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Valaisanne, un point c'est tout!

Messagepar Jean-Pierre NIEUDAN » Ven 1 Mai 2009 11:19

PETITE ARVINE Un sondage national le confirme: l'emblème de notre vignoble est identifié comme un produit typiquement valaisan. Un argument servi par le canton dans son combat mené à Berne en faveur de la reconnaissance des appellations traditionnelles.

Le Valais est toujours autant déterminé à faire admettre ce qu'il considère comme son bon droit dans la défense de sa politique d'AOC et la pérennité de l'image de ses meilleurs vins. Dans un courrier adressé le 8 avril à la conseillère fédérale Doris Leuthard, le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina, chef du Département de l'économie et du territoire (DET), réaffirme, étude de marché à l'appui, la volonté du canton d'obtenir la reconnaissance officielle des appellations traditionnelles malvoisie et petite arvine au même titre que fendant, dôle et goron.

Deuxième revendication valaisanne dans ce dossier complexe, la réservation des noms de cépages autochtones porteurs de très haute valeur ajoutée - cornalin, arvine, humagne, amigne et rèze - à la catégorie AOC exclusivement, cela contre l'avis de la Confédération qui, dans le cadre de PA 2011, a totalement libéralisé les noms de cépages sur les vins de pays (VDP).

Si un pas dans la bonne direction a été accompli avec la reconnaissance notamment du païen/heida comme appellation traditionnelle valaisanne («Le Nouvelliste» du 23 décembre 2008), il reste encore un important travail de persuasion à effectuer avec la malvoisie et surtout avec la petite arvine, figure emblématique du vignoble valaisan.

Sondage révélateur
La valorisation de la viticulture valaisanne est une oeuvre de longue haleine. Les relations épistolaires se multiplient entre les services de Doris Leuthard et de Jean-Michel Cina. Le dernier échange de courrier remonte au 8 avril, lettre dans laquelle le chef du DET informe la conseillère fédérale des résultats d'une étude de marché effectuée par l'institut M.I.S. Trend auprès d'un échantillonnage représentatif de la population helvétique. «La volonté politique du canton de défendre ses revendications est toujours aussi forte. Après les arguments juridiques, économiques et historiques, nous avons voulu connaître la perception des consommateurs. C'est pourquoi nous avons mandaté une étude de marché représentative au niveau national sur ce sujet», explique le conseiller d'Etat en charge du dossier.

L'étude menée en février est particulièrement éloquente. Sans trop entrer dans les détails, s'agissant de la petite arvine, huit personnes interrogées sur dix répondent qu'il s'agit d'un vin et 82% mentionnent le Valais comme son lieu de production. Les trois quarts des interviewés disent que la petite arvine est un «vin emblématique» du Valais. «Pour nous, le point de vue des consommateurs est clair. La petite arvine présente toutes les caractéristiques d'une dénomination traditionnelle valaisanne», lance Gérald Dayer, chef du Service cantonal de l'agriculture.

Pour la malvoisie, 56% des personnes sondées l'identifient aussi comme un «vin emblématique» du Valais. «Il est donc évident qu'au niveau suisse, la malvoisie est un vin typiquement valaisan. L'adjonction de la notion de provenance, «Valais», est donc superflue», enchaîne Gérald Dayer.

Enfin, pour ce qui est de l'association cépages AOC et vins de qualité, les résultats du sondage sont tout aussi révélateurs. «Six réponses sur dix disent que le cornalin est un vin de haute qualité. Cette proportion se monte à 71% pour l'humagne et à 67% pour l'amigne», résume le chef de service avant de dévoiler le fond de sa pensée: «Pour le consommateur, ces cépages désignent clairement des vins de qualité. Ils doivent donc identifier exclusivement des vins AOC.»

Une grande confusion
Le sondage met aussi en lumière une grande confusion chez les consommateurs entre les catégories de vins. Sur 1200 personnes interrogées, seules douze ont pu faire la différence entre un vin AOC et un vin de pays, soit 1% seulement. Pour Gérald Dayer, la situation est donc limpide: «Sur l'étiquette, le consommateur suisse ne fait pas la différence entre les catégories et les qualités de vins. Or, les vins issus des cépages autochtones valaisans sont clairement associés à des produits de qualité. Utiliser leurs noms pour commercialiser des vins de pays serait donc trompeur pour 99% des consommateurs.»

Charles Méroz
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Jean-Pierre NIEUDAN
 
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