Bonjour à toutes et à tous.
Je relaie ici un compte-rendu d'une petite réception avec quelques amis bordelais. Un peu tardivement, excusez-moi svp.
Odile et moi sommes extrêmement contents d’avoir reçus des jeunes gens bien sous tous rapports, chez nous vendredi 11 avril dernier. Cette soirée qui m’a tant turlupiné a anéanti chez tous de précieuses heures de sommeil et a sans doute causé un peu de fatigue. Le samedi suivant a été pour nous en tous cas consacré à la dégustation de jus de citron et de promenades, au frais. Il n’y a bien que le jour du Seigneur que nous avons retrouvé un allant de bon aloi.
Quand je pense que certains amoureux se devaient 5 heures plus tard de voyager jusqu’au bout du monde en train, en avion, en bus et peut–être à vélo et cela pour festoyer encore…Alors que de gais médocains ont remis ça ce samedi…Si ça se trouve Guy, Eric et Olivier se sont aussi rattrapés le soir suivant…
Les crus qui m’ont laissé circonspect : la cuvée Julie 2004 de Clos Thou et le chardonnay 2004 également de JF Gavenat trop en réserve sur le plan du corps et pour leurs arômes ténus. A contrario les rouges du château Soleil 2005 malgré un fort joli nez de bon Bordeaux classique, la cuvée Ego 2003 de Mas Lavail dont la Désirade m’a tant enchantée il y a quelques semaines et Charles Dupuy 2003 de Mas Amiel me sont apparus exagérément puissants et musclés.
Ont bien tenu leur rang à mon avis, la grande cuvée de Krug même si son piédestal laissait imaginer plus encore, le Muenchberg 99 d’André Ostertag que j’ai mieux considéré ensuite et le fiable Haut-Lieu 2005 de chez Huet conforme à mes attentes, peut-être stéréotypé avec sa douce acidité et son parfum de pomme grany. L’Yquem 80 sans être magique est apparu encore estimable sans que ses atours de caramel et de rancio ne le desservent de trop.
Montent sur la troisième marche du podium le Musigny 85 de Voguë dont la robe, la corpulence et l’élégance m’ont agréablement surprises. Sa place est partagée avec la Mouline 83 toute en charme et en force tranquille qui permettent au joyau de briller sans ostentation. Ex aequo à la deuxième place, le Margaux 83 emblématique du parfait grand vin de Bordeaux à maturité et à l’avenir confiant. Un seigneur. A ses côtés, un obscur flamboyant, le domaine de Barroubio 2005, la douceur, la fraîcheur et la finesse faites muscat. Un régal pur que j’ai adoré.
Il faut imaginer une première place du podium un peu tassée mais tellement évidente. On trouve réunis ici Bénédicte et Julien, Olivier et Eric, Stéphanie et Sylvain et bien sûr Guy qui s’il avait converti ses paris autrement que virtuellement roulerait ce lundi en Roll’s Royce. Tous de compagnons de joie, parfaitement courtois, gentils, chaleureux. Si la table s’est prêtée comme prévu à évaluations, c’est quand même autour de celle-ci que l’humanité est apparue la plus parfaitement et naturellement authentique. Les sourires, le calme, les conversations, l’humour de chacun ont été de forts et fins instants de partages. Ça été pour moi l’intérêt majeur de cette soirée, et je remercie ardemment chacun d’avoir ainsi offert son amitié. Je souhaite à tous le bonheur qu’ils méritent.
Loup.