’hui nous avons de vraies installations techniques. C’est un vignoble que l’on conduit pratiquement en bio, mais il faut être vigilant par rapport à certains parasites et à l’influence de l’océanique qui est très proche. On produit à peu près chaque année 900 bouteilles de rouge et 300 bouteilles de rosé de saignée ; pratiquement tout est consommé au restaurant, à l’exception de mes amis Alain Dutournier et Michel Guérard qui ont quelques bouteilles ; sans oublier l’association « Les amis de la petite lagune », des amis qui viennent pour les vendanges ou la mise en bouteille, et qui en consomment pas mal aussi !

Quand on est un chef reconnu, ça fait quoi de produire son propre vin ?
C’est un aboutissement ! J’ai toujours dit « l’aboutissement pour un chef, c’est de faire son propre pain et son propre vin ». Voilà, maintenant j’y suis.


www.terredevins.com


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 9 Avr 2019 13:16

.
Domaine Tetramythos | Voyage en terre hellénique
Comme toujours, notre équipe passionnée a à cœur de rechercher des petites pépites au-delà de nos frontières. Nous vous invitons donc à nous suivre sur les pourtours de la Méditerranée à la découverte du vignoble grec. Car, au nord du Péloponnèse, se niche un petit domaine qui nous a plu à bien des égards. Allez, on embarque ?




Imaginez-vous entre 400 et 1 000 mètres d’altitude, au beau milieu d’une région tapissée de pins d’Alep qui, bercés par les vents du golfe de Corinthe, côtoient des vignes sous un soleil méditerranéen idyllique. Poursuivons un peu notre route sur ces terres d’Achaia pour apercevoir le domaine Tetramythos. En discutant avec les habitants de la ville voisine de Patras, vous apprendrez que, forte d’une histoire vinicole très riche, la région s’est faite connaître pour ses vins élevés en amphore. En effet, c’est ici que ces premiers « pithos » ont été fabriqués.

A l’heure où les vins élevés dans ces contenants font des émules parmi les professionnels convaincus par leurs vertus, et attisent les convoitises des amateurs avertis, nous souhaitions vous présenter ce domaine étranger qui incarne merveilleusement le dynamisme de la viticulture locale. Vous semblez piqués par la curiosité cher lecteur. Poussons donc la porte de ce domaine mythique, voire mystérieux, pour nous faire accueillir par Panayiotis Papagiannopoulos. Après avoir fait des études d’œnologie à Athènes dans les années 1990, puis avoir exercé la profession de consultant, cet homme a choisi d’endosser le rôle de vigneron et de reprendre ce domaine de 10 hectares. Depuis lors, il cultive les cépages autochtones uniques qui nous fascinent par ses noms exotiques que sont le mavro kalavrytino, ou le roditis.

Souhaitant faire de ses vins un réel reflet de ce terroir sableux et graveleux unique, où les pins offrent leurs arômes résineux aux baies poussant aux alentours, Panayiotis Papagiannopoulos a opté pour une culture et une vinification les plus naturelles possibles. On susurre même à notre oreille que ses nectars rappellent à s’y méprendre ceux que buvaient ses ancêtres antiques.

Vins naturels, élevés en amphores, vins blancs de macération ou encore retsina, tout ce qui naît de la main de ce vigneron talentueux commencent à connaître un succès bien au-delà de ses frontières. Et pour cause, leur minéralité, leur salinité et leurs notes d’agrumes les dotent d’une fraîcheur et d’une accessibilité édifiantes, voire exemplaires.


www.idealwine.net


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 9 Avr 2019 13:38

.
Le vin et le bio #9 - En Champagne, la bulle se mouille
Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave chez Roederer, a été le premier dans les « grandes maisons » à se lancer en bio et biodynamie. Expérience et bilan. Propos recueillis par Jacques Dupont


Le personnage est un puits de science modeste et il n'aime guère que l'on évoque son CV de major, premier de la classe, et son parcours sans fautes. Mais, de ses études scientifiques, pas grand-chose ne le prédestinait à devenir un adepte du, et encore moins de la biodynamie, sauf peut-être son esprit critique et sa curiosité. Il a en plus la chance de travailler dans une maison qui assure une très grande partie de ses approvisionnements en raisins depuis son propre domaine viticole et avec pour patron Frédéric Rouzaud, lui aussi curieux et assez éloigné des préventions et clichés que l'on attribue ordinairement aux grands patrons de lignée. Roederer, dans l'univers des marques champenoises, occupe une place originale, parfois jalousée. D'autant que la maison est également propriétaire de plusieurs crus bordelais, dont Poichon Comtesse, grand cru classé de pauillac, et les fameux domaines Ott en Provence.






Le Point : Tu es issu d'un parcours universitaire remarquable : de très brillantes études en agronomie, œnologie, etc. Vastes connaissances en chimie, biologie, etc. Pourtant, tu as adopté pour les vignobles Roederer les principes de la biodynamie. Tous les principes ? Ou bien fais-tu tes courses parmi les remèdes, les solutions que ce mode de culture propose ?
Jean-Baptiste LĂ©caillon
:Mon approche est simple, pragmatique, et je dirais chargée de « bon sens paysan », car je considère l'agronomie plus comme un art que comme une science. Un art, car l'agronomie est intimement liée au développement de nos civilisations… Nous gérons, au quotidien, et pour le long terme, ce patrimoine vivant « terre » qui nous a été confié. Après les études agronomiques, c'est ma rencontre avec Bill Mollison, inventeur de la permaculture, en Tasmanie au début 1990 qui a été le véritable déclencheur : j'ai pris pleinement conscience de notre responsabilité dans le fonctionnement d'un écosystème global, équilibré, où tous les éléments travaillent en synergie… C'était l'époque de ma prise de conscience qu'un système en monoculture, productiviste, était fragile, de plus en plus dépendant de la chimie humaine, et ne pouvait donc être suffisamment résilient ni durable. La biodynamie, que j'ai découverte plus tard, est intéressante car elle rejoint cette démarche ambitieuse par son approche goethéenne. Cependant, permaculture comme biodynamie ne sont que des outils, des expériences, au service de l'agronomie. Ces démarches nous permettent d'être encore plus affûtés dans nos démarches paysannes. Nous sommes certifiés en biodynamie Demeter sur seulement 10 hectares, mais j'applique les outils principaux de la biodynamie (préparations, tisanes, composts...) sur la totalité des 122 hectares en certification bio.


Le personnage qui a « inventé » la biodynamie est controversé : Rudolf Steiner. Sa pensée fait l'objet de critiques virulentes. Pour le moins, on lui reproche de mélanger astrologie, vieilles croyances de l'époque des sorcières et bon sens paysan. Le philosophe Michel Onfray lui consacre un chapitre dans Cosmos pour dénoncer son charlatanisme dangereux. Et pourtant, la biodynamie appliquée aux vignes semble plutôt bien fonctionner. Comment l'expliquer ?
Le débat sur Steiner doit être pacifié et je ne souhaite pas ouvrir un débat philosophique. Son approche spirituelle est probablement critiquable sur certains points, mais elle a eu le mérite de poser quelques garde-fous au moment où la chimie issue de la Première Guerre mondiale devenait très puissante. Il y avait probablement une dimension « inhumaine » dans cette chimie responsable de tant de cruautés pendant la guerre. Le risque était grand que cette nouvelle puissance, mal utilisée, vienne perturber le fonctionnement des écosystèmes et des traditions artisanales de nos sociétés : une révolution agricole était initiée, mais sans que l'on sache où elle allait mener. Pour le meilleur ou pour le pire ? Sur ce point, Steiner avait malheureusement raison. Le fait qu'il ait puisé dans les traditions agricoles ancestrales quelques pratiques « obscurantistes » était probablement nécessaire à sa démonstration dans son Cours aux agriculteurs… Mais cela prouvait aussi sa large investigation pour trouver des solutions plus « naturelles ».
Mon explication du fonctionnement de la biodynamie ? C'est tout simplement une histoire d'homme et certainement pas une nouvelle liste de préparations ou pratiques agricoles magiques, comme certains le pensent car ils ont été habitués (et formés) à appliquer des recettes efficaces. Ce n'est donc pas un changement de recette.
La biodynamie appliquée aux vignes, c'est une (re)prise de contact, un retour du paysan sur ses terres. Il y met son âme, sa passion, sa sensibilité, son observation longue et posée, il veille aux équilibres et n'abuse pas de techniques agricoles agressives (chimique ou physique). Il favorise la biodiversité et les synergies. Il prend des risques, chaque jour, et apprend de ses erreurs en innovant constamment. L'agriculture devient alors culture et innovation… et le paysan devient l'observateur, le guetteur, de l'écosystème. Il ne veut pas le dominer, il veut mieux le comprendre pour en tirer le meilleur parti. Le paysan en biodynamie ou permaculture est un chef d'orchestre tirant le meilleur parti des musiciens (les éléments naturels) en interprétant la partition (l'objet de sa production).


L'avenir de la viticulture sera-t-il bio, biodynamique, ou plus simplement un retour vers des pratiques anciennes, dont la prévention et l'observation sont les clés de voûte ?
Tu as ma réponse dans les lignes précédentes : bio et biodynamie ne sont que des outils, des moyens. Le véritable enjeu est le retour à des pratiques humaines, sensibles, esthétiques et raisonnables. On pourrait citer ici un autre père de la permaculture, le Japonais Masanobu Fukuoka : « Le but ultime de l'agriculture n'est pas de faire pousser des récoltes, mais la culture, l'accomplissement et la perfection des êtres humains. »


Que penses-tu du recours aux cépages dits résistants qui commencent à se planter dans certains vignobles, des cépages obtenus par hybridation et censés résister aux maladies actuelles comme le mildiou ou l'oïdium ?
J'ai, je l'admets, un regard assez inquiet sur ce sujet. La chimie comme la génétique sont des avancées scientifiques majeures et merveilleuses. Or ce n'est jamais l'idée qui pose problème, mais les abus dans son utilisation ! Nous avons tous besoin de la science pour progresser, l'intelligence artificielle nous fait aujourd'hui beaucoup avancer… Ce qui est dangereux, c'est son utilisation abusive. Après le règne de la chimie, devenue moins « populaire » aujourd'hui, voilà que l'on présente la génétique comme nouvelle solution miracle… pour régler les excès récents de la chimie ! J'ai bien peur que l'on aille vite, bien trop vite, sur ce sujet. Il faut se donner le temps et prendre toute la mesure de ces décisions. Et il faut que tout le monde soit convaincu que nous ne ferons pas l'économie, entre-temps, d'une bonne cure « bio ». S'il s'agit d'ouvrir la voie à la biodiversité, alors oui ! Ce sera une approche identique à celle des hybrideurs de la fin du XIXe siècle, qui a eu beaucoup d'échecs mais quelques belles réussites aussi ! S'il s'agit de préconiser ces cépages comme la voie « facile » pour ne plus polluer, alors on risque d'avoir une sacrée « gueule de bois », car cela revient à programmer la destruction de toute la biodiversité qui a fait notre richesse depuis des siècles. Je crois beaucoup plus à la sélection massale (préclonale), qui est déjà un réservoir colossal de biodiversité et d'adaptation continue à nos terroirs… c'est là aussi un patrimoine génétique dont nous avons hérité et qui doit être préservé.


www.lepoint.fr


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 12 Avr 2019 13:01

.
[EXCLUSIF] Le classement de Saint-Émilion maintenu par la justice
Information confirmée auprès du Conseil des vins de Saint-Émilion : la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté les requêtes des trois requérants souhaitant faire annuler le classement 2012 des grands crus classés de Saint-Émilion, entérinant pour de bon ce classement après 7 ans de procédure.




C’est un feuilleton judiciaire qui court depuis l’annonce même du classement 2012 des grands crus classés de Saint-Émilion, et qui vient semble-t-il de trouver enfin un épilogue. La cour administrative d’appel de Bordeaux vient d’annoncer avoir rejeté les requêtes des trois requérants (les châteaux Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac) qui souhaitaient faire annuler le classement pour vice de procédure. Bien que le classement ait été validé une première fois par la justice administrative en décembre 2015, les trois propriétés avaient fait appel de cette décision. La décision de justice est donc une nouvelle fois en leur défaveur.

Le classement 2022 déjà en ligne de mire

Contacté par Terre de Vins, Franck Binard, directeur du Conseil des vins de Saint-Émilion, confirme l’information et exprime son soulagement : « la décision a été rendue par la Cour d’appel, nous allons devoir attendre de lire l’arrêt dans le détail, certainement la semaine prochaine, pour connaître les motivations de la cour. Pour nous, c’est avant tout une confirmation de la décision de justice qui avait été prise en première instance par le tribunal administratif de Bordeaux, et cela vient enfin valider le classement de Saint-Émilion après sept années de procédure. C’est une bonne nouvelle ».

Bien sûr les plaignants ont encore la possibilité de faire un recours devant le Conseil d’État, mais pour l’instant, du côté de Saint-Émilion, on relâche la pression. « Cette décision vient entériner l’ensemble du dispositif mis en œuvre pour le classement, c’est très important pour nous car cela le consolide au regard de la loi », poursuit Franck Binard, qui porte déjà son regard vers… le classement 2022 – le classement de Saint-Émilion étant révisable tous les dix ans. « Cela va nous obliger rapidement à nous mettre au travail vers le prochain classement, qui est prévu dans trois ans. Mais la tâche sera plus facile en sachant que l’on pourra s’appuyer sur une solide base juridique ».


www.terredevins.com


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 12 Avr 2019 13:05

.
[PRIMEURS] Jean Guyon : « les Primeurs n’ont pas beaucoup d’intérêt pour les gens sérieux »
Huit propriétés médocaines, dont quatre crus bourgeois, dans l’escarcelle des Domaines Rollan de By, mais aucun cru classé. Quel enjeu des primeurs pour Jean Guyon, dont les vins sont intégralement vendus en direct ? Réponse.



« Je pense que les Primeurs n’ont pas beaucoup d’intérêt pour des gens sérieux, affirme sans détour Jean Guyon, à la tête d’un vignoble de 190 ha, qui produit 1 200 000 bouteilles par an. Aux Primeurs, les vins ont trois mois de barriques et les assemblages sont faits spécialement pour cette dégustation. Cette période temporelle est trop prématurée selon moi. Si les Primeurs avaient lieu au moment de Vinexpo, on aurait peut-être plus de monde et d’intérêt pour les deux manifestations. » Pourquoi alors le propriétaire continue-t-il à faire déguster ses vins en primeurs ? « Parce que c’est là où tous les journalistes viennent goûter l’ensemble des vins du millésime pour se faire une idée générale de sa qualité et attribuer leurs notes, répond le propriétaire. Bien que n’étant pas classés, on a besoin de notes pour être une référence, notamment à l’étranger. Comme nous sommes généralement bien notés, c’est précieux ensuite pour vendre à notre clientèle de particuliers et à certains de nos importateurs qui achètent en primeur, surtout notre haut-de-gamme Haut Condissas, pour être sûrs de conserver leurs allocations. » Ce millésime 2018, par ailleurs 30e anniversaire des domaines Rollan de By, s’annonce fort selon le propriétaire. « C’est pour nous un millésime vraiment extraordinaire, avec une homogénéité exceptionnelle sur l’ensemble de nos propriétés. Il a un côté gourmand, fruité, rond, des tanins moelleux… Personnellement, je n’ai jamais, dans tous les millésimes qu’on a faits, trouvé de tels tanins. Bien sûr, le vin va évoluer, mais il y a vraiment un plaisir de dégustation que j’ai rarement trouvé en primeurs. Je pense que ça va vraiment être un grand millésime, qui pourra à la fois se boire jeune et se garder aisément 15-20 ans. »


www.terredevins.com


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 17 Avr 2019 10:47

.
Champagne
Gel : jusque 50 % de dégâts dans certaines zones
Le thermomètre est descendu jusque – 6 °C en Champagne. C’est dans l’Aisne que les dégâts semblent les plus importants.




Déjà partiellement impactée par le gel du 5 avril, la Champagne a vécu un week-end particulièrement froid, avec des températures comprises entre – 3 et – 6 °C samedi matin et dimanche matin. Ce sont logiquement les chardonnays, plus avancés, qui ont été les plus exposés. Dans la Côte des Blancs, le thermomètre est descendu à – 4 °C. « Nous en étions au stade pointe verte, commente Olivier Waris, viticulteur à Avize. Il est un peu tôt pour estimer les dégâts. Nous avons des parcelles complètement ravagées, et d’autres seulement à moitié. Il devrait y avoir 30 à 40 % de pertes dans notre secteur. Le gel du 5 avril, avec une nappe de brouillard, a été très impactant également ».

"On ne lâche rien… "

Dans l’Aisne, les dégâts sont très importants. « Nous les estimons à 50 % pour ceux qui n’ont pas utilisé de moyens de protection », estime Daniel Fallet, viticulteur à Charly sur Marne et vice-président du syndicat général des vignerons. La température relevée a été de -4.5 °C. « Nous avons 70 % de meunier, mais ils ont tout de même beaucoup souffert ». Ce vigneron vient d’enchainer deux nuits d’aspersion ce qui lui a permis de protéger complètement sa récolte. « Nous avons débuté l’aspersion à 23h30 samedi pour terminer à 10h30 dimanche, poursuit-il. Puis de minuit hier jusque 9h30 ce matin. On ne lâche rien… ». Les chardonnays de l’Aisne avaient déjà été très impactés par le gel du 5 avril, notamment en plaine.

Dans l'Aube, les dégâts sont hétérogènes

Dans l’Aube, département très touché par le gel ces dernières années, les dégâts sont mitigés. Certaines parcelles ont beaucoup souffert, d’autres moins. Le thermomètre est pourtant descendu à – 6 °C dans la Côte des Bar. « Nous attendons quelques jours pour quantifier la perte, mais cela ne devrait pas être catastrophique, témoigne Jennifer Fluteau, viticultrice à Gyé sur Seine. Le temps était très sec mais il y avait tout de même un taux d’humidité élevé ».

La récolte 2018 ayant été très généreuse, la majorité des vignerons dispose d’une réserve qualitative – plafonnée à 8000 kg/ha – importante. Cette « assurance climatique » en nature permettra d’atténuer les effets du gel sur les trésoreries.


www.vitisphere.com


Alex,
Lalex
 
Messages: 2558
Inscrit le: Ven 7 Sep 2012 10:47
Localisation: Ile-de-France (91)

Précédent

Retour vers Le vin en vidéo.

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit and 2 invités