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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 27 Oct 2020 10:14

10 000 bouteilles de faux chĂąteau Haut-Brion saisies en Chine

Plus de 10 000 bouteilles de faux Chùteau Haut-Brion ont été découvertes par les autorités de la ville de Xiamen, dans le sud de la Chine. Malgré la saisie, le fraudeur est toujours en fuite et la sanction a été critiquée comme étant trop indulgente.


Plus de 10 000 bouteilles de faux ChĂąteau Haut-Brion ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes par les autoritĂ©s de la ville de Xiamen, dans le sud de la Chine, agissant Ă  la suite d’une plainte dĂ©posĂ©e par la sociĂ©tĂ© mĂšre du premier grand cru classĂ© de Bordeaux contre une entreprise locale. L'administration du district de Xiamen Jimei chargĂ©e de la rĂ©gulation des marchĂ©s a dĂ©couvert 1 268 bouteilles de faux ChĂąteau Haut-Brion en format 750 ml, et un deuxiĂšme lot de 9 321 bouteilles du mĂȘme vin en format 258 ml.
La dĂ©couverte fait suite Ă  une plainte pour contrefaçon de marque dĂ©posĂ©e par la sociĂ©tĂ© mĂšre du premier cru de Pessac-Leognan, le Domaine Clarence Dillon, contre la sociĂ©tĂ© Xiamen Jin Zun Ye Xuan Trading (ćŽŠé—šé‡‘ć°Šçƒšèœ©èŽžæ˜“æœ‰é™ć…Źćž). La descente au siĂšge social de la sociĂ©tĂ© Xiamen a Ă©galement permis de dĂ©couvrir 206 bouteilles de faux Champagnes rosĂ©s Perrier-JouĂ«t. Il pourrait s’agir de la plus grande saisie de premiers crus de Bordeaux effectuĂ©e ces derniĂšres annĂ©es en Chine. Pourtant, malgrĂ© l'ampleur choquante de cette contrefaçon de vin fin, elle soulĂšve des questions Ă  propos de l'administration du district de Xiamen Jimei.

ClĂ©mence douteuse de l’administration

La descente a Ă©tĂ© effectuĂ©e en janvier 2019, mais n'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e que ce mois-ci, aprĂšs que l'administration ait dĂ©clarĂ© que le principal suspect dans cette affaire avait disparu et Ă©tait toujours en fuite. Selon les mĂ©dias chinois, l'administration a envoyĂ© un avis d'enquĂȘte au suspect en novembre 2019, lui demandant de se prĂ©senter Ă  son bureau pour un interrogatoire avant le mois d’octobre 2020. Il va sans dire que le suspect ne s'est jamais prĂ©senté 

Aucune amende ni peine de prison n'a Ă©tĂ© infligĂ©e Ă  la sociĂ©tĂ© ni Ă  ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, malgrĂ© l’infraction avĂ©rĂ©e du droit des marques. L'administration a simplement ordonnĂ© Ă  la sociĂ©tĂ© Xiamen Jin Zun Ye Xuan Trading de mettre fin immĂ©diatement Ă  la violation de la loi et a confisquĂ© les vins contrefaits. De son cĂŽtĂ©, l'administration dĂ©fend son traitement de l’affaire, affirmant qu'elle ne pouvait pas infliger d'amende parce que le suspect ne l’avait pas informĂ© du « volume total des importations ni du prix unitaire » des trois vins contrefaits.

Les internautes critiquent un raisonnement illogique

Le chĂąteau Haut-Brion fait partie des vins les plus prisĂ©s au monde
 Selon le site Wine Searcher, une bouteille de ChĂąteau Haut-Brion se commercialise Ă  environ 4 500 RMB la bouteille, alors que sur la plateforme de nĂ©goce de vins fins Liv-ex, des vins du millĂ©sime 2016 ont Ă©tĂ© mis sur le marchĂ© Ă  420 € la bouteille dĂ©part nĂ©goce. « L'informateur », affirme l’administration, faisant allusion au Domaine Clarence Dillon, « n’est pas en mesure de fournir une liste valable des ventes Ă  la sociĂ©tĂ© Xiamen permettant d’estimer son chiffre d'affaires. Par consĂ©quent, nous pensons que le montant total des gains illĂ©gaux engrangĂ©s par l’accusĂ© provenant des trois vins susmentionnĂ©s et des revenus illĂ©gaux ne peut ĂȘtre calculĂ© ».

Les internautes ont tournĂ© en dĂ©rision ces arguments, bon nombre d’entre eux estimant que la peine Ă©tait trop clĂ©mente. Certains se sont moquĂ©s du raisonnement de dĂ©fense, soulignant que les entreprises victimes de fraude sur les vins ne pourront pas fournir de liste des ventes si ces ventes n'ont jamais eu lieu avec l'auteur du dĂ©lit. A priori, l'enquĂȘte serait toujours en cours et le suspect n'a pas encore Ă©tĂ© apprĂ©hendĂ©.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 27 Oct 2020 10:35

Clos du Mesnil 2006 : Entretien avec Julie Cavil, Cheffe de Caves de la Maison Krug

A l’occasion du lancement par la Maison Krug du Clos du Mesnil 2006, Terre de vins est allĂ© Ă  la rencontre de Julie Cavil, la nouvelle Cheffe de Caves qui a succĂ©dĂ© le 1er Janvier dernier Ă  Eric Lebel.



Pouvez-vous nous donner les grands principes qui guident l’élaboration du Clos du Mesnil ?
Le Clos du Mesnil, c’est pour moi la plus belle illustration du savoir-faire de la maison : qu’est-ce que Krug est capable de faire avec un raisin donnĂ©, Ă  un endroit donnĂ©, une annĂ©e donnĂ©e ? Nous sommes ici sur 1,84 hectare en plein centre-ville. Pour se donner une idĂ©e, c’est l’équivalent de la place VendĂŽme. Tout le village du Mesnil-sur-Oger s’est construit autour de cette parcelle en lui procurant un micro-climat. Les habitations coupent ainsi le vent et emmagasinent la chaleur. Si bien que c’est souvent ici, au moment des vendanges, que les premiers coups de sĂ©cateur de la Maison sont donnĂ©s.
Ce jardin de centre-ville se dĂ©compose lui-mĂȘme en six parcelles. Chacune ne mĂ»rit pas aussi rapidement, parce qu’il y a diffĂ©rentes annĂ©es de plantation, des grands arbres qui font de l’ombre sur le bas du clos tous les matins, une petite partie plus enserrĂ©e dans le mur qui rĂ©flĂ©chit la chaleur et qui lui donne un peu plus d’avance
 Dans la mesure oĂč nous avons une Ɠnologie trĂšs peu interventionniste et oĂč nous n’avons pas les moyens de modifier quoi que ce soit, la date de la cueillette pour nous est cruciale. C’est en effet uniquement Ă  partir de ce que nous obtenons Ă  la vendange que nous travaillons. Lorsqu’on suit ces six micro-parcelles, on va dĂ©guster leurs raisins pendant trois semaines. Quand il n’y a plus de petites notes vĂ©gĂ©tales, quand on a l’impression de croquer dans l’agrume, juste avant que cela ne passe sur les fruits blancs un peu plus mĂ»rs, on fait en sorte de vendanger dans les 24 heures. Nous sommes trĂšs intĂ©ressĂ©s par cet agrume-lĂ , et vous allez le retrouver dans toutes nos cuvĂ©es. Ce qu’on veut essayer d’obtenir, c’est la meilleure expression possible pour chacune de nos parcelles quitte Ă  en espacer les cueillettes, plutĂŽt que de moyenner l’ensemble.

Quels sont les critĂšres sur lesquels vous allez juger ou non de sortir le Clos ?
Soit il est reprĂ©sentatif de ce chardonnay ultime qu’on a en tĂȘte, soit il ne l’est pas. C’est Ă  dire cette ligne droite qui ne s’arrĂȘte pas autour de l’agrume, avec si possible une petite austĂ©ritĂ© dans les premiĂšres annĂ©es avant de finir en petite peau de pamplemousse trĂšs subtile pour lui donner cette longĂ©vitĂ©, cette tension. On vise cette colonne vertĂ©brale. AprĂšs, on laisse aussi l’annĂ©e s’exprimer : 2006, on voit que c’est un peu plus enveloppĂ©, on a un peu plus de charme, d’épaisseur, d’ampleur que certaines annĂ©es. Mais cela doit ĂȘtre hyper net, hyper prĂ©cis. Vous ne devez pas avoir un seul doute, Ă  un seul instant, sur oĂč on va depuis le dĂ©but du nez jusqu’à la fin de la bouche. Il faut une cohĂ©rence parfaite entre la promesse qu’on vous fait au nez et ce que vous trouvez en bouche.

Comment vous décririez justement ces arÎmes ?
Le nez est mĂ»r, avec du fruit juteux, un peu de pĂątisserie, des notes mentholĂ©es, rĂ©glissĂ©es qui font que cela Ă©lĂšve le menton et qui lui donnent un cĂŽtĂ© racĂ©, trĂšs classe, pas commun. Pour moi, ça c’est le clos ! Et on retrouve cette dĂ©composition dans la bouche. On est d’abord surpris parce que cela envahit tout le palais, on est effectivement sur quelque chose qui charme, et puis on termine par cette finale qui nettoie le palais pour la prochaine gorgĂ©e. Cela a beau ĂȘtre un seul cĂ©page, une seule annĂ©e, il y a une notion de contrastes, en particulier entre cette maturitĂ© et cette tension Ă  la fin. À un niveau moindre par rapport Ă  la Grande CuvĂ©e mais qui est quand mĂȘme prĂ©sent. Ça, c’est la signature de la Maison, cette capacitĂ© Ă  rĂ©concilier les paradoxes. Ce n’est pas un vin neutre qui vous laisse indiffĂ©rent, il se passe quelque chose.


Krug Clos du Mesnil 2006, prix indicatif 950 €.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 3 Nov 2020 12:44

Clos des Goisses : la Champagne Ă  l’école bourguignonne

La Maison Philipponnat sort trois nouveaux millĂ©simes du Clos des Goisses : 2011, 1995, et 2009 pour le Juste RosĂ©. Trois superbes vintages de ce vin racĂ© et atypique, dont les principes d’élaboration, en plein cƓur de la Champagne, empruntent beaucoup Ă  la Bourgogne.



Pour ceux qui ne connaĂźtraient pas le Clos des Goisses, il faut se figurer l’endroit : une parcelle plantĂ©e de 70% de pinot noir et de 30% de chardonnay sur cinq hectares, entourĂ©e de murs, et qui tombe Ă  pic sur le canal de la Marne avec 45% de dĂ©clivitĂ©. La pente contribue Ă  l’érosion des sols, avec une craie qui affleure en milieu de coteau et impose des amendements constants. Le travail mĂ©canique y est presque impossible et on ne compte plus les chenillards qui se sont retrouvĂ©s accidentellement sur la route en contre-bas. Pour escalader le coteau, on n’a d’ailleurs pas hĂ©sitĂ© Ă  amĂ©nager de longs escaliers de pierres dignes des temples Incas. Dans ce qui ressemble plus Ă  un jardin de curĂ© qu’à une grande exploitation viticole, la vigne fait l’objet des soins les plus minutieux. Les herbicides sont bannis et on teste diffĂ©rents enherbements qui permettront de ne pas trop concurrencer la vigne : en ce moment du trĂšfle qui aurait la vertu d’empĂȘcher la prolifĂ©ration des liserons.

C’est aussi une parcelle bĂ©nĂ©ficiant d’un climat particulier. D’abord par son une exposition plein Sud qui donne au raisin une maturitĂ© exceptionnelle. Mais aussi grĂące au vent d’Ouest qui empĂȘche les brumes de stagner. Dans de telles conditions, les mauvaises annĂ©es sont rares et il n’est pas nĂ©cessaire de rĂ©Ă©quilibrer le vin par l’assemblage d’autres crus ou millĂ©simes. Depuis 1987, la Maison a rĂ©ussi Ă  millĂ©simer chaque annĂ©e !

Trois nouveaux millésimes puissants, vineux et complexes

La Maison a lancĂ© au mois d’octobre trois nouveaux millĂ©simes oĂč on retrouve les traits typiques de cette cuvĂ©e : la puissance, la vinositĂ© et la complexitĂ©. Il y a d’abord le Clos des Goisses 2011. Une annĂ©e oĂč par peur du botrytis on a vendangĂ© de maniĂšre prĂ©coce dans les chardonnays, en leur laissant parfois des goĂ»ts un peu vĂ©gĂ©taux. Aussi ont-ils Ă©tĂ© exclus de l’assemblage qui ne comprend exceptionnellement que des pinots noirs. Le tirage a Ă©tĂ© rĂ©duit, se limitant Ă  12.000 bouteilles contre 20.000 habituellement. Mais c’est justement ici qu’on voit la magie de cette parcelle, qui rĂ©ussit Ă  offrir sur ce millĂ©sime rĂ©putĂ© difficile un vin magnifique avec un nez oĂč se mĂȘlent les notes de rĂ©sine de pin, de cuir et de rĂ©glisse, et une bouche, oĂč se conjuguent les arĂŽmes de noisette, quelques pointes poivrĂ©es et une certaine salinité 

Le Clos des Goisses “Juste rosĂ©â€ 2009 offre lui aussi un beau voyage. La quantitĂ© de vins rouges additionnĂ©e est trĂšs faible, entre 6 et 7%. “Sur des rosĂ©s que l’on garde longtemps en cave, il faut en mettre trĂšs peu, sinon on aurait des Ă©volutions beaucoup plus marquĂ©es” confie le chef de cave, Thierry Garnier. Le rĂ©sultat est harmonieux : un nez Ă©picĂ©, poivrĂ©, avec des arĂŽmes de griotte, en bouche, une attaque fruitĂ©e et gourmande, alors que la fin est minĂ©rale avec un peu de silex. La vinification sous bois donne une sucrositĂ© qui participe Ă  ce cĂŽtĂ© gourmand si Ă©tonnant pour un extra-brut.

À noter que depuis 2009, la Maison a revu certains Ă©lĂ©ments techniques sur ce rosĂ©. Au niveau des cĂ©pages, elle emploie dĂ©sormais des clones bourguignons, “introuvables chez les pĂ©piniĂ©ristes champenois du fait de leur trĂšs faible rendement”. Ils permettent d’obtenir une couleur intense et prĂ©sentent en mĂȘme temps des grappes oĂč les raisins sont moins serrĂ©s, ce qui les rend moins sensibles au botrytis. Une qualitĂ© encore plus essentielle pour le vin rouge, puisqu’à la diffĂ©rence du blanc de noirs, il implique la macĂ©ration de la peau. DeuxiĂšme changement, amorcĂ© en 2009 et achevĂ© en 2013, l’ajout de vin rouge a Ă©tĂ© remplacĂ© par celui de rosĂ© de saignĂ©e : “c’est plus fin, plus Ă©lĂ©gant, vous avez vraiment la sensation de mordre le fruit mĂ»r”.

Enfin, la Maison prĂ©sente le Clos des Goisses 1995. Suivant une stratĂ©gie commerciale diffĂ©rente Ă  l’époque, et malgrĂ© la qualitĂ© des vendanges, la maison avait effectuĂ© un trĂšs faible tirage cette annĂ©e-lĂ  ce qui l’avait conduite Ă  ne pas commercialiser ce millĂ©sime, hormis sur quelques marchĂ©s Ă  l’étranger. C’est une belle dĂ©couverte. On est ici sur des notes de miel, de moĂ»t de raisin, de champignons et un cĂŽtĂ© un peu vanillĂ©. L’absence de fermentation malolactique et une annĂ©e plus acide que la moyenne lui ont conservĂ© une belle fraĂźcheur.

Prix recommandĂ©s, Clos des Goisses 2011 161,25 €, 1995 660 €, Juste RosĂ© 2009 288 €

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 7 Nov 2020 09:52

Italie 2020 : des vendanges prometteuses

"FinchĂ© c’ù vino c’ù speranza" – Tant qu’il y a du vin, il y a de l’espoir.



Jamais auparavant les viticulteurs italiens n'avaient pu consacrer autant de temps Ă  l'entretien de leurs vignes qu'en 2020. Le Consorzio Vino Chianti Classico et plusieurs autres producteurs toscans soulignent ce point positif parmi le flot de restrictions imposĂ©es par le Covid, et ils pensent que cela se manifestera dans les vins Ă  venir. En cette annĂ©e marquĂ©e par une crise sanitaire qui a touchĂ© le monde entier, cette bonne nouvelle d’une rĂ©colte italienne 2020 prometteuse est Ă©videmment la bienvenue. Nous nous sommes entretenus avec plusieurs producteurs du pays qui disent avoir rĂ©coltĂ© des raisins de grande qualitĂ© Ă  tous les niveaux. Si certaines rĂ©gions - notamment le PiĂ©mont et la Toscane - ont connu des alĂ©as climatiques, la plupart des domaines viticoles semblent avoir Ă©tĂ© satisfaits des conditions favorables durant la saison viticole, et aucun Ă©pisode orageux ou de grĂȘle n’a Ă©tĂ© mentionnĂ©.

À Montalcino, l'Ă©quipe de Mastrojanni nous explique que le confinement avait permis d'amĂ©liorer le contrĂŽle des vignobles en 2020 : "[les gens] ne pouvaient pas travailler Ă  l’intĂ©rieur, dans leurs bureaux, et donc les vignes ont reçu la plus grande attention". Ils font Ă©tat d'une "trĂšs bonne rĂ©colte" cette annĂ©e, qu'ils comparent Ă  celle exceptionelle de 2013. MalgrĂ© deux Ă©pisodes caniculaires en juillet et aoĂ»t, le domaine a connu un Ă©tĂ© globalement doux, notamment grĂące aux vents frais qui soufflent dans la vallĂ©e de l'Amiata oĂč sont situĂ©s ces vignobles.

De l'autre cĂŽtĂ© de Montalcino, Cinelli Colombini a indiquĂ© qu'il a gelĂ© lors du dĂ©bourrement, ce qui a limitĂ© le nombre de grappes de raisins cette annĂ©e. Plusieurs autres producteurs toscans ont Ă©voquĂ© des rĂ©coltes moins importantes en raison d’un dĂ©but de printemps trĂšs frais (en 2020, le rendement de Fattoria Le Pupille est infĂ©rieur de 20% Ă  celui de l'annĂ©e derniĂšre). La rĂ©colte de Brunello de Cinelli Colombini a nĂ©anmoins Ă©tĂ© d'"excellente qualitĂ©", et bien qu'il soit difficile de "concurrencer le superbe millĂ©sime 2019", l'Ă©quipe estime qu'il sera "impossible d'exclure l’annĂ©e 2020 de la liste des cinq meilleurs millĂ©simes des 20 derniĂšres annĂ©es".

Dans le Chianti, Castello di Monsanto a commencé à récolter ses chardonnay le 8 septembre et a cueilli ses derniers sangiovese le 10 octobre. Pour la propriétaire Laura Bianchi, issue de la troisiÚme génération de viticulteurs du domaine, le printemps a été doux avec suffisamment de pluie pour créer une réserve d'eau "parfaite" pour les vignes. AprÚs un mois d'août chaud et sec, les premiÚres semaines de septembre, plus humides, ont permis de réguler la maturation - un phénomÚne commun à toute la Toscane en 2020. Les raisins ont ainsi développé un "bel équilibre entre sucre, pH et maturation phénolique", et la premiÚre fermentation laisse déjà entrevoir un millésime d'une "grande personnalité, avec des tanins riches et une belle acidité". Plus à l'est, le Vecchie Terre di Montefili a commencé ses vendanges le 29 septembre, assez tardivement par rapport aux autres producteurs, ce qui est tout à fait normal pour ce vignoble qui se situe à 500 mÚtres au-dessus du niveau de la mer, explique l'équipe.

A moins d'une heure de lĂ , Brancaia a terminĂ© ses vendanges le 30 septembre (il avait commencĂ© la troisiĂšme semaine d'aoĂ»t). L'Ă©quipe nous raconte qu'ils ont Ă©tĂ© obligĂ©s de rĂ©colter leur sangiovese rapidement avant l'arrivĂ©e de fortes pluies, mais qu'ils ont eu la chance que les raisins soient "Ă  un degrĂ© de maturitĂ© parfait". En revanche, le propriĂ©taire d'IPSUS, Giovanni Mazzei, explique que le vigneron, Gionata Pulignani et lui-mĂȘme ont dĂ©cidĂ© d'attendre la fin des pluies prolongĂ©es de septembre avant de commencer les vendanges, "pour garantir un meilleur Ă©quilibre, obtenir des arĂŽmes supplĂ©mentaires, et pour modĂ©rer le taux d’alcool". Ainsi, l'Ă©tĂ© chaud et sec a pu ĂȘtre compensĂ© ; Mazzei affirme qu'il pourrait en effet "classer le style [du 2020] comme un bon Ă©quilibre entre des millĂ©simes plus frais et d’autres plus chauds".

En Maremme cÎtiÚre, Ettore Rizzi, propriétaire et directeur de la production Fattoria Le Pupille, nous explique que l'année 2020 a été marquée par une sérieuse menace : le mildiou, en particulier dans les variétés à peau fine de sangiovese, ciliegiolo et syrah. Il affirme qu'ils sont néanmoins parvenus à couper les grappes touchées et à endiguer le problÚme. Il constate aussi que leurs vignes de merlot et de cabernet "ont également donné un fruit incroyable". Selon Rizzi, "le mot qui pourrait décrire le mieux le millésime 2020 est concentration" - le résultat des températures élevées de juillet et août.

A Bolgheri, Axel Heinz, directeur du domaine d'Ornellaia, a dĂ©clarĂ© que le millĂ©sime 2020 "se rĂ©vĂ©lait comme Ă©tant une grande annĂ©e". Le domaine a connu "des conditions parfaites jusqu'Ă  fin mai", tandis que le mois de juin s’est avĂ©rĂ© trĂšs pluvieux, ce qui a "accĂ©lĂ©rĂ© la croissance de la vigne". Beaucoup de travail dans le vignoble a donc Ă©tĂ© requis pour garder le dĂ©veloppement de la vĂ©gĂ©tation sous contrĂŽle. L'Ă©tĂ© a Ă©tĂ© marquĂ© par un temps chaud et sec, alors que la pluie a fait son arrivĂ©e dans les derniers jours d'aoĂ»t, permettant d’attĂ©nuer le stress hydrique, de faire baisser les tempĂ©ratures et ainsi favoriser une maturation plus rĂ©guliĂšre au dernier moment. Suite Ă  une canicule inattendue Ă  la mi-septembre, les vendanges des trois cĂ©pages rouges (cabernet franc, cabernet sauvignon et petit verdot) ont dĂ» ĂȘtre rĂ©alisĂ©es rapidement et simultanĂ©ment. Heinz remarque cependant que les rĂ©coltes semblent "trĂšs prometteuses : riches et structurĂ©es".

Dans le Piémont, Giovanni Gaja, issu de la cinquiÚme génération de la prestigieuse famille Gaja, nous confie qu'ils sont pour le moment "optimistes" quant au millésime 2020, bien qu'il soit encore trop tÎt pour évaluer le caractÚre exact des raisins. Leurs parcelles de Barbaresco ont connu un mois de juillet à températures modérées, suivi d'un mois d'août chaud qui a également été adouci par des pluies vers la fin du mois. Si des efforts supplémentaires ont certes été nécessaires pour éviter les attaques de mildiou, les raisins finalement récoltés semblent "trÚs sains".

L'année 2020 a été marquée par de nombreuses incertitudes, mais les récentes vendanges laissent entrevoir un espoir certain dans la production d'excellents vins que nous avons hùte de découvrir dans les années à venir.


avis-vin.lefigaro.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 9 Nov 2020 11:23

"Le marché des champagnes de vignerons se tient bien"

Le président du Syndicat général des vignerons de la Champagne depuis 2016, a débuté son troisiÚme mandat au printemps 2020 dans un moment de fortes incertitudes sur la situation de sa région dans les prochains mois.




LE FIGARO. - Jamais, depuis des dĂ©cennies, les vignerons de Champagne n’ont connu une fin d’annĂ©e chargĂ©e d’autant d’incertitudes. Comment se prĂ©parent-ils ?

Maxime TOUBART
. - De mĂ©moire de vigneron, nous sommes confrontĂ©s Ă  laplus grave crise qu’ait jamais connue la Champagne. 50 % des ventes se font en octobre, novembre et dĂ©cembre. Si NoĂ«l n’a pas lieu, nous allons nous retrouver dans une situation trĂšs difficile. Pour l’instant, nous sommes Ă  230 millions de bouteilles vendues (au lieu de 301,9 millions de bouteilles en 2018 et de 297,5 millions en 2019, NDLR), mais il est possible que nous descendions plus bas.


Vous Ă©voquez un effondrement des ventes de l’ordre de 30 % Ă  cause de l’épidĂ©mie de coronavirus et de ses suites. Au bout du compte, cela pourrait-il ĂȘtre pire encore ?

Tout est possible, dans un sens comme dans l’autre. Les rĂ©sultats peuvent Ă©galement se rĂ©vĂ©ler meilleurs que prĂ©vus : nous observons, malgrĂ© tout, un seuil limitĂ© dans la baisse des ventes. Les gens continuent Ă  consommer du champagne en famille ou entre amis, en plus petit comitĂ©. Les mariages et les grands Ă©vĂ©nements ne sont pas les seules occasions. C’est ce qui nous laisse de l’espoir et peut nous sauver. Au bout du compte, la Champagne n’a que 280 millions de bouteilles Ă  vendre. À l’échelle du monde, ce n’est pas beaucoup.


Vous Ă©voquez l’échelle du monde. Parmi les problĂšmes qui se posent aujourd’hui, quel est le plus grave : le ralentissement brutal de l’économie française et de nombreux aspects de la vie sociale ou bien la baisse des exportations ?

Les deux. Pour ce qui concerne l’export, nous souffrons beaucoup dans quelques pays. Les États-Unis et l’Angleterre, en particulier, qui sont deux trĂšs gros marchĂ©s. Et mĂȘme si un potentiel de dĂ©veloppement existe dans d’autres pays, nous ne rattraperons pas ailleurs les ventes perdues, cette annĂ©e, aux États-Unis et en Angleterre. Ce qui n’est pas expĂ©diĂ© aujourd’hui ne le sera pas dans un mois. Nous resterons dans l’incertitude jusqu’à la fin de l’annĂ©e et nous ferons les comptes en janvier. Il existe malgrĂ© tout un marchĂ© de champagnes de vignerons qui se tient bien grĂące Ă  une clientĂšle particuliĂšre et une distribution plus facile. Une partie du marchĂ© français, notamment, rĂ©siste bien. C’est une bonne nouvelle, car nous ne nous y attendions pas. Mais hĂ©las, ce n’est pas lĂ  que se trouvent les plus gros volumes.


Peu de temps avant l’épidĂ©mie de Covid-19, la Champagne avait dĂ©jĂ  souffert, notamment de la sortie du Royaume-Uni de l’Union europĂ©enne. En 2008, la crise financiĂšre mondiale avait dĂ©jĂ  sonnĂ© le glas des annĂ©es fastes. Peut-on parler d’un problĂšme structurel, comme le font certains vignerons indĂ©pendants, et du manque d’une organisation nouvelle face Ă  une situation mondiale porteuse de crises ?

Nous sommes trĂšs tributaires du moral des Français, du moral des consommateurs de Champagne en gĂ©nĂ©ral et des crises internationales de toute nature. Mais la situation est nouvelle. Quand la dĂ©flation a frappĂ© le Japon au dĂ©but des annĂ©es 1990, cela ne concernait qu’un seul pays. Quand l’économie du Moyen-Orient est ravagĂ©e par des conflits, cela se concentre sur une seule rĂ©gion du monde. Quand on a eu la crise des subprimes, cela a principalement affectĂ© les États-Unis. Pour la premiĂšre fois, nous sommes confrontĂ©s Ă  une crise sans frontiĂšres, qui dure et qui n’a rien Ă  voir avec celles que l’on connaissait auparavant. À cette occasion, nous nous rendons bien compte que nous Ă©tions peut-ĂȘtre trop prĂ©sents sur quelques gros marchĂ©s : il faut savoir que, si 50 % du champagne est vendu en France et 50 % Ă  l’export, au bout du compte, 90 % du champagne est consommĂ© dans cinq ou six pays au total. Nous devons trouver le moyen de diffuser plus largement pour ne pas ĂȘtre fragilisĂ©s Ă  ce point lorsque l’un de ces pays est touchĂ© par une crise. En 2008, en 1992 ou en 1975, nous avions dĂ©jĂ  traversĂ© des crises. Mais la France a toujours jouĂ© le rĂŽle d’amortisseur en termes de consommation de champagne. Pour la premiĂšre fois, nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  un arrĂȘt brutal sur la totalitĂ© de la planĂšte. Et aucun pays dans le monde n’a jouĂ© le rĂŽle d’amortisseur.


Face Ă  l’absence de grands Ă©vĂ©nements festifs, espĂ©rez-vous que ce rĂŽle d’amortisseur soit jouĂ© en France par une consommation particuliĂšre un peu diffĂ©rente ?

La Champagne est Ă  un carrefour. Notre modĂšle est remis en cause. Aujourd’hui, la Champagne, ce sont 15 000 vignerons et 300 marques qui vendent 70 % du vin produit, chaque annĂ©e, sur un marchĂ© plutĂŽt international. Quand la situation est difficile, un retour en France s’impose, avec des bouteilles probablement vendues moins cher, Ă  des consommateurs plus jeunes. Nous allons voir ce qui va se passer, mais ce sera intĂ©ressant d’observer le repositionnement des opĂ©rateurs, notamment les grandes marques.


Le vignoble champenois est organisĂ© de maniĂšre singuliĂšre, avec Ă  la fois des marques de luxe, comme celles du groupe LVMH, des caves coopĂ©ratives et des vignerons artisans dont certains ont imposĂ© un trĂšs haut niveau de qualitĂ© et de rĂ©putation. Face Ă  une crise d’une ampleur inĂ©dite, comment les reprĂ©sentants de ces trois systĂšmes distincts peuvent-ils conserver des intĂ©rĂȘts communs ?

L’intĂ©rĂȘt commun, c’est d’abord celui d’une appellation forte. Elle est liĂ©e Ă  la qualitĂ© du produit et dĂ©termine sa valeur. Ces dix derniĂšres annĂ©es, nous avons beaucoup abordĂ© ces sujets et pris conscience en Champagne que si nous ne revoyions pas certaines façons de faire, nous allions ĂȘtre mis en concurrence avec d’autres produits français et Ă©trangers. Tout est ouvert, aujourd’hui. Nous ne sommes plus l’unique vin de dessert ou d’apĂ©ritif. Continuer Ă  faire de gros efforts pour rester placĂ©s trĂšs haut en termes d’image demeure l’intĂ©rĂȘt unique de tous les opĂ©rateurs, qu’il s’agisse des coopĂ©ratives, des vignerons ou des marques de champagne de maisons.


Cette poursuite de la qualitĂ© est-elle compatible avec l’élargissement de la zone d’AOC Champagne, les plantations et l’augmentation des volumes ?

Nous n’avons pas ouvert le dossier de la rĂ©vision de l’aire de l’AOC pour avoir des terrains en plus mais plutĂŽt pour sĂ©curiser le pĂ©rimĂštre gĂ©ographique de la Champagne. Il y a du potentiel en pĂ©riode haute, mais il est certain, dans le contexte particulier actuel, que la question du dĂ©veloppement de la production ne se pose pas. Le modĂšle champenois, qui Ă©tait de produire + 2 % par an, il y a deux dĂ©cennies, est remis en cause aujourd’hui. Nous sommes plutĂŽt sur un modĂšle de valorisation Ă  +2 % par an en valeur, quitte Ă  perdre un peu de volume. Mais l’ambition de la Champagne n’est pas de passer en dessous de 300 millions de bouteilles. Le modĂšle est, selon moi, de produire 300 Ă  330 millions de bouteilles. 280 millions de bouteilles, ce n’est pas satisfaisant.


300 millions de bouteilles dans un ocĂ©an de 5 milliards de bouteilles de sparkling wines produites chaque annĂ©e, cela veut dire que le champagne est de plus en plus diluĂ© dans la production mondiale de vins effervescents. Comment continuer Ă  exister dans un contexte de concurrence en termes de volume et de prix ?

Ce que nous avons Ă  mettre en avant, c’est l’expĂ©rience singuliĂšre que restera toujours la dĂ©gustation d’un verre de champagne. Avec qui, dans quel cadre, comment ? Le champagne a le don de rendre un moment magique et unique. La concurrence est utile dans la mesure oĂč elle nous remet en cause et nous oblige Ă  revoir nos façons de travailler, nos modes d’organisation et mĂȘme de vente. Aujourd’hui, 150 millions de bouteilles de champagne sont trĂšs bien vendues. Par contre les 150 autres millions sont moins bien vendues et il y en a peut-ĂȘtre 50 millions qui sont trĂšs mal vendues. Nous avons fait de gros efforts sur la qualitĂ©, je crois que ce n’est plus un sujet pour personne. Mais vendre du champagne loin et cher n’est pas donnĂ© Ă  tous les vignerons. Cela ne peut se ­faire que grĂące Ă  une histoire. On le voit bien aujourd’hui. Ce qui a le vent en poupe, ce sont les champagnes de vignerons parce que derriĂšre leurs bouteilles, il y a des hommes et des femmes, des vies, une histoire familiale, des caves.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Lun 23 Nov 2020 10:33

Bourgogne : une augmentation des prix moins spectaculaire

En 2020, le trĂšs haut de gamme a continuĂ© sa folle ascension mais le milieu de gamme s’est rarĂ©fiĂ©. Des dĂ©fis subsistent au sujet de l’accessibilitĂ© et de la popularitĂ© des vins.


La concurrence se fait rude. Les prix moyens des vins des plus grandes maisons de Bourgogne grimpent Ă  un rythme moins soutenu cette annĂ©e. La dynamique des tarifs, passĂ©e au crible dans la derniĂšre mouture de l’analyse Wine Lister, qui explore les grandes tendances Ă©conomiques, dĂ©voile qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©passĂ© par les vins du PiĂ©mont en 2019, le Bourgogne est aussi devancĂ© sur les douze derniers mois par ceux de Toscane.

Dans le dĂ©tail, toutes les catĂ©gories de vins n’évoluent pas au mĂȘme rythme. En effet, de plus en plus de grands noms ont tendance Ă  calquer leurs prix des vins d’exceptions. La plupart des rĂ©fĂ©rences dont les prix s’échelonnaient entre 2100 et 3000 euros il y a deux ans, dĂ©passent dĂ©sormais allĂšgrement la barre des 3300 euros. A l’inverse, le nombre de bouteilles comprises allant jusqu’à 330 euros est aussi en augmentation. C’est le fossĂ© entre ces deux extrĂȘmes qui se creuse. De quoi Ă©veiller quelques inquiĂ©tudes dans la profession.

Plus de la moitiĂ© des 53 plus grands nĂ©gociants mondiaux interrogĂ©s dans le cadre de l’enquĂȘte Wine Lister, expriment des prĂ©occupations sur les prix. "Je constate des hausses inconsidĂ©rĂ©es chez certains noms de second ou de troisiĂšme plan. Trouver des acheteurs Ă  ces niveaux peut poser des problĂšmes Ă  la sortie des nouveaux millĂ©simes", s’inquiĂšte un nĂ©gociant asiatique. L’accessibilitĂ© et donc la popularitĂ© des vins Ă  long terme est ainsi menacĂ©e. "Je suis convaincu que cette tendance tarifaire a Ă©rodĂ© toute une gĂ©nĂ©ration d’acheteurs potentiels. Il y a des gens qui auraient aujourd’hui les moyens d’acheter du trĂšs bon Bourgogne, mais n’ayant pas pu le faire Ă©tant jeune, ils n’ont donc pas pris goĂ»t pour ce vin", indique un autre professionnel interrogĂ©.

Ces difficultĂ©s commencent Ă  se vĂ©rifier sur le critĂšre de la popularitĂ© en ligne. Le Bourgogne arrive en derniĂšre place des rĂ©gions retenues pour l’étude Wine Lister (face Ă  Bordeaux, Ă  la Toscane, au PiĂ©mont et aux vins de Californie). Pourtant, jusqu’à l’étĂ© 2019, la rĂ©gion menait la danse.

Restent quelques critĂšres qui permettent de modeler des pistes d’avenir. D’abord un motif de satisfaction : la qualitĂ© des vins. En 2020 le Bourgogne domine toujours ses concurrents directs, selon les scores moyens du panel Wine Lister Pro.

Ensuite la hausse de la popularitĂ© en ligne de vins milieu de gamme de la CĂŽte de Nuits comme les Nuits-Saint-Georges Premiers Crus et Villages, est intĂ©ressante. On note aussi un bel intĂ©rĂȘt pour les rouges de la CĂŽte de Beaune. Selon les nĂ©gociants, ce sont dans les appellations moins chĂšres et moins prestigieuses que se situe le potentiel du Bourgogne. Ils citent le MĂąconnais, le Beaujolais, Saint-Aubin ou encore la CĂŽte Chalonnaise. Les vins moins onĂ©reux ne doivent surtout pas ĂȘtre oubliĂ©s, avec la conjoncture actuelle mondiale, toujours incertaine.

https://avis-vin.lefigaro.fr/connaitre-deguster/cote-vins/o148305-bourgogne-une-augmentation-des-prix-moins-spectaculaire
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 28 Nov 2020 09:53

Saint-Émilion : BeausĂ©jour HDL rachetĂ© par la famille Cuvelier

DĂ©jĂ  propriĂ©taire du chĂąteau Clos Fourtet, la famille Cuvelier reprend un autre Premier Grand Cru ClassĂ© ‘B’ emblĂ©matique du plateau calcaire de Saint-Émilion : ChĂąteau BeausĂ©jour “HDL” (HĂ©ritiers Duffau-Lagarrosse). Une transaction de tout premier plan.



La rumeur courait depuis plusieurs semaines Ă  Saint-Émilion, elle est dĂ©sormais confirmĂ©e : ChĂąteau BeausĂ©jour HĂ©ritiers Duffau-Lagarrosse (“HDL”) change de mains. Ce superbe vignoble de 6,75 hectares, juchĂ© sur le plateau calcaire et produisant des vins d’une remarquable constance saluĂ©e par les amateurs, Ă©tait dans la mĂȘme famille depuis 1847 et gĂ©rĂ©e ces derniĂšres annĂ©es par quatre cousins. Malheureusement, pour des raisons multiples inhĂ©rentes Ă  toute propriĂ©tĂ© familiale, conserver une propriĂ©tĂ© de ce rang s’avĂšre de plus en plus difficile sur la durĂ©e. C’est donc Ă  regret que les hĂ©ritiers Duffau-Lagarrosse ont dĂ» se sĂ©parer de leur joyau, reconnu Premier Grand Cru ClassĂ© ‘B’ depuis le classement de 1955.

C’est une autre famille installĂ©e sur le plateau calcaire qui est en passe de reprendre le chĂąteau BeausĂ©jour : la famille Cuvelier, dĂ©jĂ  propriĂ©taire depuis 2001 de Clos Fourtet – Ă©galement reconnu Premier Grand Cru ClassĂ© ‘B’ – mais aussi des crus classĂ©s ChĂąteau CĂŽte de Baleau, ChĂąteau Les Grandes Murailles et Clos Saint-Martin.

Si d’ultimes dĂ©tails administratifs – notamment le droit de regard de la Safer – doivent ĂȘtre encore rĂ©glĂ©s, un accord exclusif aurait Ă©tĂ© validĂ© entre les deux parties, et l’on table sur une finalisation de la transaction en dĂ©but d’annĂ©e 2021.

Depuis 2009, c’est Nicolas Thienpont qui assure la direction gĂ©nĂ©rale de BeausĂ©jour HDL, secondĂ© par l’Ɠnologue David Suire à la direction technique. Selon nos sources Ă©galement, les nouveaux propriĂ©taires entendent maintenir l’équipe en place, qui a su depuis plusieurs millĂ©simes hisser les vins de BeausĂ©jour parmi les plus remarquables de Saint-Émilion.


www.terredevins.com

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 28 Nov 2020 10:07

LES GRANDS JOURS DE BOURGOGNE 2021 AURONT LIEU EN... 2022 !

Les Grands Jours de Bourgogne prévus du 15 au 19 mars 2021 sont repoussés en mars 2022 et remplacés par les "Grands Jours en Caves". Si tout se passe bien...



La quinziÚme édition des Grands Jours de Bourgogne aurait du se tenir du 9 au 13 mars 2020. Elle aurait pu se tenir du 15 au 19 mars 2021, mais elle se tiendra finalement (croisons les doigts...) en mars 2022. On ne compte plus les manifestations repoussées et/ou annulées en raison de la crise sanitaire et peut d'ailleurs se demander lesquelles renaitront de leurs cendres, mais toujours est-il que le principe de précaution s'est une fois de plus imposé à tous et on peut d'ailleurs comprendre assez facilement les organisateurs qui risquait de tout préparer, d'engager des dépenses importantes pour se voir obligés de tout annuler la veille ; c'est d'ailleurs quasiment ce qui s'était passé en 2020, avec une annulation une semaine avant le début de la manifestation.

« Les dĂ©placements internationaux risquant d'ĂȘtre toujours impactĂ©s par la pandĂ©mie en mars 2021, nous avons jugĂ© qu'il serait inconscient d'organiser des Grands Jours de Bourgogne normaux », explique RaphaĂ«l Dubois, vigneron Ă  Premeaux-Prissey et PrĂ©sident des Grands Jours de Bourgogne. « Mais, nos clients nous manquent et nous voulons pouvoir accueillir tous ceux qui seront dans la rĂ©gion. Cette proximitĂ© est capitale ! » RĂ©sultat : ces Grands Jours de Bourgogne 2021 sont finalement remplacĂ©s par des « Grands Jours en caves » ; vignerons et nĂ©gociants de Bourgogne se tiendront disponibles et invitent les acheteurs et journalistes Ă  venir dĂ©guster chez eux du 15 au 19 mars histoire d'entretenir la flamme. "Cette solution est possible grĂące au soutien indĂ©fectible des fidĂšles partenaires du salon : le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, le Conseil RĂ©gional de Bourgogne-Franche-ComtĂ©, les DĂ©partementaux de CĂŽte-d'Or, de SaĂŽne et Loire et de l'Yonne, et le CrĂ©dit Mutuel, sponsor de l'Ă©vĂšnement. De mĂȘme, le rĂŽle des ODG est primordial pour assurer le succĂšs de cet Ă©vĂšnement commercial et convivial tout comme celui des nombreux bĂ©nĂ©voles, salariĂ©s des structures ou prestataires", prĂ©cise le communiquĂ© de presse.


Les Grands Jours de Bourgogne

Salon viticole international bisannuel au concept unique, créé en 1992, les Grands Jours de Bourgogne sont réservés aux acheteurs professionnels des vins de Bourgogne (sommeliers affiliés à un restaurant, restaurateurs, cavistes, importateurs, grossistes, agents commerciaux...) et aux journalistes. Organisés durant 5 jours, autour de 12 dégustations itinérantes (de Chablis à la CÎte Chalonnaise en passant par le Mùconnais, la CÎte de Nuits et la CÎte de Beaune), ils réunissent à chaque édition un millier d'exposants, vignerons et négociants et 2 500 visiteurs.

http://www.grands-jours-bourgogne.fr


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Sam 28 Nov 2020 15:08

Ils sont prudents et ils ont raison.
Je redoute les effets du réveillon du 31 décembre qui peut nous provoquer une troisiÚme vague en raison de l'inconscience d'une bonne partie d'entre nous.
Comme l'a dit notre premier ministre, c'est une "usine Ă  virus".

Bon aprĂšs-midi.
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Patrick » Sam 28 Nov 2020 15:54

Prudent? Mais ouvrir les caves pour que les degustateurs de tous horizons viennent Ă  notre rencontre...n’est-ce pas ce que nous faison Ă  longueur d’annĂ©e.
Le budget intĂ©gral de l’édition 2020 qui n’a pas eu lieu a Ă©tĂ© englouti par l’organisation...au moins nous ne financerons pas un projet qui n’aura pas lieu. Mais quid de la logistique offerte par le Bivb? Ils vont prendre les rendez vous point nous et financer les repas et dĂ©placements?
A mon avis les observateurs internationaux ne seront pas là car nous ne serons pas sorti de la crise. On pourra ainsi recevoir les orofesssionels de notre pays en nous occupant bien d’eux.
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Dim 13 DĂ©c 2020 13:38

https://avis-vin.lefigaro.fr/vins-bourgogne/o148397-romanee-conti-2020-un-millesime-exceptionnel

Romanée-Conti 2020, un millésime exceptionnel

Un petit florilùge de l’article:

"L’étĂ© 2020 a Ă©tĂ© trĂšs chaud, mais cela n’empĂȘche pas les vins d’avoir de la fraĂźcheur, de l’élĂ©gance."

“Partout en France, une annĂ©e bĂ©nie de Dieu”

" En Champagne, la vendange Ă©tait exceptionnelle. "Je n’ai pas eu un grain de raisin de pourri cette annĂ©e"

“ Concentration magique”

“ 2020 est une belle annĂ©e malgrĂ© un petit rendement”

La derniĂšre phrase pour nous prĂ©parer aux 15-20% d’augmentation :lol:
Ils n’attendent mĂȘme plus d’écouler le millĂ©sime qui arrive sur marchĂ©...
Bien cordialement,
Hugo Boffy
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Dim 13 DĂ©c 2020 14:19

Bonjour Hugo,

Daniel m'a présenté à Monsieur Aubert de Villaine lors de la derniÚre journée des Grands Domaines Familiaux de Bourgogne au Pavillon Ledoyen.
J'ai été surpris par sa modestie, sa courtoisie, sa disponibilité et sa grande capacité d'écoute.
Il avait pourtant mieux à faire que de consacrer du temps à "deux ploucs venus du fin fond de la Flandre" dans le cadre de cette journée prestigieuse dans ce *** Michelin de la capitale.
il Ă©coutait avec intĂ©rĂȘt nos remarques et prenait le temps de nous rĂ©pondre.
Il m'a semblé avoir des qualités humaines certaines.

Un autre vigneron qui m'a sĂ©duit ce jour-lĂ  pour ces mĂȘmes qualitĂ©s, Jacques-FrĂ©dĂ©ric Mugnier.

Amitiés,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Sam 9 Jan 2021 22:08

https://www.ft.com/content/dd88e213-a429-42e9-8537-74b8a20f852b?fbclid=IwAR05HFgGcDsQO2avC4Jg8rCY7YJD3N8omzjt_8HYsizWMkidCXhq5INeaz0

Le millésime 2019 en Bourgogne, la plus grande année depuis 1865 ? (En anglais)

N’ayant pas dĂ©gustĂ© de 1865 je ne pourrai malheureusement pas confirmer/infirmer ces dires :cry:
Bien cordialement,
Hugo Boffy
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