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Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar Lalex » Dim 31 Mai 2015 16:34

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Je viens d’acheter le dernier livre de Michel Onfray " COSMOS ".

Ce livre m’a été conseillé par une personne qui me connait bien et connait mon goût pour le vin.

Ce livre ne parle bien évidement pas que de vin mais un long passage est consacré à une dégustation de plusieurs millésimes de Champagne de la maison Dom Pérignon.
La dégustation est organisée par son ami Michel Guillard rencontré à l’époque ou il dirigeait la revue "l’amateur de Bordeaux" qu’il a crée avec Jean Paul Kauffman.
Cette dégustation se déroulera en présence de Denis Mollat, Franz Olivier Giesbert, Richard Geoffroy "Chef de cave de Dom Pérignon" et de Benoit Gouez, son pendant à Moët & Chandon.

Richard Geoffroy et Benoit Gouez proposèrent un cheminement initiatique construit sur quelques dates emblématiques de l’existence de Michel Onfray:

- 2006: Création de l’Université populaire du goût d’Argentan.
- 2002: Création de l’Université populaire de Caen
- 1983: Date d’entrée de Michel Onfray dans l’Education nationale comme professeur de philosophie.
- 1959: L’année de naissance de ce dernier.
- 1921: ( il vous faudra lire ce livre pour comprendre )

Ce long passage est aussi ponctué de pensées philosophique sur la nature, la terre, le vin, ceux qui le font, ceux qui le boivent et sur notre manière d’appréhender le vin.

Et vous, quelle est votre manière d’appréhender le vin ?

Alex,

PS: Vu que ce livre parle de philo, pas de polémique sur ce fil :twisted: :D

............................................

Michel ONFRAY - "COSMOS" - Flammarion
Dernière édition par Lalex le Mer 27 Jan 2016 20:56, édité 1 fois au total.
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Re: Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar EricC » Dim 31 Mai 2015 22:53

Lalex a écrit:Et vous, quelle est votre manière d’appréhender le vin ?

Assez proche de la position philosophique d'Onfray : définitivement athée (je n'ai pas davantage de croyances viniques que théologiques), et clairement hédoniste :)


Eric
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Re: Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar Lalex » Mer 20 Jan 2016 15:36

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"Bibliovino : Le monde du vin est irrationnel"
En vingt cinq brefs chapitres, écrits à l’encre du plaisir, le philosophe Thierry Tahon s’interroge sur sa passion pour le vin



Qu’avez-vous appris sur vous en écrivant ce "Dictionnaire philosophique et subtil du vin" ?
Tout philosophe idéalise la raison, or le vin l’évince, à tous les niveaux. On essaie de le cerner avec le langage mais on tombe dans la métaphore. Le vin échappe à tout concept, toute rationalisation. Ce livre a donc été un défi pour le philosophe que je suis, mais il m’a permis de mieux comprendre ma passion. Je n’en suis plus le jouet. Je sais maintenant que mon rapport au vin est, avant tout, hédoniste.

Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de votre livre ?
J’aimerais que les lecteurs prennent acte que le vin est irrationnel, et que ce n’est pas grave. Le vin c’est "les sens". On le goûte avec les papilles, évidemment, mais aussi avec nos attentes et notre imaginaire car on rêve les vins avant de les boire. C’est donc une expérience totalement subjective et personnelle.

Existe-t-il des philosophes "bachiques" ?
J’en vois un : Michel Onfray. Pendant très longtemps, pour la Philosophie, il y avait des objets philosophiques, comme l’Art, la Liberté etc, et d’autres pas. Onfray a fait sauter ce préjugé en montrant que ce n’est pas l’objet qui est philosophique mais le traitement de l’objet. A partir de là, tout est philosophie… même le vin !



"Dictionnaire philosophique et subtil du vin", Editions Milan, 15 euros.


avis-vin.lefigaro.fr


Alex,
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Re: Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar Lalex » Mer 20 Jan 2016 20:17

Je ne sais pas si ce livre vous inspire, mais moi, je crois que je vais me laisser tenter.

Je trouve des similitudes entre le vin et la philosophie, c'est un peu, je trouve, l'école de l'humilité.
Lorsque j'ai commencer à boire du vin ( avant d'être sur BDE ), et après quelques bouteilles de ( mauvais ) Bordeaux, je me croyais déjà capable de "juger" et aujourd'hui, plus je bois, plus je m'y intéresse et plus je me dit que je n'y comprend rien, ou plutôt que le sujet est tellement vaste et complexe que je n'aurai pas assez d'une vie pour arriver "au bout"... C'est peut être aussi cela qui fait que c'est aussi passionnant...

Alex,
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Re: Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar FrĂ©dĂ©ric B. » Mer 20 Jan 2016 21:52

Sur le fait qu'il n'y a jamais de certitude, les deux se rejoignent en effet...
Barème de notation: 19+ à 20 = Vin mythique / 18+ à 19 = Vin exceptionnel / 17+ à 18 = Grand vin / 16+ à 17 = Excellent vin / 15+ à 16 = Très bon vin / 14+ à 15 = Bon vin / 13+ à 14 = Vin moyen / 11+ à 13 = Vin médiocre / 10 à 11 = Vin très faible
Frédéric B.
 
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Re: Le vin et la philosophie ou la philosophie du vin...

Messagepar Lalex » Jeu 22 DĂ©c 2016 19:51

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Michel Onfray : "Tant que la France restera judéo-chrétienne, le vin sera libre"
Auteur du Traité d'athéologie et fin connaisseur, le philosophe constate qu'en France, la liberté de produire et de boire du vin doit beaucoup à la culture judéo-chrétienne. Un sujet brûlant.


La Revue du vin de France : Vous qualifiez le vin de “machine à remonter dans le temps”, pouvez-vous nous expliquer le sens de cette formule ?
Michel Onfray
: Dans un vin digne de ce nom, un certain nombre de temps se concentrent : le temps géologique du sous-sol qui s’est constitué sur des millions d’années, sans l’homme ; le temps chtonien de la terre (du monde souterrain) qui s’est faite avec la dégradation des feuilles, des arbres, des plantes ; le temps humain des individus qui plantent, taillent, récoltent, pressent ; le temps œnologique de qui assemble les cépages ; le temps du temps qui est celui du vieillissement du vin dans la bouteille qui est, normalement, conservé dans une cave ; le temps de la dégustation qui est l’ouverture du flacon et enfin le temps de l’amitié qui devrait être celui du partage de ces fameux flacons. Boire un vin, c’est partir à la recherche de tous ces temps-là, fondus en un seul et même liquide qui est a priori une énigme.

La Revue du vin de France : Justement, aujourd’hui, la tendance est plutôt de boire des vins jeunes. Qu’en pensez-vous ?
Michel Onfray
: Il faut dire que la dégustation des vieux, voire des très vieux millésimes, est un sport de riches qui, par plus d’un trait, s’apparente à la gérontophilie en matière de sexualité. Il m’a été donné de déguster un champagne du XIXe siècle retrouvé dans la cale d’un navire englouti où il avait vieilli pendant plus d’un siècle. Ce vin mort avait un goût de vase, de boue et d’iode. Il faisait pourtant se pâmer la crème de l’œnologie mondiale venue de loin pour goûter ce flacon ouvert comme la Sainte Ampoule. Quand mon tour est venu de donner mon avis, j’ai parlé franchement. On m’a lancé des regards noirs et sévères. Mais les mêmes, hors spectacle mondain, sont venus me voir pour me féliciter de ma franchise… Nombre de gens boivent des étiquettes, des mythes et en oublient le vin qui, lui, est parfois mort, décomposé… Les vins contemporains sont meilleurs, même jeunes, que les vins anciens dont les tanins étaient longs à se fondre. Les temps ont changé : ceux des vins conservés dans la cave de la maison étaient bus en famille à une époque où l’on ne divorçait pas. Ces vins étaient donc transmis en héritage, et ce sans déménagement. La vie urbaine a supprimé ces caves, les mariages durent moins longtemps, les remariages sont nombreux, les héritages de cave sont moins des héritages mémoriels et affectifs que financiers et spéculatifs. Je ne déplore rien, je constate. Je me réjouis juste que les bons vins soient plus d’aujourd’hui que d’hier.

La Revue du vin de France : Mis Ă  part le champagne, quels sont les vins qui vous procurent de semblables Ă©motions ?
Michel Onfray
: J’aime les vins vrais et justes partout où ils se trouvent. Je préfère, dans le désordre, la vallée de Loire, les vins de Jura et ceux du Languedoc-Roussillon qui, loin de la spéculation, fournissent de magnifiques bouteilles à des prix raisonnables. Quand on boit ces bouteilles de vins élaborés par des gens qui font une œuvre d’art unique, on obtient un véritable plaisir dans lequel les considérations adjacentes comme la réputation de l’étiquette, le prix, le coût, le don qui appelle le contre-don et le -potlatch (ensemble de cérémonies marquées par des dons que se font des groupes sociaux distincts et rivaux), n’entrent jamais en ligne de compte. Seul, alors, le plaisir du vin importe.

La Revue du vin de France : Certains vins qui basculent dans le domaine du luxe, non ?
Michel Onfray
: Certains propriétaires de domaines n’ont pas souci de leurs vins mais de ce qu’il leur rapporte et savent qu’à ces prix-là seuls les mafieux légaux et illégaux (ce sont parfois les mêmes…) peuvent boire leurs vins moins comme des produits de culture que comme des marqueurs de luxe. Mafia russe, mafia chinoise, mafia des monarchies pétrolières (alors que leur religion est théoriquement contre…), mais aussi, en France, mafia des pouvoirs dits démocratiques (caves des élus de la République), mafia des traders, mafia des décideurs, etc. D’où l’intérêt de se tourner vers la Loire, le Jura ou le Languedoc-Roussillon. Je trouve obscènes certains prix pratiqués par le négoce. Je n’achète jamais de bouteilles dont j’estime le coût immoral. Les amis qui m’en offrent parfois me comblent et me donnent des arguments : le plaisir qu’on a avec certains flacons s’avère immoral et injustifiable quand on en connaît le prix.

La Revue du vin de France : Vous parlez du “pouvoir du végétal”. Les viticulteurs d’aujourd’hui respectent-ils assez la nature ?
Michel Onfray
: Certains, oui, les jeunes ; certains, non, les anciens. Mais les anciens, avertis et convaincus par les jeunes (les enfants ou les petits-enfants qui convertissent le grand-père par exemple…), souscrivent parfois aux analyses des jeunes vignerons et viticulteurs. Le productivisme a été la loi pendant un siècle. Sortir de cette logique est long et difficile. Mais dans le milieu viticole, l’intelligence va plus vite que dans le milieu céréalier !

La Revue du vin de France : Selon vous, quelles sont les vertus des vins issus de la biodynamie. Et celles des vins “nature” ?
Michel Onfray
: De la même manière que certains chrétiens prennent des libertés avec l’enfer et le purgatoire, certains marxistes avec la lutte des classes et la dictature du prolétariat, certains producteurs qui se disent biodynamiques ou bio ignorent paradoxalement ce qu’est véritablement la doctrine qui inspire leur pratique. Certains n’ont jamais lu une ligne de l’anthroposophe Steiner qui théorise la biodynamie, soit ne pratiquent ni le vortex, ni la corne de bouse… Difficile dès lors d’avoir un débat. Je juge pour ma part à ce qui se trouve dans le verre. Arrêter la chimie suffit à produire de bons effets. Nul besoin de prétendre que les bons effets sont induits par ce qui s’ajoute une fois qu’on a renoncé à la chimie, les fameuses cornes de bouse, les vortex, etc.

La Revue du vin de France : Le contact de l’homme avec la nature est fondamental, n’est-ce pas ?
Michel Onfray
: Les racines sont essentielles. Un logiciel simpliste de la gauche des années marxistes a fustigé la nature, les paysans conservateurs et réactionnaires, pour leur préférer la ville et les ouvriers syndicalistes et révolutionnaires. Dès lors, revendiquer ses racines, c’était être de droite, donc réactionnaire, donc contre-révolutionnaire… Ajoutez à cela que renvoyer aux racines c’est s’entendre dire la plupart du temps qu’on souscrit donc à cette fameuse phrase : "La terre elle ne ment pas". Dès lors on se retrouve compagnon de route du Maréchal Pétain, alors que cette phrase se trouve dans un discours rédigé par Emmanuel Berl, un intellectuel juif, urbain, issu d’une grande famille apparentée aux Proust et aux Bergson… Les paysans et les gens qui aiment la terre paient cher ce bon mot d’un brillant écrivain des villes. Les racines permettent de savoir d’où nous venons, du néant du cosmos en l’occurrence, et ce vers quoi l’on va, le néant du cosmos, ce qui donne un poids considérable à cette parenthèse entre deux néants qu’on nomme la vie.

La Revue du vin de France : Votre père était agriculteur. Avez-vous jamais songé suivre ses pas, voire devenir viticulteur ?
Michel Onfray
: Il n’était pas agriculteur, mais ouvrier agricole, ce qui change tout. Agriculteur, il aurait été propriétaire de biens matériels : une terre, des champs, des bois, une ferme, des animaux… J’y aurais alors été attaché. Mais ouvrier agricole, il ne possédait que sa force de travail et nous ne vivions pas dans une ferme avec les animaux de la basse-cour, des vaches ou des chevaux, mais dans une petite maison d’un étage qui faisait deux fois dix-sept mètres carrés. Je n’ai donc pas eu à me poser la question d’hériter, et je n’ai jamais eu envie d’être ouvrier agricole comme mon père. Quant à devenir viticulteur, ça supposait un investissement, donc de l’argent, des cautions, ce qui était impensable pour ma famille. Et puis mes parents avaient effectué le partage des rôles avec mon frère : il était le manuel, ce qui était connoté positivement, j’étais l’intellectuel, plutôt une tare. Je n’ai donc pas eu de mal à vouloir ce que l’on déplorait pour moi…

La Revue du vin de France : Que pensez-vous de l’action de nos gouvernements concernant la viticulture ?
Michel Onfray
: La politique n’est désormais plus faite que dans la logique électoraliste : le parti qui a besoin des voix des pollueurs de la FNSEA qui défend l’agriculture productiviste ou celui qui a besoin des faucheurs d’OGM de la Confédération paysanne prendra des décisions électoralistes sans aucun souci de la nature. Ajoutez à cela que la politique française est faite par des bureaucrates et des techniciens à Bruxelles et que ceux-là n’ont aucun souci de ce qui est bon pour la nature, mais juste de ce qui est bon pour les lobbies qui les appointent.

La Revue du vin de France : Vous critiquez la grand-messe des primeurs, où critiques, journalistes et professionnels viennent à Bordeaux déguster le vin jeune, pourquoi ?
Michel Onfray
: Parce que, comme avec un auteur et son livre dans la relation obligatoire qu’il a avec son distributeur et son diffuseur, dès qu’un intermédiaire s’installe entre le producteur et le consommateur, il fait de l’argent et spécule sur un produit auquel il n’a pas contribué, sinon pour son prix qu’il aura contribué à augmenter. J’aime les artistes, j’aime ceux qui aiment les artistes, j’ai moins de sympathie pour ceux qui font commerce et fortune avec les artistes et ceux qui les aiment.

La Revue du vin de France : La loi Évin est censée combattre l’alcoolisme. N’est-elle pas un frein à l’initiation des jeunes au vin ?
Michel Onfray
: Bien sûr… Boire un verre n’est pas s’engager sur la voie de l’alcoolisme qui, lui, passe désormais chez les jeunes par les alcools forts mélangés à des sodas ou à des jus de fruits pour obtenir l’ivresse très rapidement. Ce qui est le contraire d’une consommation du vin comme un produit culturel. L’alcoolisme est rarement le fait de ceux qui boivent bon, mais toujours de ceux qui boivent beaucoup. Lutter contre tous les alcools équivaut à lutter contre tous les films sous prétexte qu’il existe un cinéma pornographique et interdire Ken Loach au nom de Marc Dorcel. Il faudra faire un jour l’histoire des civilisations qui ont prohibé le vin et interdit l’alcool. Une civilisation construite sur l’eau et dans laquelle les adultes boivent des boissons d’enfants, gazeuses, pétillantes et sucrées, mérite une analyse sémiotique et psychologique.

La Revue du vin de France : Certaines religions, comme l’islam, interdisent la consommation d’alcool. Quelles questions posent ces pratiques religieuses qui tranchent avec la tradition viticole de notre pays ?
Michel Onfray
: Tant que la France restera un pays judéo-chrétien, le vin sera libre. Si la France devait un jour ne plus être ce pays, son rapport au vin se modifierait ! L’Algérie a connu une époque (de 1830 à 1962) où le vin était cultivé ; elle en a connu une autre où les vignes ont été arrachées. S’il venait à l’idée du Qatar d’acheter Pétrus pour arracher ses vignes, peut-être serions-nous plus regardants sur le patrimoine que nous bradons désormais aux pays les plus offrants.

La Revue du vin de France : Les philosophes sont-ils de grands amateurs de vin ? Lesquels Ă©taient les plus connus pour leur amour du divin breuvage ?
Michel Onfray
: Il y a eu des philosophes alcooliques, Sartre, Beauvoir, Deleuze ou Debord par exemple ; des philosophes abstèmes (personne qui s'abstient de boissons alcooliques pour des raisons religieuses, morales ou médicales) comme Rousseau que Robespierre a tant aimé ; des buveurs de vin qui n’allaient pas jusqu’à l’ivresse, Montaigne, Descartes, Kant, Hegel ; des philosophes qui coupaient leur vin d’eau comme Pascal ou Nietzsche… Tout est possible dans ce monde-là comme ailleurs !

La Revue du vin de France : Le vin peut-il être considéré comme objet philosophique ?
Michel Onfray
: Il n’y a pas des objets philosophiques particuliers (la raison, la vérité, la loi, l’histoire, l’art, etc.) et des objets qui ne le seraient pas (le sport, la vitesse, la musique, le paysage, etc.) mais des abords philosophiques de tous les sujets possibles, dont le vin. Le vin n’est donc pas a priori un objet philosophique, mais il peut l’être dès qu’un philosophe s’en empare. Bachelard a écrit sur le vin de Bourgogne, Michel Serres sur Yquem, je m’y suis essayé dans un livre entier, Les Formes du temps, avec le sauternes…

La Revue du vin de France : Le vin ne redevient-il pas une boisson Ă©litiste ?
Michel Onfray
: Le bon vin l’est déjà. Et le bon vin a toujours été cher, même s’il ne l’était pas dans des proportions hallucinantes comme aujourd’hui. Mais, dans cet état de fait, rien n’interdit les réunions d’amis où l’on achète à plusieurs une grande, bonne et belle bouteille d’un grand millésime pour y accéder tout de même à moindre coût.


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